PREMIÈRE PARTIE
|i 1. SCULPTUHC EN BOIS.
^"* I — Haut relief. =: Le milieu est occupé par un quatre- '^H^sinBcritdans un losange, dont chaque face estsurmontée ^*^ pointe d'ogive. Le quatre- feuilles renferme une tête de
^ éthiopienne; les pointes d'ogive, des figures de fentassins, '^^«B d'un caractère différent , dans l'attitude du combat.
^ Scènes assez singulières sont sculptées de chaque cAté du
^*ige : à gauche , un homme velu aux prises avec un lion ;
***^itc , un chevalier combattant une lionne. Ce guerrier est
^^tu du haubert complet et du pantalon de mailles k pieds,
^ genouillères. Un casque arrondi en forme de demî-œuf, ^*8 nual, recouvre la cap^AV de mmllea relevée sur sa t*te; "*^eBsus le haubert il porte une cotte d'armes à courtes man-
''*8. qui lui descend jusqu'aux genoux. La ceinture militaire
est bouclée au-dessus de sa cuisse gauche, et soutient le fourreau du braquemart dont sa main est armée.
Ce système d armure a été en usage depuis le milieu du xi* siècle jusqu'au commencement du xiv® avec de légères modifications. Au temps de saint Louis, le haubert de mailles cou vrait les membres supérieurs et inférieurs jusqu'aux extrémités. A peu près à la même époque, on commença à applique
sur la cotte de mailles, aux endroits qui offraient le plus d'intérêt, des pièces de fer plat, particulièrement aux coudes et ai genoux ; enfin l'usage du pantalon de mailles avait cessé av< les dernières années du xiii*^ siècle*. On retrouve donc, dans L ^^ personnage armé qui combat la lionne, une représentatif — ^. exacte d'un chevalier de l'époque de saint Louis.
Les sujets représentés de chaque côté du losange ont é ^^^ particulièrement affectionnés au moyen âge. Le lion, dans ^
croyance populaire de ce temps, était une des formes partia — ^ Hères attribuées au démon , forme sous laquelle le vu]g& s'imaginait qu'il se rendait parfois visible ; aussi les artis reproduisaient-ils souvent cette lutte de l'homme avec le lii Le moine Théophile, dans son Traite desarts, reconmiandeTi ploi de ce sujet sur les vases d'or et d'argent que les orféi devaient exécuter au repoussé*. Quant à l'homme velu, c" une création contemporaine de la chevalerie. Une fois les ladins errants inventés, il leur a fallu des adversaires au-i sus des données communes de l'humanité. M. A. de Lonj rier, dans une notice sur les figures velues s, a signalé foule de monuments du moyen âge, où des hommes velus représentés. Cette villosité, symbole de la force, apparal^C^ XIII*' siècle, et l'on retrouve ce genre de représentation jusq»-^ ^^ ccmmencement du xv^'. Les enchanteurs étaient ordinaireir»-^^* figurés par un sauvage velu. Nous pensons que l'intentioc^- ^" sculpteur de notre bas-relief n'a pas été de représenter un -^^^^ sonnage de cette nature. L'homme velu au;c prises avec^ ''^
(1) M. Allou, Études sur les armes du moyen âge, Mém. de la S9^'^ ^ des aniiq, de France, tome X, et tome IV, nouvelle série.
(2) TiiEOPHiLi Dirersarum artium schednla^ lib. 111, c. Lxxvii.
(3) Revue archénîogùjue, lomr H, \). 500.
SCULPTUUli EN BOIS. XIll» S. 413
lion, et rhomme armé qui combat une lionne, ne sont-ils pas "lïs en regard Tun de l'autre pour symboliser cette pensée, que i "onune doit résister au démon avec les seules forces qu'il a ^■^ÇUcs de Dieu , de môme qu'il doit combattre avec les armes »^®mporelles les ennemis de la chrétienté sur la terre? Ce double emblème convenait à la décoration du harnois de guerre <i*uii compagnon de saint Louis.
