‹ Description des objets d'art qui composent la collection Debruge DumenilChapitre 9 sur 139 · ÉMAILLERIE SUR MÉTAUX · texte numérisé non relu

ÉMAILLERIE SUR MÉTAUX

intéressant à connaître pour compléter la technique des émaux translucides sur relief.

Les différentes couleurs d'émail devaient être avant tout polvérisées dans Teau, dégraissées et lavées. L'eau en était ensuite exprimée avec soin ; car les émaux, dans ce genre do travail devaient être séchés autant que possible ^ . Ces soins pris , on pouvait commencer à émailler le bas-relief. Pour cela on prenait les émaux avec une petite spatule de cuivre, et on les étendait peu à peu, en couche très légère, sur la ciselure, en distribuant avec goût les différentes couleurs^.

Cellini recommande d'apporter beaucoup de soin à poser cette première couche, que les émailleurs nommaient première peau, afin que les couleurs soient nettes, qu'elles ne se mêlent pas et qu'elles prennent l'aspect d'une miniature'.

Ensuite la pièce, placée sur une tablette de fer, pouvait être portée au feu, mais on avait soin de l'approcher peu à peu de labouche du fourneau, pour qu'elle s'échauffât graduellement. Lorsqu'elle était suffisamment échauffée , on la mettait au milieu du fourneau, en observant attentivement l'instant où l'émail commençait à bouger ; alors on le retirait , car on ne devait pas le laisser couler entièrement'*. La pièce étant refroidie , on la chargeait d'une seconde couche d'émail aussi légère que la première, et elle était reportée au fourneau. On

(t) « QuarUo ptù asciutti si terranno,tantopiùbeUa diverrà l'opéra. • Pag. 48.

(2) « PcUte le dette dUigenzei si potrà cominciare a smaltar Vopera ^hasso rtitevo.... FUinsi adunque con una palettina di rame piccola gli smaUi, e quegli si distendano a poco a poco sottUissimamente sopra Topera, un vaghezza compartendo la variété dé* colori degli smalti. > Pag. 49 e 50.

(3) • Laprima volta, chesHmpone lo smalto, sidomandadar la prima pelie, la quale si pone sottilmente e con gran diligenza; perciocchè bisogna fToccurare di mettere la diversité de' colori nettissimamente e in talguisaf ^paiano miniati, e non che un colore si sparga nelV altro, > P. 50.

(4) 'Àvendo grandissima avvertenza, corne lo smalto comincia a ifiuwere di non lasciarlo scorrere affatto, ma cavar Vopera fuori del forndlo e trattenerla a poco a poco^ acciocchè ella non si freddi a un tratlo.' P. 51.

l'en retirait comme la première fois, lorsque Témail entrait en fusion.

Après le refroidissement de la pièce, on amincissait Témail jusqu'à ce qu'il fût sufBsamment transparent, en se servant d'une pierre que les Italiens nomment frassinella , la même que Théophile appelle cos; enfin on achevait de le polir avec le tripoli * .

Les émaux employés dans ce genre d'émaillerie présentent une gamme de couleurs assez étendue. On en rencontre de verts, de rosés, de rouges, de violets, de gris, de noirs, de plusieurs sortes de brun et de bleu clair. L'émail blanc et l'émail bleu lapis, toujours opaques, ne sont pas employés, et comme la couleur de chair a pour base l'émail blanc, qui lai donne l'opacité, les carnations d^s les émaux sur relief sont rendues par le fond même du métal, recouvert à leur endroit d'un émail incolore ou d'un émail légèrement violacé. Quelques émaux Les émaux trauslucides sur relief ne sont pas aussi rares iigndés ^ que les émaux cloisonnés ; mais comme l'amour du changement . a fait détruire les objets à l'usage de la vie privée qu'ils décoraient, on les rencontre le plus souvent dans les trésors des églises , sur les vases servant aux cérémonies du culte ou sur les reliquaires, qui doivent leur conservation à leur caractère sacré. Les monuments qu'ils enrichissent ont été faits dans là période renfermée entre les premières années du xi\^ siècle et la fin du XVI®. Ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, nous nommerons le trésor de la cathédrale d'Aix-larChapelle. On y trouve un reliquaire du xiv® siècle qui contient la ceinture de la Vierge, un autre donné par Charles-Quint, et celui dont Philippe n a fait présent, qui tous sont rehaussés d'émaux translucides sur relief.

