‹ Description des mammifèresChapitre 7 sur 125 · T. XV · texte numérisé non relu

T. XV

s Mémoire sur les Singes & mains imparfaites ou Atèles, dans les Annales du Muséum, t. VIT, p. 260. — Voyez aussi Description de deux Singes d'Amérique, même recueil, t. XIIT, p. 89.

3 Remarques sur les caractères généraux des Singes américains , et description d'un cenre S ; 8

nouveau , sous le nom d’Eriode, dans les Mémoires du Muséum, t. XVII.

et même la totalité des membres, soit antérieurs, soit postérieurs, sont extrêmement allongés chez tous les Singes à mains antérieures tétradactyles.

Si l’atrophie du pouce est portée moins loin, ce doigt, au lieu d’être représenté seulement par quelques rudiments cachés sous la peau, se montre à l’extérieur sous la forme d’une petite éminence ou tubercule, unguiculé ou non. Spix’ a proposé de faire, en 1825, des Singes américains qui offrent ce caractère, un genre distinct nommé Court-pouce, Brachyteles : mais ce genre, fondé sur un caractère dénué de toute importance, n’a pu être adopté, et les Brachyteles de Spix ont du être reportés, les uns parmi les Atèles, les autres parmi les Ériodes. Les deux genres de Singes américains à mains imparfaites, renferment donc aujourd’hui à la fois des espèces chez lesquelles les rudiments du pouce sont cachés sous la peau, tels que les Aieles paniscus, A. Belzebuth, A. hybridus, Ériodes arachnoides ; et d’autres chez lesquels ces rudiments sont visibles à l’extérieur, tels que les Æ{eles pentadactylus, Eriodes tuberifer et E. hemidactylus. Le même fait se retrouve aussi parmi les Singes africains qui composent le genre Colobe : les Colobus verus et C. Guereza ont les mains antérieures tétradactyles; les C. fudgtinosus et C. vellerosus ont des rudiments, extérieurement visibles, de pouces antérieurs. Et ici, aux considérations par lesquelles j'ai motivé*, en 1829, le rejet du genre Court-pouce ou Brachyteles de Spix, j'ajouterai deux faits qui montreront combien il serait irrationnel de fonder un genre sur le degré d’atrophie du pouce, réduit à l’état de rudiments, tantôt sous-cutanés, tantôt visibles extérieure-

! Sémiarum et Fespertiliorum Brasiliensium species novæ, grand in: folio, Munich, 1823.

: Voyez le Mémoire déjà cité sur les Singes américains, et l’article Sapajous du Dictionnaïre classique d'hist. naturelle, t. XV, p. 140.—Cet article a été inséré en outre par M. Lesson, dans son Complément de Buffon, t. 1V, p. 159-225.

SINGES. 499 ment. Chez un 4feles pentadacty lus que j'ai examiné il y a quelques années, il existait à lune des mains un tubercule pollicaire assez développé; à l’autre on ne voyait, au contraire, aucun radiment de pouce, et la main avait l’apparence de celle d’un 4. paniscus ou d’un 4. ater : pour Spix, ce Singe eut donc offert, d’un côté, les caractères génériques d’un Brachyteles, de l'autre, ceux d’un véritable Æteles. De même, parmi les Singes africains, un Co/obus Guereza, envoyé au Muséum de Paris par MM. Petit et Quartin Dillon, m’a présenté à l’une des mains, précisément au lieu où serait le pouce, un petit repli ou lobule cutané, dans lequel on ne peut méconnaître un vestige de ce doigt : cet individu est d’ailleurs parfaitement semblable au C. Guereza que M. Ruppell a cédé au Muséum de Paris, et chez lequel on n’aperçoit, aux mains antérieures, aucun vestige extérieur de pouce.

Quelques variations paraissent même exister d’individu à individu, relativement à la présence des ongles. M. Ogilby décrit le Colobus fuliginosus, espèce par lui établie, comme ayant le pouce représenté seulement par un petit tubereule sans ongle (by a small naïlles tubercle). C’est en effet ce que j'ai vu sur plusieurs individus : mais, chez un autre, j'ai observé un petit ongle sur chaque tubercule.

