TABLEAU DU PIAN FONGOÏDE
DVL Bontiiis a fait mention de ce pian; il se manifeste, selon lui, par des tubercules qui présentent, pour ainsi dire, la consistance et la dureté des squirres. Ces tubercules affectent spécialement le visage, et successivement les bras, les extrémités inférieures, etc. On les voit avec le temps se ramollir^ s'ouvrir, et fournir un pus épais, gommeux, d'une couleur verdâtre. Il en
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résulte des ulcères Yirulens ; le liquide qui en découle est d'une telle acrimonie qu'il cause des escarres sur la peau.
On distingue en conséquence deux périodes dans la marche et le développement du pian fongoïde. Dans le premier temps de son existence, les végétations sont tellement dures et rénitentes, qu'on est loin de soupçonner une suppuration prochaine. Mais dans la seconde période, la peau qui les recouvre se déchire, et chaque tuhercule devient un ulcère fétide ; c'est par les progrès de leur décomposition , que ces tubercules prennent successivement la couleur d'un noir verdâtre, ou une teinte violacée trèsobscure. On s'imagine voir des fruits se pourrir sur la tige qui les supporte.
Les pustules du pian fongoïde ressemblent, pour la plupart, à des verrues, lorsqu'elles commencent à se développer; ensuite elles grossissent, prennent la forme des champignons, et se répandent en très-grand nombre à la surface du corps. Il arrive parfois que presque tout le système dermoïde en est recouvert.
Cette maladie prend absolument le masque de la maladie vénérienne; cependant, elle est loin de causer des douleurs aussi vives. Il est assez rare d'y voir se manifester des exostoses, des caries, enfin tous les ravages que la syphilis produit sur les os. Mais les désordres extérieurs sont presque toujours plus horribles.
Les excroissances du pian fongoïde ne sont pas toutes du même volume; il en est qui restent long-temps très-petites, et qui ne sont pas plus considérables que des grains de raisin ou des lentilles ; d'autres sont aussi volumineuses que des morilles ou que ces fruits rouges et sillonnés du solanum Ijcopersicon y que l'on dé- ' signe ordinairement dans l'économie domestique sous le nom de tomates on pommes d^ amour. . '. .
Après quelques mois , les tumeurs s'affaissent et se dessèchent ; la peau ridée et flétrie est d'une telle insensibilité qu'on peut quelquefois la couper avec des ciseaux, sans que les malades éprouvent la moindre sensation pénible. Ceux-ci tombent peu à peu
dans un amaigrissement qui les énerve à un point extrême; ils finissent par succomber, ou par traîner une vie misérable pendant beaucoup d'années.