‹ Description des objets d'art qui composent la collection Debruge DumenilChapitre 20 sur 139 · II. INDUSTRIES ARTISTIQUES · texte numérisé non relu

II. INDUSTRIES ARTISTIQUES

*-^8 documents nous manquent complètement pour pouvoir orfèvrerie.

•Ppïécier l'état de l'art de l'orfèvrerie en Orient. Ce n'est pas

*^^ un petit nombre de pièces qu'on peut s'en former une

®Puûon. Celles que la collection possède peuvent cependant

wuriiir quelques renseignements. La belle coupe en argent

^ 1198 donnera une idée favorable de l'habileté des orfèvres

^"^ûois dans les travaux de ciselure ; les vases n"* 1 7 99 et 1 800,

(0 Du Halde, ouvrage ciUs tomo I, p. 98, cl lome II, p. 13.

:€raniiquec

le coffret 11"* 1803 et les bracelets u** 18 iO sont de trèb beaux spécimens de leurs merveilleux travaux de filigranes; la parure de tôte n^ 1809 fera voir avec quel art ils savent marier les pierres dures travaillées aux plumes du martin-pécheur, pour en former des bouquets et rendre les fleurs et le feuillage.

Les Indous nous ont fourni des bracelets qui font connaître leurs orfèvres comme d*habiles ciseleurs.

Quant aux pièces d orfèvrerie persane, on y rencontre toujours quelques parties émaillèes. Un bijou persan de notre collection, n^ 1817, présente un intérfit tout particulier: c'est une sardoine orientale très épaisse, gravée on intaille et montée en bague. Les musulmans font un grand cas des pierres gravées, qui chez eux ne présentent jamais do figures, mais seulement des inscriptions. Elles sont de deux sortes : ou bien la pierre est gravée à contre-sens, et on ne peut lire l'inscription que sur remj)reinte, ce qui indique qu'elle a dA servir de cachet ou de sceau, ou bien les caractères se présentent dans leur véritable sens, et c'est alors un indice que celui qui l'a fait faire n*a eu d'autre intention que de porter avec lui certaines paroles pour lesquelles il avait do la dévotion *. Ces pierres, lorsqu'elles sont marquées sous l'influence do quelque constellation, ou qu'elles portent le nom de Dieu, de Mahomet, des anges, ou de quelque autre saint personnage, reçoivent le nom de talisman.

La fabrication do la porcelaine en Chine remonte à ua^^ haute antiquité; les annales chinoises ne font pas meotio%du nom de son inventeur^. Comme il est d'un usage stantà la Cliine, depuis Yao et Chun, qui gouvernaient c^s::^^ empire plus de 2200 ans avant l'ère chrétienne, que c ville fasse écrire les faits remarquables qui la concerne et conserve dans ses archives les noms de ceux de ses tants qui se sont distingués dans les armes, dans les letidans les sciences, ou ]>ar (quelque invention, les antiq chinois tirent du >ilrnc<' dv> annales sur rinventlon d

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(1) M. Reinauo, Mon. nralna^ oU-, loino 1, p. 29. (ï) Du Halde, ouvrage l'ité, tome II, p. 177.

poroelaine la conséquence que sa fabrication est antérieure ^11 règne de ces empereurs.

Dans ces derniers temps, un fait qui serait venu confirmer ^^^«tte haute antiquité de la porcelaine avait été révélé. Plu- ^^eitts vases de cette belle poterie, portant des caractères chi- , avaient été recueillis dans les fouilles des antiques mo- ^^nents de l'Egypte, et le professeur Rosellini avait même en avoir lui-même trouvé un, dans une tombe qui n'a- ^pas été précédemment ouverte, et dont il pensait pouvoir r la date au temps dos Pharaons. Des faits aussi Tes ont provoqué un sérieux examen ; les Arabes, pressés questions, ont avoué qu'ils n'avaient jamais rencontré dans raines des vases de cette espèce ; que la plupart de ces venaient de Qous, de Qcft et de Qosseyr, entrepôts sucifs du commerce de l'Inde dans la mer Rouge. M. Prisse ** -A^Tesnes, qui voulait déraciner une erreur qu'il avait invo- ^^^^^'ûrement propagée, en donnant à N. L'Hôte deux do ces

