LA DIGITALE POURPRÉE
Latin , Bigitalü pur pur ea L.
Allemand , Rother Fingerhut.
Vulgairement, Gantelée , Gant de Notre-Dame,
Cette plante qui croît en grande abondance dans quelques contrées de l’Allemagne et de la France , n’est point indigène dans notre Canton ; mais ses belles fleurs la font cultiver fréquemment dans nos jardins. Elle est connue sous les noms vulgaires de Gantelée , Gant de Notre-Dame ou de Doigtier, parce que ses fleurs ont quelque ressemblance avec un dé à coudre ; elle appartient à la famille des Personnées et fleurit depuis juin en août.
De sa racine pivotante et rameuse s’élève la tige droite, simple, haute de 2 à 4 pieds , couverte d’une pubescence molle ; ses feuilles radicales sont très-grandes , de forme ovale , crénelées , rétrécies en un long pétiole, d’un vert terne en dessus , blanchâtre en dessous ; celles de la tige diminuent peu-à-peu de grandeur, les supérieures sont petites et sessiles. La tige est terminée par une longue grappe de belles fleurs purpurines ou rarement blanches , pendantes sur leur pédoncule et tournées du même côté ; le calice est court , à 5 divisions ; la corolle , longue d’environ 15 lignes , est , en forme de cloche , renflée dans le milieu , glabre extérieurement , légèrement barbue à la gorge , avec le bord divisé en 4 lobes , dont trois sont courts et obtus , et l’inférieur plus grand et quelquefois échancré ; elle est marbrée intérieurement de quantité de petites taches d’un pourpre noirâtre. Deux des étamines sont plus longues que les deux autres. Le fruit est une capsule à deux loges, contenant une grande quantité de graines d’un brun clair.
Les feuilles ont une odeur assez forte et une saveur âcre et amère qui excite la salivation et provoque le vomissement; c’est en elles que paraissent concentrées les propriétés énergiques de cette plante. Donnée à trop forte dose , elle manifeste ses effets d’une manière dangereuse , tant chez l’homme que chez les animaux , chez ceux surtout qui appartiennent à la race canine ; son action la plus constante et la plus générale sur l’économie animale est de ralentir le pouls. Elle est souvent administrée comme
remède efficace contre les anévrismes , l’hydi'opisie , les maladies scrofuleuses et la phthisie pulmonaire. Son suc épaissi purge avec violence.
Nous avons dans notre canton deux espèces de Digitales indigènes, qui ornent en été , de leurs fleurs jaunes , les terrains pierreux et rocailleux de nos montagnes. L’une est la Digitale à grandes fleurs (D. grandiflora Lam.) dont les tiges et les feuilles sont piibescentes et la corolle grande , poilue et visqueuse en dehors , d’un jaune pâle avec des veines brunâtres intérieurement. L’autre, qui est la Digitale à petites fleurs (D. lutea L.) est glabre dans toutes ses parties et a une fleur beaucoup plus petite , non tachetée en dedans. Elles paraissent avoir, quoique à un faible degré, des propriétés analogues à celles de la Digitale pourprée.
La Digitale ferrugineuse, qui croît en Carinthie, passe pour la plus vénéneuse de toutes les espèces de Digitales d’Europe.
LXTHUSE VÉNÉNEUSE.
Latin, Aethusa Cynapium L.
Ailemand, Kleiner Schierling, Gartengleise, Kaizenpetersüie. Vulgairement, Petite Ciguë.
Cette ombellifère , assez commune dans les jardins , les champs et les décombres, est aussi connue sous le mm Aq petite Ciguë ou Ciguë des jardins; elle fleurit en été depuis juillet jusqu’en septembre.
C’est une plante annuelle , d’un à trois pieds et plus , à racine grêle et blanchâtre , à tige dressée plus ou moins flexueuse , rameuse et garnie de feuilles deux ou trois fois profondément découpées, d’un vert très-foncé et luisantes en dessus , attachées à la tige par des pétioles grêles. L’ombelle, composée de dix à vingt rayons , n’a point d’involucre général ; mais l’ombellule a une collerette composée de trois à quatre petites folioles pendantes, et les fleurs blanches , petites , ont leurs deux pétales extérieurs plus grands que les trois autres et échancrés en cœur. Le fruit est ovoïde-arrondi, formé de deux coques, à cinq côtes épaisses, d’un jaune pâle, qui deviennent brunâtres à sa maturité.
Quoique cette plante ne soit point aussi dangereuse que les Ciguës , elle possède néanmoins une partie de leurs propriétés vénéneuses , et l’on doit se tenir en garde contre ses effets. La ressemblance de ses feuilles avec celles du Persil et du Cerfeuil a souvent causé de fatales méprises. Toutefois ses fleurs, dont les deux pétales extérieurs sont, comme nous l’avons dit, plus développés que les autres , et l’involucelle , formé de trois à qnatre folioles linéaires fléchies en bas et pendantes, la font aisément reconnaître, ainsi que son odeur désagréable, quand on en froisse les feuilles entre les mains.
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