‹ Description des objets d'art qui composent la collection Debruge DumenilChapitre 18 sur 139 · IV. VERRERIE ALLEMANDE · texte numérisé non relu

IV. VERRERIE ALLEMANDE

Les grands succès des Vénitiens excitèrent Témulation de leurs voisins les Allemands.

Verroterie Ne pouvant atteindre à la perfection des verres filigranes, quelques fabriques de verres en Allemagne produisirent^yers le milieu du xvi® siècle, des vases qui furent décorés de peintures en couleurs d'émail . La forme de ces vases est presque toujours cylindrique ; ils ne diffèrent que par la dimension, qui atteint quelquefois une hauteur de plus de cinquante centimètres. Les peintures n'ont pas un grand mérite , mais elles portent un cachet d'originalité qui les fait rechercher des amateurs. L'empereur et les électeurs de lempire, l'ûgle impériale portant des armoiries sur ses ailes, et des écus armoriés en sont les motifs les plus ordinaires ; il est très rare d' j rencontrer

d'autres compositions. Ils portent ordinairement des inscrip

tiens et la date de leur fabrication.

La plus ancienne date que nous ayons rencontrée est celles de 1 553 existant sur un vase aux armes de l'électeur palatin,., i que conserve la Kunstkammer de Berlin.

Cette fabrication paraît avoir cessé dans le premier quarts* du xvm® siècle.

On verra dans notre collection un assez grand nombre de ^ ces verres allemands de différentes époques, depuis la fin do ^ xvi* siècle jusqu'au commencement du xviii®.

Des artistes verriers allemands ont produit, vers le milieu du XVII® siècle, des vases enrichis de peintures en couleurs vitrifiables qui ont une bien plus grande valeur sous le rapport de l'art. Ce sont des vases ordinairement cylindriques, qui ne sortent pas de la dimension d'un gobelet. Les sujets, qui recouvrent presque tout le contour du cylindre, sont dessinés avec beaucoup de talent et de finesse ; les peintures. d'une exécution parfaite, peuvent être comparées aux plus dé-

Iicat€8 peintures sur vitraux de la seconde moitié du xvi* siècle. Elles sont le plus souvent exécutées en grisaille ou en camaïeu brun ; on en voit cependant de polychromes. Elles ont quelque ressemblance avec celles d'un petit vitrail de notre collection, n® 482, peint en grisaille.

Ces rerres émaillés sont fort rares ; nous n'avons pu nous ®Q procurer en Allemagne. La Kunsikammer deBerlin en possède plusieurs signés de Johann Schaper de Nuremberg, avec les dates de 1661 , 1665 et 1666; un autre signé H. Benchert, ^BT7, et un, Johann Keyll, 1675. Cette fabrication paraît ^'ftvoir eu que très peu de durée, et n a pas certainement dépassé la fin du xvif siècle. On peut en attribuer la cause à ^* que, vers cette époque, le goût pour les vases émaillés • ^^^parut en Allemagne, pour faire place à la mode des verres **îlléB et gravés * .

Dès le commencement du xvii^ siècle, certaines fabriques verroterie ^^ verrerie de la Bohême avaient donné des vases d'une forme **«^*»*"*' ^^ïnrecte, sinon gracieuse, qui, sans être d'un verre très blanc, '^i^ent cependant enrichis d'ornements, de sujets et surtout ^^ portraits gravés sur le cristal. A la fin de ce siècle, elles ^^aient beaucoup amélioré leur fabrication, et produisirent ^^B vases de différentes formes d'un verre assez épais, très blanc et très pur, qui pouvait recevoir une fine gravure.

Des artistes distingués, en Allemagne et en Italie, furent

^^ployés, malgré la fragilité de la matière, à décorer ces

'^taes, à l'imitation de ceux en cristal de roche, d'ornements,

^'arabesques et de sujets gravés en creux, remarquables par

^ composition, la pureté du dessin et le fini de l'exécution.

^& jolies gravures auraient souvent mérité d'être fixées sur

^e matière moins fragile ; on peut en juger par quelques

îases que conserve notre collection, sous les n^ 1386, 1387

etl391.

Les chimistes allemands, dans la seconde moite du xvii^ verres colorés siècle, apportèrent par leurs travaux de grands perfection- <*«*""^«*' nanents dans l'art de la vitrification. Kunkcl , chimiste

(0 D' KuGLER, Beschreibung der K. Kunst,, S. 275.

de rélecteur de Saxe (f 1702) , qui a laissé un traité laveiTerie, se distingua entre tous. Il perfectionna les p; cédés de la coloration du verre, et produisit surtout on y d'un beau rouge-rubis , avec lequel on fabriqua des y qui sont très recherchés, et assez rares aujourd'hui en deho des musées de FAllemagne, qui en ont recueilli un grand no: bre. Notre collection possède, sous le n^ 1390, trois peti pièces en verre rouge-rubis de Kunkel , qui pourront s ment faire apprécier la beauté de sa coloration.

V La grande variété des armes offensives et défensives do]

les hommes se sont servis depuis le commencement du moyc ftge jusqu'au xvii^ siècle, la rareté des belles armes de cet^^ période et l'emplacement considérable que nécessite la réi nion d'une quantité suffisante de pièces pour présenter aperçu, même imparfait, de l'histoire de la panoplie du maji âge et du XVI® siècle, ne permettent guère aux particuliers former des collections de monuments de cette nature. C\ dans les musées d'armes des grands Etats et des qu'il faut étudier la forme des harnois de guerre des chev^^ ^' liers du moyen âge et les différentes armes qui ont été toi^r ui à tour en usage jusqu'au moment de l'emploi exclusif d^ — ^^ armes & feu . Cependant avec les parties détachées d'ancienn* — es armures, les belles épées et les armes & feu qu'elle consen — ^e, la collection, sans posséder d'armures complètes, peut fai^Sre connaître les diverses applications de l'art à l'omementali o^ des armes durant la plus brillante époque de leur fabricatic^M>- C'est là le seul but que s'est proposé son fondateur.

orocmeotaiion II règne une grande incertitude sur le système d'ano**-^^"* daraDUM ®™pï<>yé pendant les premiers siècles du moyen âge; Aa<^ ^

premiers siècles monument complet ne nous est resté ; et, si l'on s'en rapp ^^

du moyen âge. ^j^ ^^^ miniatures de quelques manuscrits, comme le Vir^^ff

siècle.

ART DE L\\RMUR1ËR. 361

^6 la bibliothèque vaticane, la Bible de Metz et les Heures de

^^ï^aries le Chauve, de la Bibliothèque royale, il serait à croire

9^^ le système d'armure des Romains aurait été à peu près

®^*i8enré jusque vers le milieu du ix* siècle.

X'épée de Charlemagne et celle dite de saint Maurice, du

or impérial de Vienne, qu'on peut, comme nous l'avons

^^ en traitant de l'émaillerie, reporter effectivement à l'épo-

îo« carlovingienne, démontrent, au surplus, que les armes

P^^**t3tives de ce temps recevaient une riche ornementation :

^^® incrustations d'émail et des pierres précieuses rehaus-

la poignée et le fourreau des épées de luxe.

ne peut fixer au juste l'époque de transition entre le *» xi-auiv

^y ^"téme d'armure des anciens et celui de la cotte ou jaque de

^^^^Ues, qui devint l'armure défensive la plus générale à l'é-

P^^^ixe des croisades, et qui fut seule en usage, pour les che-

^^^iers, depuis le milieu du xi* siècle environ jusqu'au com-

i^^ncement du xiv*. L? premier monument authentique où l'on

**"*c>n've l'emploi bien précisé de cette armure démailles, c'est la

^^lèbre tapisserie de la reine Mathilde, qui reproduit le fait de

1<^ tleseente de Guillaume, duc de Normandie, en Angleterre

(^ 066), et sa victoire sur le roi Harold.