^^8 pour le musée du Louvre, où ils figurent aujourd'hui

^ le titre de Vases chinois trowois dans les tombeaux de

'^ypte, les a soumis alors à rexamen do MM. Stanislas

^*li«n et Pauthier, qui ont reconnu que les inscriptions qui y

l^^t peintes étaient écrites en caractères cursifs, connus sous

^ ^om de ihsao, et qui datent seulement du second siècle de

^^ti^ère. M. Pauthier a môme pu lire sur un vase de cette

*pèce publié à Londres un vers tiré d'un auteur chinois

StUî vivait au commencement du xi*^ siècle*. Sans nier la

^^^*ite antiquité de la fabrication de la porcelaine en Chine,

* 4tat écarter l'argument tiré de ces vases apportés d'Egypte.

M. Stanislas Julien, consulté par M. Brongniart sur cette

Question de l'antiquité de la porcelaine, s'est livré à des re-

^*^erches dans les auteurs chinois, et il a été amené à cette

^^nclusion, que la porcelaine était commune à la Chine du

'^«nps des Han, 163 ans avant J.-C.; qu'elle était en usage

^us la dynastie dos Souï, de 581 à 618 ans après J.-C. ; que

^tte ancienne porcelaine, quoique d'un blanc pur, était fabri-

(\) Revue, archéoloqique , tome 11. p. 7I:J.

quéc avec uuc matière comuiunc, et que ce ne fut que sous 1 dynastie des Song, de 960 à 1278 ans après J.-C. , que I porcelaine commença à être faite avec des matières fines et acquérir de la perfection * .

Le père Dentrecolles, qui a longtemps habité la Chine ai commencement du xviii^ siècle, dit que l'ancienne porcelaine dont les antiquaires chinois se disputent les débris, ne port< aucune inscription qui puisse révéler la date de safabrica|ion et que ce fut seulement sous la dynastie des Thang (de 618 907 ans après J.-C.) qu'elle commença à être à Tusagedo empereurs '.

La porcelaine chinoise ne fut importée en Europe qu'au oon mencement duxvi^ siècle, et nous ne connaissons aucun doc^s ment qui puisse donner la certitude qu'elle y ait été introdoK avant cette époque; cela ne serait pas impossible cependair: En effet, le célèbre voyageur arabe Ibn-Bathoutha, qui éts né à Tanger et avait pénétré en Chine vers 1 346, dit, dans relation de son voyage', que la poterie chinoise était exporta jusque dans les contrées du Magreb (les Etats Barbaresquea Si le fait est exact, quelques pièces de porcelaine ont pu et;: apportées facilement en France, en Espagne ou en Italie.

n est certain du moins que cette belle poterie était eonni* de réputation en Europe longtemps avant l'importation qu*£ firent les Portugais. Le premier écrivain qui parait en avo. parlé est le géographe arabe Abou-Abd-allah-Mohammed ben Mohammed-el-Édrisi, qui vivait en Sicile, à la cour de Roger II et qui publia, en 1 154, par l'ordre de ce prince, un grand ou vrage sur la géographie*. Dans la description qu'il donne de 1 partie la plus méridionale de l'Indo-Chine, après avoir parlé d

(1) M. Brongniart, Traité des arts céramiques, tome II, p. 479.

(2) Du Halde, ouvrage cité, p. 202.

(3) M. Reinaud, Relation des voyages faits par les Arabes et les Fi sans dans l'Inde et à la Chine, tome 11, p. 23.

(4) Quelques voyageurs arabes avaient pcnétré on Chine dès lo i siècle (voyez Touvrage ci- dessus cité, de M. Reinaud); mais il nV pas à croire que les relations qu'ils ont écrites aient été connues Europe.

^Tl4e Khankou, situc^ sur un fleuve . par lequel on remonte •» àaxi& la majeure partie du pays du Bahgl)ough, qui est le roi -de la Chine, - et tracé l'itinéraire de ce port à la ville de tfjankou, il ajoute : ** Colle-ci est une ville célèbre . on y tra- ^De le verre chinois * » Ce verre chinois ne devait être autre chose que la porcelaine, qui, à cause de sa translucidité . qualité qu'on ne rencontrait dans aucune poterie de TEurope. devait avoir, jusqu'à un certain point, pour un Européen l'aspect du verre. Plus loin, lorsque Édrisi vient à décrire la partie orientale de laChine, il dit, en parlant de la ville de Sousa :

