III. SCULPTURE EN MÉTAL. — NUMISMATIQUE
Foni« et ciselure des métaux
au moyen &gc.
La fonte et la ciselure des métaux forment une branche très intéressante de la sculpture. Nous ne nous occuperons pour le moment que du travail du bronze et du fer. Quant aux ouvrages en or et en argent, comme ils appartiennent à l'orfèvrerie, nous nous réservons d'en parler en traitant de cet art.
La fonte et la ciselure du bronze ont été pratiquées avec succès dans les premiers siècles du moyen âge. Le Liber pontificaUs d'Anastase le Bibliothécaire fait mention d'une grande quantité de bronzes , dans l'énumération des dons faits aux églises sous le règne de Constantin et le pontificat de saint Silvestrc. Dans les siècles suivants, les matières d'or et d'argent figurent presque seules parmi ces présents * .
11 paraîtrait qu'au xi*" siècle l'Italie avait à peu près perdu
(1) On peut consuller à cet égard le relevé qu'en a fait d'Agincourt, Hist. de l'Art., i. H, p. 98.
lusage de fondre le bronze et de le travailler on bas-relief, puisque ce fut à Constantinople, où l'on avait conservé les traditions des procédés antiques, que Hildebrand, sous Alexandre II (f 1073), commanda les portes de Saint-Paul hors les murs. Cependant, à la même époque, TAllemagne exécutait des travaux en bronze, tels que les portes de la cathédrale d' Augsbourg et le tombeau de Rodolphe de Souabe dansFéglise deMersebourg. Ces ouvrages portent, il est vrai, plus ou moins, un certain cachet de Tart byzantin ^ : ne pourraitK)!! pas en conclure que l'art de couler et de ciseler le bronze fut importé en Allemagne par ces artistes byzantins que l'empereur Henri le Saint avait appelés à sa cour au commencement du xi^ siècleî
A la fin du xu^ siècle, l'art de fondre le bronze avait reparu en Italie, et conunençait à y être pratiqué avec succès. Ce forent deux Italiens, Pietro et Uberto de Plaisance, qui fabriquèrent, sur Tordre de Célestin III (f 1198), les portes qui ornent la chapelle orientale de Saint-Jean de Latran : l'inscription qu'ils y ont gravée a conservé leurs noms & la postérité. Bonnano dePise, le précurseur de Nicolas, fondait, à peu près i la même époque, celles du dôme de Pise et de Saint-Martin deLucques. Au xrv* siècle, André de Pise avait perfectionné les procédés techniques de la fonte et de la ciselure du bronze, ^rès ce grand artiste, tous les sculpteurs italiens, ses élèves ou ses successeurs, s'adonnèrent à cette belle partie de la «tatuaire, qui suivit toutes les phases de l'art, jusqu'à l'époque ûe son entière restauration au xv® siècle.
I-es portes de bronze que Suger fit faire pour l'église de ^^t-Denis, au xn* siècle, les magnifiques tombes d'Everard <ïeFouiUoy (f 1223 ) et de Geoffroy d'Eu (f 1237), évoques ^ Amiens, et celle de Jean, fils de saint Louis, qui sont du ^'^ siècle, suffiraient pour établir la preuve qu'on savait fon- ^^^ le bronze en France au xif et au xin*^ siècles.
Il' Allemagne possède encore un assez grand nombre de Monuments funéraires en bronze du xiv*^ et du xv^ siècles.
(1) D' KuGLER, Handbuch der Kunstgeschkhtc, S. 488.
On continua, au xvii° siècle et au commencement du xvni*, à fairo des portraits en cire. C. Rapp, Cheralier que nous avons déjà cité pour ses médaillons en ivoire, ot Weihenmeyer, ont laissé leurs noms sur quelques ouvrages. Au musée de Gotha, on trouve de très bons portraits de petite proportion, en haut relief pour la plupart; les vêtements, qui dénotent le commencement du xvni' siècle, sont en étoffes du temps. Nous avons lu le nom de l'artiste Braunin sur l'an des meilleurs.
On s'est égfdement servi de la cire en Italie et en Allemagne à la lîn du xvn^ siècle et au commencement du xvm*, pour faire en haut relief des sujets qui, bien que dans un style peu élevé, sont remarquables par l'expression des figures. Notre collection possède deux sculptures polychromes en haut relief, n' 1 22, de trav^l italien, dont le naturel rachète . ce que les sujets peuvent avoir de grossier et de vulgaire.