L’ELLÉBORE FÉTIDE
Latin, llelleborus fœtïdusL,
Allemand , stinkender Niessivurz , Lâusekraut. Vulgairement, Pied de Griffon.
Celle planle , qui apparlient à la famille des Renonculacées , esl li ès-commune dans les lieux pierreux , arides el décou verls de noire Jura ; elle fleuril jusqu’à la fin de l’automne.
Sa racine est vivace, noirâtre et donne naissance à des tiges épaisses, dressées , d’un à deux pieds de haut , feuillées et à rameaux divergens ; les feuilles radicales et les inférieures sont glabres , coriaces , portées sur de longs pétioles et partagées jusqu'à la base en 7 ou 9 segments lancéolés et dentés en scie ; les suivantes n’ont plus que 3 à 6 segments , et les supérieures prennent la forme de larges gaines entières ou à 2 ou 3 divisions pointues à leur sommet. Les fleurs se composent d’un calice persistant à 6 folioles arrondies verdâtres et bordées de rouge , d’une rangée de petits cornets intérieurs qui représentent les pétales, et d’étamines nombreuses, au centre desquelles se trouve le fruit, composé d’environ 3 carpelles secs, comprimés, un peu velus et renfermant un grand nombre de graines disposées sur deux rangs.
Cette plante mérite son nom de fétide par l’odeur désagréable qu’elle exhale; ainsi que les autres espèces d’Ellébore, elle agit comme violent purgatif sur les animaux qui en mangent, par le principe âcre qu’elle contient. On se sert avec avantage de la décoction pour délivrer de la vermine les chevaux et le bétail ; les vétérinaires emploient sa racine en guise de séton ; et de célèbres médecins anglais l’ont recommandée comme un excellent vermifuge; toutefois il ne faut l’employer qu’avec précaution.
Une autre espèce d’Ellébore {Helleborus niger L.) fréquemment cultivée, orne nos parterres de ses grandes fleurs blanches épanouies, même au milieu des neiges, dans une saison où toutes les autres plantes semblent ensevelies dans le sommeil de la mort ; c’est ce qui lui a fait donner le nom de Rose de Noël, Rose de Jéricho. On a cru longtemps que c’était à elle qu’il fallait rapporter V Ellébore noir d’Hippocrate , si célèbre chez les anciens comme
remède souverain contre la manie , l’épilepsie et la folie; mais il est hors de doute maintenant que l’Ellébore des anciens est V Hellehorus orientalis ^ commun en Grèce et dans l’Orient. Son suc purge violemment les chèvres qui en broutent ; et c’était surtout le lait de ces animaux ainsi purgés qui passait pour acquérir la propriété de guérir de la manie.
LaMorelle doiice-amêre .
S olaraim Dulcamara .