Parmi les quatre genres de modifications que j'ai distingués plus haut, le troisième résulte de la brièveté des pouces antérieurs ; caractère qui est à l’existence de simples tubercules, ce que celle-ci est à la présence de vestiges seulement sous-cutanés. Le genre Nasique et surtout le genre Semnopithèque, tous deux asiatiques, sont ceux chez lesquels on observe cette extrême brièveté d’un doigt, qui est d’ailleurs régulièrement conformé; et je nai rien à ajouter à ce qu’a dit de ce caractère M. Frédéric Cuvier, fondateur

du genre Semnopithèque.

Le quatrième cas est presque l'inverse du précédent. Le pouce s’écarte du type normal, non en ce qu'il est très-court, mais en ce qu'il n’est que peu ou point opposable; c’est-à-dire, peu ou point susceptible de mouvements propres, étendus, variés et indépendants de ceux des autres doigts. Ce caractère est depuis lougtemps connu à l’égard des Singes de la quatrième tribu, les Hapaliens, et il est indiqué dans tous les traités de zoologie : « Les pouces de devant des Ouistitis, dit M. Cuvier dans le Re- « gne animal’, s'écartent si peu des autres doigts, qu’on ne leur « donne qu’en hésitant le nom de quadrumanes. » En 1829, jai fait connaitre que cette disposition, considérée par les auteurs comme propre aux Hapaliens, et comme caractéristique pour eux, se retrouve parmi les Cébiens ou Singes américains de la troisième tribu. Enfin, en 1856, M. Ogilby, dans un mémoire spécial?, sur les pouces opposables, a confirmé mes remarques ( qui du reste lui étaient restées inconnues” }, et les a étendues à l’ensemble des Singes amé-

! Première édition, t. 1, p. 116 ; 2° édition, t. 1, p. 105.

? Dans l’article Sapajous déjà cité.

3 Loc. cit., année 1837. Un extrait du Mémoire de M. Ogilby avait été publié à l'avance dans les Procced'ngs ofthe zovl. soc. of London, mars 1836.

4 Sauf trois observations isolées d’Azara, qu'il a eu le soin de citer, M. Ogilby croyait avoir le premier signalé l'imperfection des pouces antérieurs chez les Singes américains de la troisième tribu : « À strict and attentive search, however, dit-il, convinced me that the observation had not been made by Linnœus, Buffon, Pennant, Erxleben, Tiger, Geoffroy-Saint-Hilaire , the Cuvier, Desmarest, Humboldt, nor even by the accurate and minute Daubenton »

Voici les passages de mon travail qui avaient échappé à l'attention de M. Ogilby :

« Hunreurs ou ALouates.—Ce genre, très naturel et très-bien circonscrit, est caractérisé par... son pouce antérieur de moitié moins long que le second doigt, très-peu libre dans ses mouvements, et à peine opposable. » ( Dict. classique, t. XV, p. 131, mai 1829).

Et ailleurs :

« Sagous ou Sarazous proprement dits. — Les pouces antérieurs sont peu allongés, peu libres dans leurs mouvements, et peu opposables aux autres doigts ; absolument comme chez les Hurleurs et les Lagothriches (Zb:d., p.146).

SINGES. 5o1 ricains, qu'il rejette même, en raison de limperfection constante de leurs mains antérieures, loin des Singes de l’Ancien-Monde.

En résumant les faits que je viens de rappeler ou d'exposer, on voit qu'il est aussi peu rare de trouver les pouces antérieurs réduits à des conditions très-imparfaites, que de les trouver établis sur le prétendu type commun des Primates où Quadrumanes.

On voit aussi par ce qui précède, que la main, chez les Singes, s’écarte d'autant plus de la conformation de celle de l'Homme, que l’on descend de la première tribu à la seconde, de la seconde à la troisième, de celle-ci enfin à la quatrième.

Ainsi, chez les Pithéciens, le pouce antérieur est toujours parfaitement opposable.

