‹ Description des mammifèresChapitre 35 sur 125 · PL · texte numérisé non relu

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Caractéristique. — Parties d'un gris cendré supérieurement et sur la face externe des membres; les parties inférieures noirâtres, ainsi que la portion antérieure du dessus de la tête.

Habitat. — Les îles Solo.

Synonynrie. — H. runerEus, Is. Geoff., dans les Comptes rendus de l’Acad. des Sciences, t. XXXI, p. 874, 1850. — GIBBON NOIR ET GRIS ou GIBBON DEUIL, Is. Geoff., Catal. des Primates, p. 7, note, 185r.

Lorsque j'ai indiqué pour la première fois cette nouvelle espèce de Gibbon, elle venait d'arriver à la Ménagerie, où elle a vécu un an environ. Durant ce laps de temps, l'individu qui en est le type, a achevé de prendre son développement, sans que les caractères qu'il présentait d’abord, se soient notablement modifiés. Je n'avais

? Des quatre tribus des Singes, les trois dernières portent dans ce Mémoire, comme dans les précédents, les noms de CynorrrnÉcEens, Cégrens et HaraziEns, dérivés des noms génériques Cynopithecus, Cebus, Hapale, selon les règles de nomenclature que j'ai exposées dans mon premier Mémoire (Archives du Muséum , t. II, p. 586 et suiv.), et que l’on trouvera reproduites avec quelques développements dans l’Zntroduction au Catalogue méthodique des Mammifères et des Oiseaux (p. x à xv).

Par une application de ces mêmes règles, j'ai, au contraire, substitué au nom de Pr- THÉCIENS, Püthecina , d’abord adopté par moi pour la première tribu, le nom de Srmrens, S'imüna.

Le genre Orang est appelé en latin, par la plupart des auteurs contemporains, non plus Pithecus, maïs Simia ; d’où, nécessairement, le nom de Simiens , Simina, pour l’ensemble des Singes qui se groupent autour des Orangs. J’ai dû me rallier ici à la majorité, d’autant que le nom de Siria est plus ancien que Pithecus, sinon dans la langue zoologique en général, au moins dans son application particulière aux Orangs. MM. Cuvier et Geoffroy-Saint-Hilaire faisaient déjà, en 1795, de Simia, le synonyme latin d’Orang : Pithecus, dans cette acception , ne date que de 1812.

done qu'à reproduire plus haut la caractéristique déjà donnée. Mais je la compléterai ici par une description détaillée, d'autant plus nécessaire que l'Hylobates funereus à, parmi les espèces déjà connues, d'assez proches alliés.

Sa distinction ne donne lieu néanmoins à aucune difficulté sérieuse.

La teinte la plus générale du pelage chez l'A. funereus est un gris qui, SOUS certaines inflexions de la lumière, paraît d’un cendré pur, qui, sous d'autres, tire un peu sur le brunâtre. Toutes les parties supérieures du corps (l'animal étant supposé dans l’attitude d’un quadrupède) sont de cette couleur, le bas du dos et les lombes étant un peu plus clairs que le reste. La face externe des membres, les mains de derrière, moins les doigts, la partie postérieure de la tête et un étroit bandeau sur le front et les côtés de la face sont aussi d’un gris cendré plus ou moins pur. Au contraire, le reste de la partie antérieure du dessus de la tête, et la face ventrale du corps sont d’un noir plus ou moins brunâtre, de même que les membres dans la plus grande partie de leur face interne. Le dessus des mains antérieures et les doigts postérieurs tirent sur la même couleur; mais le brun-noirâtre est ici notablement mélangé de gris.

La face est noire, de même que les parties nues des mains et les callosités ischiatiques. Les yeux sont bruns.

La taille de notre individu, placé debout, mais les jambes un peu fléchies selon son attitude naturelle, est d'environ 65 centimètres. La distance de l'extrémité du museau à l'anus est d'environ un demi-mètre.

Les zoologistes trouveront dans cette description et dans la figure qui est jointe à ce Mémoire, tous les éléments d'une détermination exacte. Les deux espèces déjà connues avec lesquelles on serait exposé à confondre l’H. funereus , sont le Simia leucisca

des auteurs linnéens, aujourd'hui Hylobates leuciscus, si bien et depuis si longtemps connu des zoologistes, et une espèce récemment distinguée par M. Salomon Muller!, son A. concolor ou l’'H. Mulleri de M. Linnæus Martin ?.

