T. XV
SINGES. b34 et un mètre et demi, celui-ci atteindrait 7 pieds anglais où environ 2 mètres. Ce caractère distinctif serait sans nul doute d’une valeur réelle, si les mesures eussent été prises avec exactitude ; mais les circonstances n’ont pas permis de le fairet.
C. L’Orang de W{allich. Cette espèce, admise par M. de Blainville, repose uniquement sur un crâne semi-adulte, envoyé de Calcutta, en 1818, par M. Wallich, le même dont l’examen a conduit M. Cuvier à rétablir le Pongo parmi les Orangs. Ce crâne est fort différent de celui de l’Orang Ountan ; mais il se rapproche beaucoup de celui de l’Orang de Wurmb. |
Il importe de remarquer que ce crâne, bien qu'il ait été envoyé de Calcutta, n’établit nullement l'existence du genre Orang sur le continent. On ignore, en effet, si M. Wallich s’est procuré ce crâne dans la presqu’ile Malaise ou dans archipel Indien.
D. Szrua morio de M. Owen’. Cette espèce, habitant Bornéo, reposerait principalement sur des caractères dentaires, qui peuvent être attribués à une différence d'âge, aussi bien qu’à une difference spécifique.
Toutes ces espèces restent, comme on le voit, plus ou moins douteuses. Parmi les auteurs récents, deux zoologistes distingués, MM. Dumortier 5 et Temminck 4, se sont même fortement prononcés, quoique connaissant les travaux qui viennent d’être cités, pour l'unité spécifique de tous les Orangs découverts jusqu'à ce jour. On verra avec intérêt, dans leurs Mémoires, les objections, souvent
? Les dimensions considérables, d’abord attribuées à l’'Orang d’Abel, ont même été démenties dans des ouvrages postérieurement publiés en Angleterre.
2 Dans les Transact. zool. society, t. I, part. HI, p. 168. — Voyez aussi Jardine, Monkeys.
8 Voyez les Bulletins de l’Acad. des sciences de Bruxelles, 1836.
4 Loc. cit. p. 366 et suivantes.
très-péremptoires, qu'ils opposent aux arguments des auteurs qui soutiennent la multiplicité des espèces du genre Orang. En ce moment même, M. Dumortier prépare un grand travail dans lequel tous ces arguments seront repris, discutés d’une manière approfondie, et appuyés de nouveaux faits. Un grand nombre de planches dont dix-huit sont déjà lithographiées, éclaireront et orneront ce travail. >
Il m’a semblé qu’à la veille d’une œuvre aussi importante et par son étendue et par le nom de son auteur , il n’y avait pas lieu à publier de mon côté, sur les Orangs, un travail ex-professo dont je me suis aussi occupé depuis quelques années. C’est pourquoi je me suis borné ici à donner une description succincte du P. bicolor, et à présenter quelques remarques sur les autres espèces, vraies ou nominales de ce genre, me réservant de reprendre plus tard ce sujet dans un Mémoire spécial ; mémoire dans lequel je serai heureux de mettre à profit les faits nouveaux dont M. Dumortier ne manquera pas d'enrichir la science. Je me propose aussi, dans le même travail, de faire connaître les habitudes de notre jeune Orang, et les preuves remarquables d'intelligence qu'il a données en diverses circonstances; et j’entrerai, à ce sujet, dans des détails qui pourront r’être pas sans intérêt pour la psychologie, mais auxquels il eût été impossible de donner place dans ce Mémoire déjà três-étendu.