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ARCHIVES DU MusÉUM. T. X. 40
à-dire, presque couleur de chair; interprétation sur laquelle une anecdote, rapportée par Smith dans la suite de son récit, ne peut laisser aucun doute.
Il faut donc rayer le Mandril de Smith de la synonymie de l'espèce à laquelle on donne aujourd'hui généralement ce nom; mais on ne doit pas l’inscrire dans celle du Gorille. Le Handril, dans le sens premier de ce mot, était le Chimpanzé?.
Le Quimpézé de La Brosse #, nom manifestement le même que Chimparnze, pourrait être, avec plus de raison, rapporté au Gorille; car on nous le représente comme ayant « 6 à 7 pieds de haut, et une force sans égale ». Ces deux traits sont manifestement empruntés à l’histoire du Gorille; mais les jeunes Quimpézés qu’a possédés La Brosse, étaient très-vraisemblablement des Chimpanzés. Les deux espèces paraissent avoir été confondues par La
Brosse sous le nom de Quimpézé.
$ 4. Déterminations successivement admises par Buffon.
Entre toutes ces relations confuses, souvent contradictoires, et presque toujours mêlées de fables, qui se succédaient dans la science depuis un siècle demi, Buffon a eu le bon esprit de se rattacher surtout au témoignage de Battell. C’est sur la foi de cet auteur qu’il n’a pas hésité, n'ayant jamais vu par lui-même qu’un jeune Chimpanzé, à admettre l'existence en Afrique de deux Singes anthropomorphes ; de deux Orangs-Outangs, comme on disait alors, l’un plus grand, l’autre plus petit; et c’est aussi, d’après Battell,
4. Un matelot européen s’amusait à plaisanter un Nègre sur ses atlentions pour une femelle de cette espèce que s'était procurée M. Smith. « Tu devrais épouser ta compatriote », disait le Blanc au Nègre. Celui-ci répondit : « Non, ce n’est pas une femme pour moi; elle est blanche et de votre race ; c’est à vous qu’elle convient pour femme. »
2. Cuvier a déjà fait cette rectification de la synonymie. Voy. Ménagerie du Muséum, article Mandrill.
A l'inverse, il faut rapporter à l’animal que nous appelons aujourd’hui Mandrill (C. mormon), le Grand Singe de Guinée dont parle ALLAMAND, dans ses suppléments à l'Histoire naturelle. L’auteur le dit sans queue; mais, très-certainement, parce que la queue avait été coupée; car l’auteur ajoute, etces caractères ne peuvent laisser aucun doute : « Son nez était d’un très-beau bleu, ses joues « étaient sillonnées de rouge sur un fond noirâtre.. Il avait les parties de la génération d’un rouge éclatant. »
C’est donc à tort qu’on a fait de ce Singe un Pongo ou grand Orang-Outang, et qu’on en voudrait faire aujourd'hui un Gorille.