- On y fabrique le ghazar chinois, sorte de porcelaine dont ■* rien n'égale la bonté. » Et il ajoute : ** Dans les pays que nous *- décrivons, il n*y a pas d'arts plus estimés que ceux de po-

- lier d'argile et de dessinateur*. »«

IVIarco Polo avait aussi fait connaître la belle poterie de la (%iii.e dans la relation de ses voyages, qu'il écrivit dans les dernières années du xiii^ siècle, et qui fut immédiatement ^'^pcàxidue dans toute l'Europe. Dans le chapitre clvh, où u décrit le port de Zantan ou Zaitem et la province où est sitaé ce port, il dit : « En ceste provence, en une cité qui est " *Pi>elé Tinugui , se font escuelle de porcellaine grant et * pît^^t les plus belles qe l'on peust deviser. Et en une autre n'en s'en font se ne en cest cité'. »

^O M. Amédéb Jaubbrt, Géographie cf Édrisi^ tome I, p. 99.

(^> Idem.,\ome I, p. 193 et 194.

^'^ not arabe, que M. Jaubert a traduit par porcelaine, est fakhkhar

J^^^ qui ne signiGe autre chose que poterie. Il n'est pas douteux que ^*'***= n'ait voulu parler de la porcelaine, et le sens de l'auteur est

^^^ %*endu ; nous voulons seulement faire remarquer que le mot dont ^ ^^ «ervi Édrisi n'a aucune relation de consonnance avec celui de ^^^^'''^^^laine, et que ce nom ne vient pas dès lors de la langue arabe.

^^i Ifs. Bibl. roy., n9 7367, publié par la Société de géographie, ^"^ le Recueil de Voyages et de Mémoires, tome I, p. 180.

^^ manuscrit, suivant toute apparence, a été écrit à Venise, en 1307,

V^^ Charles de France, comte d'Artois, frère de Philippe le Bel {voyez

"^^^^*^U de Voy, et de Mém. publiés par la Société de géographie, tome 1 V,

p. ^Oq); il serait donc contemporain de Marco Polo. On voit que déjà

ce célèbre voyageur donnait à la poterie chinoise le nom de porcelaine.

Enfin le père Jordanus, qui fut nommé éyéque dans Vlndi par une bulle de Jean XII. en 1330, et qui avait longtemp: séjourné dans ce pays , en rapportant ce qu'il avait cntendi dire do l'empire de la Chine, De Magno Tartaro, avait pari en ces termes de la porcelaine chinoise : - Alia non sunt qm ego sciam in isio imperio digna relationCy nisi vasa pidcherrima et nobilissima, aique virtuosa etporseleta * . -

La plus belle porcelaine de la Chine se fabrique* depai un grand nombre d'années dans une grosse bourgade de L province de Kiang-si, nommée King-te-tehing, à qui il m manque qu une enceinte de murailles pour avoir le nom d ville. On n y comptait pas moins d'un million d'âmes à Fépo que où le père Dentrecolles y habitait', il y a cent quarant ans. Ce bourg ne paraît pas avoir perdu de son importance Lorsque les Anglais de l'ambassade de lord Macartney paa sèrent près de ce lieu , en se rendant de Pékin à Canton ( 1 7 94 on leur donna l'assurance que trois mille foumeapx pour cuia la porcelaine y étaient allumés à la fois.

On fabrique encore de la porcelaine aux environs de Cac ton, mais elle est loin de valoir celle de King-te-tching.

La porcelaine chinoise présente beaucoup de variétés daa

et il est à croire que c'est lui qui Ta ainsi nommée. Ce n'est donc pas à ^ langue portugaise, comme on l'a cru longtemps, que ce nom a été ec prunté. Nous avons dit, p. 316, qu'on retrouvait ce nom de T^orcdam dans les inventaires des princes français du xiv® siècle, appliqué à amatière précieuse taillée en coupes, en vases, ou disposée de manièrs former un fond sur lequel se détachent des objets en métal ciselé émaillé ; il nous semble que cette matière ne devait pas être la coqii9 qui a aussi reçu le nom de porcelaine, puisque, dans la description qn'^ donnent les rédacteurs de ces inventaires, ils la qualifient presque toi jours de pierre, *unè escuelk (Tune pierre appdéepowrceknnej • ce qé*ii n'auraient certainement pas fait s'ils n'avaient eu sous les yeox qà\i coquillage.

