‹ Description des mammifèresChapitre 84 sur 125 · Ibid., lib. I, Lxvir · texte numérisé non relu

Ibid., lib. I, Lxvir

Pline n'avait donc pas Connaissance de la relation d'Hannon.

mais par Hannon lui-même, qui, de retour à Carthage, déposait dans le temple de Saturne, une relation rédigée ou revue par lui-même, dont on possède, au défaut du texte original, une version grecque ! : véritable traduction selon les uns; extrait plus ou moins altéré et infidéle, selon les autres. Dans ce document, très-précieux, quelque hypothèse qu'on adopte à son égard, on voit qu'après 26 jours de navigation, les vivres se trouvant épuisés, l’escadre reprit la route de Carthage, où elle revint heureusement, après avoir accompli sa mission et fondé plusieurs villes, dont la première était située à deux journées an delà des Colonnes d’Hercule.

Mais quel fut le terme de la navigation d’'Hannon? Le récit d’Hannon, son Journal de voyage, comme nous dirions aujourd'hui, prête ici aux interprétations les plus contraires. La plupart des auteurs ont admis que l'amiral carthaginois n’avait pas dépassé le Cap-Blanc; plusieurs qu’il s’était arrêté même fort en deçà, au Cap Bojador, situé, comme chacun sait, vers 25° de lat. N., en face des îles Canaries. D’autres, comme Bochart et Campomanes, auteurs de dissertations spéciales sur le Périple, croient au contraire et cherchent à établir qu'Hannon a atteint les côtes du Sénégal ou même celles de la Guinée; et M. Dureau de la Malle le fait arriver jusqu’à l'embouchure du Gabon, c'est-à-dire jusqu’à l'Équateur.…

Cette derniere opinion a trouvé de nombreux et surtout d’ardents contradicteurs. C’est pour la justifier que M. Dureau de la Malle a recouru à l'histoire naturelle. La découverte du Gorille au Gabon lui a paru une preuve décisive en faveur de l'extension de la navigation des Carthaginois jusqu'à l'Équateur; car, selon M. Dureau, Hannon aurait connu le Gorille, par conséquent, le Gabon.

Le passage sur lequel se fonde mon savant confrère est celui qui termine le Périple, et dont voici la traduction, telle qu’il la donne ? :

Après avoir navigué trois jours le long de ces ruisseaux enflammés, nous arrivämes dans le golfe appelé la Corne du Sud. Dans le fond de ce golfe était une ile semblable à la première, qui avait un

lac, et dans ce lac était une autre île remplie d'Aommes sauvages %. En beaucoup plus grand nombre étaient les femmes velues sur lout le corps * que nos interprètes appelaient Gorilles . Nous les

À. Awvovcs Tlepiracue, dans les Geographiæ veteres scriptores græci minores, t. 1, Oxoniæ, 1698. 2. Mémoire sur le grand Grille, dans les Ann. des sc. nat. loc. cit., p. 486.

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