‹ Description des maladies de la peau (volume 2)Chapitre 27 sur 111 · OBSERVATIONS RELATIVES A LA LEPRE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS RELATIVES A LA LEPRE TUBERCULEUSE

CGGGV. Première Observation. — Le premier exemple de la lèpre tuberculeuse que j'aie observé, s'est rencontré chez un pauvre buclieron de la forêt des Ardennes, nommé Arnout : c'est le même individu que M. Ruette, alors élève de l'hôpital Saint- Louis , eut occasion d'observer à l'époque où il soutint sa thèse sur l'éléphantiasis. Cet homme, qui pouvoit avoir atteint l'âge d'environ trente ans, rapportoit l'origine de sa maladie à une chute de cheval qu'il avoit faite dans l'eau. Il fut exposé à un froid trèsvif et très-prolongé. A cet accident succéda une fièvre très-véhémente. Une contusion forte, qu'il reçut à la jambe droite, fut suivie, deux mois après, d'un épaississement prodigieux de l'épiderme , et d'un engorgement consécutif de cette même jambe : il étoit alors âgé de quatorze à quinze ans. Cet engorgement dura jusqu'à vingt ans, époque à laquelle il se prolongea jusqu'à la cuisse. Dans la suite, la jambe et la cuisse gauches furent également attaquées ; elles étoient recouvertes d'écaillés qui se desséchoient, tomboient, et étoient remplacées par d'autres : tel est du moins le rapport que le malade fit de ce qui avoit précédé, lorsqu'il se présenta à l'hôpital. Mais alors (c'étoit en l'an 7) sa peau avoit totalement contracté la dégénération lépreuse; elle étoit dure, calleuse, hérissée de tumeurs et de tubercules, hideusement traversée par des rides profondes ; elle étoit d'une couleur grisâtre semblable à celle de l'éléphant ou du chien de mer. Plusieurs personnes furent alors à même d'observer desfragmens de cette peau dégénérée, que M. Ruette présenta à différentes sociétés savantes. D'ailleurs, le malade avoit les autres symptômes qui caractérisent la lèpre tuberculeuse \ son visage étoit horriblement

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tuméfié ; il ofFroit deux larges sillons le long de la commissure des deux lèvres devenues très-épaisses; le front étoit proéminent, et présentoit beaucoup de rides ; les oreilles et les ailes du nez avoient monstrueusement grossi ; sa face étoit huileuse et blafarde , etc. ; son haleine étoit pestiférée. Le malade ne rendoit que des sons rauques et glapissans; le ventre étoit extrêmement gonflé, etc. Le malade succomba. Nous donnerons plus bas son autopsie cadavérique.

Deuxième Observation. — Je consigne ici l'un des exemples les plus terribles de la lèpre tuberculeuse. Louis-Joseph Dujardin, ancien domestique dans la Guiane française, âgé de quarantecinq ans, né en France, dans le département du Nord, de parens morts dans un âge peu avancé. Tempérament bilieux-lymphatique; constitution forte; ayant les cheveux bruns. Dujardin d'ailleurs ne se rappeloit pas avoir éprouvé, jusqu'à l'âge de dixhuit à dix-neuf ans, aucune maladie remarquable. Arrivé au dépôt des troupes, à Lorient, pour se rendre aux colonies, et obligé de s'embarquer six mois après , il en fut empêché par une légère inflammation érysipélateuse à la face , qui n'eut aucune suite fâcheuse. Depuis, parti pour Cayenne , il éprouva, à son arrivée, une fièvre qui prit d'abord le caractère de continue, puis celle de tierce, laquelle ne céda qu'à l'usage long-temps continué du quinquina aromatisé par la canelle , le girofle et autres épices. Sorti du service , Dujardin entreprit et conduisit des travaux pour les chemins de Cayenne. C'est à cette époque, et au milieu de toutes les intempéries des saisons et du climat, qu'il fit une chute sur la partie centrale de l'abdomen ; il en résulta un gonflement considérable , qu'on dissipa par l'usage des cataplasmes. Relevé de maladie , Dujardin entra comme économe à l'hospice de rile-la-jMer : là, il se traita d'une gonorrhée, ainsi que d'une gale canine; mais les remèdes qu'il employa furent insuffisans , ce qui prolongea long-temps ces maladies. Après trois ans de séjour dans