(1) Jordanus, Mirabilia descripta, publiés par la .Société de géogra phie, Rec* de Voy, et de Mém.y tome FV, p. 5».

(2) Nous avons dit plus haut, p. 317, de quelles matières était oom posée la porcelaine chinoise.

(3) Du Halde, ouvrage cité, tome I, p. 144, et tome II, p. 177.

^ fabrication ; les procédés que les Chinois ont mis en usage pour varier la décoration de leur belle poterie et lui donner ^«8 singularités sont innombrables. Du reste les porcelaines ^ciennes , surtout celles qui remontent à une époque anté- ^enre au temps où Ton se mit à en fabriquer une grande quantité pour l'exportation en Europe . sont très recherchées , oiéme à la Chine. Elles sont recueillies avec passion par les ^tîquaires chinois , et sont devenues , dans le commerce , aussi rares à la Chine qu'en Europe. Toutes celles que ^^nserve la collection remontent à une époque de fabrication assez éloignée, et bien qu'elles soient de petite propor- ^on, elle méritent de l'intérêt sous ce rapport. Les trois petits Tases n** 1827 et 1828 sont surtout remarquables par l'inscription qui s y trouve peinte sur le fond. Elle constate qu^ils ont été faits sous la dynastie des Ming, dans la période SioDen-te, c'est-à-dire de 1426 à H36 de notre ère. Nous ^▼ons eu recours à la science de M. Stanislas Julien, notre ^•'▼ant sinologue, pour obtenir la traduction de cette inscription et de toutes celles qui se rencontrent sur les monuments chinois de notre collection. L'obligeance de nos savants est ^^^jours inépuisable.

Les Japonais fabriquent aussi une très belle porcelaine. U

^t fort difficile de déterminer les caractères certains qui pen-

^«nt la distinguer de celle de la Chine. On s'accorde généra-

»®ïnent à attribuer aux porcelaines du Japon plus de blan-

<}beuT*, un glacé de couverte plus complet, et plus de translu-

^«ïfcé. Les peintures qui les ornent reproduisent rarement

^ figures ; eDes ont ordinairement des fleurs pour sujet.

^'***^ couleurs ont beaucoup d'éclat.

"^Otts nous en sommes rapporté, pour la classification des

^^^^^laines que possède la collection, à M. Souply, qui a fait

y^ ^^tnde très approfondie de toutes les productions de l'in-

' chinoise. Ses bons avis sur les autres provenances de

industrie nous ont été également fort utiles. 'c armes que conserve la collection offrent une grande An

y an ^ té, et serviront à faire connaître le système d'ornementa- ^^ l'armurier. t^oti ^y| i^yp ^g|. appliqué de préférence par plusieurs des

Vernissure.

peuples de l'Asie. Celles de Tlndo-Chinc se font remarqua par de fines ciselures sur or et sur argent; celles de la Mali sie, par des sculptures en ivoire et en bois ; Tlnde excelle p ses fines damasquinures, et la Perse par ses émaux.

Un caractère qui est particulier aux armes musulmane c'est qu'elles portent presque toujours des inscriptions. Ta tôt c'est un verset en l'honneur de Dieu et des saints, tant une légende morale ou superstitieuse ; souvent on y rencont le nom du propriétaire et celui de l'armurier. L'usage d*en chir les armes d'inscriptions remonte aux premiers temps l'islamisme. Mahomet avait coutume de faire graver sur s sabres ce passage du Coran : » Le secours vient de Dieu * . ••

Les ouvrages de vernissure du Japon et de la Chine ac des productions originales qu'on peut tenter de contrefaû mais qu'on n'imitera jamais en Europe.

Tous ces jolis objets, auxquels en Europe on a donné nom de laques^ sont en bois, et avant de parler du vemia ^ les recouvre, il faut rendre hommage à l'adresse des ébéniaf japonais et chinois, ainsi qu'à la délicatesse et au bon go de leurs charmants travaux.