Hi'armure de mailles, qui d'abord ne descendait qu'aux ge- '^^^UL, eomme on le voit dans cette tapisserie, finit par enve- ^Pp^r le corps entier, jusqu'aux extrémités des pieds et des s, formant autour de la tête une sorte de capuchon ou , qui pouvait à volonté se rabattre sur les épaules. On ^^^^^Soit qu'un semblable système d'armure n'admettait aucune ^®pèce d'ornementation artistique. Sa beauté consistait uni- ^^Gxnent dans la finesse et la bonne confection des mailles de ^^» clont on reconnaît plusieurs sortes. Quant au casque, qui v^^Xrait le nom de heaume, il était d'une grande simplicité. ^^ue vers la fin du xii* siècle, il affecte la forme conique, ^-^rmine au sommet par une pointe plus ou moins aiguës . t^i^sente souvent un prolongement, qui descend entre les ^X yeux jusqu'au menton, auquel on a donné le nom de ^^^1. Au commencement du xiii^ siécl(\ on adopta pour les ^ucs la forme cylindrique, (juclquefois arrondie par en

de Télecteur de Saxe (f 1702) , qui a laissé un traité Acn la veiTerie, se distingua entre tous. Il perfectionna les pro — cédés de la coloration du verre, et produisit surtout un yerreE dun beau rouge-rubis , avec lequel on fabriqua des Tasess qui sont très recherchés, et assez rares aujourd'hui en dehorsE des musées de l'Allemagne, qui en ont recueilli un grand nom — bre. Notre collection possède, sous le n° 1390, trois petitei^ pièces en verre rouge-rubis de Kunkel , qui pourront suffisam*^ ment faire apprécier la beauté de sa coloration.

La grande variété des armes offensives et défensives doi^ les honunes se sont servis depuis le commencement du moy^ âge jusqu'au xvii® siècle, la rareté des belles armes de cet^^« période et l'emplacement considérable que nécessite la ré nion d'une quantité suffisante de pièces pour présenter aperçu, même imparfait, de l'histoire de la panoplie du moy âge et du XVI® siècle, ne permettent guère aux particuliers former des collections de monuments de cette nature. C dans les musées d'armes des grands États et des souveraine qu'il faut étudier la forme des hamois de guerre des cheval liers du moyen âge et les différentes armes qui ont été tou^ à tour en usage jusqu'au moment de l'emploi exclusif der^ armes à feu. Cependant avec les parties détachées d'ancienne^ armures, les belles épées et les armes à feu qu'elle conserve, la collection, sans posséder d'armures complètes, peut fair^ connaître les diverses applications de l'art à l'ornementation des armes durant la plus brillante époque de leur fabrication. C'est là le seul but que s'est proposé son fondateur, oroemeotation II règne une grande incertitude sur le système d'armure d^^^ employé pendant les premiers siècles du moyen âge. Aucun premiers siècles monument Complet ne nous est resté; et, si Ton s'en rapporu moyen âge. ^j^ ^^^ miniatures de quelques manuscrits, comme le Virgile

siècle.

ART DE LWRMURIER. 861

de la bibliothèque vaticane, la Bible de Metz et les Heures de Ohorles le Chauve, de la Bibliothèque royale, il serait à croire que le système d'armure des Romains aurait été à peu près oonseryé jusque vers le milieu du ix^ siècle.

L'épée de Charlemagne et celle dite de saint Maurice, du tjréaoT impérial de Vienne, qu'on peut, comme nous l'avons dit en traitant de Témaillerie, reporter effectivement à l'époque carlovingienne, démontrent, au surplus, que les armes portatives de ce temps recevaient une riche ornementation : dos incrustations d'émail et des pierres précieuses rehaussaient la poignée et le fourreau des épées de luxe.

On ne peut fixer au juste l'époque de transition entre le Mixi«auxv système d'armure des anciens et celui de la cotte ou jaque de ^"^•îlles, qui devint l'armure défensive la plus générale à l'é- P^ue des croisades, et qui fut seule en usage, pour les chevaliers, depuis le milieu du xi^ siècle environ jusqu'au comniencement du xiv*. L? premier monument authentique où l'on trouTe l'emploi bien précisé de cette armure démailles, c'est la ^«lèbre tapisserie de la reine Mathilde, qui reproduit le fait de ** descente de Guillaume, duc de Normandie, en Angleterre (1066) , et sa victoire sur le roi Harold.

L'armure de mailles, qui d'abord ne descendait qu'aux ge-

^^*^*^^ comme on le voit dans cette tapisserie, finit par enve-

^I^por le corps entier, jusqu'aux extrémités des pieds et des

^**^^s, formant autour de la tête une sorte de capuchon ou

^^ftîie, qui pouvait à volonté se rabattre sur les épaules. On

^SKiit qu'un semblable système d'armure n'admettait aucune

^^^^56 d'ornementation artistique. Sa beauté consistait uni-

/ ^^ent dans la finesse et la bonne confection des mailles de

' <lont on reconnaît plusieurs sortes. Quant au casque, qui

'^^^Vaitle nom de heaume, il était d'une grande simplicité.

^^ne vers la fin du xii* siècle, il affecte la forme conique,

'® ^'^^rmine au sommet par une pointe plus ou moins aiguë,

®* Ï^Vésente souvent un prolongement, qui descend entre les

d®**'-^ yeux jusqu'au menton, auquel on a donné le nom de

UB^^l. Au commencement du xiii^ siécl(», on adopta pour les

^^f|iie8 la forme cylindrique, (quelquefois arrondie par en

36t INTIIODUCTION.

Iiaut, souYcnt coupée par un plan horizontal. C'est alors que commença à s'introduire Tusage des casques plus ou moins fermés. On portait aussi le capel de fer, casquo en forme de demi-œuf, qui ne couvrait pas le visage. Il se plaçait sur le capuchon de mailles, mais seulement au moment du combat, quand le besoin d'une défense plus complète se faisait- sentir. On en verra un exemple dans le chevalier combattant une lionne, représenté dans le bas-relief de notre collection, n^ 1, qui appartient à la fin du xui® siècle. Les miniatures des manuscrits des xn® et xiu® siècles nous ^prennent que Técu des chevaliers recevait alors, pour toute décoration, des peintures reproduisant des emblèmes ou des armoiries.

Ces différentes armes n'avaient donc pas encore appelé le concours du ciseleur, du damasquineur et de lorfévre. Il paraît que les chevaliers réservaient tout le luxe de l'habillement militaire pour la cotte d'armes, espèce de surcot qui recourrait la jaque de mailles et descendait jusqu'aux genoux. EUle était ordinairement d'étoffe précieuse, souvent richement brodée de perles et ornée de pierreries. On la portait aussi en drap garni de fourrures recherchées. Les rois furent obligés à plusieurs reprises de s'opposer au luxe que les chevaliers mettaient dans ce vêtement. Philippe- Auguste défendit à ceux qu'il avait désignés pour le suivre à la croisade l'usage du drap écarlate, du vair et de l'hermine, et Joinville nous apprend que saint Louis imita l'exemple de son aïeul.

Bientôt le changement qui s'opéra dans le système des armes défensives permit aux princes et aux chevaliers de déployer dans leurs armures un luxe réservé jusqu'alors aux instruments du culte, à la vaisselle des rois et aux joyaux des femmes.

Dans la seconde moitié du xiii^ siècle, on avait commencé k appliquer sur le haubert de mailles des plaques de métal plein aux endroits qui offraient le plus d'intérêt, particulièrement aux coudes et aux genoux. Au commencement du xn^, on adopta la cuirasse, le casque à visière entièrement clos, et quelques pièces de l'armure de fer plat. On peut, sans crainte de se tromper, dit M. AUou dans ses Études sur les (trmes et

ormures du moyen âge, fixer de 1320 à 1330 Vadoption de l 'armure de fer plat * .

Les différentes parties de ce système d'armure ne furent cependant adoptées que pièce à pièce, pour ainsi dire. Jusque ▼ers la fin du xrv* siècle, le chevalier se revêtait d'abord du ffombi9cn, espèce de vêtement piqué et rembourré qui embrassait le corps ; sur ce vêtement il plaçait un plastron de fer bombé, et par-dessus cette double garniture, le haubert de mailles , qui descendait seulement jusqu'à l'origine des cuisses; le casque fermé, des brassards à cubitières, des cuissards avec genouillères, des grevières et des soUerets pour les jambes et les pieds complétaient cette armure défensive. I-A cotte d'armes recouvrait le haubert, comme dans le siècle précédent. Le blason du chevalier, exécuté en broderie, en formait Tomementation la plus habituelle.

Les pièces de fer plat qui entraient dans ce système d'ar- >>nire défensive ne reçurent pas encore à cette époque de riches décorations, si l'on en juge du moins par les fragments ^"^ en subsistent. Les casques du xrv® siècle qui existent au ix^Usée d'armes de Paris et dans quelques collections sont ^nt unis.

L'armure pleine, tout entière de fer plat, ne se montra que

dans les dernières années du xrv^ siècle ou dans les premières

du XV*. On ne connaît pas d'armure complète remontant au-

*bentiquement plus haut que le règne de Charles VI : c'est

^ors que les armures commencèrent à recevoir des ornements .

Pendant presque toute la durée du xv* siècle, la décoration

^1^8 armures consista principalement en cannelures obtenues

P^r le travail du marteau; les ornements gravés par bandes

^^ repoussés commencent à se rencontrer sur quelques ar-

^^res de la seconde moitié de ce siècle.