L'un des monuments les mieux conservés et les plus délicats de la ciselure émaillée dos maîtres italiens est un petit

(1) • Cio fatto, abbiansi àpparecchiate di quelle piètre /ra55tnelle,... e con quelle si assottigli tanto lo smalto, quanto si vegga a bastanza Irasparente e che mostri bene ; indi si finisca di pulire col tripolo, ■ B. Gellini, p. 52.

ËMÂÎLLERiË SUR MÉTAUX. i5i)

triptyque ayant appartenu à Marie StOart, qui est aujourd'hui dans la riche chapelle du palais du roi de Bavière.

Le musée du Lourre possède huit pièces émaillces sur or qui sont d'une grande beauté ; elles ont sans doute été détachées dereliquaires détruits. L*uned*el]e8 représente Jésus-Christ, la tête ceinte de la tiare à triple couronne , ayant à droite un saint couronné de la couronne royale, tenant le globe et l'épée(Charlemagnet), et à sa gauche saint Jean; une autre, qui puralt avoir fait pendant à celle-ci, représente la Vierge entre deux saintes. Dans ces deux plaques les figures, vues à micoips, sont placées sous des décorations architecturales. L'ensemble du travail indique une origine ârançaise et la fin du xrv* siècle.

La collection de M. Dugué, de Paris, possède une fort belle crosse en cuivre doré , rehaussée d'émaux translucides sur ciselure d'une grande perfection. Cette crosse porte la date de 135 i , et l'inscription qu'on y lit annonce qu'elle a été faite pour un abbé d'un couvent de Bftle.

On trouvera dans notre collection deu^ calices italiens, 11*906 et 907, décorés d'un grand nombre d'émaux qui sont trûtés dans le style de la première manière. L'un, de la fin du W Mècle, est de la main d'un célèbre orfèvre florentin, Andréa Arditi; l'autre est daté de 1416, et a été fait à Sienne. Dans le style de la seconde manière décrite par Cellini, notre collection conserve une petite plaque d'or, n° 686, présentant quatre figures d'une exécution et d'un fini admirables ; un calice, n** 913, et sa patène sont enrichis d'émaux de ce genre. Nous avons signalé les causes qui ont dû motiver, selon nous, ce gem^

je changement qui sétait opéré dans la manière d'appliquer ^^2..„,™ 1 email à la reproduction de sujets graphiques. Les documents en luiic. îtti subsistent doivent faire remonter à Nicolas de Pise et siutout à Jean, son fils et son élève, cette révolution dans l'art deTémaillerie. Architecte et sculpteur, Jean de Pise exerça ^e influence sur tous les artistes de son temps, et imprima QAe nouvelle direction à tous les arts qui se rattachent à la plastique. On conçoit sans peine qu'un artiste de cette valeur, lorsqu'il voulut faire concourir 1 email à l'ornementation des

cniaillcrio nais^Hanctf

ino INTRODUCTION,

monuments de son génie, n ait pu se contenter des plates peintures que présentaient les émaux cloisonnés des Byzantins.

En 1286, Jean de Pise fut amené par Févéque Guglielmino Ubertini à Arezzo, où l'on construisait l'évêché sur les dessins de Margaritone . Là , suivant Vasari , Jean sculpta pour le maître-autel un groupe de la Vierge avec son fils entre saint Grégoire et saint Donato , et enrichit son ouvrage d'émaux sur argent ^. Voici la première mention que nous ayouB trouvée de l'emploi de Témail pour la coloration d'un relief d'argent.

Jean avait associé à ses travaux les frères Agostino et Agnolo, jeunes Siennois, ses élèves '. Ceux-ci devinrent de grands artistes ; ils propagèrent les principes de leur maître et eurent un grand nombre d'élèves. Parmi eux, il faut mettre au premier rang Pietro et Paolo, orfèvres d' Arezzo, qui furent les premiers ciseleurs de leur temps. Ils firent notamment poar un arcliiprôtre de l'église paroissiale d' Arezzo une tête d'argent, grande comme nature, enrichie de ciselures émaillées, qui était destinée à renfermer le chef de saint Donato'.

Forzore, fils de Spinello d' Arezzo, élève de maître Cione, l'un des premiers orfèvres de son temps, se distingua on pea plus tard conmie émailleur sur ciselure en argent'*. Vasari

(1) « L^annopoi 1236.... Giovanni fucondoito daSiena in Arezzo doœ fece di marmo la tavola deW altar maggiore, ttUta piena d^intagli^ di figure, di foliami, ed altri cmamenti, compertando per tutta l'opéra alcune cose di musaico sottile, e smalti postisopra piastre d^argento.., • G. Va- SABi, Vite de^più ecceïlenti pittori, scultori, etc., neUe vite di Nicola e Giov, Pisani. Ed. Livomo, 1767, t. I, p. 273.

