MACHINES ALLEMANDES POUR LE TRAVAIL DBS METAUX
naehlne à flraUier aatomatiqae de Collet et Eni^elluml d*Oirrnbacli. — Les sections allemandes et autrichiennes renfermaient, comme nous l'avons dit, un très-grand nombre de machines-outils ; mais bien peu d'entre elles se présentaient avec un caractère d'originalité ou de perfection suffisante pour attirer l'attention de l'ingénieur; quelques-unes cependant possijdaient de sérieuses qualités, et nous avons choisi, pour notre travail, plusieurs outils de grande valeur.
Iji planche 15 représente une machine à fraiser horizontale, exposée par la maison Collet et Engelhard •d'Offénbach, qui nous a paru un des outils les mieux réussis de toute la galerie des machines.
Kn voici la description :
La figure 1 montre la vue du côté de la machine avec un portg-outil à lames multiples; la figure 2, l'élévation; la figure 3, l(î haut de la machine; la figure 4, la section transversale il travers la table; la figure 5, les poulies de commande; lu figure 6, la face du porte-outil; la figure 7, le
FRAISEUSE COLLET. 149
harnais et la poupée; la figure 8, la butée de l'arbre; la figure 9, le plateau et la base du chariot ; la figure 10, la section horizontale dans la partie inférieure de la table ; et la figure 1 1 , le montant du foret lorsqu'on se sert de la machine pour le perçage des trous.
Sur le support creux a se trouve fixée la poupée 6, laquelle porte Tarbre c et tout le harnais. La face droite verticale du support a reçoit dans une double entaille les boulons qui retiennent la table e. Cette table porte un châssis fqni peut se mouvoir longitudinalement, sur lequel est monté un deuxième châssis g à mouvement transversal. On peut très-bien se passer de la butée b' et disposer la poulie de commande o du chariot à l'extrémité de l'axe (fig. 7). Les fonctions de la poulie i, des engrenages m, Z, A:, n sont trop faciles à saisir pour que nous nous y arrêtions.
Le mouvement vertical, haut et bas, de la table est donné à la main par l'intermédiaire de l'arbre À (fig. 1 et 4), de la vis sans fin B^ du pignon C^ de la vis D et de l'écrou E.
Le mouvement longitudinal du chariot est obtenu automatiquement par les poulies o et p commandant l'arbre p, les engrenages q et q\ l'arbre r, la vis sans fin 5, la vis u et son écrou .
Au moyen des roues rc et y, on transmet le mouvement au chariot dans le sens transversal.
Voici les dimensions principales de cette machine :
Longueur totale 1"»,90
Hauteur de la vis à fraiser au-dessus du sol. . . 1 ,00
Diamètre du porte-outil 0 ,20
Largeur de la table 0 ,30
Course longitudinale du chariot 0 ,35
Course transversale 0 ,25
La vitesse de l'axe ne dépasse pas cent tours à la minute, ce qui correspond à une vitesse maximum de l'outil sur la matière à travailler de 1 mètre par seconde ; avec l'intermé-
150 DOUBLE PERCEUSE PFAFFt FERNÂU ET C^
diaire des engrenages du harnais, cette vitesse est réduite ù un minimum de 0*,180 par seconde. C'est donc entre les limites de 1 mètre et 0",180 que l'ouvrier peut choisira vitesse suivant le travail à faire et la nature des matières à ouvrer.
L'emmanchement de l'arbre sur la poupée se fait au moyen de deux bagues coniques en fer cémenté et trempé (fig. 7), ce qui donne une très-bonne tenue à l'outil et des garanties de durée exceptionnelles. Pour débrayer les engrenages da harnais, dans le cas où on veut marcher à grande vitesse, il sufiit de dégrener les pignons m. 11 y a là une combinaison défectueuse qui amène fréquemment le bris des dents. Ainsi que cela se fait dans les tours bien étudiés, il eût mieux vain éloigner complètement l'axe intermédiaire d au moyen d'un double excentrique placé dans les supports de cet axe.
Nous eussions aussi désiré que la poupée fût mieux reliée au support principal; un seul boulon ne sufGtpas, surtout si le travail effectué est un peu pénible.
