‹ Description des machines les plus remarquables et les plus nouvelles à l'Exposition de Vienne en 1873Chapitre 95 sur 107 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

APPAEEILS DE LEVAGE.

L'exposition faite dans la galerie des machines, section française, par MM. Mégy, de Echeverria et Bazan, a eu un grand succès de curiosité au début et nn succès commercial non moins grand pendant les trois derniers mois. De fait, elle

méritait cette double faveur parce qu'elle apportait à l'industrie un nouvel organe susceptible d'une foule d'applications et offrant dès aujourd'hui la solution du problème, si intéressant, d'un appareil de levage fonctionnantsans aucun danger. Avant de décrire tes treuils, le débrayage et l'ascenseur

exposés à Vieqne, nous donnerons quelques explications sur le principe de l'invention.

Les deux figures ci-contre feront aisément comprendre l'organe principal de l'invention en question.

Sur un arbre A est claveté un disque B, qui porte un taquet ou came C pénétrant dans l'intérieur d'une poulie D, retenue en place par une rondelle E. La poulie D, folle sur l'arbre, renferme un ressort circulaire E, lequel, ayant été introduit comprimé, presse contre les parois internes de ladite poulie.

En tournant, l'arbre entraîne le disque ; la came de celui-ci pousse sur la buttée G du ressort et fait participer la poulie au mouvement; au contraire, si la poulie était elle-même actionnée par une courroie, le môme effet se produirait en sens inverse et l'arbre serait entraîné à son tour par l'adhérence du ressort.

Supposons maintenant que, par un moyen quelconque, une corde enroulée autour du ressort par exemple, on détruise l'adhérence contre la poulie, le mouvement de l'arbre deviendra indépendant de celui de la poulie et réciproquement. Et comme rien n'est plus facile que de rétablir la tension du ressort et de l'annuler ensuite aussi souvent et aussi lentement qu'on le désire, le débrayage et l'embrayage se feront alternativement dans de bonnes conditions, sans le moindre choc.

Il est d'ailleurs évident que, si l'effort à transmettre dépasse une certaine limite, le ressort glissera contre la poulie et l'entraînement n'aura pas lieu.

Tout le mérite de l'invention se trouve dans ces deux points : adhérence facultative du ressort et débrayage automatique, lorsque la résistance atteint un maximum calculé d'avance.

La puissance d'entraînement dépend de la section transversale des ressorts, du coefficient d'élasticité de la matière dont ils sont formés et du rapport de leur courbure de fabrication et de celles qu'ils sont obligés de prendre dans les poulies.

La pression exercée par le ressort est égale en intensité u

l'effort qu'il faudrait pour le maintenir fermé, si les parois de la poulie n'existaient pas, ou autrement à l'effort qui pourrait ouvrir un ressort circulaire de môme dimension, suivant la courbure de fabrication de celui-là. Il faut, en outre, pour obtenir une action régulière, un serrage et un desserrage graduels, que la pression se répartisse uniformément sur le pourtour de la poulie, et pour cela que le ressort soumis à un effort uniforme équivalent affecte une forme parfaitement circulaire. Les inventeurs ont établi des formules assez simples qui permettent de déterminer dans chaque cas les différentes dimensions de leurs ressorts et d'en faire le tracé exactement.

Ils ont également remarqué que l'effort maximum déterminant le glissement du ressort contre la poulie varie suivant la position de la buttée sur laquelle agit la came des disques. L'expérience a en effet démontré qu'en poussant sur les taquets C et G" le glissement s'effectue d'autant plus vite qu'on s'éloigne du point G et que les calculs relatifs aux transmissions par courroies pouvaient être appliqués aux arcs embrassés par les ressorts sans modification.

C'est lii un des côtés les plus intéressants du nouvel organe, de pouvoir être tracé et calculé mathématiquement sans aucun tâtonnement, rien que par analogie avec des appareils déjà connus. Que de mécomptes, d'essais infructueux, de résultats contradictoires, évités par la connaissance parfaite du but à atteindre ol de la lliéori(^ à appliquer pour y parvenir î

L'embrayage proprement dit est représenté par les figures cicontre. 11 s<» compose d'un tambour creux B faisant corps avec le moyeu D, calé sur l'arbre A; d'une poulie C, portant un engrenage conique F, lorsqu'il s'agit d'actionner un arbre perpendiculaire au premier; d'un manchon E, garni de plusieurs ressorts de friction et d'un glisseur (il, réuni au manchon E par une traverse F.

Le glisseur G est actionné par une fourchette ordinaire, et il a pour objet d'amener les ressorts tantôt dans l'intérieur de

t poulie, tanlôt dans le tambour creux.

Dans lu première de ces positions, l'arbre entruioc U poulie et par suite l'engrenage conique; dans la seconde, la poulie devient folio sur l'arbre et ne participe plus à son mouvement. Les ressorts ne subissent ni seirage ni desserrage, ils ne font que se déplarer longitudinnlement pour passer du tambourà la poulie vtviceversa.

Chacun d'eux agit indépendamment des autres, et leur effet total n'a lieu que lorsqu'ilssont tous introduits dans la poulie.

Il résulte do là que l'embrayngo se fait progressivement, avec une douceur d'autant plus grande qu'il y a plus do ressorts, et qu'on peut fiiire vai'ier la résistance au glissement, et par suite l'effort maximum à transmettre.

Une application très-utile de col appareil peut iHre faite dans les usines où on loue de la foret motrice, afin d'empùclieric lo cataire de prendre! plus de tiavail moteur qu'il ne lui en est dû. Comme l'arbre de transmission a une vitesse uniforme, il suffira d'établir la poulie du

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commande de manière à ce qu'elle ne soit plus entraînée lorsque Teffort résistant aura atteint une limite déterminée.

La planche 37 représente, à Téchelle d'un cinquième, un treuil de 300 kilogrammes, muni d'un ressort d'entraînement et d'un frein de sûreté, empêchant la descente trop rapide de la charge. Les figures 1 et 2 sont des vues d'ensemble, en élévation et en plan ; la figure 3 est une coupe par l'organe d'entraînement; la figure 4, une coupe transversale; et la figure 5, une coupe par le frein de sûreté.

Voici la légende des pièces qui constituent ce treuil :

A. Manivelle.

B. Arbre.

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