Le vernis dont on enduit ces tasses, ces cofifrets, oea me blcs si variés dans leurs formes et dans leur omementatio eat une espèce de gomme que les Chinois nomment isi; el découle de certains arbres qui ressemblent assez au frêne * nos climats. On en obtient l'extraction pendant Tété seul ment, lorsque ces arbres ont atteint sept ou huit ans ; ils o alors environ quinze pieds d'élévation. Pour y parvenir, on fi le soir plusieurs incisions à l'écorce de l'arbre autour du troD sans entamer le bois, puis on insère dans chaque inda» une coquille qui s'y soutient sans autre appui. Le lendema matin, on va recueillir ce qui a coulé dans les coquilles*. ] vernis est alors placéàFair dans de grands vaisseaux de boi à fond plat et peu profonds, et agité avec une large spatul pour que l'eau qui pourrait s'y trouver puisse s'évapore

(1) M. Rbinaud, Monuments arabes, etc., tome II, p. 298. (î) Du Halde, ouvrage cité, tome II, p. 174.

il est versé sur dos feuilles de coton cardé, enveloppé L8 ces feuilles, et enfin renfermé dans un morceau de toile. m cette double enveloppe, il est soumis à une presse sous -* ^iCtion de laquelle il s'écoule à travers les deux tissus. Ces 'mûers détails sur la préparation du vernis, qui ne se trou- ^i^t ni dans louvrage du père du Halde, ni dans les mémoires missionnaires, nous ont été fournis par les dessins d'un i^iun du cabinet des estampes de la Bibliothèque royale de (0-e, 39.c), qui sont accompagnés de notes explicatives. ^^Visulte également de ces notes que l'huile siccative de thé et ' ^^ï*»enic entrent dans la préparation du vernis.

XL^e vernis s'emploie de deux manières : la première, qui est 2>lus simple, consiste dans son application immédiate sur le . Après qu'il a été bien poli par différents moyens et end'une espèce d'huile que les Chinois nomment iong-yeou, le recouvre, lorsque cette huile est bien sèche, de plusieurs ^ohes de vernis, qui ne sont posées, bien entendu, que suclivement, jusqu'à ce que le vernis devienne si éclatant qu'il ^canble à une glace de miroir. Quand l'ouvrage est sec. on y t. en or ou en argent, des sujets, des oiseaux ou des fleurs, ^^ l'on passe enfin sur la peinture une légère couche de vernis, lui donne de l'éclat et la conserve. L'autre manière ^ible plus de préparation. Elle consiste à enduire d'abord le ^i« d'une espèce de mastic composé de papier de filasse et de :, qui forme le fond sur lequel est appliqué le tong-yeou ^^ «QBnite le vernis * . C'est avec ce mastic que se font ces des- ^^^ï^ d'un léger relief, qu'on rencontre souvent sur les laques. lies laques du Japon sont bien supérieurs à ceux de la ^^^iue. Au commencement du xviii® siècle, lorsque les laques ^^s^ient très recherchés en Europe, leur importation à la Chine ^*^iiiuût une des principales branches du commerce de ce pays ^^Qcle Japon. Les Chinois portaient ensuite ces laques à Ma- ^^^et à Batavia, d'où ils étaient envoyés en Europe*.

Le plus beau vernis de la Chine est tiré des provinces de "^ÎBng-si et de Ssé-tchouen : c'est à Nanking que se trouvent

(1) Du Haldb, tome II, p. 176. (2) Idem, p. 171.

les meilleures fabriques chinoises. On fait aussi des laques auTongking^ btee De tous les meubles et objets usuels que eonsenre notre

sosueu. collection, les vases do métal sont les plus intéressants sous

le rapport de l'art.

38 chinois. L*art dc fondre le bronze et d'en former des vases remonte, en Chine, à la plus haute antiquité. Les historiens chinois disent que Yu, qui fut associé au trône par Chun, plus de 2200 ans avant l'ère chrétienne, fit fondre neuf grands vases d'airain.^ sur chacun desquels il fit graver la carte et la description d l'une des neuf provinces de l'empire.

Depuis un très grand nombre d'années, les vases de bronzi anciens sont recueillis et conservés à la Chine dans les musées et les collections particulières, et la science archéologi . que, qui est très cultivée dans ce pays, a principalement di SOS études vers la connaissance des vases antiques a. L'em reur Kicn-loung, qui régna de 1736 à 1796, a fait publi en 42 volumes in-folio la gravure et la description des v antiques déposés au musée impérial. Cette description e; accompagnée d'une critique approfondie, qui fait remonter fabrication de ces vases jusqu'aux premiers temps de la d nistie des Chang ( 1 766 ans avant notre ère), et cette app: dation est souvent basée sur le contenu des inscriptions s'y trouvent gravées . Un exemplaire de ce magnifique ouvra^^ existe à la Bibliothèque royale de Paris.

