‹ Description des mammifèresChapitre 9 sur 125 · DE . . “+ . Ü · texte numérisé non relu

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1 Simiarum et Vesperilionuin Brasilienstum species novæ, gr. in-fol. Munich, 1823. 2 Mémoire déjà cité sur les Caractères généraux des Singes américains.

3 D’après des observations que j'ai faites récemment.

sorte les Singes américains se rapprocher, en ce qui concerne la disposition des narines, des Singes de PAncien-Monde, et pour ainsi dire, marcher vers ceux-ci. Mais cette transition n’est pas la seule que j'aie à signaler : l'inverse a lieu aussi, la cloison internasale acquérant, chez certains Singes de PAncien-Continent, une épaisseur plus grande qu’on ‘ne le suppose généralement. Cest ce qui a lieu parmi les Singes africains, chez le Talapoin de Buffon, type de mon nouveau genre Miopithèque, et parmi les Singes asiatiques, mais à un moindre degré, chez les Semnopithèques. Ainsi, l'intervalle qui, selon les idées jusqu'alors admises, séparait les Singes de l'Ancien-Monde et ceux du Nouveau, se trouve presque entièrement comblé, d’un côté, par les Ériodes, les Lagotriches et par les Nyctipithèques, Singes américains qui tendent à se confondre, pour la disposition de leurs narines, avec les Singes de l’Ancien- Monde ; de l’autre, par les Semnopithèques et surtout par les Miopithèques, qui se rapprochent, sous le même point de vue, des Singes américains.

Toutefois, on doit se garder de croire qu'il ne reste rien de ces caractères que Buffon avait jugés si importants, et qu'il croyait absolument généraux. [ls subsistent dans toute leur rigueur, parmi les Singes de lAncien-Monde, pour la première tribu, et parmi ceux du Nouveau, pour la dernière. Et il est même permis de conserver à ces Caractères toute leur généralité, à la condition d’enmodifier l’expression, la cloison internasale étant toujours mince ou médiocrement épaisse, jamais large chez les Singes de l’'Ancien-Monde, à quelque tribu qu’ils appartiennent; large ou médiocrement épaisse, jamais munce chez les Singes américains.

ÆAbajoues. — Ces poches buccales se retrouvent chez un grand nombre de Singes; mais elles ne donnent fieu à aucune remarque générale, si ce n’est qu’elles manquent constamment dans la pre-

mière, dans la troisième et dans la quatrième tribu. Elles existent le plus souvent dans la troisième.

Callosités iscluatiques. — Elles manquent de même dans les deux dernières tribus; mais elles existent constamment dans la seconde, et le plus souvent dans la première.

Ongles. — T’existence d'ongles plats dont on fait ordinairement l’un des caractères généraux des Singes', n’est même pas un caractère de tribu. Les ongles sont tantôt plats et tantôt en gouttière, mais toujours courts dans la première et dans la seconde tribu ; en gouttière où comprimés, et toujours courts ou, du moins, trèspeu allongés dans la troisième; toujours comprimés, longs, acérés, c’est-à-dire ex griffes dans la quatrième. |

En cherchant à substituer au prétendu caractère général que fournit la forme aplatie des ongles, un véritable caractère général tiré des ongles, on arrive au suivant : tous les Singes ont /es ongles similaires, à l'exception de ceux des pouces qui sont plus larges?. En même temps que ce caractère existe chez tous les Singes, il manque dans les deux familles suivantes.

Queue. — Elle est nulle dans la première tribu, variable dans la seconde, toujours longue dans les deux tribus américaines.

* Presque tous les auteurs ont copié M. Cuvier, qui définit ainsi les Singes dans le Règne animal : « Les Singes sont tous les quadrumanes qui ont à chaque mâchoire quatre dents « incisives droites, et à tous les doigts des ongles plats. » Le premier de ces caractères, de même que le second, ne doit pas être considéré dans une méthode rigoureuse (et la science ne peut plus en admettre d'autre), comme un véritable caractère général : mais c’est, du moins, un caractère commun à la plupart des espèces. Les derniers genres des deux tribus intermédiaires sont les seuls qui n’aient pas les incisives verticales ou subverticales.

? Mon père avait déjà, dans son Tableau des Quadrumanes , caractérisé ainsi les Singes : ongles de même forme, sauf celui du pouce, qui est plus aplati. Dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, mon père avait donné l'exemple, rarement suivi par les zoologistes, de n’admettre dans ses diagnoses que des caractères vraiment généraux, et dans ses définitions que des termes exacts.

À ces caractères que l’on trouve énoncés dans tous les ouvrages classiques, les auteurs ajoutent, d’après Buffon, que la queue n’est prenante que chez une partie des Singes américains. Il y a ici une distinction à faire. Ce qui appartient en propre à une partie des Singes américains (tous de la tribu des Cébiens, à lexelusion de la première, de la seconde et de la quatrième tribus), e’est lexistence d’une queue prenante par son extrénulé, soit que celle-ci soit velue comme le reste de l’organe, soit qu’elle se trouve inférieurement nue et calleuse dans une étendue plus ou moins considérable. Je puis affirmer que plusieurs Singes africains, remarquables par la longueur de leur queue, se servent aussi plus ou moins fréquemment de cet organe pour assurer leur station ou faciliter leur locomotion; mais ils le font selon un mode qui leur est propre, savoir : en enroulant autour des corps placés à leur portée, non pas seulement l’extrémité de la queue, mais celle-ci dans sa presque totalité, Jai constaté pour la première fois cette habitude dans une espèce du genre Cercopithèque qui sera décrite plus bas sous le nom de Cercopithecus monoides ; et depuis j'ai acquis la certitude” qu’elle existe aussi chez d’autres Cynopithéciens africains, pareillement remarquables par la longueur de leur prolongement caudal.

Ici encore, comme à l’égard des narines, les caractères généraux établis par notre immortel Buffon et par Daubenton, subsistent dans toute leur généralité ; mais il y a lieu d’en modifier légèrement l’expression, et de diminuer l'intervalle que l’on admettait entre les Singes à queue prenante d'Amérique et les Singes de l’Ancien-Monde.

1 En partie d'après mes propres observations; en partie aussi d’après les observations qu'avait faites de son côté notre habile iconographe M. Werner.

Ancuives Du Musfum, roxe I. 67

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