‹ Description des maladies de la peau (volume 2)Chapitre 89 sur 111 · DES POILS · texte numérisé non relu

DES POILS

DCCGCXV. Ce n'est pas seulement à la surface externe du corps des animaux que se montre ce nouvel élément, on le rencontre aussi sur les limites et même jusque dans la profondeur de l'enveloppe tégumentaire interne. Des poils existent presque toujours à l'entrée du conduit auditif et des fosses nasales ; et cette identité de produits ajoute une nouvelle preuve à ce que nous avons dit de l'identité de texture des deux membranes. Parlerons-nous des noms divers que les poils prennent suivant la place qu'ils occupent à la surface du corps ? Ce sont des distinctions trop connues pour nous y arrêter ; nous dirons seulement que leur structure ne paroît pas être entièrement la même dans les cheveux et la barbe, dans les poils des autres parties et ceux qui couvrent le corps des animaux. On sait en général quelles différences peuvent exister encore dans la couleur , la longueur , ainsi que les autres modifications particulières aux sexes et aux races humaines. Ornement naturel de la beauté , les cheveux ont toujours chez la femme un développement plus considérable que chez l'homme ; ils blanchissent aussi plus tard et se conservent encore long-temps après que l'âge a ravi à la femme tout ce que la nature lui a voit donné d'attraits. D'assez grandes variétés existent pour la quantité et la longueur des cheveux dans le fœtus ; mais en général leur présence est toujours l'indice d'une naissance à terme. Courts et crépus chez le

Nègre, ils sont souples et allongés chez l'Américain, qui, d'un autre côté, se dislingue des autres races par le défaut de barbe , si son absence n'est pas due plutôt à Tépilation, comme le pensent quelques voyageurs et certains naturalistes. Toutes ces variétés ne sont pas exclusives à l'espèce humaine, et les animaux ne diffèrent pas moins entre eux par l'aspect particulier de leur poil et de leur plumage que par les conditions de leur organisation intérieure.

DGCGGXVL Mais les poils doivent encore être étudiés dans leur structure et leur composition intimes. Implantée dans le tissu cellulaire sous-dermoïde ou dans le derme lui-même, leur racine toujours blanche , quelle que soit la couleur du poil lui-même , est reçue dans un bulbe , ou espèce d'ampoule dans laquelle pénètrent des nerfs , des vaisseaux sanguins et lymphatiques , et d'où sort à sa partie supérieure une tige cornée plus ou moins longue. Le bulbe constitue réellement leur seule partie vivante ; car bien que Rudolphi, et tout récemment M. Andral fils, aient suivi des filets nerveux dans la moustache du phoque , la nature des poils n'en paroît pas moins tout-à-fait inorganique. Leur tige est composée d'une série de cônes embouchés les uns dans les autres et sécrétés par la pulpe contenue dans le bulbe , suivant un ordre tel que le plus élevé est toujours le dernier produit. L'épiderme et même la peau entière se replient pour concourir à leur formation , et cette circonstance explique les douleurs que détermine leur tiraillement. Au sortir du bulbe, les poils traversent le derme qu'ils percent suivant une direction plus ou moins oblique, et après avoir franchi le corps muqueux et l'épiderme , arrivent enfin à la surface accompagnés par une expansion de la cuticule, à laquelle est due leur nature cornée. Une gaîne formée par cette substance inerte et remplie par un fluide qui paroît provenir de la partie colorée du réseau de Malpighi , telle est la structure des poils à la surface desquels on cherclieroit d'ailleurs vainement les épines ou arêtes admises par quelques anatomistes. Leur compo-

sition diffère à quelques égards de celle de l'épiderme -, aussi quelques élémens particuliers y ont-ils été découverts par la chimie. Le savant M. Vauquelin a obtenu par leur analyse une matière animale qui paroît constituer leur base, une huile blanchâtre concrète , une seconde huile noirâtre, du fer , un oxide de manganèse 5 du phosphate et du carbonate de chaux , du soufre et de la silice , toutes substances plus ou moins indispensables à leur constitution physique , ainsi que l'ont prouvé les expériences sur la coloration artificielle des cheveux.

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