MOBILIER RELIGIEUX. XV» S
et qui est découpée en avant en cinq pans réguliers. Elle .est portée sur un socle et fermée par des volets brisés couverts à l'extérieur d une marqueterie de bois et d'ivoire. Au-dessus, s'élève une pyramide en bois peint, percée à jour, dont la base est garnie d'une balustrade découpée en trèfles. Lorsque la niche est fermée, elle présente donc l'aspect 4'une tour sur^ montée d'un clocher.
Dans l'intérieur, la statue de la Vierge, en ivoire, est placée debout tenant l'enfant Jésus dans ses bras. La mère du Christ porte la robe longue, traînante, serrée à la taille, recouverte d'un manteau bordé d'une riche broderie dorée ; sa tète est coiffée du dominical. Les volets sont divisés à l'intérieur en trente compartiments, remplis de bas-reliefs en ivoire, en partie peints et dorés. Divers sujets, tirés de la vie de la Vierge, sont représentés dans les plus grands. On y voit quelques personnages portant les costumes du xrv^ siècle et du commencement du xv^, la longue gamache à capuchon et l'aumonière ; les bergers sont vôtus du sayon à camail. Duos les autres compartiments et sur le fond derrière la statue, des anges sont représentés jouant de divers instruments. Outre ceux que le petit bas-relief n® 151 a déjà fait connaître comme appartenant au xiii^ siècle, on en voit ici de nouveaux, le psaïtéricm et la flûte traversière en usage au xrv^ siècle.
Tous ces bas-reliefs sont placés sous des arcades ogives dans le style du xv® siècle, époque à laquelle appartient oe
monument. — h. toi. 73 cent., de U statuette 31 .
1481 — Autel domestique renfermant une grande composition sculptée de ronde bosse et coloriée. = Le Christ mort. Le corps de Jésus repose sur les genoux de la Vierge ; la Madeleine, agenouillée, contemple la tête du Sauveur ; saint Jean et deux saintes femmes se tiennent debout deisrière la Vierge; l'une essuie ses larmes, l'autre s'apprdte à parfumer le corps du Christ. Sur le premier plan, à droite, le cbnaiaire , moine de Tordre des chartreux, est à genoux. Derrière lui, saint André, son patron , lui montre du doigt le fils de Dieu, mort pour racheter les péchés du monde. Dans le fond , on aperçoit le calvaire sur lequel les deux larrons
sont encore en croix ; à droite, Joseph d'Arimathie et Nicodème préparent le tombeau; à gauche, quelques personnages.
Cette composition est renfermée dans une niche dont le fond est décoré de six fenêtres disposées dans le style ogiTal flamboyant de la fin du xv® siècle. Des festons découpés à jour et dorés sont suspendus aux arceaux de la voûte, qui forme un riche dais au-dessus du groupe principal.
Le Christ et les sept figures qui l'entourent ont 26 à 38 centimètres de hauteur. La Vierge et les saints sont revêtus des plus riches habits.
Cette sculpture polychrome, exécutée avec beaucoup de perfection, appartient à Técole allemande de la fin du xv* siècle.
La niche est fermée par deux volets, sur chacun desquels sont peints à l'intérieur trois tableaux de 25 centimètres de haut sur 1 7 de large. Les sujets représentés sont, dans le volet droit: Jésus au jardin des Olives, la trahison de Judas, la flagellation ; dans le volet gauche : le couronnement d'épines, le portement de croix, la crucifixion. Ces peintures sont attribuées à Martin Schongauer ou Schon , célèbre peintre et graveur, né à Augsbourg, mort à Colmar en 1499. Les volets, réunis à l'extérieur par la fermeture, présentent encore deux tableaux : dans la partie supérieure, la Vierge, saint Joseph et les anges en adoration devant Jésus qui vient de naître; dans le bas, l'adoration des mages. Ces deux peintures sont d'un autre maître.
Ce précieux monument a été publié par M. Du Sommerard,
dans son Atlas, ch. XI, pi. II. —h SScem., L.U, Profondeurao.
1482 — Retable de forme monumentale en bois sculpté, peint et doré, enrichi de bas-reliefs en alb&tre. = Deux colonnes cannelées, qui s'élèvent au-dessus d'un soubassement, supportent un entablement surmonté d'un attique. De riches consoles, sur lesquelles reposent des figures d'anges, encadrent les deux côtés du monument.
Le bas-relief principal, placé au-dessus du .soubassement entre les deux colonnes, représente l'adoration des^ mages. La Vierge, richement vêtue, reçoit les mages dans un édifice
iMOBILIKR RELIGIEUX. XVI« S. 745
de style romain ; les rois portent rarmure et le costume antiques. Un second bas-relief, représentant la sainte famille, est placé dans le fronton qui couronne Tattique ; enfin, dans la partie circulaire qui le termine, la figure du Père étemel. Ces bas-reliefs sont rehaussés d'or.
Les piédestaux des colonnes, le panneau renforcé du soubassement, les pilastres en arrière des colonnes et la frise de Tentablement sont couverts de riches arabesques sculptées en relief. Elles sont dorées et se détachent sur un fond d'azur. — h. tôt. se cent., l. 53.
Cet objet provient du cabinet de M. de Monville.