Parmi les Cynopithéciens, il est parfaitement opposable dans quelques genres, tels que les Cynocéphales; opposable, mais avec une modification résultant de sa moindre longueur, dans plusieurs autres genres; moins opposable encore dans deux autres, les Semnopithèques et Les Nasiques, chez lesquels il est très-court. Viennent ensuite les Colobes chez lesquels il n’y a plus de pouce opposable, mais seulement un tubercule ou même des rudiments sous-cutanés.

Chez les Cébiens, ce n’est plus dans un genre seulement, mais dans deux, que le pouce est extérieurement nul ou presque nul; et chez tous les autres, le pouce, peu développé, jouit à peine de mouvements propres et de la faculté de s'opposer aux autres doigts.

Enfin, chez les Hapaliens, le pouce est moins opposable encore : conformé comme les autres doigts, armé même, aussi bien qu'eux, d’une véritable griffe, il ne porte plus, que par analogie, le nom de pouce.

Définition zoologique du mot Main. — En faisant voir que la moitié au moins des Primates est dépourvue de pouces oppo-

Arouives pu Muséum, rome II. 64

sables, j'ai par-là même posé cette question : Les Singes peuventils, d’une manière générale, être dits Quadrumanes ? Sont-ils réellement pourvus de quatre mains ?

Les contradictions dans lesquelles sont tombés la plupart des auteurs au sujet du mot Mans, sont telles, que l’on pourrait trouver à volonté, dans leurs écrits, les éléments d’une réponse négative et ceux d’une réponse aflirmative.

Convaincu que l’un des besoins les plus impérieux de toute science, est la rigueur dans les termes usités; convaincu que rien ne saurait être plus funeste à la zoologie que ce vague déplorable, que cet arbitraire dans lequel flotte encore notre terminologie’, j'ai essayé ici, comme sur quelques autres points, d'arriver à une défi nition à la fois précise et applicable aux faits. Le résultat auquel j'ai été conduit, est que l’on peut et que l’on doit, dans un langage rigoureux, employer ce mot absolument comme l'ont fait la plupart des auteurs, en d’autres termes, lui conserver exactement la même valeur; et cependant, tant ils se sont mis en contradiction avec eux-mêmes, lui donner une définition toute différente de celle qu'ont adoptée et fait prévaloir ces mêmes auteurs.

Selon le sens que le mot Main a reçu de l’usage général, toute extrémité modifiée pour la préhension, est une Main. C’est ainsi que non-seulement tous les naturalistes, quelques définitions qu’ils aient d’ailleurs écrites dans leurs livres, mais le vulgaire même donne le nom de Mains aux quatre extrémités des Primates. Ce sens est aussi celui que j'ai adopté : seulement j’ai dû m’efforcer de substituer à cette détermination fondée sur une vague appréciation des rapports naturels, une définition précise, déduite d’une étude

1 On connaît cette maxime si souvent rappelée par Linné :

Nomina si nescis, perit cognitio rerum

SINGES. 503 exacte et comparative des mains, chez tous les animaux pourvus de telles extrémités.

Les observations que j'ai faites, me conduisent à caractériser comme une Main toute extrémité pourvue de doigts allongés, profondement divisés, très-mobiles, trés-flexibles, et par conséquent susceplbles de saisir entre eux et la paume, les objets placés à leur portée. Si ces objets sont légers et non fixes, l’animal peut les attirer vers lui; par exemple, les porter à sa bouche, ou les mouvoir dans toute autre direction. S'ils sont lourds ou fixes, il peut s’accrocher à eux, et sen servir pour se mouvoir lui-même.

En définissant ainsi la Main, il est rigoureusement vrai de dire que tous lés Primates ont quatre Mains; qu'ils sont Quadrumanes. Et non-seulement ce caractère est général; mais il est à la fois Ze caractère indicateur de l'ordre et l’un des ftuts les plus essentiels de l’organisation des animaux qui le composent. La faculté de saisir, celle de grimper en dérivent directement; par conséquent aussi, lhabitat sur les arbres ou sur des rochers abruptes, et plus indirectement, en raison de la coordination harmonique des divers systèmes et appareils, le régime, au moins en grande partie végétal, et plusieurs autres traits des habitudes générales des Primates.