Ce bas-relief formait la partie extérieure d'un dossier de selle de cheval ; nous en donnons la gravure en tôte de ce cha-
pitre. — H. 13 cent., L. 25.
2 — Croix byzantine. =Elle est sculptée et découpée à JoviP^ dans une pièce de bois de 24 millimètres d'épaisseur et P^ïlée sur une tige annelée, prise dans le môme morceau.
Xa hampe*, sans l'ornement qui la surmonte, a 19 centime-
*'**^s de haut et 42 millimètres de large ; la longueur de la tra-
se est de 12 centimètres ; les croisillons ont 46 millimètres
haut. Les deux faces de la croix sont divisées chacune en
compartiments, présentant autant de bas-reliefs, un sur le
^^^^^ttimet de la hampe , trois sur la traverse et deux au-dessous
^^^^ï* le pied de la hampe. Chaque tableau est surmonté d'une
^^xidelette déroulée, sur laquelle est gravée en relief une in-
^^^ï*îption grecque qui en explique le bujet. Le sommet de la
*^^^ïxjpe et les croisillons sont terminés par un fleuron d'une
S^'îïinde élégance, dont le centre renferme un médaillon qui con-
^^xit un buste en relief. Un fleuron semblable garnit chacun des
^^gles fonnés par la jonction du sommet de la hampe et des
^^^^^isillons. Le pied de la hampe, d'une longueur double du som-
*^^t , est accompagné de chaque côté d'un ornement contourné,
^^èce de branche fouillée, où sont sculptés seize médaillons
H^i contiennent des bustes de saints.
Indépendamment de l'intérêt qu'il présente sous le rapport
^^ Tart, le monument que nous décrivons peut fournir des do-
l ^UmentB précieux à la paléographie grecque et à l'iconographie
1 (t) La croix se compose de deux parties, la hampe et la traverse,
m v>n distingue dans la hampe le sommet et le pied. Les doux parties la-
% étales de la traverse sont nommées croisillons. ( M. DmnoN, Iconoqra-
\ Vh\^ chrétienne. Histoire de Dieu. Paris, 1813.)
byzantine ; nous avons donc pensé qu'il serait utile de do rsk. jier un fac-similé des inscriptions qui s'y trouvent gravées, ^^fc^^dc présenter une description de ses douze bas-reliefe.
Les inscriptions ont été déchif&ées par M. Hase, qui ^^JMk a rétabli le texte, souvent incorrect et incomplet. Le savante Kselléniste a pensé, à l'inspection des caractères, que la confecs'Csofl du monument devait remonter au xrv^ siècle, et qu'on ne ][»n«3uvait absolument lui assigner une date qui ne soit antéric^ vire au xv*^.
Pour ce qui est de la description des sujets, ce n'est; futs une chose peu curieuse que de l'avoir trouvée toute faite d^Buis le manuscrit byzantin 'EpfAT]VE(a ttjç CbiypacpixTiç , Guide d^ ^ Peinture, que M. Didron a découvert en 1839 dans toas 1^ ateliers des peintres du mont Athos, et qui est encore aujo vuv d'hui, comme il était au xn^ siècle, le manuel et la loi de t>^=>ut artiste de l'école orientale ^
Nous avons imprimé entre guillemets tout ce que nous aT^^M copié textuellement dans le Guide de la Peinture, et L ^ pourra se convaincre que, si l'artiste qui a sculpté notre i^^^' nument n'a pas toujours pu comprendre dans ses cadres, ^ raison de leur peu d'étendue (30 à 35 millimètres sur 25), i^^ ce qu'indique le manuel, il n'en a cependant rien omis d'i-*^' portant, et qu'il a su se renfermer rigoureusement, sou"^^^^ même à l'égard de détails minutieux, dans les règles itt^^' riables que ce curieux code, reflet des traditions du pas0^' * tracées aux artistes grecs chargés d'historier les monunm^i'^ religieux.
Nous allons suivre, dans la description des bas-reLi^* l'ordre dans lequel ils sont placés, en commençant par ^i^^^ qui couvre le sommet de la hampe. Ces bas-reliefs ont '^f^ sujets les grandes fêtes de l'église grecque.