‹ Description des mammifèresChapitre 15 sur 125 · SINGES. DENT · texte numérisé non relu

SINGES. DENT

rappeler un caractère que Raffles exprime ainsi : Crest on the head composed of black hairs. W est du reste possible que Raffles ait connu, sans les distinguer, les deux espèces, et qu'il ait formé sa description de traits empruntés à l’une et à l’autre”.

MM. Muller et Schlegel nous apprennent que le S. melalophos et le S. flavimanus sont lun et l’autre appelés Simpai* à Sumatra. Le $. flavimanus, selon ces auteurs, habite seulement quelques cantons de l’ile, où il semble remplacer et représenter le S. melalophos.

Je me suis procuré, dans ces derniers temps, le crâne du $. favimanus que je n'avais point connu lors de mon premier travail en 1830. Il a, comme on devait s’y attendre d’après Panalogie des couleurs et des formes extérieures, beaucoup d’analogie avec le crâne du S. melalophos. Le talon de la cinquième molaire inférieure, beaucoup moins développé que chez la plupart des Semnopithèques, est cependant bien distinct, et il est également apparent à droite et à gauche. J’ai vu chez le S. melalophos, tantôt cette même disposition, qui est normale pour l’espèce ; tantôt les deux falons, seulement rudimentaires, ce qui parait exister surtout chez les vieux individus, et s'explique par l'usure; tantôt enfin, ce qui est plus remarquable, et ce dont il est difficile de rendre compte, le falon très-apparent d’un côté et rudimentaire de Pautre.

} D’après un travail tout récent de M. Gray, inséré dans The Annals and mag. of nalur. history de M. Jardine, t. X, p. 256, déc. 18/42, il existerait une troisième espèce voisine des S. melalophos et flavimanus. L'auteur propose pour elle l’épithète spécifique de Nobilis, et la caractérise ainsi : PressYris Nosrzis: Bright rufous, without any streak on the shoulders. Hab. Zndia.

? C’est de ce mot que M. Frédéric Cuvier a fait le nom spécifique Cimepaye, qu'il a donné en français au S. melalophos.

6. LE SEMNOPITHÈQUE AUX MAINS NOIRES, Sernnopithecus TUSTUNANUS.

Car.—De longs poils sur la tête, disposés en une crête ou huppe médiane, comprimée. Partie supérieure, face externe des bras et des avant-bras, jambes, d’un cendré légèrement brunâtre ; parties inférieures, face interne des bras et des avant-bras, face interne et la plus grande partie de la face externe des cuisses, blanches; les quatre mains et presque toute la queue, noires.

Hab.—Java.

Syn. — ..… Espèce inédite.

Je décris cette remarquable espèce, d’après deux individus, l’un, mâle adulte, faisant partie de l’une des collections envoyées de Java au Muséum de Paris, par M. Diard; l’autre, pareillement mâle, mais très-jeune encore, que je me suis procuré plus récemment par la voie du commerce.

La description sommaire qui précède, donne une idée exacte de la plupart des caractères de cette espèce, et il me suflira d’insister ici sur quelques points, notamment sur la coloration des fesses, des cuisses et de l’origine de la queue, et sur celle de la tête.

La couleur générale du pelage, le cendré-brunätre, se prolonge supérieurement, non-seulement jusqu’à la queue, mais jusque sur la base de celle-ci : mais le cendré-brunâtre passe bientôt sur la queue au brun, puis au brun-noirätre, puis au noir. Les poils de l'extrémité sont plus longs que les autres, sans former toutefois, ni une véritable touffe, ni un pinceau.

Le haut des fesses est, comme la région médio-dorsale, d’un cen-

SINGES. 547 dré-brunatre ; mais le bas et le dedans des fesses sont blanes, ainsi que la partie postérieure et externe el tout le dedans de cuisses : au contraire, le cendré-brunâtre reparaïît sur la partie antérieure et externe de celles-ci.