Ces légères critiques ne nous empochent pas de reconnaitre que la fraiseuse de MM. Collet et Engelhard est bien étudiée, que son bâti est à la fois élégant et solide, que toutes les surfaces frottantes sont larges et faciles à graisser, que les podies et les engrenages ont de bonnes largeurs et qu'enfin la mandmvre de l'outil et des chariots est combinée pour que l'ouvrier ait tous ses leviers et manivelles sous la main sans aucun dérangement.
Il y a loin d'une semblable machine aux fraiseuses quifisraraient à rKxposition de 1867, dont les mouvements étaient très-ingénieux, mais qui péchaient par la légèreté de leur bâti et la maigreur de leurs divers organes.
Uouble pereease Pfafr, Fernanet €^. — MM. Pfaff. Femaa et C% constructeurs h Vienne, ont envoyé à rExposîtÛHi une perceuse double dont nous publions une vue d'cmeflible (pi. 13).
DOUBLE PERCEUSE PFAFF, FERNAU ET C«. 15i
Cette disposition de deux perceuses sur un môme bâti présente certains avantages ; elle n*est pas appliquée en France à notre connaissance, mais il s*en trouve plusieurs spécimens à 1 Exposition.
La grande perceuse est à double série d'engrenages et est menée par un cône à quatre vitesses, Toutil recevant son mouvement de rotation au moyen de roues d'angle comme dans les perceuses ordinaires.
Le mouvement de descente peut être automatique ou manœuvré à la main.
La table supérieure est circulaire et est supportée par un bras qui pivote autour de son point d'attache, ce qui permet au besoin d'écarter la table supérieure et de la mettre sur le côié pour laisser la place libre au foret. Le diamètre de l'axe qui porte la table est très-grand, pour éviter autant que possible les effets produits par l'usure de cet assemblage. La table supérieure et son support peuvent être élevés ou abaissés, le mouvement est donné à la main au moyen de vis et de roues hélicoïdales. La table inférieure est fixe et sert de plaque de fondation à la perceuse.
La petite perceuse n'a qu'un seul mouvement avec un cône à (rois vitesses, la descente du foret peut être réglée à la main ou automatiquement. Elle n'a qu'une seule table qu'on fait monter et descendre à la main comme celle de la grande perceuse ; sur la table est un cadre pouvant se mouvoir latéralement.
Le bâti de la machine est un rectangle creux, ce qui lui donne une solidité aussi apparente que réelle.
Les dimensions principales sont les suivantes : diamètre extrême qui peut être admis dans la grande perceuse, P,300 ; plus grande hauteur entre le foret et la surface de la table supérieure, 0",600 ; plus grande hauteur entre le foret et la surface de la table inférieure, l'",300; diamètre extrême qui peut être admis sur la petite perceuse, 0",800; plus grande hauteur entre le foret et la table, 0'",350.
iS2 CISAILLE CUNZBR.
MM. Pfaff, Fernau et G"" exposaient également une belle machine à percer avec trois tables, deux horizontales et une verticale. Le bras recevait son mouvement circulaire autour de la colonne au moyen d'un volant, d'une vis sans fin et de deux paires d'engrenages. Le mouvement vertical était obtenu par un levier placé sur le bras actionnant une roue à rochet.
L'outil pouvait percer à 2 mètres de l'axe de la colonne et sa course verticale était aussi de 2 mètres; la largeur de la table supérieure ou horizontale était de 1",10; la hauteur de la^table verticale, de 0",770; la largeur de la table inférieure, de 1",27. L'accise mesurait 3", 200 de longueur sur 2", 37 de largeur.
Les dimensions exceptionnelles de cette machine en circonscrivent l'usage dans les très-grands ateliers; mais, partout où elle est employée, ses services sont bien appréciés.
CiMiIlle Ciinzer. — Au nombre des machines exposées par MM. Enlcrth et Ciinzer, de Echweiler, était une forte cîsailleuse et poinçonneuse avec moteur spécial que nous donnons planche 13.
