‹ Description des maladies de la peauChapitre 39 sur 94 · T . II · texte numérisé non relu

T . II

seule circonstance pour la teigne faveuse. Je puis pourtant ajouter que , dans un autre cas , des linges humectés dans le pus abondant d'une teigne muqueuse, ont provoqué quelques petites ulcérations derrière les oreilles d'un sujet scrophuleux, cliez lequel je chercliois à réveiller l'action cellulaire par l'intromission d'un virus étranger. J'ai lieu de soupçonner que ces moyens , d'un ordre entièrement nouveau, seroient d'un secours très-avantageux dans le traitement des maladies lymphatiques. Que conclure , en conséquence , des deux faits isolés que j'expose ? N'estil pas manifeste que la qualité contagieuse des teignes n'est point encore rigoureusement démontrée pour tout observateur exact et judicieux, et que cette question problématique nécessite au moins des recherches nouvelles ?

XL. Au surplus , on a assigné , avec raison , une infinité de sources diverses à l'affection cutanée dont il s'agit. En général , tout ce qui augmente l'activité de la circulation, peut servir de stimulus pour le cuir chevelu, et diriger vicieusement un afflux d'humeurs morbifiques vers la tête, qui jouit alors d^une sorte d'exubérance vitale. Il peut arriver même que plusieurs causes nuisibles concourent à la fois pour augmenter le mouvement tonique de cet organe. Parmi ces causes , il faut principalement compter les chagrins, les emportemens, et autres passions de l'ame auxquelles s'abandonnent imprudemment les nourrices. Nous avons vu, à l'hôpital Saint-Louis, Lucie Dugard, âgée de vingt-deux mois , née d'une mère qui se portoit habituellement à des excès de fureur. Cette petite fille ayant tetté de son lait à la suite d'un de ses violens mouvemens de colère , fut dès-lors attaquée d'une teigne muqueuse qui occupoit le front, la face et les oreilles, et qui laissoit écouler une humeur jaunâtre et visqueuse. Il est bien remarquable que cette teigne dominuoit d'intensité quand la mère étoit plus calme , et surtout plus sobre ; car nous apprîmes également que cette femme dénaturée se livroit quelquefois au vin sans aucune retenue. Elle étoit d'ailleurs très-débauchée.

ARTICLE IV

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