Dès le commencement du xvi®, un luxe inouï s'introduisit Au xvi* siècle. ^^118 les armures. Le ciseleur, le graveur, le damasquineur, 1 orfèvre furent appelés à enrichir les armes de guerre de décorations, dont les premiers artistes de l'Italie fournissaient

(•) Mém, de la société des Antiq. de France, nouvelle série, tome IV.

souvent les dessins. Les casques et toutes les parties de Tarmure de fer se chargèrent de figures, d'arabesques et d'ornements exécutés au repoussé, gravés, ciselés ou damasquinés dor et d'argent; les boucliers, qui devinrent circulaires ou légèrement ovales, présentèrent souvent des sujets très compliqués en bas -reliefs. Le cheval reçut une armure aussi riche que celle du cavalier ; le chanfrein, pièce de fer qui couyraît la tête de Tanimal de la nuque aux naseaux, se prétait surtout aux plus riches décorations. On finit par trouver le fer un métal trop vil pour les armures des grands seigneurs ; on le cachait souvent sous une riche dorure, et sir W. Ralegh renchérit sur tout cela en se présentant à la cour d'Elisabeth avec une armure d'argent massif. <"

Les épées de combat et de parade exercèrent l'imagination et le talent des artistes. Toutes les parties de la poignée furent enrichies d'ornements et d'arabesques en reUef, et même de figurines de ronde bosse ou de haut relief, taillées dans le fer avec une exquise délicatesse ; les fines gravures, la damasquinure et les émaux furent également employés à leur ornementation ; la garde prit une forme très compliquée, d'une grande élégance.

Ce fut en Italie que s'exécutèrent les plus riches armures. On peut citer, parmi les plus fameux artistes en ce genre» Michelagnolo, orfèvre, le premier maître de Cellini , yanié par Vasari pour les ciselures ravissantes dont il avait enrichi une armure de Julien de Médicis ^<; Filippo Negrolo, de Milan, le plus habile ciseleur damasquineur de son temps*, qui sculptait sur le fer d'élégants bas-reliefs, et se rendit célèbre par les belles armures de Charles-Quint et de François I*' ; Antonib, Frederico et Luccio Piccinini, qui firent des armures merveilleuses pour les princes de la maison de Famése ; et Romero, qui en fabriqua de magnifiques pour Alphonse d'Esté, deuxième du nom, duc de Ferrare'.

L'Allemagne compte aussi des artistes d'un grand mé-

(i) Vasari, Vie de Bacdo BandinellL

(2) Vasari, Vie de Valerio Vicenlino,

(3) CicoGNARA, Stov, dellascult., t. Il, p. 136.

ART DE LÂRMURIBR. 36!»

*^te parmi les armuriers. Ce fut surtout à Augsbourg, où

86 trouvaient de si habiles ouvriers ciseleurs en métaux, que

S6 firent les plus riches armures. Le muséum historique de

J^ï^sde conserve une armure de Christian II, électeur de

S&xe, fabriquée par Kollmann d'Augsbourg, qui peut marcher

^^ pair, quoique dans un autre genre, avec ce que les plus

es artistes italiens ont fait de mieux. Elle est enrichie de

-reliefs en cuivre, exécutés par le procédé du repoussé, et

^eiminés par une ciselure d'une admirable délicatesse; ces

-reliefs découpés sont appliqués sur le fer. On voit aussi

8 le même musée des épées dont la poignée et la garde

ont ornées de figurines de ronde bosse et de haut relief d'une

esse exquise, qui sont attribuées à Leigeber, artiste nurem-

T^geois. C'est dans le musée d'armes de Dresde [Dashisio^

che muséum), le plus beau de l'Europe, qu'on peut étudier

^^onplétement l'histoire de l'art dans son application aux

^•■^naes de guerre. Cette magnifique collection, récemment

^^Allie dans les b&timents du Zwinger, y a été disposée, dans

ordre méthodique, pilles soins de M. le docteur Kraukling,

ur de ce musée, aidé de M. l'inspecteur Biittner.

Ha France a possédé aussi plusieurs artistes fameux dans

^^ travail des armes : Antoine Jacquard, armurier à Bor>

^^ctnx, qui florissait à la fin du xvi^ siècle, a gravé les fines

^*elures en fer, dans le genre de Leigeber, qu'il exécutait sur

^ poignées d'épées.

Hie chanfrein, les rondelles et les cubitières provenant

d Une armure exécutée en Italie pour Ferdinand d'Autriche,

^i^^^ede Charles-Quint, catalogués dans notre collection sous

le u® 1392, sont un des plus beaux spécimens delà décoration

des annures par la ciselure en relief et la damasquinerie ; le

bouclier n^ 1393, chargé de figures chimériques, dans le style

italien du xvi" siècle, donnera une juste idée de l'excellence du

travail des bas-reliefs exécutés par le repoussé et la ciselure ;

enfin les dix épées et les dagues que la collection possède

feront connaître, par de très beaux exemples, les différents

modes d'ornementation de ces armes durant la plus belle

époque du xvi* siècle.

Ornementation Los canoiiB, dont on avait commencé à faire usage, suiyj cic8 armes à feu. f^^f^ apparence, dans la seconde moitié du xiv* siècle, faisaiei un effet terrible dans les combats; mais la difficulté de niam< ces engins de guerre, et le petit nombre qu'une armée pouT alors en traîner avec elle, avaient laissé à la chevalerie presqi toute son importance : elle ne fut jamais plus brillante qu'à T fin du XV® siècle et au commencement du xvf, sous Maximili en Allemagne, sous Charles VIII, Louis XII et François en France. On pensa donc à multiplier les ravages du can< en distribuant aux fantassins des armes à feu plus faciles transporter et beaucoup plus meurtrières. Ce furent d'abc de petits canons que deux soldats portaient dans les marc! et qu'ils posaient sur des chevalets au moment du com Bientôt on réduisit encore le volume de ces armes, et on les chassa dans un bois ou couche, afin de permettre au fantas de viser plus facilement ; on appliquait la joue sur cette cou( recourbée que l'on soutenait de la main gauche , le bout l'arme portant sur une forquine, espèce de fourche fi en terre. Le feu était mis à la poudre du bassinet par la droite armée d'une mèche. Cette arme reçut le nom d' buse. Comme, en la soutenant avec une seule main, on ne vait ajuster que difficilement , et que la forquine était inoo mode à porter, on mit la mèche dans une pince longue et courbée, nommée serpentin^ qui portait le feu dans le par la pression du doigt sur une clef placée le long de la cou-^ che. La mèche présentait une foule d'inconvénients ; elle fut remplacée par quelque chose de moins imparfait. On plaça scus le bassinet une roue d'acier qui en pénétrait le fond ; sur cette roue venait se poser un fragment de caillou tenu par deux fortes mâchoires de fer, qui reçurent le nom de chien. Le rouel^ le chien étant relevé, tournait avec une manivelle contre l'action d'un ressort qui, au moment de la détente, lui donnait une rotation si rapide que le feu sortait nécessairement de la pierre et allumait la poudre dans le bassinet V Ces armes reçurent le nom d'arqitelmses à rouet. Souvent on donna aux armes

(1) Carré, Traité de la panoplie, p. a08.

ART Dï 1^AKMUR1ER. 367

^feules deux systèmes de la mèche et du rouet, afin que l'un P^t «eiTO, si Vautre venait à manquer.

Du moment que les armes à feu furent devenues portatives,

* ^fi 8 appliqua à les décorer. Les canons des arquebuses et

^^B pistolets furent rehaussés, comme les armures, de fines ci-

^^liires et d'ornements damasquinés en or et en argent. On en-

•"icliit la couche de fines incrustations; on y employa l'ivoire

^^îxité de plusieurs nuances et les bcùs de différentes couleurs ;

^^Ovent on la recouvrit de plaques d'ivoire où l'on gniva des

, des sujets et des ornements d'une grande délicatesse.

platine et la batterie reçurent aussi de belles décorations ;

^cisela des ornements, des arabesques, des figures en relief,

souvent même de charmantes figurines de ronde bosse. La

ion à laquelle les arts du dessin étaient alors parvenus

Italie, en France et en Allemagne, permit souvent de

ner une grande valeur artistique à l'ornementation des

à feu.

Oelles que possède la collection pourront faire juger du

des artistes arquebusiers au xvi® et au xyii"^ siècles

8 les différents genres de travail que nous venons de si-

er. L'arquebuse à rouet et à mèche, n° 1419, etl'arque-

^Use à mèche n® 1427, sont remarquables parles fines gra-

'^"'ires sur ivoire dont leur bois est incrusté. Les travaux d'Her-

^^le, ciselés dans le fer en haut relief, sont reproduits sur les

^^^tteries des pistolets n** 1429.