1483 — Retable en ébène, enrichi de pierres dures, figurant le péristyle d'un édifice. = Au-dessus d'un soubassement, décoré d'une mosaïque de jaspes, de cornalines, d'agates veinées et de lapis, s'élèvent deux colonnes en prime d'améthyste dont les chapiteaux et les bases, d'ordre corinthien, sont en bronze doré. La frise, en jaspe fleuri rouge, supporte un double fronton brisé, décoré de plaques de matières dures.
Entre les colonnes, au-dessus du soubassement, est une plaque de lapis-lazuli (de £3 cent, de haut sur 1 1 de large) sur laquelle est peinte la fuite de la sainte Famille en Egypte. Cette peinture est renfermée dans un cadre en mosaïque de jaspes et de cornalines.
Des consoles renversées, décorées de la môme manière, encadrent le monument. Toutes les parties en ébène sont incrustées de filets d'argent.
Travail italien de la fin du xvi^ siècle. — h. si c«ni., l. 31.
1484 — Flambeau d'autel. =La tige, en ambre, est formée de deux balustres superposés qui sont couverts de têtes d'ange et d'ornements sculptés en relief.
Ouvrage du commencement du xvn*^ siècle. —11. « cent.
1485 — Chasuble en étoffe de soie blanche moirée. =La croix et la colonne sont décorées de rinceaux et de neuf médaillons brodés en soie sur fond d'or. Les médaillons renferment des sujets tirés de l'Evangile.
Ouvrage de la même époque.
740 MONUMENTS KUROPÉENS.
i486 — Reliquaire en argent de forme carrée. =La partie inférieure, où les reliques étaient renfermées, est surmontée d'un encadrement décoré de rinceaux et de fleurons qui contient une peinture en émail, représentant la Vierge tenant sur ses genoux le corps de son divin fils descendu de la croix.
Le reliquaire est du xvii* siècle, l'émail est deTécolede Limoges du xvi®. — h. is cem., l. 9.
1 487 — Retable en ébène, décoré de sculptures en ivoire, figurant le portail d'un édifice. = Deux colonnes d'ordre dorique, dont les bases et les chapiteaux sont en ivoire, s'élèvent au-dessus d'un soubassement et soutiennent un entablement qui porte un attique surmonté d'un fronton triangnlmre.
Un bas-relief, représentant l'adoration des bergers , est plaoé entre les doux colonnes. Dans l'attique, un autre bas-relief reproduit la divine colombe environnée de tètes d'anges ailées. De chaque côté de l'attique, un ange en adoration, exécuté de ronde bosse, et sur l'acrotère qui couronne le fronton, mi groupe de saint Michel terrassant le démon.
Les parties lisses du monument sont enrichies de rinceaux en ivoire découpés à jour.
Travail du commencement du xvif siècle, — h. se cent., l. «.
1488 — Chapelet en corne noire. =Chaque grain, de forme ovoïde, présente trois médaillons en cristal de roche dont un renferme une relique ; un autre, l'image du saint de qui elle provient; le troisième, l'effigie de Jésus ou de la Vierge, ou la représentation d'un symbole chrétien. — Long. 75 cent.
1 489 — Bénitier en bronze doré, enrichi de figures en wrgent. =: Deux anges ailés , vêtus de tuniques flottantes et portantd'une main des cornes d'abondance chargées de fleurs, soulèvent de l'autre une riche draperie, et laissent ainsi à découvert un monument composé de deux pilastres qui reposent sur un soubassement et supportent un fronton brisé. La coupe destinée à recevoir l'eau sainte est placée au centre de ce soubassement. Deux petits anges, nus et ailés, sont assis de chaque côté du vase et paraissent y puiser avec des coquilles. L'espace entre les deux colonnes est rempli par un
MOBILIER RELIGIEUX. XVll" S. 717
tableau à la gouache, représentant Tannonciation. Au-dessus du cadre, deux petits anges soutiennent une couronne de fleurs au centre de laquelle est placée, sous glace, une relique.
Toutes les figures, exécutées de ronde bosse, sont en argent, ainsi que la couronne qui contient la relique et quelques ornements.
Travail de l'époque de Louis XIV.
— H. des grandes figures 25 cent., des petites 13, U. lot. du monument 63 cent.
1490 — Triptyque en cuivre ciselé et éraaillé. = Dans la partie centrale, le Christ assis bénit de la main droite, à la manière de l'église grecque; à sa droite, la Vierge ; à sa gauche, saint Jean-Baptiste. Dans le volet droit, saint Philippe, saint Nicolas et saint Jude ; dans le volet gauche, saint Michel archange, saint Sozime et un autre saint. Les inscriptions sont en caractères slavons ; les sujets dorés et ciselés se détachent sur un fond d'émail bleu.
Travail moderne des fabriques de Kiew. —h. 6 cent., l. is.
1491 — Triptyque en cuivre ciselé. = Dans la partie centrale, le Christ bénissant ; dans le volet droit, la Vierge ; dans le volet gauche, saint Jean-Baptiste. Ces figures, vues à mi-corps, sont exécutées au repoussé et ciselées.
Travail des mêmes fabriques. — h. 75 miii.. l. 195.