Parmi les vases de bronze de notre collection, celui qui catalogué sous le n^ 1978 présente un grand intérêt. Il po: une inscription qui constate qu'il a été fabriqué sous la dynastie des Ming, dans la période Sious[n-te, qui correspo; aux années 1426 à 1436 de l'ère chrétienne. Or, durant période, sous le règne de l'empereur Siouan-tsoung, le prit au palais impérial et dura pendant plusieurs jours, violence de l'incendie fut si grande qu'une quantité p gicuse d'or, d'argent et d'airain fut fondue par les flammes,

(1) Du Hai.de, tome II, p 173.

(V) M. Paitiufr, ouvrage ril^', p. :»o et 201 .

^u.s ces métaux furent mêlés ensemble. Les annales chinoises ajoutent qu*on fabriqua avec le métal qui était provenu de cet ^lli^kge un grand nombre de vases. Ces vases sont très estimés 1^ Chine et d'un grand prix * . Ne peut-on pas supposer, sans 'p de témérité, que le vase n° 1978 de notre collection a été ^^Tiqué avec cet alliage précieux : la finesse de la fonte et la ^^lle couleur du métal semblent en fournir une indication, que confirmer Tinscription et la date qui s'y trouvent em-

vases n^ 1973, 1974 et 1976 paraissent provenir de la origine, i les objets meubles de TOrient, il n'en est pas qui vascs ûtàhe», jsentent plus d'intérêt que ceux qui nous viennent des du moyen âge qui cultivèrent avec succès les lettres, sciences et les arts. Deux raisons motivent cet intérêt. La aniére résulte de l'utilité qu'il y a de rechercher les analoqui peuvent exister entre les productions artistiques des , BOUS le double rapport des procédés de fabrication et 1 ^ornementation, et- celles des peuples européens, afin de Burer si réellement les œuvres des artistes arabes ont ^^Ycé une influence quelconque sur la direction que prit l'art Europe, soit au xi*^ siècle, au moment de sa transformation» plus tard, à la fin du xii®, à l'époque de l'adoption du ^^iylf3 ogival. La seconde dérive de la beauté même de ces ^^Vi-ages.

lues monuments de l'architecture arabe ont déjà, depuis ^^*^^" )mp8, fixé l'attention des savants ; mais ce n'est que dc-

f^^^ peu d'années qu'on s'est attaché à l'étude des productions arts industriels. Les monuments en sont extrêmement ra- ; il fallait d'abord les rechercher, puis en expliquer les initions, afin d'y découvrir, s'il était possible, le lieu et Té- ^^^ue de leur fabrication. Bien peu de personnes pouvaient se *^^Ter à cette étude, qui exige une connaissance approfondie ^^8 langues asiatiques.

Déjà cependant des matériaux ont été préparés, des monu-

(t) Du Halde, ouvrage cilo, lomc i, p. 512.

ments ont été décrits ; et si la rareté de ceux qui subsistent^ permet pas encore de se former une opinion bien arrêtée les questions intéressantes que leur examen soulève, les cherches de quelques savants ont fourni la date de pièces sont conservées dans les musées et dans les collections^ donné connaissance de fabriques dont nous possédons de beaux produits.

Ainsi notre savant orientaliste, M. Reinaud, dans son collent ouvrage sur la collection de M. le duc de Blacas, a connaître un grand nombre de pierres gravées, d'armes, vases et d'autres objets dus à l'industrie des Arabes ; il a pliqué les inscriptions qui s'y trouvent reproduites, et a j à ces documents, déjà si intéressants par eux-mômes, des seignements précieux sur l'histoire, la religion, les usager les habitudes de la vie privée des Musulmans. Par là il a les archéologues, dont les recherches ont spécialement objet la question d'art qui se rattache à ces productions , à m de les étudier avec fruit et d'établir des points de comparaift M. Adrien de Longpérier s'est aussi occupé de l'étude productions de l'industrie artistique des Arabes, et dans [F sieurs articles insérés dans la Reçue archéologique il a déc? avec soin la belle coupe trouvée à Fano, que possède le binet des médailles de la Bibliothèque de Paris, et plusie autres monuments dont il a expliqué les inscriptions*, dant même la question de savoir si au moyen âge les artis de l'Occident ont fait des emprunts à l'ornementation mise pratique par les Arabes, il a établi, par un certain nomb' de monuments, que des caractères de l'écriture arabe, plus €?' moins défigurés, avaient été employés comme motife de décoration par des artistes chrétiens^.