Les sculpteurs en bois et en ivoire , les damasquineurs, les

^î^ljBurs et les graveurs n'ont pas négligé non plus d'exercer

^®V talent sur les poires à poudre. Un assez grand nombre

^^^^ sont parvenues qui peuvent à juste titre passer pour des

objets d'art..

Notre collection en conserve plusieurs de différentes fornwB, en bois, en ivoire et en fer, où l'on verra les diverses applications de l'art à ces ustensiles accessoires des armes à feu.

Au moyen âge. La seiTurerie a produit au xif siècle et au xni® des œuvres d'un goût et d'une énergie remarquables ; mais , appliquées presque exclusivement à la décoration des monuments de Farchitecture, elles ne pouvaient trouver place dans notre colleo tion. Au xrv® siècle et surtout au xv® , la sculpture ayant envahi toute la surface des portes sur lesquelles la serrurerie se plaisait, dans les siècles précédents, à étaler ses fantastiques compositions, les artistes serruriers donnèrent une direction plus étendue à leurs travaux. Les grilles des chapelles devinrent de véritables monuments; sous leurs habiles mains, le fer forgé , tordu^ modelé et contourné, reproduisit, avec toutes leurs complications , les détails si variés de Tarchitecture de ces époques. Puis vinrent les croix, les chandeliers, les reliquaires, les portes de tabernacle , les pupitres, les coffrets et une foule de meubles de toute espèce. Tous ces objets sont caractérisés par Télégance et la légèreté , et par un grand luxe de travail.

Au xri* siècle. Le xvi^ siècle ne laissa pas dépérir ce bel art, et la renaissance , en appliquant son style aux travaux de la serrurerie, nous a transmis de nombreux chefs-d'œuvre. Les serrures surtout étaient alors portées à un tel degré de perfection, et leur ornementation était d'un fini si achevé, qu'on les considérait comme des objets d'art : on les emportait d'un lieu & un autre, comme on aurait pu faire de tout autre meuble précieux*. La serrure provenant du ch&teau d'Anet et quelques autres que conserve le musée de Cluny , celles du château d*Écouen * et les beaux modèles gravés dans l'ouvrage de Mathurin Jousse' , sont des témoignages de talent des artistes serruriers de cette belle époque.

(1) Revue de Varchiteciure, tome H, p. 362.

(2) M. Alex. LEifoiR les a publiées dans son Musée des monumenis français j tome II, p. S.

(3) Le théAtre de l'art ; ouverture à Vart du serrurier, La Flèche, 1693.

SBl^URERIE. 369

clefs furent aussi traitées, au xvi* et au xvii* siècle, comme de véritables objets d'art. Rien de plus gracieux que W figurines de ronde bosse, les armoiries, les chiffres, les <^einent8 et les découpures dont est enrichie cette partie de la clef que la main saisit et que nous avons remplacée par un ^^neau commun.

Parmi les objets de serrurerie que possède notre collection, ^^ portes de tabernacle, n® 1431, qui proviennent de lab- ^ye de Saint-Loup, à Troyes, sont un beau spécimen de la *wrurerie du xv* siècle. Le cofîfret n? 1 483, et surtout les deux •«TPents de fer forgé , n® 1432 , serviront de preuve de l'habileté des artistes serruriers de la renaissance. On y trouvera attssî quelques jolies clefs du xvii* siècle.

HORLOGERIE

^ dixième'Siècle, qui a été rempli de tant de calamités, qui Horloges » *tt si £Ektal aux arts, a cependant donné naissance à une in.^«>uen dentée». Tcntion merveilleuse, celle des horloges à roues dentées, auxqiMileB l'impulsion est donnée par un poids : jusque-là les ^•^^nones ne pouvaient mesurer le temps qu'à l'aide des cadrans BoUires, des clepsydres ou des sabliers. Cette invention est atoibuée au célèbre Gerbert, moine français qui, après avoir ^ précepteur du roi Robert , fut archevêque de Reims, et fflounrt pape ( 1 003 ) sous le nom de Sylvestre II.

Dui8 les premières horloges l'heure était uniquement indiquée par une aiguille portée sur Taxe d'une roue ; ce ne fîit qn'aa xn^ siècle qu'on inventa un rouage dont l'office est de bire frapper, par un marteau sur une cloche, les heures que l'aigaille marque sur le cadran.

La première mention des horloges à sonnerie se trouve dans les Usages de V ordre de Cîieaux, compilés vers 1 120, où il est

ordonné au sacristain de régler l'horloge de manière qu'elle

sonne et l'éveille avant les matines. Ailleurs il est dit de pro

longer la lecture jusqu'à ce que l'horloge sonne * .

Les principales horloges qui furent faites au moyen ftg-; sont, par ordre chronologique , celle de Wallingford, bénéa dictin anglais (f lS2ô) ; celle de la tour de Padoue , exécuté* par Jacques de Dondis en 1344 ; celle de Courtrai , que Ph j lippe le Hardi, duc de Bourgogne, fit transporter à Dijon ei^ 1 363 ; celle de Henri de Vie, la première que Paris ait poss& dée, et qui fut placée sur la tour du Palais en 1370, celle du ch&teau de Montargis, fiûte par Jean de Jouyenc^ en 1380.

Horiogps n est à présumer que, du moment que les horloges à ro poruuven. dentées et à poids eurent été inventées, on ne tarda pas à faire de plus petites pour l'intérieur des appartements. Il existait de cette espèce à la fin du xiii^ siècle. Nous en tr vous la preuve dans l'inventaire de Charles V, où il est mention d'une horloge qui avait appartenu à Philippe Bel (1285 f 1314) : - Ung reloge d'argent tout entièrem ^ sans fer, qui fut du roy Philippe le Bel, avec deux con ** poix d'argent remplis de plomb*. » Il faut croire cependa^ que ces sortes d'horloges n'étaient pas encore très conunoii^^ au xrv* siècle, car elles sont mentionnées en très petit nombre dans les inventaires de cette époque.

Un perfectionnement introduit dans Tart de Thorlogerie , vers le commencement du règne de Louis XI , domu une très grande extension à la fabrication des horloges : ce fr l'invention du ressort spiral , qui , placé dans un barillet c tambour , remplaça l'action du poids moteur employé jf qu'alors. Ce ressort spiral , pouvant se mouvoir facilem dans un espace très étroit , permit d'exécuter des horlo portatives de petite dimension. Carovage ou Carovagius , vivait en 1480, est considéré comme l'inventeur des horl portatives à sonnerie et à réveil.

Cette invention d'un Français excita l'émulation dei^

(1) M. PoTTreR, Monuments françah inédits, tome II, p. J9.

(2) Ms. Bibl. royale, n« 8356, f* 230.

HORLOGERIE. 371

logen italiens et allemands, et ce fut à qui produirait les hor-

loges les plos extraordinaires. Il en existe encore un assez

S'^uad nombre de la première moitié du xvi*^ siècle, qu*on peut

^"^^gsrder comme des prodiges de mécanique. On en voit qui ,

^^tre l'heure du jour et de la nuit, indiquent Tannée, le mois,

fe quantième , le jour de la semaine , les fêtes de TÉglise , les

pluiges de la Inné et le mouvement du soleil et des planètes à

^l'^Ten les constellations. Les plus simples renferment une

Sonnerie et un réveil. Ce fut principalement à Nuremberg et

^ ^ugsbourg, où nous avons déjà rencontré tant d'artistes

^IK tout genre, d'une adresse merveilleuse, que furent fabri-

les horloges portatives les plus remarquables par la

xnplication de leur mécanisme.

musées d'Allemagne ont recueilli avec soin un asses

nombre de ces anciennes horloges. Le trésor impérial

^énne et la Krmstkammer de Berlin en possèdent de très

es. Les plus curieuses sont au Griine Gewolbe de Dresde.

y trouve notamment un ouvrage de Wemer, horloger

d'Atigsbourg (f 1544 ) , où l'on voit un centaure qui tire une

ftèehe à chaque heure, et une pendule à carillon en forme de

Cocher, de J. Schlottheim, de la même ville, qui présente un

^Qt^^canisme fort ingénieux.

Les horloges portatives conduisirent à fabriquer des instru- ^'■^ts plus petits encore, auxquels on donna le nom de montres.

On ne sait pas précisément dans quelle année ni dans quel Mooires. °^ on commença à en faire. Leur invention ne parait pas wToir remonter au delà des premières années du xvi® siècle, ^ itttme elle n est peut-être pas antérieure au règne de ft^içoisl*'.