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l'île, il entreprit le cabotage le long de la côte de Gayenne, fit le voyage de Surinam, etc. Il est utile de rapporter toutes ces circonstances, parce qu'elles peuvent jeter quelque lueur sur la nature des causes qui produisent la lèpre tuberculeuse. Vers ce même temps, il habita un canton très-marécageux et couvert, tous les matins, de brouillards très- épais. Il se sentit saisi d'une fièvre très-véhémente avec délire : il se rétablit. Après avoir navigué et avoir essuyé beaucoup de traverses, il se détermina à rentrer en France. Il vendit le peu qu'il avoit et s'embarqua. Lorsqu'il se fut approché des contrées européennes, il éprouva une toux très-rebelle; cette toux ne lui laissoit aucun repos : elle dura pendant dix-huit mois. A peine cette affection fut dissipée , qu'il en survint une autre non moins terrible, et d'où date à-peu-près la maladie dont il s'agit dans cet ouvrage : c'étoit une fluxion phlegmoneuse à la partie latérale droite de la face; fluxion formée aux dépens de la glande parotide du même côté, et pour laquelle furent employés les résolutifs et les émoUiens. La tumeur dissipée , il se manifesta une œdématie de la face , des mains, des jambes, etc.; vers le même temps, on remarqua une exsudation séreuse de la peau, qui se dépouilla de son épidémie sur les côtés du nez; il se formoit sur les joues des croûtes d'un jaune verdâtre, d'où suintoit un liquide fétide et abondant. D'ailleurs on remarquoit une bouffissure presque générale, plus sensible vers le visage, ainsi qu'aux extrémités supérieures et inférieures , avec des rides trèsprononcées. Tout le système dermoïde étoit dur à un point qu'on eût dit qu'il étoit dans un état de squirre; tous les poils étoient tombés : il s'en étoit néanmoins conservé quelques-uns sur une portion de la barbe. Les cheveux avoient subi le même sort. Les ongles des pieds et des mains étoient altérés par le dessèchement, autant que par une matière jaunâtre, épaisse, susceptible d'acquérir beaucoup de dureté et de consistance. Indépendamment de ces phénomènes morbifiques, on remarquoit des petits boutons

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isolés, arrondis, élevés, semés de loin sur les bras et les jambes, se rapprochant beaucoup, au premier aspect, des verrues, aussi durs qu'elles, mais sans stries. Le mucus du nez couloit difficilement : il étoit mêlé d'un sang noir et épais. Bientôt on vit s'accroître tous les symptômes. Il arriva un gonflement plilegmoneux et érysipélateux tout le long du bras gauche, avec des phlyctènes considérables à la partie interne de l'avant-bras; la respiration étoit presque étouffée. Je fis pratiquer des fomentations aromatiques ; j'administrai des boissons vineuses , des décoctions de quinquina, etc. Le pouls se soutenoit ; l'altération et la soif étoient insupportables. Le nez du malade sembloit acquérir de jour en jour plus de volume. C'est alors que le visage devint affreux: il étoit d'une grosseur démesurée. Les élèves qui venoient à l'hôpital Saint-Louis suivre mes leçons de clinique , furent frappés d'une sorte d'épouvante lorsqu'ils virent ce malheureux étendu sur son grabat, et qu'ils entendirent sa voix rauque et glapissante ; ils crurent entendre les rugissemens d'une bète féroce : sa vue seule inspiroit l'effroi. Le peintre qui le peignoit ne pouvoit supporter l'odeur fétide qui s'exhaloit de sa bouche; j'étois contraint de le supplier pour qu'il supportât courageusement ses dégoûts; je me mettois à côté de lui; je l'aspergeois de vinaigre : je suis encore à comprendre comment nous avons pu rester, pendant cinq jours, environnés de cette infection. Il y eut une nuit terrible : la fièvre se déclara avec violence; le malade crachoit le sang et le pus. Les membres du malade sembloient tomber dans une espèce de mortification. Il y avoit des phlyctènes qui perçoient et qui étoient remplacées par des escarres blanchâtres. L'affoiblissement étoit à son comble; les yeux abattus, larmoyans. Les croûtes s'étendirent considérablement et prirent, du côté de la bouche et du nez, un aspect brunâtre; elles étoient situées circulairement sur le côté et le long de la commissure des lèvres. Ces croûtes, avec les rides horribles du visage, contribuoient à imprimer à la physionomie du