Dans la définition que je viens de donner de la Main, j'ai eu soin de ne faire intervenir, ni l'existence, si peu rare chez les Mammifères, de pouces opposables à deux où même aux quatre extréimités, ni la faculté que possèdent quelques autres animaux, d’opposer deux de leurs doigts aux autres. Je considère ces différentes dispositions, lorsqu'elles existent, comme ajoutant à la perfection de la Main, mais comme ne la caractérisant pas. En effet, pour ce qui concerne spécialement les Primates, ce n’est pas l'existence d’un pouce opposable qui les constitue préhenseurs; mais bien la disposition générale de leurs doigts longs, profondément divisés,

très-flexibles. C’est ce que l’on voit avec évidence dans un grand nombre d’espèces qui, sans pouces opposables ou même sans aucune trace extérieure de pouce aux membres de devant, sont cependant préhenseurs et grimpeurs, aussi bien que tous les autres Primates,

La définition qui précède, me semble la seule qui puisse concilier la rigueur logique sans laquelle il n’est point de science, et l’observation des rapports naturels, sans laquelle nos classifications ne seraient que de vaines et irrationnelles conventions. En caractérisant la Main par existence d'un pouce opposable, comme ils l'ont fait généralement jusqu’à ce jour, les auteurs se sont placés, par cela même, dans la nécessité, ou de ranger parmi les caractères généraux des Primates, des caractères que tous les Primates ne présentent pas, ou de briser, en raison de quelques caractères secondaires, l'unité de groupes véritablement naturels.

M. Cuvier, dont l’exemple a été suivi très-généralement, a accepté le premier de ces inconvénients pour éviter le second, beaucoup plus grave à ses yeux. Aïnsi, il conserve le groupe natu- -rel des Primates; il le caractérise, comme le font presque tous les auteurs, et comme je le fais aussi, par l’existence de Mains aux quatre extrémités; 1l lui donne même le nom de Quadrumanes ; il adopte, en un mot, des limites, des caractères, un nom, parfaitement con-. formes à la définition que j’ai donnée; et cependant, lui-même venait de poser une définition toute différente! Selon celle-ci, qui me parait bien plutôt la descriplion d’une Main parfaite, que la définition de la Main en général, la Main est constituée par /a faculté d’opposer le pouce aux autres doigts pour saisir les plus petites choses”.

! Régne animal, 1*° édition, t. T, p. 79; 2° édition, t. I, p. 67. 2 Ibid., 17° édition, p. 78; 2° éd., p. 67.

Ïl est évident que, selon cette définition, tous les Primates sans pouces antérieurs ou à pouces antérieurs non opposables, ou même à pouces antérieurs imparfaitement opposables, ne seraient point guadrumunes, mais seulement binanes. Mais M. Cuvier s’est déterminé ici comme il l’a fait dans tous les cas analogues : attachant la plus grande importance à rendre sa classification naturelle, et ayant renoncé à la rendre en même temps rigoureuse, il a sacrifié sans hésiter la rigueur logique à observation des rapports naturels.

C’est le contraire qu’a fait récemment M. Ogilby*, dans un mémoire que plusieurs observations intéressantes et nouvelles recommandent d’ailleurs à l'attention et à l’intérêt des zoologistes. Voulant, selon les termes de la définition qu'il admet, restreindre le nom de Quadrumanes aux seules espèces réellement pourvues de quatre pouces opposables, M. Ogilby réunit, dans un même groupe qu'il appelle Pédimanes, le Cheiromys, tous les Singes américains et plusieurs Marsupiaux ; dans un autre, auquel il réserve le nom de Quadrumanes, les Singes de l’'Ancien-Monde et les Lémuridés*.