I^ premières montres fabriquées en France sont de forme

<7^îodrique; la botte, assez épaisse, est enrichie d'arabesques

^ées et découpées à jour. A Nuremberg, elles reçurent au

wlnire une forme ovoïde, qui leur fit donner le nom à* œufs

Ntaremberg. Myrraécide, suivant Panciroli , aurait fait des

Qtres de la grosseur d'une amande, dès l'origine de Tin-

tion.

1 conçoit très bien que, dans les premiers temps, les heu-

reux possesseurs de ces petits instruments aient éprouva désir d en voir fonctionner le mécanisme. Aussi les horlo^ ne tardèrent pas à les disposer dans une cuvette de crista roche, dont ils s'attachèrent à rendre les formes gracieoi JoUy et Sennebier, horlogers à Paris, furent les premiers en fabriquèrent en forme de croix ; les montres octogones i tirent de l'atelier de Bouhier, habile horloger de Lyon.

Dans la seconde moitié du xvi® siècle, lorsque le mécanii des montres n'excita plus la curiosité, on les renferma d des bottes d'argent de différentes formes, qui furent enricl des plus fines gravures et de nielles. Plusieurs des grave de cette époque, connus sous le nom de petits maiires, publié de charmantes estampes reproduisant des sujets montres. On en trouvera plusieurs d'Etienne De Laiihi< de Blondus dans les albums de la collection.

Les bottes de montres en argent, de même que cellei cristal de roche, reçurent les formes les plus diverses jus sous Louis XIIL C'est à cette époque que les horlogers ad tèrent généralement la forme ronde, plus ou moins aplai qui s'est conservée jusqu'à nos jours. La peinture en àni dans le genre de Toutin, se prétait très bien, par le fini son exécution, à l'ornementation des boîtes de montres; employa firéquemment ce genre de décoration sous Louis 2 et sous Louis XIV, et ces fines peintures, encadrées dans i couronne de pierres précieuses, ont fait, des montres de temps, des bijoux d'un grand prix.

En 1657, Huyghens, célèbre mathématicien, apporta grandes modifications dans l'art de l'horlogerie, en appliqn le pendule aux horloges pour en régler le mouvement, ei adaptant, quelques années après, au balancier des monl un ressort qui produisit sur ce balancier le même effet la pesanteur sur le pendule. De plus longs détails sur o partie mécanique de l'art de l'horlogerie nous feraient sorti: notre sujet.

On trouvera dans la collection plusieurs horloges portatif françaises et allemandes, du x\f siècle. Quelques-unes offi une complication de rouages très remarquable. Quant

HORLOGERIE. ^^ »7:i

montres que la collection conserve, cUes sont en assez grand nombre pour faire connaître les différents modes d'ornementation qui leur ont été appliqués depuis l'origine de l'invention jusqu'au xvui^ siècle.

S 1. MOBaiBR RELIGIEUX.

traitant de l'orfèvrerie et de l'émaillerie, nous avons eu ^^^^^^««ion de parler des plus intéressants d'entre les instruïïients du culte, les vases sacrés et les reliquaires ; et lorsque ^^Us nous sommes occupé de la sculpture, nous avons fourni ûes documents sur les morceaux de sculpture religieuse que * ^Uection possède. Sous le titre dé mobilier religieux, ^^s avons classé quelques objets qui n'avaient pu prendre I*^^ parmi les pièces d'orfèvrerie ou de sculpture. Ce sont Principalement des autels domestiques, monuments invitatoi- '^ delà prière, qui étaient placés, au moyen âge, dans l'in- ^**î«ur des appartements, une pierre portative pour célébrer, ^^de l'église, le sacrifice de la messe, et un tau très curieux ; '"^^^s chacun de ces objets présentant un intérêt tout parti- ^ier, nous nous réservons de fournir, en les décrivant, les ^^^lunents qui s'y réfèrent.

^ 11. BWUBLES A l'usage DE l'BABITATION.

De tous les monuments de la vie privée de l'époque du dads les fW)yen âge, les meubles à l'usage de l'habitation sont les plus ^^^'^^n*^*^ f^; à peine si quelques-uns ont survécu. C'est seulement dans les miniatures des manuscrits et dans quelques bas-reliefg sculptés qu'on peut prendre une idée de la forme donnée MX meubles jusqu'au xv^ siècle, et de l'ornementation qui leur ^ît propre. Depuis le x* siècle jusque vers le milieu du xiv*, les représentations figurées dans les manuscrits ne sont même

que de peu de secours, puisque, durant toute cette pérL^^=Dde, les figures et les sujets sont peints ordinairement sur '"m: z^ond d'or ou sur fond de mosaïque. Les meubles se montrent r*:^^^BMrement avant que les artistes se soient exercés dans la X^H'^* spective, et aient donné aux fonds de leurs compositions une

profondeur qui permit la figuration des intérieurs. Le fc'^^^^exte des anciens auteurs et les vieux inventaires pourraient f< r ■3>arnir bien certainement de précieux documents ; mais de I-^Hongués et minutieuses recherches sur ce point sont enco^^HT^ k faire. Il faut donc nous contenter de quelques notions ii

eX

faites et de vagues aperçus pour tout le temps qui B*est éoa^=>o/ë depuis le commencement du moyen âge jusque vers le mi ZJiieii du XIV* siècle.

Si l'on s*en rapporte aux manuscrits grecs des ix* et r* ^BÎàclés, la décoration des meubles dans Tempire d'Orient an:Mr^^^ été d'une richesse incroyable*. Les trônes, les sièges et '^ lits figurés dans ces manuscrits sont enrichis de dorurei d'incrustations, et les brillantes étoffes qui les revêtent partie sont elles-mêmes rehaussées de pierreries. Qo^^ qu'ait été la magnificence des empereurs d'Orient à cette é que, il faut faire probablement une large part à l'imaginati des peintres qui nous ont fait connaître ces meubles. Du les formes sont lourdes et sans grâce; la pureté du goût entièrement sacrifiée à la richesse de l'ornementation. ^-^"^

En Occident, jusqu'au xn* siècle, la forme des meubles e^^^0 massive. Les trônes et les sièges afTectent des disposition.' architecturales. On en rencontre souvent qui sont décorés plusieurs étages d'arcatures ^. Nous aurons occasion de remarquer cette tendance aux formes massives et architectoniques dans le trône sur lequel est assise la Vierge de l'autel domestique de notre collection, n^ 1476. Les sièges, jusqu'au XII* siècle et souvent même plus tard, sont presque toujours garnis d'une espèce de coussin cylindrique en étoffe.

^éT

(1) Bibl. royale, ms. lat. n*» 5. ; ms grec, n° 510, exécuté pour Basile le Macédonien ; ms. fonds Coislin, n^ 79.

(2) Bibl. royale, ms. fonds Saint-Germain, n** 30.

^a xii^ ftiède, la fabrication des meubles sa cesseni natu- aux xn*. xm* T<ellciiieiit des progrès qui commencent à se faire sentir di^s ®^ ^'^* **^^^^ les arts du dessin : les sièges, les lits et les autres meubles, tout en oonserrant souvent encore quelque chose des décorations empruntées à l'arcliitecture, commencent à prendre des formes plus élégantes et plus variées ^ Les bois façonnés au entrent généralement dans la composition des sièges. cette époque reculée , les meubles de luxe sont ornés tout à la fois de peintures et de sculptures. Théophile nous apprend, dans le chapitre xxii du livre I^ de sa Diversarum schedula, qu*on ne se contentait pas de décorer les lisses des meubles sculptés d'une application de couleur. n«i8 qu'on y peignait des figures, des animaux, des f^Buillages, des ornements de toute sorte, et que ces peintures ae fiûsaient quelquefois sur fond d'or.

Ce système de décoration se perpétua longtemps, surtout

^^ Italie, où la peinture, vers le naf siècle, jouissait d'une haute

^*^inie et voyait s'ouvrir pour elle l'ère de la renaissance. Au

^<v* aiède^ il était plus en vogue qu'il n'avait jamais été. Â cette

''Poque, on plaçait dans l'intérieur des habitations de grands

^^^^flhes enrichis de sculptures, dont l'intérieur était garni en

^tofies de soie, et qui servaient à renfermer les vêtements et les

<^^jets précieux. Sur les panneaux de ces espèces de bahuts, on

^^ÎBait peindre des armoiries et des sujets tirés des Écritures

B^tes, de l'histoire et de la fable. Les lits, les sièges rece-

^^îo&tdes peintures semblables*. Les artisans qui fSeibriquaicnt

^^ meubles étaient comptés au nombre des artistes. En 1 349,

1^ peintres, ayant fondé à Florence une société sous le nom de

*^èté de Saint-Luc, y avaient admis les artistes ornemanistes

fù travaillaient le bois et le métal. La société des peintres

^ Venise comptait au nombre de ses membres des coffre-

^i^, des doreurs et des veraisseurs ; celle de Bologne avait

(I) Bas-relief de la cathédrale de Chartres.— Bihl. de Strasbourg, ms. HoriugdeUeiarum.-- Woxemin, Mon. franc, inéd,, pi. lxxiv et lxxvii.