malade l'aspect du lion. Enfin, la lèpre fit des progrès considérables. La prostration des forces devint extrême; le pouls étoitfoible et déprimé; la poitrine s'embarrassa ; le malade cessa d'expectorer. Il mourut dans les angoisses les plus décliirantes. Nous donnerons plus bas l'autopsie cadavérique.

Troisième Obsen^ation. — M. Valentin a bien voulu me faire parvenir l'observation et le dessin d'un lépreux de Vitrolles. Il se nomme Louis Guéidon ; son âge, au moment où il a été observé, étoit d'environ trente-six ans. Il étoit célibataire. Sa face étoit hérissée de tubercules inégaux, dont la plupart égaloient le volume d'un gros pois ; il y en avoit de plus considérables encore , particidièrement ceux qui étoient situés au milieu du front et à la racine du nez : certains égaloient, par leur grandeur, de grosses avelines. Ces tumeurs contiguës et rangées avec régularité les unes sur les autres, s'étendoient dans toute la longueur du front, et formoient, pour me servir des expressions de M. Valentin, comme un chapelet qui seroit artistement appliqué au-dessus des arcades surcilières. Ces tubercules étoient insensibles et non ulcérés; néanmoins on en distinguoit un à la partie antérieure du col, d'où suintoit une sanie fétide. Il s'étoit manifesté à la surface des membres thorachiques et abdominaux, des élévations ou ampoules plus ou moins aplaties, d'une teinte cuivreuse et indolente. Gomme les tubercules de la face , ces ulcérations étoient recouvertes de squarames. On les piquoit vainement avec des aiguilles; on les pinçoit avec les ongles; le malade n'éprouvoit absolument rien : il étoit dans une insensibilité complète. On sent bien que l'ensemble de tous ces tubercules devoit donner au malade l'aspect le plus hideux. Cet homme d'ailleurs ne pouvoit se livrer à aucun exercice , ni entreprendre aucun travail , sans que sa respiration en fut considérablement gênée. Voix rauque, et quelque temps après , aphonie totale, au point qu'il arliculoit à peine quelques sons. Tubercules et ulcères rongeans dans l'intérieur de la bou-

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clie; au centre de la voûte du palais, on aperce voit aussi quelques élévations. Pour observer plus soigneusement ce malade , M. Valentin l'avoit fait venir à l'Hôtel-Dieu de Marseille, où il fut mis sous la direction de M. Niel, praticien très-recommandable. Il ne put y rester qu'environ deux mois; c'est alors que M.Valentin eut occasion de le faire peindre et qu'il voulut bien me procurer le dessin de la face , lequel est d'une fidélité extraordinaire. Je reviens au détail des symptômes que le malade éprouvoit. Indépendamment des tubercules saillans dont nous avons déjà fait mention, le tissu cutané étoit parsemé de durillons, qu'on n'apercevoit qu'en passant la main sur la peau. Cependant, il y en avoit de plus considérables par leur volume, qui se trouvoient situés à la joue gauche 5 à la lèvre supérieure et sur toute la surface du menton. On remarquoit à la surface de quelques-uns des tubercules dont nous avons déjà parlé , des ulcérations auxquelles succédoit la formation d'une croûte de couleur verdâtre. Il paroît que les parens de Guéidon jouissoient d'une santé excellente, et qu'ils n'avoient aucune infirmité analogue à celle que nous venons de décrire. On lira, du reste, de plus amples renseignemens sur ce lépreux , dans un mémoire présenté à la faculté de médecine de Paris, par M. Valentin. Peu de médecins montrent autant de zèle que lui pour le progrès des sciences; peu les cultivent avec autant de constance et un désintéressement aussi louable.