Comme on le verra par ses dimensions, la machine est faite pour de durs travaux et peut couper des tôles de 0",5 et par 0",7. Les deux côtés de la machine sont pourvus de ciseaux pour des tôles d'un côté et des cornières de l'autre, les lames de la cisaille étant dans chaque cas disposées à un angle de 45 degrés avec l'axe de la machine. Le mouvement principal est donné par une bielle, celui des moulons par d'autres bielles fixées aux extrémités de l'arbre. Des blocs mobiles, qu'on peut introduire à la main entre les extrémités des bielles, et les moutons produisent l'arrêt.
L'arbre porte une roue à engrenage mue par un pignon placé sur un second arbre, qui porte également un pignon mû par une roue calée sur l'arbre moteur. Le cylindre à vapeur boulonne sur les côtés de la machine a O^^SIS de dia-
MACHINE A PERCER RADIALE DE CHEMNITZ. isn
lire et û",400 de course ; toutes les dispositions sont assez bien indiquées par le dessin pour qu'il soit inutile de les décrire. Les conslnicloure ont divcre types de la même machine, beaucoup plus puissants. La plus forte cisailleuse a un cylindre de O^jgiH de diamètre avec une course de O^iOSS. La machine exposée est bien solidement construite et, quoique non caractérisée par un grand soin de fini, paraît bien disposée pour le travail à faire.
niiehine à percer radiale de Chcmnltz. — La machine radiale exposée par la Société de constructions mécaniques de Chcmnîtz est du système Withworth. Elle se compose (pi. 12) d'un bâti vertical, d'une plaque de fondation sur laquelle vient se fixer un plateau à table mobile, d'un bras articulé au bâti et de tous les organes accessoires pour les divers mouvements à obtenir.
Le harnais est à trois vitesses et à double engrenage; le mouvement vertical du bras est obtenu à la main par une vis sans fin, un volant, un pignon et une crémailli're; l'avancement de l'outil dans la matière est donné automatiquement ou h la main.
Toutes les pièces de cette machine sont solides, et les détails sont parfaitement étudiés. Nous l'avons publiée surtout il cause de ses formes rationnelles et de la bonne combinaison des organes pour les manœuvres.
La Société de Chemnilz exposait aussi une grande machine à percer les bandages, dont nous donnons une vue perspective.
L'essieu, garni de ses deux roues, repose sur les supports en V placés au pied de la machine ; l'outil est emmanché dans le six'paiis, situé à la partie supérieure du petit porte-oulil à gauche du chariot; il reçoit son mouvement d'une série d'engrenages et peut avancer dans les deux sens. A l'arrière de l'arbre horizontal, placé à la partie supérieure dt; la macblne, se trouve une poulie à deux étages, qui transmet son mouvement à une
MACHINE A RABOTER LES RAIIA DE WAGMEIl, IS.'i
«ulro poulie semblable placée sur un arbre inférieur, cl de là, au moyen d'une vis sans fin, à un ai'bre transversal. A l'extrémité inférieure de cet arbre est un pignon coniquo, qui peut mettre en mouvement, dans deux directions opposées, deux pignons semblables reliés à la vis verticale par un prisonnier. Au moyen d'un manchon d'embrayage, mis en mouvement par un petit Icvior placé à rarrièrc, l'un ou l'antre de ces pignons peut être embrayé, de sorte que l'outil sa trouve à volonté, soit poussé dans le bandage, de bas en baut, soit enlevé, de haut en bas, par un mouvement autonaatique. La poulie qui met la machine en mouvement est à trois étages. La machine peut percer dos roues à partir de O^.TG de diamètre, et convient parlicuHèrement bien dans les ateliers où il y a beaucoup de travail de ce genre à faire. Sa construction ne laisse rien à désirer.
naehlae à paboter les extrémité» des rnlls, de Wnsnep, — M. Wagner, constructeur à Dorlmund (Weslplialie). exposait une machine très-simple destinée à raboter les extrémités des rails de toute forme et de toute grosseur. L'extrémité du rail est placée entre des mâchoires, que l'on voit dans le dessin, et qui Mont mobiles, de sorte que l'on peut adapter à la machine des ra&choires convenables pourcliaque espèce de rail. Le rail est solidement maintenu en vissant J'extrémité du levier qui croise la mûchoire supérieure; mais cependant, comme ci; levier est chargé d'un poids à son extrémité libre, un liomnie peut le soulever facilement — lorsque la vis est desserrée — afin de laisser tomber le rail.