(î) Vasari, Vie de DeMo.— Lanzi, Histoire de la peinture en Italie^ traduction de madame Dieudé, tome I, p. 81.

admis jusqu'aux selliers et aux gatniers. Par la suite, on ne put forcer tous ces artisans à sortir de la société des peintres qu'à force de procès et d arrêts judiciaires.

A la fin du xiv® siècle et dans les premières années du xv®, Dello, peintre florentin de mérite (f 1421), ne fut occupé pondant longtemps qu'à peindre des cofïres, des sièges, des lits et d'autres meubles ; il s'était acquis une grande réputation dans ce genre de travail, qui lui procura une fortune considérable ' .

La marqueterie, qui tire son origine de l'imitation des procédés de la mosaïque, dont elle cherche à produire les efifets avec des bois de diverses couleurs, de l'ivoire et quelques autres matières, fut appliquée en Italie, dès le xn^ siècle, à la décoration des meubles. Elle y était fort en vogue, surtout iu. Venise, durant les xnf et xiv^ siècles. A la vérité, jusque verak la fin du xnr®, les ouvriers en marqueterie ne produisirent qu^ des ornements qui étaient rendus avec des bois noirs et blancs* -^ auxquels ils mêlaient quelquefois de l'ivoire ; néanmoins l^j précision et le fini de leurs dessins font de ces marqueterie^^ primitives une ornementation d'un très bon effet. On en vera des exemples dans la collection, sur lecofiret n® 1493, dans l'encadrement des deux retables, n^ 147 et 148. PI tard, la marqueterie en Italie prit sa place parmi les arts dessin, comme nous le dirons plus loin.

En France, au xrv® siècle, la principale décoration des bles de luxe consistait en étoffes brodées de soie. Dès XI® siècle, la France s'était signalée dans l'industrie par la brication des tapisseries : en 1025, il existait à Poitiers manufacture de tapisserie, où les prélats de l'Italie adressaient des demandes^; au xii® siècle, les fabriques d^ Saint-Florent de Saumur * et celles de l'Aquitaine avaient àé^i»^ obtenu un grand développement ; enfin au xiv®, les beaux sages de l'Artois et des FlandiM s'étaient acquis une

(1) Vasari, Vie de DeUo,

(2) Lanzi, Histoire de la peinture en Italie, tome III, p. 94.

(3) Lettre de Guillaume V, comte de Poitou, à Tévéque de Verceîi, dans D. Bouquet, tomeX, p. 484.

(4) M. DuSoMBiERARD, Les arts au moyen âge, tome iil, p. 311.

réputation. On conçoit que les succès de ces brillantes indus- ^es durent engager à remplacer alors les peintures, dont P*Ple Théophile, par de riches étoffes.

L'inTentaire de Charles V constate que le garde-meuble de ce pnnoe renfermait des tentures brodées et historiées, qui étaient destinées à recouyrir les meubles de sa chapelle et de ses appar- ^cnients* . Ainsi, entre autres objets appartenant à sa chapelle, on trouve décrite, au f^ 1 1 0 : ** La grant chapelle, qui est de ca- ' « moeasd oultremer, brodée àymages de plusieurs ystoires, et *> sont les ymages et les orfroiz pourfiUez de perles; en laquelle * ftfinontis, dossier, couverture de chayèreà prélat, etc.; »» et plus loin, au f® 120, on mentionne un grand nombre de «* ciels ** ot dossiers à tendre. » Dans l'appartement du prince, on inventorie, aux f® 302 et suivants, vndépendamment «* des tapis ** ▼élus, tapisseries d*armoiries, carraulx, coultes pointes, oreil- ^ lers, couvertoers fourrez d ermines et de menu vair, courtines ** et pavillons de broderies qui se tendent à bastons à façon de ^ ^Ouïtes au-dessus du lit du roy, quand il est couché ; ** tout ce H^ estnécessaire pour recouvrir les sièges et les décorer, et leur ^t^erle confortdésirable. Ce sont des dossiers et banquiers, des ^T^^ de dossiers et des coultes pointes de banquiers. La plupart ^ ces étoffes sont à ymages, et le goût des sujets figurés est ^^^t à fSût en rapport avec ceux des pièces d'orfèvrerie que nous ^^118 fut connaître. Elles offirent souvent de ces représenta- Us bizarres, comme celle qu'on voit sur deux petits oreillers ^ f>]»odez à bestes sauvaiges, qui ont testes d'hommes armez. »

^ous avons dit que la sculpture en bois avait pris en France Aux xv« et w

^* en Allemagne un immense développement au commence- .«*<î*«s-

^ent du XV® siècle ; l'ornementation des meubles à l'usage de

1 habitation se ressentit naturellement du goût qui prédo-

^^^iiait : la sculpture fut substituée pour leur décoration à

toute autre sorte d'embelUliement. Il subsiste encore un

iiombre assez considérable de meubles du xv^ siècle ; les

ii^uscrits à miniatures de cette époque peuvent suppléer,

au surplus , à l'insuffisance des monuments. A partir du

(1) Ms. Bibl. royale, u? 8356.

xv^ siècle, les miniaturistes abandonnèrent oomplétemeal 1 fonds d or ou de mosaïque des siècles précédents, pour 1 remplacer par des paysages et par des intérieurs d v ordonnance profonde ; et, conséquents dans leur ejstèni ils placèrent dans les habitations tous les meubles en usa de leur temps, de môme qu'ils donnaient à tous les periao nages de leurs compositions les costumes contemponôi Ainsi, Ion peut voir dans les manuscrits de la cdleoiian représentation de plusieurs chambres à coucher et de plasiei; cabinets de travail, avec tous les meubles qui les gamiaseï Ce sont, dans les chambres à coucher : le Ut encouriiné, ciel à gouttières avec son couvertoer, la chagrère à côté du 1 le tableau de dévotion ou le petit autel domestique appen) à la muraille, le buffet et une foule d'autres petits meobli Dans les cabinets de travail : la haute chayère ou faldistoi à dosseret élevé, le pupitre tournant, nommé roue, sur leqi on posait les livres, qu'on pouvait ainsi faire passer sous a yeux et consulter tour à tour sans se déranger, et diyera sortes de pupitres pour écrire.

Les parties sculptées des meubles du xv^ siècle reprodc sent presque constamment les dispositions les plus élégaat et les plus compliquées des décorations architecturalee • cette époque. Les étoffes ne sont plus employées dans les wiig que sur les parties où elles sont indispensables, comme dossier et sur le banc ; quelquefois un ciel en tapisserie i couvre encore la chayère principale; mais, en général, laisse le bois aussi à découvert que possible, pour le oluuf d ornements sculptés. Les lits mêmes, en conservant les ooi tines qui les enveloppaient au xiv^ siècle, laissaient voir pn que toujours un chevet finement découpé à jour et sculpté ai ces complications de détails et^ tout à la fois, cette élégan qui caractérisent lornementatioii du style ogival flamboyai

Le goût pour les meubles en bois sculpté s est maintenu France pendant toute la durée du xvi^ siècle. Dès la fin < xv*', on y avait sculpté des figures et des bas-reliefs au mili des décorations architectoniqucs du style ogival . Au xvi^ si cle, ces décorations sont abandonnées, les meubles se couvre

de iMiB-reliefs et même de figures de haut relief et de ronde '^^^^«e, empreintes de toute la pureté de dessin de cette belle ^P<Hjue. Si des dispositions architecturales servent a encadre- '^^Xât k ces fines sculptures, elles sont empruntées à l'archi- ^^o^nre italienne de la renaissance. Dans le dernier quart du aiède, la manie de faire du luxe et le désir de déployer grande magnificence fiorent tomber les sculpteurs en meut^l^^ dans toutes sortes d'exagérations. Les ornements fu* prodigués sans mesure ; les mascarons, les gaines, les ïB hybrides, les arabesques recouvrirent tous les pan- :, et laissèrent à peine un champ pour faire ressortir les ils exagérés de ces compositions.

l'Italie eut aussi, au xv® et au xvi® siècle, des sculpteurs en qui s'appliquèrent à l'ornementation des meubles. Gio- Lo, fils de Baccio d'Agnolo, et ses frères Filippino et Doétaient, vers le milieu du xvi® siècle, les plus habiles ^■^ixlpteurs en meubles de la Toscane. Giuliano, bien qu'as- ^^>oié à Baccio Bandinelli pour l'exécution de grands travaux ^'architecture, n'avait pas fermé son atelier de sculptures en ^■^eiubles, et produisit de nombreux ouvrages de menuiserie «culptée, que Vasari cite avec éloge*.