Quaiiième Observation. — M. Lordat , habile médecin de ]\Ioritpellier, a recueilli l'observation d'un matelot de Gênes, qui étoit attei^^it de la lèpre tuberculeuse. Ce malheureux avoit été esclave à Tunis pendant deux années. La maladie avoit commencé par des taches brunes : elle fit bientôt des progrès sensibles. Ce matelot, âgé de trente ans (lorsqu'il se présenta à M. Lordat), paroissoit pourtant avoir sur son visage tous les signes de la décrépitude et delà vieillesse, quoiqu'il eût autrefois une physionomie très-agréable. Il n'a voit presque plus de cheveux. Les symptômes

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les plus remarquables étoient la clépilation de la barbe, des paupières et des sourcils, elc. : trois ou quatre poils paroissoient à peine sur le menton. M. Lordat remarqua que les parties inférieures des avant-brgs, les mains, les jambes et les pieds, etc., étoient pareillement privés de poils, etc. La face étoit bosselée çà et là par des éminences larges et d'une couleur assez analogue à celle du cuir qu'on a tanné. Dans les intervalles que laissoient ces éminences , on voyoit que les tégumens avoient conservé la couleur qui leur est propre; de semblables tumeurs s'observoient sur le tronc, sur les bras, sur les cuisses, etc. Ou voyoit des rides affreuses sur le dos des mains, qui étoient d'un gris-brun cendré; quand on tendoit la peau et qu'on dissipoit ainsi les rides, alors cette enveloppe avoit nn aspect luisant. Il y avoit des durillons dans le tissu cellulaire. Ce tissu étoit très -épais sur le dos des plialanges. Les métacarpes présentoient des raies et des gerçures transversales, pareilles à celles que l'on observe sur la peau des éléphans. M. Lordat a remarqué cbez ce malade, que le muscle interosseux de la main et l'adducteur du pouce étoient dessécliés et contractés : cette contracture rapprocboit tellement les doigts, qu'elle s'opposoit à son abduction. La peau des jambes et des pieds étoit tendue et dure, parsemée d'écaillés et de tubercules grenus, etc. Tuméfaction et dureté du tissu cellulaire, en sorte que le malade pouvoit à peine flécbir le pied. Il s'étoit formé sur la peau des pieds, des gerçures profondes, d'où fluoit une sanie putride et infecte. Ce sont particulièrement les traits de la face qui avoient subi une déformation totale; les yeux étoient, en quelque sorte, masqués par la peau des sourcils; le nez considérablement grossi et épaté; fosses nasales presque boucliées par le gonflement et la tuméfaction des cartilages qui les forment; les lèvres prodigieusement tuméfiées; la langue profondément sillonnée. La peau avoit perdu la faculté de sentir : on la traversoit impunément avec des épingles; le malade n'éprouvoit aucune douleur, quoiqu'on

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la piquât jusqu'au sang. Son haleine étoit fétide, repoussante; sa Yoix étoit rauque. M. Lordat observe néanmoins que malgré l'extinction de sa voix, on distinguoit son idiome naturel, au milieu des sons presqu'éteints qui sortoient de sa bouche. Le pouls étoit remarquable par sa rareté et sa lenteur; les urines étoient rouges et bourbeuses. Douleurs articulaires assez graves pour gêner considérablement la progression. On n'observoit aucune altération dans les facultés intellectuelles; seulement l'individu étoit enclin à la mélancolie, etc.

