‹ Description des mammifèresChapitre 14 sur 125 · Le SEMNOPITHÈQUE A CAPUCHON, S. cucullatus · texte numérisé non relu

Le SEMNOPITHÈQUE A CAPUCHON, S. cucullatus

Car. — Corps brun; queue et membres noirs; tête d’un brunfauve. Poils de la tête couchés et dirigés en arrière à partir du front. Queue très-longue.

Hab.— L'Inde continentale, particulièrement les Gates.

Syn. — SEMNOPITHÈQUE A CAPUCHON, $. CUCULLATUS, Is. Geoffroy, Zoologie du Voyage de Belanger, 1830-1831 ; Sal. Muller et Schlegel, Loc. cit., 1842. — Hoopen Monkey (Singe à capuchon), $. Joan1r, L. Martin,

loc. cit., 1841.

Cette espèce est, en somme, très-voisine à plusieurs égards de la précédente ; elle s’en rapproche surtout par la coloration de la tête, dont les poils forment de même une sorte de capuchon de couleur

plus claire que le reste des parties supérieures. Mais ce capuchon est Anemives pu Muséux, roues ÎI. 69

d’un brun-fauve chez le S. cucullatus, qui a le corps brun, et d’un fauve-clair chez le S. Dussumiert, qui a le corps d’un brun-grisâtre assez clair. C’est donc la même disposition; mais ce ne sont pas les mêmes couleurs. Le S. cucullatus peut ainsi être distingué, dès le premier aspect, par son pelage beaucoup plus foncé , et qui est en même temps de couleur beaucoup plus uniforme, et composé de poils plus longs. Cette différence très-marquée de coloration concorde d’ailleurs avec une disposition très-différente et très-caractéristique des poils de la tête, qui, chez le S. cucullatus, sont couchés et dirigés en arrière à partir de la partie antérieure du front, et qui, chez le S. Dussurmmeri, sont divergents à partir d’un point central, assez distant de la partie antérieure du front.

C’est donc à tort que M. Martin a considéré notre S. Dussurnieri et notre S. cucullatus comme une variété d’une seule et même espèce à laquelle il donne en anglais le nom de Singes à capuchon (Hooded Monkey), et en latin celui de Semnopithecus Johnit, du nom de John qui, dès 1795, avait indiqué‘ une espèce qui est ou le S. cucullatus, ou une espèce voisine?.

! Sous le nom d’Affe aus Tellicherie, dans les Neue Schrift. der ges. naturforsch. Freunde, t. 1, p. 215 (1795). L'Affe aus Tellicherie est le Simia John de J.-B. Fischer, Synops. Mammalium.

? Depuis que j'ai écrit ce passage, j'ai eu de nouveaux motifs pour considérer le Singe de John comme très-vraisemblablement différent du S. cucullatus. I paraît même que le S. Johni a été retrouvé par les zoologistes anglais. Voici, en elfet, ce que je lis dans une note manuscrite que M. Gervais, au retour d’un voyage récemment fait à Londres, a eu l'obligeance de me remettre sur les collections mammalogiques de cette ville : « Le Semnopithecus Johnii du British Museum est moins voisin de l’Entelle que lé Cucullatus, et se rapproche plus de l’Albo-cinereus (c’est-à-dire du C. obscurus). Je ne crois pas que ce soit la même espèce que le cucullatus. Sa tête est couverte de poils châtain-fauve, un peu luisants, lisses, assez longs, et couchés en arrière. Tout son corps est noir ainsi que sa queue. Sa région fessière est, au contraire, grisâtre-cendrée, J’ai vu une peau de cette espèce chez un marchand de Paris. Je

Ja crois de Malacca. »

5. Le SEMNOPITHÈQUE AUX MAINS JAUNES, Semnnopithecus flavimanus.

Car. — Une huppe comprimée sur le milieu de la tête et à l’occiput. Cette huppe composée de poils gris en arrière, de poils noirâtres en avant; côtés de la tête variant du fauve-clair au roux-doré ; parties supérieures du corps d’un brun-roussâtre; parties inférieures blanches; queue d’un roux-brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous, et rousse à l’extrémité; membres d’un roux-clair en dehors, blancs en dedans; mains d’un jaune roussätre.

Hab.— Sumatra. Java?

Syn.— Simpai ou Simrei des naturels de Sumatra’. — S. FLAVIMANUS, Is. Geoffroy , dans la Centurie zoologique de M. Lesson, p. 109, 4850 , et dans la Zoologie du Voyage aux Indes de M. Belanger, 1830-1831 ; Linn. Martin, loc. cit., 1841; Sal. Mulier et Schlecel, Monographisch overzigt van het Ges. Semnopithecus, janvier 1842; dans le grand ouvrage Over de zoogdieren von den Indischen Archipel.

Lorsque j'ai, pour la première fois, en 1830, décrit cette espèce, je ne la connaissais à l’état adulte que par un individu qui est longtemps resté, du moins en France, le seul connu. Le Muséum a reçu tout récemment un second sujet, en parfait état de conservation, et qui, semblable aux premiers par les teintes générales et la disposition des couleurs, présente néanmoins quelques modifications intéressantes. Les principales sont les suivantes :

Le dos et la queue ont une teinte plus grise, en sorte que cet

, x . PTE d : ss * D’après M. Salomon Muller, ce nom appartient aussi bien au S. flavimanus qu'au S. melalophos.

individu se rapproche un peu plus, par ses couleurs, du S. itr'alus.

Les mêmes couleurs existent, dans les deux individus, à la huppe et à la face; mais chez le second, la tache rousse du front est plus petite, et elle se trouve bordée de chaque côté par une ligne de poils noirs allant de l’angle externe de l'orbite à l'oreille. Cette ligne noire n'existe pas chez notre premier individu ; toutefois elle y est représentée par des poils noirâtres, offrant une semblable disposition, mais très-peu nombreux, et se perdant au milieu des poils roux.

L’individu sur lequel j’ai établi cette espèce, avait été envoyé de Sumatra par MM. Diard et Duvaucel. Je nai aucune indication sur la patrie du second individa : serait-il originaire de Pile de Java, où, d’après divers renseignements, le S. flavimanus parait exister aussi ?

Depuis la publication de mon travail, le S. favimanus a été, de la part de M. Linnæus Marün et de celle de MM. Muller et Schlegel, le sujet de quelques remarques qu'il est bon de rappeler ici.

M. Martin, en conservant aux S. melalophos et S. flavimanus les caractères distinctifs que je leur ai assignés, et les noms que j'ai employés, ajoute néanmoins que le Sirua melalophos de Raflles est, non le Sernop. melalophos des auteurs modernes, mais le S. flavimanus. En examinant de nouveau ce point de synonymie, j'ai reconnu que quelques mots sur la couleur du ventre (zearly wlule) semblent, en effet, se rapporter au $. flavinanus ; mais, chez celui-ci, la huppe n’est pas noire, si ce n’est tout-à-fait en avant: sa couleur générale est le gris ou Le blanc sale. Par cela même il est hors de vraisemblance que ce soit au S. /lavimanus que Raffles ait appliqué l’épithète spécifique Melalophos ; épithète destinée à

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