Quant à la tête, elle est, chez notre individu adulte, blanche ou d’un blanc-grisâtre sur les joues, la gorge, les lèvres !, noirâtre entre les yeux et les oreilles, d’un cendré-brun au-dessus et en avant des oreilles et sur la huppe. Les longs poils qui composent celles-ci, sont pour la plupart cendrés à leur base, et bruns dans leur seconde moitié. La face, autant qu’on en peut juger sur un individu préparé, est noirâtre autour des yeux , et partout ailleurs, beaucoup plus claire, vraisemblablement de couleur de chair ou de tan.

Le pelage est généralement laineux, onduleux et médiocrement long : on remarque cependant de longs poils, outre ceux de la huppe, à la partie postérieure des joues. Ceux-ci, dirigés en arrière, sont blancs.

La taille est la même que chez la plupart des Semnopithèques : un peu plus d'un demi-mètre du bout du museau à origine de la queue, qui est un peu plus longue que le corps et la tête pris ensemble.

Le jeune individu que j'ai mentionné plus haut, n’a guère que la moitié de cette longueur : néanmoins il ressemble déjà beaucoup à Padulte?, et a de même les fesses en partie blanches : maïs les parties qui doivent devenir noires, ne sont encore que brunes ou noirâtres, et le front est d’un gris-noirâtre, les poils étant d’abord blanchâtres, puis noirs dans leur portion terminale.

* Le front est aussi blanchâtre, mais les poils sont rares et usés. On verra bientôt que,

chez un jeune sujet, les poils sont blancs et noirs. ? Dès le très-jeune âge, le S. métratus est fort distinct du S. rigrimanus par divers carac-

tères, notamment par sa queue bicolore.

On voit que le S. rzorimanus a quelques rapports de coloration avec le S. lucoprymnus, et présente, en particulier, le caractère qui a valu à cette dernière espèce le nom spécifique qu’elle porte : en effet, les fesses sont de même blanches chez le S. rigrimanus. Toutefois elles ne sont que partiellement blanches chez ce dernier ; et sous ce point de vue même il y a autant de différence que d’analogie entre les $. /eucoprymnus et nigrimanus.

Des rapports plus intimes lient notre nouvelle espèce à cette peüte section des Semnopithèques que caractérise lexistence d’une crête ou huppe z7édiane comprimée, commençant sur le vertex, et se prolongeant jusque sur la nuque et même jusque sur le col. Cette disposition remarquable des poils, déjà connue dans plusieurs especest, $. mütratus, S. flavimanus, S. melalophos et S. rubicundus, se reproduit chez le $. rigrimanus; et si celui-ci est réellement de Java, avec cette analogie de disposition, coïncide une remarquable analogie d'habitat. En effet, ces quatre espèces sont toutes aussi des iles de la Sonde, savoir : les deux premières, de Java et de Sumatra, la troisième, de Sumatra, et la dernière, de Bornéo.

Entre ces quatre espèces si semblables par leurs caractères de pelage, il en est d’ailleurs trois que leur couleur générale, d’un roux plus ou moins vif, permet de distinguer, dès le premier coup d’œil, du S. z1grimanus. Au contraire, le $. mutratus est cendré comme celui-ci, et pourrait être facilement confondu avec lui, si l’on n’avait égard aux caractères que présentent, chez le S. rutratus, la queue blanche inférieurement, la huppe noire, les fesses et les cuisses cendrées, et les mains grises ou blanchätres.

Le S. leucoprymnus étant, soit par la disposition de son pelage, soit même par sa coloration, l’espèce la plus voisine du S. r2grima-

! Quatre, non compris le S. nobts dontil vient d'être fait mention. Voyez p. 545.

‘SINGES. 549 nus, on est fondé à supposer que ce dernier doit avoir aussi la dernière molaire inférieure seulement quadri-tuberculée. Malheureusement, je n’ai pu me procurer le crâne adulte du S. z59rimanus, et je n’ai pu faire une vérification, d'autant plus nécessaire que d’autres Semnopithèques, très-voisins aussi du S. rutralus, ont, comme on Va vu plus haut, la cinquième molaire inférieure à cinq tubercules.

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