Cinquième Observation. — Rien de plus déplorable à raconter que l'histoire d'un malheureux Colon qui est venu me consulter à Paris, et qui périra infailliblement de la maladie qui le tourmente. Mille autres indispositions l'avoient, en quelque sorte, préparé à cette affection. Il étoit depuis long-temps sujet à de graves ophthalmies : il avoit des flux dyssentériques qui ne lui laissoient pas un instant de calme; ces flux débilitans étoient, en quelque sorte, devenus habituels chez le malade. Un jour, qu'il venoit de dhier, on vit se manifester tout à coup de grandes taches sur son visage; ces taches étoient d'un jaune tirant sur le rouge de feu, à peu près comme la couleur de la fleur du souci. On mit aussitôt le malade à l'usage des sucs d'herbes. Il sortit alors de nouvelles taches au bras gauche et à la cuisse du même côté. On fut alarmé, et on employa les sudorifiques les plus actifs, la squine, la salsepareille, etc. : le mal, au lieu de diminuer, fit des progrès. Dès-lors il lui survint au front des taches rouges; la peau de cette partie du visage se dessécha et se rida, comme la pellicule qui s'observe à la surface du lait que l'on fait bouillir. Le bras droit, précisément à la partie qui porte sur la table lorsqu'on écrit, devint tout-àfait jaunâtre, et la peau tout-à-fait insensible, jusqu'à ne pas s'apercevoir de la présence d'une épingle qui y resta attachée. Toute la nuit cependant les nerfs des bras étoient dans une agitation continuelle : il lui survenoit des crampes à la main, et par-

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ticnlièrement au petit doigt. On avoit soumis ce doigt à l'électricité, à l'occasion d'un coup qu'il avoit reçu; et, depuis ce temps, il n'avoit cessé de lui causer les douleurs les plus vives. Lorsque le malade eut usé des sudorifiques, il se développa une quantité innombrable de taches sur tout le corps; aux genoux surtout, il se manifesta une grande tache rouge, qui prit une apparence herpétique. Ce malheureux résolut dès-lors de venir à Paris. Dans ce même temps, il éprouvoit des sueurs si abondantes à la tête qu'il ne pouvoit faire un pas sans qu'il ne fut singulièrement affoibli. Il avoit sur les lèvres, sur le nez et sur les joues, des verrues qui se dissipèrent avec de l'eau mercurielle. Lorsqu'il me consulta, la peau de ses bras étoit insensible ; celle des jambes l'étoit aussi en quelques endroits. On voyoit sur tout le corps des granulations sans nombre. Le derme étoit comme affecté d'un empâtement général. Le malade ressentoit une espèce de gêne dans ses extrémités inférieures , comme s'il eût été serré par un brodequin. Il avoit les yeux gorgés; ses malléoles s'enfloient par intervalles, et il lui restoit une douleur assez habituelle dans les jointures. 11 étoit surtout affecté d'un gonflement extraordinaire du prépuce. D'ailleurs rien ne l'empêchoit de vaquer à ses affaires domestiques , de poursuivre même des travaux de tête , qui exigeoient de profondes méditations. Les remèdes administrés n'eurent aucun résultat. Le tissu cellulaire prit dans la suite un accroissement qui alarma tout le monde. Le malade tomba dans un abattement extrême. Il s'est embarqué pour retourner dans son pays. Ses oreilles étoient monstrueuses et ulcérées.

CGCCVI. La lèpre tuberculeuse pourroit être appuyée par un plus grand nombre d'exemples ; car c'est la plus commune de toutes. Il semble même qu'elle n'ait pas sensiblement diminué sur le globe , comme les autres espèces. Presque tous les voyageurs modernes l'observent et rapportent, à ce sujet, les détails les plus affreux.

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