CHAPITRE XXXII
MACHINES A YAPETJR VERTICALES.
Les machines à vapeur verticales sont destinées à mettre en mouvement les outils qui doivent marcher isolément dans un grand atelier, ou à actionner complètement l'outillage d un petit atelier. Elles servent également dans l'agriculture et dans une foule d'industries. La facilité de leur installation, et surtout le peu de place qu'elles occupent, leur font souvent donner la préférence sur les autres systèmes»
MACHIÏJKS A VAPEUR VEHTICALES. 2M
Mais leur vogue actuelle n'est rien eo comparaison de leur généralisation future, car il Tant bien avouer que nous sommes encore très-arriérés au point de vue de l'emploi des machines, et qu'il est très-difficile de vaincre des habitudes invétérées chez la masse des fabricants.
L'introduction des machines à vapeur dans l'industrie privée s'est naturellement faite d'une manière progressive; les grandes usines en ont tout d'abord été munies; puis les autres ont suivi leur exemple successivement, suivant le degré de leur importance. Il n'y a pas eu d'arrêt; mais la marche du progrès est si lente, que, encore aujourd'hui, la plupart des ateliers occupant dix à trente ouvriers se servent de roues et de pédales. Et comme en résumé il y a beaucoup plus de petits ateliers que de grands, surtout en France, où l'industrie est presque aussi fractionnée que la propriété foncière, on peut dire que le nombre des machines à installer est bien plus considérable que celui des machines existantes.
Cela doit être un encouragement pour les constructeurs clairvoyants, qui ont disposé leuroutillage pour produire bien, vite et à bon marché, des petits moteurs verticaux de la force de 2 à 10 chevaux; car, sans aucun doute, la surélévation toujours croissante des prix de main-d'œuvre hâtera prochainement le développement de leur industrie.
Parmi les nombreuses machines de cette catégorie exposées à Vienne, nous avons choisi huit types offrant de notables différences dans la disposition du mécanisme et nous les avons groupés (pi. 31 ), afin qu'on puisse d'un coup d'œil juger des avantages et des inconvénients qu'ils présentent.
On remarquera que l'Angleterre et la France nous ont seules fourni les éléments de ce travail; cela lient à ce qu'il n'y avait pas, dans toute l'Exposition, en dehors des envois de ces deux pays, aucune machimi verticale qui mérite une description particulière. En Allemagne et en Autriche on ne rencontrait que des copies assez mal réussies des machines anglaises
el françaises; les autres nations s'étaient complètement abstenues.
Deux de ces moteurs sont à bâti isolateur : celui d'Hermann- Lachapelle et celui de Maulde» Geibel et Wibart; deux ont des machines complètement séparées du générateur : celui de Tangye frères et celui de Nicholson; trois ont des plaques verticales recevant tous les organes de la machine : ce sont ceux de Buffaud, de Lewin et d*Albaret. Le huitième , construit par Robey, est un type très-commun en Angleterre ; il a chacune de ses pièces fixées isolément sur la chaudière.
A tous égards, il faut donner la préférence aux moteurs isolés de leurs générateurs ou établis sur de solides plaques de fondation, afin d*éviter que les dilatations inégales de la chaudière fassent changer des distances qui doivent rester rigoureusement invariables.
machine llerinanii-l«achapelle. — Mécanisme bien isolé de la chaudière; mouvement soigneusement étudié; arbre droit, excentrique contre le palier principal, manivelle en dehors, pompe de l'autre côté de la chaudière, détente variable à la main à partir de 3 chevaux, et variable par le régulateur au-dessus de 10 chevaux.
Le cylindre est fixé sur une tablette venue de fonte avec le bâti. 11 esta double enveloppe. La bielle a six fois la longueur de la manivelle.
Les tiges du piston et du tiroir, les axes d'articulation et les goupilles sont en acier.
Le piston est formé de deux plateaux ; il ne possède qu'un seul anneau de frottement, maintenu contre les parois du cylindre par un deuxième anneau en fonte.
En général les pièces du mouvement ont de bonnes formes. Grâce à la concentricité absolue du piston et des glissières et à la précision de l'alésage des coussinets, les frottements principaux de la machine sont très-attènués ; les inconvénients résultant du calage souvent imparfait des excentriques et de
MACDINES A VAPEUR VERTICALES. 255
la raanîvelle sur l'arbre moteur sont complètement annulés ; la largeur importante des coussinets donne une bonne tenue et assure aux pièces une durée considérable ; serré sur larbre par les deux boulons du moyeu, le volant ne peut prendre aucun jeu dans son clavetage; enfin l'ajustage des têtes de bielle est simple et le rattrapage des coussinets bien assuré. On comprend par ces détails que Tétude du mouvement a été élaborée avec soin et remaniée souvent avant d'être arrivée à ce degré de perfectionnement. C'est une des parties de la machine gui satisfont le mieux l'œil d'un connaisseur.
Le régulateur est un pendule conique qui, au lieu d'agir par l'intermédiaire de deux bras articulés aux tiges principales, communique le mouvement à une tringle verticale au moyen de deux doigts recourbés, placés à la partie supérieure des tiges.
La chaudière renferme une série de bouilleurs cylindriques croisés qui reçoivent l'action directe de la flamme et celle du rayonnement du foyer.
L'alimentation a lieu avec de Teau réchauffée par le tuyau d'échappement de vapeur. La pompe est placée en contre-bas du réservoir, afin qu'elle n'ait pas besoin d'aspirer l'eau.
Les prix et les poids des machines verticales Hermann- Lachapelle ont été consignés dans le tableau suivant :
FOBCI
PRIX
■M CBBf AUX.
iS
DUMiTRB DU PISTOH.
COUBSB
NOMBRB
DB TOURf
DU PISTOH.
par mionle.
POIDS
Hachine Hanide» cselbel et uriliarÉ.-* Chemise en fonte
fM MACHINES A VAPEUR VERTICALES.
enveloppant presque entièrement la chaudière et servant de support à tous les organes de la machine ; arbre moteur droit ; manivelles du piston et du tiroir en dehors du palier principal ; chaudière reposant sur le socle, absolument indépendante de la machine.
Le socle sert de réservoir d*eau pour l'alimentation, ses parois se trouvent chauffées par le rayonnement des barreaux du foyer.
La chaudière se compose d'une enveloppe cylindrique, d un foyer également cylindrique et d'un gros bouilleur vertical, suspendu, comme une marmite, à l'intérieur du foyer et destiné à augmenter la surface de chauffe.
Le bouilleur communique avec la chaudière par une tubulure latérale disposée en dessous du passage conduisant à la cheminée; cette tubulure force la flamme et les gaz à se diviser et à lécher toutes les surfaces du foyer et du bouilleur.
Somme toute, la chaudière de MM. Maulde, Geibel et Wibart est d'une extrême simplicité de construction, et elle renferme, sur la plupart des autres, des avantages très-importants : foyer spacieux, grand volume d'eau, surface de chauffe considérable, et facilité d'entretien.
La construction de la machine est bien traitée et l'aspect général est tout à fait satisfaisant.
Voici des renseignements généraux sur les moteurs et sur les chaudières séparées :
Moteurs complets.