Ce fut surtout dans l'application de la marqueterie à l'or-

^dneoitation des meubles qu'excellèrent les Italiens. Dès le

^^mmencement du xv® siècle, les procédés de la marqueterie

diraient reçu de notables améliorations. On était parvenu, à

^ ^de d'huiles pénétrantes et de couleurs bouillies dans l'eau,

^ Remuer aux bois des teintes assez variées pour imiter le

^tiiUage des arbres, la limpidité des eaux, et pour produire,

I^^^ la dégradation des tons, les effets du lointain. Giuliano

^*^ Maiano (f vers 1460), Giusto et Minore, qui l'aidèrent

^^^tMÎ ses travaux, Guido del Servellino et Domenico di Ma-

^^tto, ses élèves, Benedettoda Maiano, son neveu (f 1498),

4^ avait fuissi sculpté en bois, Baccio Cellini et Girolamo

^^llaCecca sont cités par Vasari comme les plus habiles ar-

^^tes en marqueterie du xv® siècle*. Il faut nommer au xvi*^,

(l) Vasari, Vie de Baccio d'Agnolo,

(i) Vasabi, Vies de Giuliano et Benedetto da Maiano.

parmi les plus célèbres, Fra Giovanni de Vérone, Fra Raffae de Brescia, Fra Damiano de Bergame, et les Bartolonm] de Pola.

Ce genre de décoration fut principalement appliqué a stalles et aux bancs des églises, et aux armoires des sacristie On en décora également les meubles à lusage de l'habitation , surtout ces grands coffres dont nous avons parlé, qui se p çaient dans l'intérieur des appartements chez les gens ricb Ces meubles étaient si estimés, que les princes étrangers commandaient en Italie. Vasari rapporte que Benedetto Maiano fit, pour Mathias Corvin, deux magnifiques cof&es marqueterie, et qu'il accompagna son ouvrage en Hongrie.

Les plus somptueux de tous les meubles de luxe prodoi par l'industrie italienne au x\f siècle sont sans contredit c tables, ces toilettes, ces coffrets en fer damasquiné d'or d'argent. Nous avons eu occasion d'en parler en traitante la damasquinerie. La collection possède les plus beaux spéc mens en ce genre, cabincis Daus la secoude moitié du xvi^ siècle et au xvii®, on *"*8iôcies.^^" en Allemagne une sorte de meuble qui reçoit dans ce pays nom de Kunstschrank (mot composé qui signifie artistiqu armoire), et que nous désignons sous le nom de cabinet. ( meuble est une espèce d'armoire ou de coffret, suivant qu est grand ou petit, garni d'un grand nombre de tiroirs et < compartiments. Sa façade rappelle presque toujours d dispositions architecturales.

La confection de ces meubles appartenait ordinairement l'ébénisterie, mais des artistes en tout genre concouraient leur ornementation. On rencontre des cabinets auxquels o tout à la fois travaillé le peintre, le sculpteur, l'orfèvre, graveur sur métal et le graveur en pierres fines, l'émailleii le mosaïste et l'artiste en marqueterie. Les bois précieux, 1 voire, l'écaillé, l'ambre, la nacre, les métaux et les pien dures sont employés à les décorer. L'ornementation la pi usitée consiste en sculptures d'ivoire et d'argent, statuettes bas-reliefs, et en plaques d'ivoire enrichies d'une fine gravv dont les intailles sont noircies, ce qui produit un effet ana

gue ji celui que donne la fonte du nieïlo dans les intailles d'une

plaaclie d'argent gravée au burin. L'intérieur de ces meubles

n'est; pas moins soigné que l'extérieur. Le panneau principal

en 8 'ouvrant laisse ordinairement à découvert le péristyle

d'un édifice orné de colonnes, de balustrades et de statuettes,

qui 86 répètent dans les glaces appliquées sur le fond. Les

tiroirs sont très souvent dissimulés par les décorations ar-

chitectoniques .

Nuremberg, Dresde, mais surtout Augsbourg, où se trou- "v^aient de si habiles sculpteurs en ivoire et des artistes orfèvres si renommés, ont été le centre de la fabrication de ces meubles ^e luxe. Tous les orfèvres allemands des xvi* et xvif siècles que nous avons nommés en traitant de l'orfèvrerie ont fait des bas-reliefs et des statuettes pour les cabinets, et la plupart des pièces d^orfèvrerie sculptée qui subsistent aujourd'hui Pi^TÎennent de meubles de ce genre. Les musées d'Allemagne ^^ixserventavec soin un assez grand nombre de cabinets, dont ^uelcjues-uns ont révélé les noms des artistes qui les ont fabriqués et décorés.

Dcuis le muséum historique de Dresde, au milieu d'une S^'^^ude quantité de ces beaux meubles, nous en avons remar- ^ué lin d'une fort belle exécution, portant le nom de Hans ^hieferstein de Dresde, qui est enrichi de figures et de bas- ^lieft d'ivoire et de fines gravures sur plaques de même ma- ^*^ô • Un pupitre, semblable à celui de notre collection n** 1 603 , ^^ ^xx\ accompagne ce cabinet, est daté de 1668. Un autre ^^iiiet en ébène, décoré de figurines de haut relief en argent d^ fing ornements découpés à jour, dans le style de ceux ^*^^ le petit cabinet de notre collection, n° 1506, est revêtu, ^îgné du nom de Kellerthaler, célèbre orfèvre de Nurem-

et daté de 1686.

chef-d'œuvre du genre, sinon pour la pureté du style, du

pour la richesse des ornements et la complication du tra-

^'^ » se trouve dans IsiKunsikammer de Berlin. C'est un cabi-

connu sous le nom de Pommersche KunsiscArank, qui fut

A Augsbourg, en 1616, pour le duc de Poméranie Phi-

n. Philipp Hainhofer (1578fl6i7), peintre et architecte.

artiste éminent, grand collecteur d objets d*art, qui eut ur

grande influence sur les artistes de son temps, a fourni le

du meuble et en a dirigé Texécution. Ulrich Baumgartn<

fameux ébéniste, a fait la partie principale de l'œuvre.

trouve, en effet, dans l'intérieur du meuble le nom de cet a?-,

tiste, avec la date de 1615 et cette devise : Ehe veradUcs^ ^.^^M

gemackt, il est plus facile de critiquer que de faire ^. Il sera»

beaucoup trop long de donner la description de ce meuble; ^

suffira de savoir que vingt-cinq artistes, dont les noms 80<

connus, ont concouru à sa décoration : trois peintres, r

sculpteur, un peintre en émail, six orfèvres, deux horloges:!

un facteur d'orgues, un mécanicien, un modeleur en cire, r

ébéniste, un graveur sur métal, un graveur en pierres fina

un tourneur, deux serruriers, un relieur et deux gainiers. O

peut juger par cette énumération de tous les genres d'oi

mentation dont ce meuble est décoré. On y trouve jusqu'à

émaux de Limoges.

Hainhofer et Baumgartncr ont associé leur talent p^-^^^^^^w composer d'autres cabinets également d'une grande richef l'un des plus importants se trouve dans la bibliothèque l'université d'Upsal. Parmi les ébénistes du même temps ont eu le plus de réputation, il faut citer Hans Schwanha:::- (f 1621 ), inventeur de ces pièces d'ébène ondulées d*un y effet, qui entrent dans la décoration des armoires, des cabûu et des cadres d'ébène*.

On a fait aussi en Italie, en France et dans les à la fin du xvf siècle et au xvii^, des cabinets de différe^^' tes formes. Les plus riches de ceux que fabriqua l'Italie sol principalement décorés de belles matières, jaspes, lapis*lazuli, et de mosaïques de pierres dures qui se détachei sur un fond d'ébène ou d'écaillc. Le musée de Cluny possèc^ un très beau cabinet italien, un des types les plus complets la richesse d'ornementation qu'on prodiguait dons les

nt

ut ^e

(1) IV RuGLER, Beschreibung der Kunstkammer, S. 178.