Nous ne nous occuperons ici que des ouvrages de métal, afin de chercher à établir l'âge et la provenance des vases que possède notre collection, sous les n^ 2005 et 2006.

Les vases arabes sont ordinairement en laiton ou en métal

(1) Revue archéologique, lomc 1, p. 538; lome lll, p. 339.

(2) Ibidem, tome 11, p. 695 ; tome 111, p. 408.

or

Uiage, compoBé de cuivre etd'étain. Ils sont enrichis doroaents ciselés ou estampés et rehaussés d'entrelacs, d*araatqaes et même de sujets rendus par une fine damasquinure urgent. On rencontre aussi un assez grand nombre de mi- Inexécutés avec ce métal d'alliage et dont le revers a reçu même genre d'ornementation.

f armi les plus belles et les plus curieuses productions de ;te industrie, on doit citer plusieurs pièces de la collection

M. le duc de Blacas, la jolie coupe de la Bibliothèque jTJde de Paris, et surtout le magnifique vase connu sous le aade vase du ch&teau de Vincennes, que conserve le musée

Xouvre, et qui a été rapporté d'Orient par saint Louis, si EX doit en croire la tradition.

Lde travsdl de damasquinure dont sont enrichis les objets nétal dus à l'industrie arabe est exécuté par deux procé- ^ différents : tantôt le métal a été légèrement champlevé ^x« la forme extérieure de la figure que l'artiste voulait ^<lre; une mince feuille d'argent a été appliquée sur la ^tie champlevée et a été fixée par la pression et souvent <Kie par le rabat du métal du fond sur son contour ; les ^^jls intérieurs des dessins ont ensuite été rendus sur logent par la ciselure. Tantôt les ornements, laissés en Uie par un travail de la ciselure et l'abaissement du fond, ^ été piqués avec un poinçon sur leur surface ; l'argent a - ensuite fixé sur les ornements en relief par une forte près- ^u, qui, en le faisant pénétrer dans les petits trous prati- ^és, l'a solidement attaché au métal du fond. Le premier des deux procédés, que nous avons déjà fait ^lUiaitre comme ayant été adopté par les artistes damasqui- ^eurg de l'Europe, a été employé dans l'exécution du grand rase du Louvre; le second, sur la coupe de la Bibliothèque royale. Ce dernier procédé ne paraît pas avoir été mis en usage en Occident : nous avons dit plus haut comment les artistes italiens exécutaient les damasquines en relief*.

Les études faites jusqu'à ce jour sur les monuments sub-

0) Voyez p. 199.

106 INTRODl CTION.

sistaiitb de cette brillante industrie arabe ne paraissent laissa aucun doute sur le lieu et Tépoquc de leur fabrication.

Ainsi, parmi les monuments de la collection de M. le di do Blacas, M. Reinaud a signalé un très beau vase enric d'ornements et de sujets très curieux, portant une inscripti« qui nous apprend qu'il a été fabriqué à Moussoul, en Mésop tamie, par Schogia, fils do Hanfar, l'an 629 de l'hégire (13i de J.-C) V Sur un miroir talismanique de la môme eollectio le savant orientaliste* a lu une inscription en l'honneur « sultan Aboulfadl Ortok-Schah, fils de Khéder, prince de maison des Ortokides, qui régnait sur la ville de Hisn-Kai vers la fin du xiii® siècle. Enfin, dans ses nombreuses excn sions scientifiques en dehors de cette collection, il nous fi connaître une inscription ainsi conçue qui existe sur le be^ vase de la collection du Louvre : •« Fait par Mohammed, £ de Zin-Eddin, à qui Dieu fasse miséricorde'. ••

