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poursuivimes, mais nous ne pümes prendre les hommes; tous nous échappaient par leur grande agilité, étant cremnobates ! (c'est-à-dire grimpant sur les rocs les plus escarpés et les troncs d'arbres les plus droits), et se défendant en nous lançant des pierres: Nous ne primes que trois femmes qui, mordant et déchirant ceux qui les emmenaient, ne voulaient pas les suivre. On fut forcé de les tuer. Nous les écorchàmes et nous portâmes leurs peaux à Carthaye; car nous ne naviguâmes pas plus avant, les vivres nous ayant manqué.
Que devinrent ces peaux de Gorilles femelles, rapportées à Carthage, du point extrême de la navigation d'Hannon? Elles furent déposées par lui et conservées dans le temple de Junon, comme nous l’apprend Pline qui, au nom de Gorilles, substitue celui de Gorzones ; et deux, du moins, sur trois, se voyaient encore, dans ce temple, lors de la prise de Carthage. Voici un passage où ce fait est attesté; ce passage est de Pline, qui revient ici, pour la troisième fois, sur le voyage d'Hannon :
« Penetravit in eas ( Gorgades insulas) Hanno Pænorum imperator, prodiditque hirta feminarum corpora, viros pernicilale evasisse : duarumque Gorgonum cules argumenti et miraculi gratia in Junonis templo posuil, spectatas usque ad Carthaginem captam. »
C’est là tout ce que nous savons des Gorilles ou Gorgones. Est-ce assez pour les rapporter avec certitude, comme croit pouvoir le faire M. Dureau de la Malle, ou même avec quelque vraisemblance, à l'espèce à laquelle les modernes donnent le nom de Gorille ?
L'opinion de M. Dureau de la Malle est aussi celle de M. Haimeÿ, de
M. Temminck #, et de plusieurs autres naturalistes ÿ; et au premier aspect,
elle peut sembler très-spécieuse. Je ne saurais cependant la partager. J'admets bien que les Âvbporu your, vus par Hannon, que lesTogila rapportées par lui à Carthage, étaient de grands Singes : car ces hommes étaient cremnobates,
A. Kpepvobdrar Ovtes.
9, Lib. NI, xxxvI.