Le rabot consiste en quatre lames, placées suivant les rayons d'nii disque rotatif fixé sur l'arbre principal de la machine. Lo centre de ce disque est un peu plus ûlevé que la partie supérieure du rail, de sorte que les lames peuvent facilement en atteindre toutes les parties, naturellement avec des vitesses différentes. Un petit volant placé près de la partie antérieure de la machine (à gauche du dessin) permet de mettre en
MACHINE A MORTAISER ZIMMERMANN. 157
mouvement un arbre auxiliaire, lequel, au moyen d un engrenage plaoé à son extrémité, et d'une vis intérieure, peut donner à Tarbre principal un mouvement d'avance, et maintenir ainsi l'outil contre la pièce à travailler. La machine est mise en mouvement par les poulies A, placées sur un arbre intermédiaire ; cet arbre communique son mouvement de rotation à l'arbre principal au moyen d'un engrenage. Cet engrenage n'est pourtant pas calé sur l'arbre principal lui-même, mais sur un manchon extérieur qui l'entraîne dans son mouvement de rotation, bien que ne partageant pas le mouvement d'avan^* cément ci-dessus décrit.
Au moyen d'un excentrique sur ce manchon et d'une roue à roche t placée sur l'arbre auxiliaire qui porte un petit volant, on peut rendre l'avancement automatique. Les outils peuvent également se retirer au moyen d'une disposition automatique analogue. ^
Hadiliie à m^rtaUier Zlmmerinann. — La mortaiseuse Zimmermann représentée planche 16 est aussi un des bons oatils exposés à Vienne. Elle se faisait remarquer par les deux points suivants : l*" sa table pouvait s'obliquer à volonté ; 2* le retour de l'outil se faisait très-rapidement.
Figure 1 . Vue en profil de la machine.
— 2. Vue de face.
— 3. Plan complet.
— 4. Coupe transversale par l'axe.
— 5. Coupe longitudinale et dessous de la table.
— 6. Coupe horizontale et dessous de la table.
— 7. Coupe par le centre d'oscillation.
— 8. Coupe montrant le mouvement circulaire de la table.
— 9, 10, 11 et 12. Détail du porte-outil.
— 13. Section du bâti à la hauteur de la table.
— 14. Excentrique.
— 15. Engrenage intermédiaire.
Figure 16. Encliquetage.
— 17 et 18. Roues et support pour le mouvement de la table.
i»8 MACHINES A TRAVAILLER LE BOIS.
Cette machine se compose d'un bâti creux, bien évidé, largement conçu, d'une transmission à cône, engrenage et excentrique, d'une table oscillante avec double chariot et d'un porte-outil muni de tous ses accessoires.
Tous les mouvements du chariot s'opèrent automatiquement par une série d'engrenages, de leviers et de déclics. Le mouvement d'oscillation est donné à la main.
La course du porte-outil est réglée par une vis placée der* rière labiolle. Pour éviter les vibrations de bas en haut pendant la marche, on a placé un coin de serrage (fig. 13} qui maintient constamment une plaque métallique contre le plateau manivelle.
Le dessin étant bien complet, il sera facile de saisir l'office de chaque organe et la marche générale de l'appareil. Une description détaillée serait superflue.
Voici les dimensions principales de cette mortai^use :
Hauteur du bâti g'-^OO
Hauteur de la table au-dessus du sol 0»,85
Longueur de la glissière l^^^âS
Course maximum 0"^24
Vitesse de Tarbre principal par minute 90 tours.
Nombre de courses de Toutil par minute. . . 14, 22 et 33.
Vitesse de Toutil coupant en moyenne 0,106 par seconde.
Vitesse de remonte en moyenne 1 135 par seconde.