! M. Cuvier a toujours cru à l'impossibilité d’une méthode naturelle et rigoureuse. De là, la facilité avec laquelle il s’est si souvent contenté, comme Linné avant lui, et comme tant d’autres depuis , de caractéristiques applicables seulement à une partie des êtres qu’elles embrassent. C’est aussi cette conviction , encore si générale parmi les zoologistes, qui a décidé M. Cuvier à assigner à plusieurs groupes , dans sa classification, des places différentes de celles qu’ils devraient occuper, comme il le dit lui-même, et selon ses propres expressions, dans un système rigoureux.

% Loc. ci.

$ Voici, sous la forme synoptique, le résumé de sa classification :

on the anierior extremilies Onibgocccoconosoosoudoc IDATANAcdocecooucoocouocadonovon Homo. on.both anterior and fpos-

CHEIROPODA. terior extremities., ..... QUADRUMA Na! MVith opposable thumbs

on the posterior extremities Only eee ete PEDIMANA.... Jan DR ER U ICE Cheirormys. Dinecrai0Æ....Didelphis ete.

SIMIÆ, ......... Pithecus cie.

LEMURIDÆ...... Lerur ete.

SiMIauzÆ........Cebus etc.

Cette réforme, tentée par M. Ggilby, n’a point trouvé de partisans : elle rompait tous les rapports naturels ; et au prix même du sacrifice qu'il faisait de ceux-ci à la rigueur de la définition, M. Ogilby n’atteignait pas son but : car l’Ancien-Monde possède aussi, comme on l’a vu, des Singes à deux pouces opposables seulement, et par conséquent pourvus de deux mains, et non quadrumanes, selon la définition de M. Cuvier, de M. Ogilby et de tous les auteurs.

Conformation des Mains postérieures. —Je ne terminerai pas ce paragraphe sans insister sur un fait fort remarquable par sa généralité, que j'ai déjà indiqué dans un autre travail”. Autant sont variables, chez les Singes, les conditions des mains antérieures, autant le sont peu celles des mains postérieures : celles-ci non-seulement ont toujours un pouce ; mais toujours aussi ce pouce est libre dans ses mouvements, et opposable aux autres doigts. Les Hapaliens sont ceux chez lesquels la conformation des pouces postérieurs est la moins parfaite : ces doigts sont en effet beaucoup plus courts que chez les Singes des trois premières tribus; mais ils restent libres, bien mobiles, opposables; et contrairement à ce qui a lieu aux membres antérieurs, ils conservent les caractères de véritables pouces, aussi bien par la forme de leurs ongles, qui sont courts et aplatis, que par leur mobilité.

inverse de ce qui a lieu chez l'Homme, s’observe donc chez les Singes qui n’ont de pouces opposables qu’à une paire d’extrémités : celle paire est constanunent la postérieure. Et s'il existe des pouces aux quatre extrémités à la fois, ce sont constamment aussi, les pouces postérieurs qui sont le mieux conformés, Le plus libres dans leurs mouvements et le plus opposables.

Ce qui est vrai à cet égard des Singes, l’est aussi des Primates en

1 Article Quadrumanes du Dictionnaire classique d'histoire naturelle, t XIV, p. 402, année 18928.

SINGES. 307 général. Les pouces antérieurs chez les Lémuridés et les Tarsidés, sont constamment moins développés et moins opposables que les postérieurs; et chez l’Aye-Aye ou Cheïiromys, ces derniers sont seuls opposables. Et même, si nous franchissons les limites de l’ordre des Primates, nous retrouvons encore la même disposition parmi les Marsupiaux, chez les Didelphidés, chez les Phalangidés, chez le Koala et chez le Tarsipède.

En résumant tous ces faits, il existe donc un très-grand nombre de Mammifères, appartenant à plusieurs familles différentes, qui ont des mains aux extrémités postérieures, sans en avoir aux antérieures : tels sont plusieurs genres de Singes, lAye-Aye, tous les Didelphidés, le Koala, le Tarsipède et tous les Phalangides; mais il west qu'un seul être chez lequel on trouve le système in-

verse ; et cet être remarquable par cette unique exception, c’est l'Homme.

GI. — REMARQUES SUR LES CARACTÈRES FOURNIS PAR LA CONFORMATION DFE LA TÊTE,

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