(2) Lbopold v. Lbdrbur, Leitfaden fiir die Kongl Kunsîkamme S. 79.

ce genre au xvii^ siècle. L'industrie italienne, au surplus,

'aibandonna pas le système d'ornementation qui avait procuré

I3ello une si grande fortune : au xvi^ et au xvif siècles, on fit

Italie des cabinets et d'autres meubles dont les panneaux

^tcûent enrichis de sujets peints.

Dans les Flandres, qui possédaient à la fin du xvi® siècle et ^Uirtoutau xvn* des sculpteurs-ivoiriers d'un grand mérite, on ^^oora principalement les cabinets de statuettes, de bas- *"^lîefc et d'ornements en ivoire.

On fit encore à la même époque, surtout en France et en emagne, des cabinets tout en ébène, en général d'une assez de proportion. Ces meubles, dont la décoration est sout empruntée à tout ce que l'architecture de l'époque préde plus élégant, sont enrichis de figures de ronde bosse ^e baa-reliefs. L'un des plus beaux spécimens de ces meuexistait dans la coUection de M. Baron ; il a été publié M. Du Sommerard^ X)an8 la seconde moitié du xvjf siècle, le goût du luxe fit ^férer aux diverses sortes d'ornementation dont nous venons jparler les incrustations de cuivre et d'étain, se détachant oh fond d'écaillé. Ces deux métaux, découpés et combinés manière à former des figures ou des sujets, recevaient de gravures au burin, àl'aide desquelles l'artiste rendait les intérieurs du dessin et des ombres. Des sculptures bois doré ou en bronze venaient compléter la décoration ^*^^^ meubles de ce genre.

^^ système d'ornementation est certainement fort riche et

beaucoup d'éclat; mais sous le rapport de l'art, ces meu-

sont loin de valoir les jolis cabinets des époques précé-

. Boule, tapissier en titre de Louis XIY, a été le plus

'^ile de tous les artistes qui ont fabriqué des meubles de

sorte, auxquels on a donné son nom.

trouvera dans la collection plusieurs sortes de meubles à

de l'habitation. Les plus remarquables sont une grande

oire en noyer sculpté, n" 1500, de la bonne époque du

1) Àlbwn, 2* série, pi. xxu.

38f INTRODUCTION.

xvi^ siècle; deux grands cabinets en écaille, n^ t&i enrichis d'un grand nombre de statuettes et de t)ai ivoire, et qu'on peut regarder comme ce qui a été beau en ce genre; et un grand cabinet, n^ 1612, € terie d'écaillé, de cuivre et d'étain. Quelques cof&e xiv^, XV® et xvf siècles ont été classés avec les meu

J ni. OBJETS USUELS.

Tous les monuments dont se compose la collecti dans la réalité, à quelques exceptions près, que usuels, et ceux que nous avons décrits sous ce t auraient pu, à la rigueur, prendre place à la suite < ture ou des différentes industries artistiques sur nous venons de fournir des documents. Cependi n'étaient pas d'une importance suffisante pour et rés comme morceaux de sculpture, les antres ai leur décoration de deux arts différents ; enfin la des plusieurs était trop tranchée pour que nous ayoi dispenser de les classer à part, nés en ivoire Entre tous CCS objets, les peignes sont les pi moyen àgc. Ces usteusiles ont reçu, durant le moyen âge, u nementation. Les plus anciens, qui sont en ivoire venir de l'empire grec ; car on retrouve dans leur dans les sculptures dont ils sont décorés, dans tiens dont souvent ils sont recouverts, le style i à l'art oriental. Ainsi on verra dans la collectioi peigne en ivoire dont l'ornementation, de même qui y sont sculptés, dénote évidemment un i zantin.

D'autres peignes encore assez rares, égale appartiennent à l'industrie occidentale. On e confection remonte aux xi^ et xn^ siècles. Les ques églises en conservent, de ces époques, i toilette des évéques. La cathédrale de Sens possède un très curieux, qu'on regarde cor tenu à saint Loup. Les plus nombreux sont

sUTioniduxrv^. Ils offrent des bas-reliefs dont les sujets sont des romans du temps, peignes qu*on rencontre le plus fréquemment sont en Peigne

Leur ornementation consiste en une fine découpure,

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t les dessins, d'une grande délicatesse, paraissent emau style arabe ; quelques-uns sont en outre enrichis ujDe marqueterie d'ivoire teinté. M. Alexandre Lenoir, qui à possédait un de ce genre, aujourd'hui dans notre colléen° 1 6 1 7 , le regardait comme italien * . Cette marqueterie, eifet, a beaucoup d'analogie avec celle qui était en Toguo c xm* et xiv^ siècles, dans le nord do l'Italie, surtout à Ve- , et que nous avons signalée plus haut. La plupart de ces p^ig^es de bois cependant sont sans marqueterie, et portent devises en vieux français ou en flamand. Il est donc à que ce genre de peigne, exécuté d'abord en Italie, aura ^^é imité par une fabrique qui se sera établie on France dans 1^ ▼oisinage des Flandres. Cette fabrique a produit également ^e jolies bottes, enrichies de fines découpures à jour, comme I^B peignes; eUes servaient à renfermer des lettres. On en deux dans notre collection, n^ 1521 et 1522. plus anciens produits de cette fabrication paraissent i^monter au xrv* siècle ; elle existait encore dans la seconde ï^oitié du XVI* ; on en trouve la preuve dans une boîte à lettres <l^e possède la collection du Louvre : l'ccu de France aux trois tt^^trs de lis est sculpté sur cette botte, avec cette devise : Vive ^ ^ Charles ! Deux petites figures qui sont au-dessous inditpent, par leur costume, l'époque de Charles IX.

l^art allemand nous fournit des objets usuels d'un grand usteoi ii^térèt par leur ancienneté et la beauté de leur exécution. , *°^"*

n , fonda et

vesont des lampadaires, des flambeaux, des vases de difféi^teg sortes, et surtout des fontaines à eau. Ces pièces, fondues en cuivre, sont terminées par la ciselure ; elles proviennent d'une fabrique qu'on présume avoir existé dans la Sona^, probablement à Augsbourg, qui se distingua toujours par ses travaux en métal. Cette fabrique, dont l'origine re-

(t)Cat. des Antiq.etobjfAs (fart, ûeM. A.Lenoir. Paris, 1837, n^ 179.

:m INTRODUCTION,

monte au xi*^ siècle, a principalement répandu ses ouvrages Allemagne et dans les Flandres ; ils étaient fort en vogue XV* et XVI® siècles : on les trouve reproduits très souvent les tableaux des mattres allemands et flamands de cette que. Ce qui donne à ces ustensiles le caractère d'objets d.\ c'est qu'ils se présentent presque constamment sous la foi d'animaux ou même de figures humaines, dont l'exécutif quoique souvent assez grossière et dénotant un travail de fa^ que, est toujours empreinte dun grand cachet d'originalil

La collection de M. Carrand renferme deux pièces d< genre, très curieuses. Ce sont deux aiguières : l'une sente un chevalier couvert de l'armure de mailles desguei du XIII* siècle, et dont la tête est défendue par un heai d'une grande élégance; il est monté sur un cheval de batiL l'autre reproduit la figure équestre du jeune Conradin. le heureux compétiteur de Charles d'Anjou. Le prince a la nue et ceinte d'une couronne de fleurs, semblable à cell^ les Italiens du moyen âge donnaient aux martyrs ; son est protégé par l'armure du temps.

On trouvera dans notre collection quelques pièces pi nant de cette fabrication, une paire de chandeliers, n® 1 -4 et deux fontaines à eau. n^ 1519 et 1520.

Il ne faut pas confondre ces bronzes, qui sont fondai ciselés, avec les productions de la dinanderîe, qui étaiV obtenues par le procédé du repousse isiensiies Les ustcusilos do table, couteaux et fourchettes, ont pi

cipé à cette ornementation élégante, dont les artistes de, renaissance savaient décorer les objets destinés aux uf les plus vulgaires. Les manches en métal, en ambre, en ivoii en bois, ciselés et sculptés, reproduisirent des figurines e1^ des ornements d'un bon stvle et d'une exécution achevée. V^^ en existe plusieurs spécimens dans la collection. On y verra aussi des cuillers entièrement en ivoire sculpté. Ces cuillers ne pouvaient pas être, on le conçoit, habituellement employéee dans le service de la table. Les moines engagés dans les ordres mendiants, auxquels l'usage des ustensiles en métal précieux <^tait interdit par les règles monastiques, s'en servaient lors-

dc table.

^^A^ila allaient prendre leur repas hors du couvent, dans des sons opulentes où ils n auraient trouvé que des ustensiles tiable en orfèvrerie. Ces jolies cuillers étaient renfermées a des étuis, pour préserver leur fragilité de tout accident.

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