(2) G. Vasari, Vie de Agostino etAgnolo.

(3) • Piero et Paolo orefici Aretini, furono i primi che di ceseUo lavorarono opère grandi di qualche bontà; perdocche per un arcipreie délia pieve d* Arezzo condussero una testa d*argento grande quanto U vivo y nella quale fu messa la testa di san Donato vescovo, la quale opéra non fu se non lodevole, si perche in esso fecero alcune figure smalUUe assai belle ed altri omamenti, e st poichè fu délie prime cose, che fossero, corne si è detto^ lavorate di cesello, > G. Yasabi, neUa vita di AgoMtino, 1. 1, p. 344.

(4) • Forzore di Spinello Aretino lavoro d'ogni cesellamento benissimo.

ËMAILLERIE SUR MÉTAUX. 161

cite de lui la mitre et la crosse do l'évoque d' Arezzo et lorférrerie du cardinal Galeotto, qui étaient rehaussées do sujets émaillés.

On peut encore compter parmi les émailleurs en ce genre Bartoluccio Ghiberti, célèbre orfèvre qui florissait au commencement du XV* siècle, si l'on en juge par les succès qu'obtmt, dans Tart d*émailler sur or et sur argent, son élève Antonio Pollaiuolo^ Celui-ci, après avoir travaillé sous la direction de Lorenzo Ghiberti aux ornements des portes si renommées du baptistère de Saint- Jean à Florence, se sépara de ce grand artiste pour exercer Tétat d'orfèvre. Ce furent surtout ses ciselures coloriées d'émaux qui lui valurent une grande réputation. Le pinceau le plus délicat, dit Vasari, n'aurait pu y rien ajouter*. Il forma un grand nombre d'élè- Tes, dont le plus distingué fîit Giovanni Turini de Sienne'. Pollaiuolo mourut en 1498 dans un âge très avancé.

Francesco Francia, contemporain de Pollaiuolo^, qui devint un peintre célèbre, avait d'abord été orfèvre, et avait excellé dans lart de graver les médailles et d'émailler sur argent. II exécuta mieux que personne, dit Vasari, tout ce que l'on peut attendre de cet art ^.

f^inparticolare fu eccellente in fare storie d'argento a fuoco smaltate tome ne fanno fede nel vesœvado d^ Arezzo una mitra œn fregiature hdiUsime di smalti, ed un pMtorale d'argento beUissimo. Lavoro il nedesimo <U cardinale Galeotto da Pieiramala molle argenterie. • G. VâSiBi, ndla vita di Agostino ed Agnolo, t.I, p. 845.

(t) • Pose Antonio {il padre) aW arte dell' orefice con Bartolticcio GkSberti maestro allora molto eccellenti in taie eserdzio, Antonio dun- 9111 tirato innanzi da Btwtoluccio oltra il legare le gioje, e lavorare a pioco smalti d^argento, era tenuto il ptù valente che maneggiasse ferri i^qudl^arte. • G.Vasaei, t. Il, p. 431.

(t) • Sono alcune paci in san Giovanni bellissime che di colorito a fw» sono di sorte , che con peneUo si potrebbono poco migliorare, » 6. Vasabi , neUa vita de Pollaiuolo.

(3) G. Vasabi, t. II, p. 433. (4) 11 était né en 1450.

{i) « Lavorà di smalto ancora moite cose d^argento , che andarono "a/« ndla rovina e cacdata de' Bentivogli. E per dirlo in una parola, l^corà egli qualunque cosa pub far queW arte, meglio che altri faces- *ro giammai. • G. Vasari , Vita di Francesco Francia.

Ifi2 INTRODUCTION.

Au commencement du xvi^' siècle, on trouve Ambrozio Foppa, milanais, qui devint fameux sous le nom de Carar dosso, et qui a mérité d'être cité par Cellini comme le plus habile émailleur de son époque*.

Cellini nous fait encore connaître Amerigo Amerighi, Michelagnolo daPinzidimonte, et Salvador Pilli comme ayant été d'excellents émailleurs*.