M. de Longpérier, dans la monographie qu'il a donnée de^ coupe de la Bibliothèque royale, a de son côté établi que vase, qui a d'ailleurs une grande analogie avec celui de M. duc de Blacas, avait dû être fait en Mésopotamie dans la pr" mière moitié du xui® siècle pour le prince Malek-el-Asch'v qui régnait sur la ville de Miafarkin, de 1215 à 1220, et d^ le nom se trouve inscrit sur la coupe, ou pour un prince môme nom, son neveu, qui mourut en 1269*. M. de Lod périer a également décrit un miroir rapporté d'Alexandr" dont les inscriptions et l 'ornementation dénotent le xrn® siècl **

Le nom de la ville de Moussoul, qui se lit sur levas^ M. de Blacas, avait déjà fait connaître cette ville comme des centres de la fabrication des ustensiles en métal dam^ quiné ; un document, dont la découverte est encore due i^ investigations de M. Reinaud, vient confirmer cette premL indication. Dans un ouvrage de Ibn-Sayd (f 1273), géogra^

(1) M. Reinaud, Monuments arabes, etc., tome II, p. 423. (•2) Idem, tome il, p. 404 (:i) Idem. p. 423. (4) y1 finales archéologiques, lomo I, p. 538. f5) Ibidem, tonio lll, p. 338.

MONUMIixNTS OUIKNTAUX. 107

^mbe*, on lit un passage dont M. Reinaud a bien voulu nous

donner la traduction, et qui est ainsi eoni^u : •* Les habitants

*" de Moassoul montrent une habileté extrômo dans diiïérents

** arts, surtout dans la fabrication des vases de cuivre qui

*" servent à table. Ils portent ces vases au dehors, et les

** princes en font usage. »

Il résulte éyidemment de lensemble de ces documents que des ustensiles de métal damasquiné étaient fabriqués aux xii"* ^ xnf siècles dans les villes industrieuses de l'Al-Djeziréh (Ift Afésopotamie) et surtout à Moussoul. La perfection du ^vail doit faire supposer que ce genre d'industrie s'exer- $sit depuis longtemps dans ces contrées.

C'est ainsi que se trouvent confirmés, parles écrits émanés

^ liateurs arabes et par les monuments eux-mêmes, les élo-

S^ que le moine Théophile donnait, au \if siècle, aux Arabes

POtti* leur habileté dans l'art de travailler les métaux et de

^ décorer*.

H.^ variété des gracieux dessins d'arabesques dont sont en- "^Kis les deux vases de notre collection, la richesse de leur ^^^©lure, la beauté de leur damasquinure les rendent dignes *« c^8 excellents ouvriers, et c'est à eux qu'il faut en reporter ^ ftU^rication. L'un de ces vases, n° 2006, mérite une atten- "^ïi particulière. Sur l'épaisseur du métal, à la gorge, se "^Uve une inscription arabe, faisant connattre qu'il a été ^^écuté par Zyn-Eddin. Cet artiste serait-il le père de Mo- ^^itinied qui a signé le vase de Vincennes, en se qualifiant de "^ de Zyn-Eddini Cette inscription, rendue par une damas- V^Unre d'argent sur relief, est divisée en quatre versets ^S^ement espacés. L'intervalle qui existe entre chacun de <^ Versets est rempli par un enroulement de ces fleurons délicats à trois pétales écartés, qu'on rencontre fréquemment dans l'ornementation romane et quelquefois même dans celle du xîn* siècle. On retrouvera ces fleurons sur plusieurs des monuments de la collection, et notamment sur un coffret en émail de

(J) Ms. Bibl. royale, suppl. arabe, n° 1503, f° 73, v*'. (2) Theophim Divers, art. schedula^ in praef.

Limoges du xi' siècle, ii''663, sur un bassin, n" 672, et sur une navette, n''674, duxir.On peut donc constater par ce rapprochement un emprunt fait k l'ornementation orientale par nos artistes de l'Occident k l'époque de la rénovation de l'art.

Notre vase présente encore une particularité : c'est qn'au milieu du couvercle se trouve, entouré d'arabesques, un écu coupé, k une aigle dans le chef. Cette armoiric, qui appartient évidemment à une famille européenne, démontre que ce vase, fabnqué en Asie, a été fait pour l'Europe et probablement sur la demande d'un prince ou d'un noble seigneur do l'Ocradent. Cette particularité vient confirmer lo récit du géogrtq>he Ibn-Sayd, qui, dans son ouvrage, nous a appris que les vases de métal de Moussoul étaient exportés pour l'usage des princes.

11 est temps d'arriver h la description des monunacnts de la collection.

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