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II. CYNOPITHÉCIENS

5. Le SEMNOPITHÈQUE DussUMIER, Semnnopithecus Dussumieri. (Planche 2.)

Car. — Pelage d’un brun-grisâtre sur le corps et fauve sur la tête, le cou, les flancs et le dessous du corps; queue et membres d'un brun qui passe au noir sur une grande partie de la queue, les avant-bras et les quatre mains; poils divergeant sur la tête.

Hab.— L'Inde continentale.

Syn.—S. Jonnit, r4R., Linnæus Martin, General introduction to the natural history of Mamnuferous animals, p. 489, 1841.—S. Dussuaiertr, Is. Geoffroy, Comptes-rendus hebdomadaires de l’Académie des Sciences, t. XV, p. 719, 1842.

La caractéristique que je viens de donner du Semnopithèque Dussumier, est rigoureuse à l’égard de toutes les espèces congénères déjà connues. Je vais d’ailleurs la compléter par une des-

cription détaillée et par quelques remarques sur les caractères de coloration que présente le jeune äge.

La tête est couverte de poils fauves en dessus, en dessous et sur les côtés; cette même couleur s'étend sur la nuque et le cou, et forme à l'animal une sorte de capuchon plus clair que la couleur générale du pelage. Cette même couleur fauve occupe la partie inférieure du corps, la face externe des bras, le bas des fesses et les flancs.

Le reste du pelage est de couleur plus foncée. La partie supérieure du corps est d’un brun-grisätre. Les membres sont de cette même couleur dans la portion la plus rapprochée du tronc; mais d’un brun plus foncé sur les épaules, les bras et sur la plus grande partie des membres postérieurs. Enfin, les avant-bras et les quatre membres sont noirs.

La queue présente une disposition inverse de celle des membres. Elle est noire dans ses deux premiers tiers : dans le dernier tiers, le poil passe au brun, puis à un brun-grisätre semblable à celui du dos.

La face est noire et encadrée de poils noirs. En effet, outre des sourcils noirs, il existe, sur les parties latérales, des soies noires dirigées en arrière. De telles soies se voient aussi sur les deux lèvres et sur la face interne des oreilles.

La disposition générale et la direction des poils ne présentent rien de remarquable, si ce n’est à la tête. Ceux du dessus de la tête sont divergents à partir d’un point central, situé sur la ligne médiane, à quelque distance de la partie antérieure du front: : à partir de ce point, les poils antérieurs se dirigent en avant, les pos-

! La distance entre le point central et les poils noirs qui bordent le front en avant, estchez

l'adulte d’un peu plus de 2 centimètres.

térieurs en arrière et les latéraux de côté. Les poils de la joue et ceux du dessus de la tête sont assez longs; mais il n’existe ni huppe, ni bouquet de poils divergents sur les joues, ainsi que cela se voit chez plusieurs autres Semnopithèques. Au contraire, un bouquet de poils fauves se voit sous le menton, et offre la disposition que chacun connait chez le Cercopithecus Diana.

Les dimensions sont les suivantes :

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L’individu qui a servi de type à cette description est une femelle adulte. M. Dussumier a rapporté avec elle un jeune individu qu’elle allaitait lorsqu'on l’a tuée. Ce jeune sujet, dont la taille est seulement de trois décimètres (non compris la queue), est généralement noirâtre, la tête étant seulement un peu plus claire que le corps. Les seules parties qui ne soient pas de cette couleur, sont la poitrine et la gorge, sur lesquelles on ne voit qu’un petit nombre de poils fauves, et le menton sous lequel le bouquet de poils fauves que j'ai décrit chez l'adulte, est déjà bien caractérisé.

Cette espèce, contrairement à ce qui a lieu chez ses congénères, passe done, sur plusieurs parties, d’une couleur plus foncée à une couleur plus claire.

Les deux individus que possède le Muséum, sont les seuls que je connaisse ; mais M, Dussumier a vu des troupes de cette espèce. J'ai d’ailleurs le regret de ne posséder aucun détail sur ses mœurs,

J'ai depuis plusieurs années, dans mes cours au Muséum, décrit le Semnopithèque Dussumier, comme une espèce nouvelle, et c’est ce qu'indiquaient les étiquettes de nos individus. M. Linnæus Marlin en a toutefois jugé autrement. Étant venu visiter la collection du Muséum de Paris, avant de publier son ouvrage plus haut cité sur l'Homme et sur les Singes ; ayant examiné les individus que je viens de décrire, il a cru ne pas devoir les considérer avec moi comme les types d’une espèce nouvelle. Il les mentionne, en effet, comme de simples variétés d’un autre Semnopithèque, précédemment décrit par moi, sous le nom de S$. cucullatus. Afin qu’on puisse juger, soit des affinités, soit des différences qui existent entre celui-ci et le S. Dussumiert, je vais reproduire, dans le paragraphe suivant, la caractéristique du premier, et présenter sur lui quelques remarques.

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