Nous ne pouvons mieux terminer la liste des émailleurs italiens que par Benvenuto Cellini lui-même, qui, dans son Traité de V Orfèvrefiie y nous a enseigné les procédés dont se servaient ces artistes pour teindre leurs fines et délicates ciselures des vives couleurs des émaux translucides. Introduction Cette manière de se servir des émaux passa d'Italie en d°ce moTe ï^'^^'^^® ^^^^ probablement dans les premières années du xrv*

d'émaillerie. siècle.

On a souvent cité la manufacture d'émail sur or établie à Montpellier, dont parle dom Vaissete dans son Histoire du Languedoc^, sans s'arrêter à rechercher quel pouvait être le genre d'émaillerie pratiqué dans cette fabrique. Pour peu qu'on fasse attention au récit de l'historien et aux motifs qui ont dirigé l'ordonnance de Philippe le Long, rapportée dans le document qui vient à l'appui, on restera convaincu que les productions de Montpellier n'étaient autres que des émaux translucides sur relief.

Voici le fait. Philippe le Bel (f 1314) avait transféré dans la partie ancienne de Montpellier la monnaie royale, placée auparavant à Sommières. Dans la nouvelle ville, qui était du domaine de dom Sanche, roi de Majorque, seigneur de Montpellier, était établie une manufacture d'émail sur or et sur argent. On a vu, par la description que nous avons donnée de la préparation de la plaque de métal ciselé qui doit receyoir l'émail, que, pour peu que ces plaques fussent fabriquées de forme ronde, elles pouvaient présenter, avant que leur léger

(1) B. Cellini, Tratt, delVoreficeria, p. 54.

(2) Idem, Tratt, deW oreficeria, proemio, p. 57, 58, 59.

(3) Histoire générale du Languedoc, par un religieux de la congrégation de Saint-Maur. Paris, 1741, l. IV, p. 107.

ÉMAILLEHIE SUH MÉTAUX. 163

relief fût revêtu d'émail, tout l'aspect de pièces de monnaie, qui étaient loin d'avoir alors la perfection de celles des temps modernes. D'un autre côté, il devait se trouver paimi les mon- Myeurs des ciseleurs pour graver les coins de la monnaie du • roi, et ces artistes faisaient probablement concurrence aux émailleurs, en ciselant de petites plaques qu'il était facile ensuite de couvrir d'émaux translucides.

Le roi de Majorque porta donc ses plaintes au roi de France, prétendant » que la monnaie faisait du tort à la manufacture " d'émail en or et en argent établie dans la partie de Mont-

- pellier qui était de son domaine, et qu'il ne pouvait punir

- les monnayeurs qui délinquaicnt dans cette partie, à cause » de leurs privilèges . »

Sur cette requête, Philippe le Long fit expédier, au mois de juin 1317, des lettres patentes par lesquelles, après avoir déclaréqu'il n'appartient qu'àlui seul d'avoir une monnaieàMontpellier, il ordonne au sénéchal de Beaucaire « de ne pas traver- • ser l'ouvrage en émail qui se fabriquait dans la partie de •cette ville qui appartenait au roi de Majorque, mais seu-

- lement l'ouvrage en or. »

Une plaque d'or ou d'argent, préparée pour être émaillée pwle procédé du champlevé, ne ressemble en aucune façon à une pièce de monnaie ; une peinture en émail sur une plaque d'or, qui ne fait en ce cas que l'office de la toile ou du bois dans la peinture ordinaire, n'aurait pu appeler en aucune luanière la concurrence des monnayeurs ; la fabrique de Montpellier ne pouvait donc nécessairement produire que des teaox translucides sur relief, dont les procédés, répandus depuis plusieurs années en Italie, avaient dû s'introduire d'abord dans le midi de la France.

Ce genre d'émaillerie obtint une grande faveur en France cc genre et dans les Flandres. Cellini nous fait connaître l'habi- f '"'^iw^^^

1res en vogue,

wté des émailleurs de ces pays, en ajoutant qu'ils avaient «u xiv siècle, beaucoup gagné à étudier les travaux en cc genre des ar- ^" ^'/"l^

tistes italiens * . les Flandres.

(1) B. Cellini, Trait, delV oreficeria, p. 44.

On n'avait pas, au surplus, besoin de ce témoign savoir que cette manière de se servir de l'émail étail rissante en France. Déjà nous avons signalé les beai de ce genre qui se trouvent au musée du Louvre et tent un travail finançais. Les inventaires des rois et de français du xrv® siècle, à défaut des monuments qui viennent en fournir d'autres preuves.

