‹ Description des maladies de la peauChapitre 29 sur 94 · TABLEAU DE LA TEIGNE FURFURACEE · texte numérisé non relu

TABLEAU DE LA TEIGNE FURFURACEE

XI. Cette teigne désignée encore sous le nom de porrigineuse y et que nous avons observée avec la plus sévère attention , commence par une desquammation légère de l'épiderme de la tête , qu'accompagnent souvent des démangeaisons assez vives. Il suinte en même temps de tOLit le tissu réticulaire enflammé , une matière ichoreuse qui s'attache , et forme , en se desséchant sur les cheveux , une quantité plus ou moins considérable d'écaillés. A mesure que la maladie prend un nouvel accroissement, elle envahit une étendue plus grande de cuir chevelu. Les couches des écailles superposées s'épaississent , ces écailles sont à leur extérieur d'une couleur blanche , quelquefois roussâtre, en sorte qu'elles ressemblent à un amas de son ou de farine grossière. Quand la teigne furfuracée ou porrigineuse est sèche , les écailles tombent au moindre frottement que l'on exerce sur la tête. Toutes les fois que nous avons dépouillé le cuir chevelu des écailles qui le recouvroient, nous avons observé qu'il étoit dénué de son épiderme , qu'il avoit une couleur rosée, et offroit une surface lisse, polie, luisante, comme vernissée.

La teigne furfuracée, ou porrigineiise , n'est pas très-commune dans les hôpitaux : de là vient sans doute que plusieurs auteurs se refusent à admettre son existence. Comme on a vu des écailles compliquer plusieurs fois de leur présence la teigne granulée et la teigne faveuse, on a pensé que la teigne furfuracée pourroit bien n'être qu'un degré moins avancé de ces teignes. Mais les écailles qui caractérisent cet exanthème , ont une disposition entièrement différente pour un homme habile à l'observation : d'ailleurs , elles collent les cheveux et forment des couches qu'on ne remarque dans aucune autre espèce. Lorsqu'on appuie un doigt sur ces couches , elles cèdent mollement à la pression.

Dans quelques circonstances, la teigne furfuracée n'attaque pas uniquement le cuir chevelu. Je l'ai vue, chez certains enfans , s'avancer jusque sur le front, et y former des plaques qui ressembloient à des monceaux de son, et souvent même qui égaloient la neige , par la blancheur de leurs molécules : elles s'étendoient jusqu'aux sourcils. Des médecins, qui ont traité de la teigne porrigineuse dans leurs ouvrages, prétendent avoir observé qu'elle attaquoit toutes les parties du corps; mais c'est une erreur, qui vient de ce qu'ils ont confondu cette affection avec la dartre furfuracée ou avec la dartre squammeuse.

La teigne furfuracée excite un prurit considérable sur le cuir chevelu, et entretient communément une grande quantité de poux. Elle est accompagnée d'une certaine phlogose, qui donne lieu à la formation de petites vésicules sur la peau , ou à de petites ulcérations ; alors elle est humide , et exhale une humeur glutineuse qui a l'odeur du lait aigri ou corrompu : d'autres fois elle est sèche, et absolument inodore.

Je n'ai jamais observé que la teigne furfuracée attaquât les adultes ; mais on peut dire qu'elle survient fort souvent chez les enfans qui ont franchi leur premier septénaire d'années , quoiqu'on ait avancé une opinion contraire.

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