Tous les témoignages sont ici d'accord
« L'Engé-ena habite l'intérieur de la Basse-Guinée ; l'Enché-eko ou Chimpanzé se rapproche davantage du bord de la mer. » Savace, loc. cit.
« On n’était pas encore parvenu à faire connaître cet animal à la science zoologique. Cela résulte de ce que cet Orang habite l’intérieur des bois.…., et qu'il se tient à une certaine distance des côtes. » GauTier-LaBouLLay, Lettre déjà citée.
« Les Gorilles restent d'habitude dans les lieux où ils ont établi leur demeure. Les N’tchégos s’approchent fréquemment des habitations. » FRANQUET, lettre déjà citée.
« Le plus souvent, on n’a guère rencontré cet animal qu'à une certaine distance de la mer... Primitivement, il habitait la chaine de montagnes fréquentée seulement par les Bushmen (Hommes des bois, c’est-à-dire, de l’intérieur). Forp, loc. cit.
ArcuivEs pu Muséum. T. X. 9
Gorille, et souvent avant qu'on l'attaque, il se jette sur son adversaire,
Enfin, comment nous expliquer, dans l'opinion de M. Dureau de la Malle, qu'Hannon n’ait rien dit de la taille des Singes qu'il avait fait poursuivre ? S'il se füt agi de Gorilles, il n'eüt pas parlé d'hommes sauvages, mais de géants. Le voyageur, le chasseur amplifie volontiers ses récits ; il va souvent un peu, quelquefois beaucoup au delà de la vérité : il ne lui arrive guere de rester en deçà...
Le Gorille d'Hannon, la Gorgone de Pline me paraissent donc pouvoir être rapportés avec beaucoup plus de vraisemblance au Chimpanzé qu'au Gina.
De cette rectification purement zoologique de lopinion de M. Dureau de la Malle sur le Pope d'Hannon, il ne résulte d’ailleurs nullement que l’on doive rejeter les vues de mon savant confrère sur les limites du Périple. La détermination que je crois devoir adopter, tend plutôt à modifier qu’à réfuter l'argument que M. Dureau avait cru pouvoir emprunter à l’histoire naturelle : le Chimpanzé habite, en effet, exclusivement, aussi bien que le Gorille, les régions équatoriales de l'Afrique ?.
8 2. Prétendues indications du Gorille chez divers auteurs grecs et latins.
Tout le monde connaït les fables grecques et latines sur les Satyres, ces êtres demi-hommes et derni-bétes, Capripedes Satyri ?, dont les anciens ont fait des dieux.
Ruricolæ, Sylvarum numina, Fauni Et Satyri fratres. . . . . DC ICEE
..... In Venerem Satyrorum prona juventus 1.
N’'v aurait-il pas lieu de rapporter les Satyres au Gorille? Question que se ÿ P PF y q
4. «Ces animaux sont excessivement féroces, et ont des habitudes constamment offensives ; ils ne fuient jamais devant l’homme, comme le fait le Chimpanzé. » SAvAGE, loc. cit.
« Jamais ils ne fuient l'approche de l’homme, comme le Chimpanzé. » GauTier-LABOULLAY, loc. cit.
« Au premier cri d'alarme, le mâle se dirige, ivre de fureur, vers son ennemi. » Le même, /bid.
« Quoiqu'il ne cherche pas l’homme, dès qu'il en reconnait un par l’ouïe, la vue ou l’odorat, il pousse son cri, se prépare à l’atlaque qu’il commence toujours. » Forp, loc. cit.
2. Je laisse ce passage tel qu’il a été écrit il y a quelques mois. Rien ne me faisait alors pressentir que M. Dureau de la Malle allait être enlevé à la science qu'il cultivait encore, dans un âge avancé, avec une ardeur toute juvénile.