Ainsi, dans Tlnventaire des joyaux du duc d'Ai

de 136Ô ^, dans celui du duc de Normandie, de 13(

l'inventaire des meubles et joyaux du roi Charles V, <

dans celui fait par ordre de Charles VI en 1 399 ^, c

la mention d'une quantité considérable de vases &

vaisselle et d'ustensiles d'or et d'argent de toutes 8<

richis d'émaux qui présentent des figures et souvei

jets très compliqués, presque toujours bizarres, à m(

ne décorent des objets religieux. Voici la descriptioi

ques-uns de ces sujets traités en émail ; elle fera co

goût de cette époque : «« Deux bacins d'argent dorés ]

u ont chascun un esmail au fons, fait en manie d'ur

•« a es feuilles d'icelles honmies qui ont le corps de b

« vages, et en l'esmail du milieu de la rose de 1'

•« femme quiieue (joue) d'un saltérion, et en l'au

•« fenmie qui ieue d'une vielle^.

M Un hanap couvert sans pié, au fond du dit h «* esmail d'azur, et audit esmail a un honmie à c) •< d'un chastel, et tient en sa main destre une es] «• férir sur un homme sauvage qui emporte une M couvescle par dedens a un esmail azuré auquel •* qui tient en sa main une chayenne (chaîne) do « liez®. •»

Les rédacteurs de ces inventaires, lorso émaux sur reliefs d'or et d'argent qui étaient ne les désignent naturellement par aucune dé

(1) Ms. Bibl. roy., supplém. français, n^ 1278.

(2) Ms. Bibl. roy., n« 2053, fonds Mort., n« 74. (;

(4) Idem, n» 2068, fonds Mort., n» 70.

(5) Inventaire du duc d'Anjou, P* 5. (6) Même

ËMAILLERIK SUR MÉTAUX. t65

ticolière ; mais s'ils viennont à rencontrer une pièce ancienne qui soit émaillée autrement, ils ont soin par quelque expression de la distinguer des émaux de leur temps. Ainsi on lit dans Y Inventaire de Charles V, {° 253 : «« La croix de Godef- * froy de Billon, en laquelle il y a ung vieil crucifix par ma- « nièred esmail. " L'émail do cette croix, qui datait du xi® siède, n'avait pas l'aspect des émaux translucides sur relief; anssi les rédacteurs de l'inventaire ne se servent-ils pas ici de la désignation ordinaire qu'ils ont adoptée pour les émaux de leur temps ; la croix de Godeiroi de Bouillon devait être en émail cloisonné et fabriquée dans le style de la croix pectorale de notre collection n® 661. On lit encore, au f*^ 49 : « Ung hanap en forme d'un petit bassin d'or, qui fut mons. •saint Loys, qui est d'anciens esmaulx. » La coupe de Loois IX devait en effet être enrichie d'émaux incrustés, doisonnés ou cbamplevés, seuls en usage de son temps. Mais la fiibrication de ces émaux était à peu près abandonnée en 1379 : aussi les qualifie-t-on d'anciens.

Plus tard, et lorsque les émaux translucides sur relief furent à leur tour devenus anciens, et que Limoges, au xvi^ siède, eut produit de nouveaux émaux dont elle couvrit des eonpes et des vases de toute nature, fort en vogue alors, il fidlut bien donner un nom aux émaux sur relief d'or et d'argent, afin de les distinguer des émaux cbamplevés ou cloisonnés qui étaient encore plus anciens. On les désigna sous le nom d'émaux de bctsse taille, ce qui équivalait au nom d'émaux sur bas-relief que leur donnait Cellini^ dans le traité <A il en explique la fabrication.

Ainsi on voit figurer, dans l'inventaire fait à Fontainebleau lel5janvierl560,aprèslamortdeHenriII*, aun°89 : «Ung * coffire d'argent doré, garny de douze tables d'émail de basse " taille fort anciennes, émaillces de plusieurs couleurs. » Au n** S7 : « Un petit tableau d'or qui se ferme, où il y a ung cru-

' Nom donné,

BU XVI" sièdo,

aux émaux

»ur relief.

(1) • FaUe le dette dUigenzej si potrà cominciare a smaltar Vopera di basso rilievo, > B. Cellini, p. 49.

(2) Ms. Bibl. roy., n^ 9501, Lancelot.

» cilicmciit éiaaillc de bas taille. »* Au ii" ô72 : •• Deux petits •< tableaux d'émail de basse taille sur or. *« Et à côté de ces objets, au n® 93 : « Ung coffret d'émail, façon de Lymoges, « gamy d'argent doré. "

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