Cest par la couleur grise de son pelage que l'A. funereus ressemble à l'A. leuciscus ; mais celui-ci est d’un gris-cendré, non pas seulement en dessus, mais aussi en dessous, et sur les membres aussi bien en dedans qu'en dehors : la tête seule est plus foncée dans sa partie supérieure et antérieure, et encore la calotte que dessine cette couleur, est-elle d’un gris foncé un peu lavé de brun, et non d'un noir brunâtre, comme chez l'A. funereus. Jajouterai que si le gris est la couleur dominante chez les deux espèces, la nuance n'est cependant pas tout à fait la même; l’H. funereus est d'un gris un peu plus foncé et tirant un peu davantage sur le brun.

Tandis que VA. leuciscus ressemble à notre espèce par la coloration des parties supérieures et s'en éloigne par celle des parties inférieures, l'inverse a lieu à l'égard de l'A. Mulleri*, qui a, comme l'A. funereus, les parties inférieures et internes noirâtres, mais les parties supérieures brunes et non grises.

Le Gibbon deuil, À. funereus, est donc une espèce parfaitement distincte, intermédiaire entre l'A. leuciscus et l'H. Mulleri, et reliant le premier de ces Gibbons, jusqu'à présent isolé dans la série des

! Over de Zooqd. van den Ind. Archipel; 1841.

2? General introduction to the natural history, Quadrumana or Monkeys, p. 144; 1841.

3 Le nom d'A. Mulleri, proposé par M. Martin, doit être préféré , quoique postérieur de quelques mois. C’est avec raison que M. Martin s’est refusé à adopter le nom d’Z. concolor, appliqué un an auparavant par M. Harlan à un Gibbon qui, malgré l'identité de patrie, constitue une espèce fort distincte; car il est dit tout noir : corpore pilis nigris obtecto. Voy. Harlan, Journal Acad. nat. Sc. of Philadelphia, t. V, p. 229.

Le nom d’. Mulleri a d’ailleurs l'avantage de rappeler les nombreux et importants services rendus à la zoologie par M. Salomon Muller.

FAMILLE DES SINGES. 535 espèces de ce genre, avec l’H. Mulleri, et par suite avec l'A. agilis, fort voisin de celui-ci, et l'H. Rafflesü.

L’H. funereus appartient à la même région que ces trois espèces, mais à d’autres îles, celles de Solo. L'individu qui a vécu à la Ménagerie, et que l'on monte en ce moment pour les Galeries, a été donné au Muséum par M. le docteur Léclancher, chirurgien de la marine nationale, qui avait déjà, il y a quelques années, enrichi l'établissement d’une collection fort précieuse formée par ses soins durant l'expédition autour du monde de la Favorite.

Le Gibbon donné par M. Léclancher, tant qu'il a joui d’une bonne santé, c’est-à-dire pendant dix mois, était d’une vivacité et d'une agilité extrêmes; tel, en un mot, que les voyageurs nous ont dépeint les Gibbons dans leur pays natal. Son intelligence, bien que très-développée, était loin d'égaler celle dont ont fait preuve les Troglodytes ou Orangs qui avaient vécu avant lui à la Ménagerie. Il connaissait très-bien, outre son gardien, toutes les personnes qui le visitaient fréquemment, et il recevait volontiers leurs caresses, mais sans s'attacher ni à aucune d'elles, ni même à son gardien. La société des autres Singes lui déplaisait : on avait essayé de lui donner des compagnons dans la grande cage qu'il habitait; il a fallu les retirer.

Un fait intéressant que j'ai pu constater pendant la vie de ce Gibbon, est la différence très- marquée qui existait entre sa voix et celle du Gibbon cendré, espèce que jai eu aussi l’occasion d'observer vivante à la Ménagerie, et en outre chez un particulier. Cette confirmation de la diversité spécifique de VA. funereus n’était pas nécessaire; mais on ne saurait négliger de constater, toutes les fois qu'on en trouve l’occasion, la concordance des différences extérieures avec les modifications intérieures de l'organisme.

IL CYNOPITHÉCIENS.

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