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primitivement? La première phrase de Smith suffit presque, à elle seule, pour justifier une réponse négative :
«Je ne saurais rien dire de l’origine de ce nom (Mandril) que je n'avais jamais entendu aupara-
vant; ceux même qui le nomment ainsi n’en sauraient indiquer la raison ‘; à moins que ce ne soit à
cause de la ressemblance que cet animal a avec l'Homme (Man), pendant qu'il n’en a point du tout avec le Singe *. »
L'auteur décrit ensuite l'animal : son corps est « aussi gros en circonférence « que celui d’un homme ordinaire »; ses jambes sont beaucoup plus courtes, ses pieds plus longs, ses mains dans la même proportion; il a la tête d’une grosseur monstrueuse, avec une face large et plate, un nez fort petit, une bouche large, des lèvres très-minces, et la face couverte d’une peau blanche, d’une laideur affreuse, et toute ridée.
Ni le Mandrill, ni le Gorille n’ont la face blanche, mais le Chimpanzé l’a, sinon blanche, du moins de couleur claire et voisine de la couleur de chair. Ce passage est d’ailleurs expliqué par la suite du récit de Smith ?.
L'auteur ajoute ensuite que le reste du corps, à l'exception du visage et des mains, est couvert de poëls longs et noirs comme celui de l'ours; et il continue ainsi :
« Ces animaux ne marchent jamais sur les quatre pattes comme les Singes ; quand on les tourmente, ils courent précisément comme les enfants. On prétend que les mâles cherchent souvent à violer les femmes blanches quand ils les rencontrent dans les bois.
« Dans le temps que j'étais à Skerbro, le sieur Cummerbo me fit présent d’un de ces étranges animaux. C'était une femelle qui n’avait que six mois; mais elle était déjà plus grosse qu’un Babouin. »
L'auteur ne mentionne pas expressément l'absence de la queue. Mais sa description est trop détaillée pour qu'on puisse supposer qu'il eût passé sous silence cet appendice, s’il eût existé.
Ce Singe noir qui ressemblait à l'Homme et aux autres Singes, et ne /2archait jamais sur quatre Palles comme ceux-ci, n’était certainement pas un Mandrill (dans le sens que nous donnons aujourd'hui à ce mot), mais bien un des grands Singes anthropomorphes à pelage noir. Mais parmi ceux-ci, est-ce au Gorille que nous le rapporterons? Non; car le Gorille a la face noire, et le Handril de Smith avait, selon cet auteur, la face blanche, c'est-
1. Elle est cependant fort simple. Mandrill signifie Homme libertin (Voy. BuFFoN, Hist. nat., t. XIV, p. 157): nom manifestement donné à l'animal d’après les nombreux récits qui le représentent comme recherchant les femmes, et violant celles dont il peut se rendre maitre.