HISTORIQUE
8 r. Découverte du Gorille Gina en 1847, et premiers travaux publiés sur lui en Amérique et en Angleterre.
L'existence dans l’Afrique occidentale, de Singes à stature humaine, ou même plus haute encore, avait été depuis longtemps indiquée par les voyageurs t; et la peau, malheureusement très-mutilée d’un de ces animaux, avait même été rapportée du Gabon, en 1836, et donnée au Musée du Havre, où chacun a pu la voir et l’étudier ?. Mais ces témoignages des voyageurs étaient restés, ou plutôt, comme on le verra, étaient tombés dans l'oubli ; et la peau mutilée du Musée du Havre, à une époque où l’on ne connaissait pas encore le Chimpanzé à l’état adulte, était elle-même une indication plutôt qu'une preuve de l'existence d’une autre espèce africaine, à formes plus ou moins humaines, et de taille gigantesque.
C’est à l’année 1847 que remonte la connaissance exacte et certaine, par conséquent, la véritable découverte du Gorille : elle est due à M. le docteur Savage, missionnaire de l'établissement protestant épiscopal de New=— York, membre correspondant de la Société d'histoire naturelle de Boston. Une circonstance heureuse pour la science l'ayant conduit, en avril 1847, sur les bords dela rivière du Gabon par 15/ lat. N,., il y rencontra M. Wilson, chefde la mission protestante américaine, qui, résidant depuis plusieurs années dans le pays, avait recueilli quelques objets rares ou curieux, et parmi eux le crâne d’un Singe « remarquable par sa taille, sa férocité et ses habitudes. » D'après les formes de ce crâne, et d’après les renseignements qu’il put obtenir de quelques-uns des indigènes, M. Savage fut conduit à penser que ce