‹ Description des maladies de la peau (volume 2)Chapitre 44 sur 111 · DU TRAITEMENT INTERNE EMPLOYÉ POUR LA GUÉRISON DES PIANS · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT INTERNE EMPLOYÉ POUR LA GUÉRISON DES PIANS

DLL Nous avons dit que l'indication urgente étoit de pousser la matière du pian vers la périphérie cutanée. Pour parvenir à ce but, on a recours aux décoctions sudorifiques de sassafras, de gaïac,

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desquine, de salsepareille, etc. Certains médecins administrent le musc, le camphre, le soufre, l'assa foetida, les préparations antimoniales , la thériaque, le safran. Les modes d'administration varient au gré et au jugement des praticiens.

DLII. Afin de favoriser l'action des diaphorétiques, on renferme les nègres malades du pian dans une chambre Lien close et Lien réchauffée. Quelquefois on continue de les faire travailler et de les soumettre à des exercices qui contribuent d'une manière particulière à développer l'éruption pianique. On assure que les pustules ordinairement désignées sous le nom de piaits blancs y sont celles qui se développent avec plus de facilité : l'éruption des pians rouges ou petits pians , est beaucoup plus tardive.

DLÏIL Le remède le plus efficace contre le pian est sans contredit le mercure. Bajon observe que pour faire réussir son administration, il est utile d'attendre que l'éruption des pustules soit totalement opérée. Une pareille assertion se vérifie du reste en Europe , pour d'autres maladies cutanées , particulièrement pour les dartres. J'ai fréquemment expérimenté que , lorsque j 'a vois recours au soufre pour les combattre , ce remède n'agissoit jamais mieux qu'à l'époque où l'affection herpétique étoit complètement développée. Pourquoi n'en seroit-il pas de même relativement au muriate sur-oxigéné de mercure qui paroit être le médicament par excellence pour opérer la cure des pians ?

DLIV. On ne sait trop pourquoi Peyrilhe a pu penser qu'il falloit bannir le mercure du traitement employé contre l'affection pianique. Les raisons qu'il allègue pour motiver cette proscription ne sont rien moins que concluantes. Il dit que certains praticiens n'ayant pas su distinguer le pian de la syphilis, avoient souvent traité cette dernière maladie, croyant traiter la première. Cette méprise a dû nécessairement leur donner une grande confiance dans les préparations mercurielles. Il ajoute quelques autres argumens qui ne sont pas d'une plus grande valeur, et qui doivent nécessairement échouer contre l'expérience authentique des plus

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habiles observateurs ; car MM. Bajon , L. Valentin et tant d'autres , ont certainement bien établi les différences qui existent entre le pian et la vérole , et personne n'ignore qu'ils ont obtenu un plein succès de l'administration du mercure.

DLV. Nous avons déjà accordé au muriate sur-oxigéné de mercure une sorte de prééminence sur les autres préparations mercurielles , pour la curation des pians. On le fait dissoudre à la dose de douze ou quatorze grains dans deux livres d'eau distillée ; on l'administre ensuite par cuillerée dans une décoction d'orge ou autre boisson mucilagineuse , comme dans les maladies syphilitiques. Il est des chirurgiens dans les colonies qui donnent ce sel dans l'eaude-vie de sucre ou tafia ; d'autres l'associent à la salsepareille , au gaïac, et à tous les sudorifiques.

DLVI. Comme on voit très-souvent des enfans qui sont encore à la mamelle être tourmentés par tous les accidens de l'éruption pianique, ainsi que cela arrive dans la maladie vénérienne, on les guérit sans aucun inconvénient pour les constitutions foibles et débiles, en faisant prendre le mercure aux nourrices. Cette méthode est merveilleusement salutaire; beaucoup de faits constatent son efficacité.

DLVII. Le pian fungoïde , ou maladie d'Amboine , se traite par des procédés entièrement analogues à ceux que l'on suit pour guérir le pian ordinaire ou pian ruboïde ; Bontius en fait lui-même la remarque. Si la maladie est récente , la cure est assez rapide; si elle est ancienne, elle offre un plus grand nombre d'obstacles. Les bois sudorifiques sont invoqués et fréquemment associés aux plantes anti-scorbutiques; quelquefois on a cru devoir recourir aux purgatifs violens. Enfin , le mercure , le turbith minéral , l'antimoine, trouvent surtout leur place dans ce traitement qui réclame une extrême sagacité de la part du praticien. j

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