ZI
tioD. On ne peut , en éfFét , signaler comme telles que les bancs de cailloux roulés , grûni-^ tiques , basaltiques et trachytiques , qui se trouvent dans la vallée; en second lieu, les entassemens de^blocs qui entourent souvent les masses trachytiques. Ces entassemens couvrent quelquefois des espacés fort étendus ; particu-^ lièrement dans le groupe du Mégal. Ils sont composés de blocs anguleux et d'un gros volume, dont les formes varient avec la structure des masses dont ils proviennent : ce sont ordinairement des polyèdres irréguliers, à surfaces planes. L'on remarque que ces entassemens de blocs correspondent à des escarpemens presque toujours à nu, et que leur puissance varie avec la hauteur et l'étendue de ces escarpemens ; en6n que la composition et la structure des blocs correspondent à celles de l'escarpement, c'est-à-dire qu'ils résultent évidemment d'éboulemens sur place , qui furent plus ou moins Ëivorisés par la structure et les formes abruptes des masses. Ces caractères , parfaitement expri^ niés autour de la grosse montagne de Mounier, des roches de RofBac , etc. , et d'autre j)art , l'absence de toute roche que l'on puisse assimiler aux tufs et aux conglomérats des
CHAINE 0U VHLA.Y. l65
autres centres trachy tiques , autorisent à conclure qu'il n'y a eu formation d'aucune roche de transport ou d'aggrégation.
Ce Csiit s'explique non-seulement par la nature toujours compacte et tenace des roches, mais par l'absence totale de déjections ponceuses , pulvérulentes, ou de matières scorifiées. En effet, si les éruptions trachy tiques avaient été accompagnées de ces déjections, elles se retrouveraient infailliblement , soit transportées , remaniées par les eaux , soit pi^otégécs par les éruptions postérieures trachytiques et basaltiques qui les auraient recouvertes. Les roches scorifiées, aptes à former des tufs brécbifbrmes par feursimpife tassement, manquent aussi dans cette chaîne, où l'on ne peut citer que des gisemens très circonscrits de trachyte huileux ou à cellules déchiquetées. L'on peut donc avancer ce fait qui se lie au précédent, que l'émission de la chaîne ne fut accompagnée d'aucune déjection.
Enfin un troisième fait , non moins caractéristique, c'est qu'à l'exception d'un seul . point , on ne voit nulle paît des indices d'alternance où de superposition. Chaque massif est généralement composé d'une seule variété
l66 CHAPITRE VU
de rocke depuis la base jusqu'au sommet. Sur aucune face, on ne peut saisir une Mf^ne qpi puisse Élire supposer une superposition, et si parfois la nature de la roche se modifie , c'est par des passages minéralogiques. Le point central du i^roupe du Mezenc est le seul exceptionnel ; encore les alternances phpnolitiques qu'on y trouve ne sont-elles pas bien évidentes.
La forme massive des laves est générale; mais elle n'est pas exclusive , et les groi:^)es de Mégal et surtout du Mezenc contiennent des exceptions importantes. Sans parler de quel^ ques plateaux, comme ceux des rodifes de RofiSac , de Montplaux , qui , par leur relèvement et leurs contours escarpés, se rappro»chent plutôt des gros massifs, tels que Miaune, la Magdeleîne , de même couronnés par des jdateaox circonscrits. On reconnut en plu^ aieurs points des formes de coulées. A l'est de Saint-Pierre-Eynac , oh en trouve des restes , wperposés 2|u terrain tertiaire. Le cirque des Boutières ^présente des trandies horizontales et plus ou moins continues , qui aCQeurent à des hauteurs diflEérentes ; enfin le pUleau bombé qui est au- nord du Mezenc {M'ésente
CHAIIIK l>U VELAT. 167
des saiUks phonolitiques sur une surface très étendvfe ; et , bien que ks éraj^ons besa^U tiques poetérieures aient bojaleTeis^ cette paiv tia cenlnde du groupe , des eoupives oà Yon voit le phonoltte w fros prisnes irevticaiis montrer des tranches régfiUèmBent horixon«> taies 9 annoncent une coulée évidente. U eal à rmnarquer que cette stsoeture en gros primes verticaux, liormant des pobonades g^ros^ères , se montre pfteticulièrement dam les points où les pbonolijles lont quekpie oontl* nuké dans le sens bonsontal
Ces mêmes localités présentent des twH chjrtes et des phonotites en fiWns* I^eur pui$t sanoe est varnble, mais ne d^^asse gufre 4eiti( mètres. A Fayt-le*FrcMd, les filons de traclpyle' homogène rouge et jaune-dbsir se montrant à Touest, en haut de l'escarpwEient dq LigMi^ et sur le plateau même. Les taohytes jauMS et gris ont souv^it leurs fissnnes tapissées de fer olygiste ; k tracbyte rouge renfevpie quel^ ques petits nodules de quarts opalin » el ^m^ ovules sont , dans un d^ ^tops de Vcm^ y tapissées d'une matière verti», idenfjqu^ h f^Up que Ton trouve dans le filon des monts Done^^, il k haae est du CSapuein.
l68 CHAPITRB Vf.
les Boutiéres , on trouve encore des filons de Irachyte ^ mais plu& souvent de pho^nolite noir, homogène , passant au basalte.
Forigine de u Tels sont les faits qui résultent de T^camen
de cette contrée trachytique. Leur discussion et . une étude * comparative nous mettront à même de reconnaître les phénomènes volcaniq.iieS' qui présidèrent à son enfentement. La première question théorique qui se présente est relative à la division des roches en tra* ëhytes et en pfaonolites. Ces deux espèces de roches sont-elles contemporaines ou résuU tent-elles de deux périodes distinctes , Tapparition des tracbytes ayant, comme dans le Cantal et les monts Dores, précédé celle des phonolites. ; .
La^^liaison minératogique de ces deux espèce$ est déjà ressortie de la description des roches. Cette liaison existe de même dans les caractères extérieurs. En effet les trachytes constituent aussi des masses indépendantes, aux formes abruptes , chaque variété> composant des gisemens distincts. Leur position relativement aux phonolites peut seule établir quelque distinction dans les caractèree extérieurs. En effet, les sommités sont partout
CHAINE DU VELAT. 169
phonolitiques , et les masses trachytiques leur semblent souvent subordonnées. L'exemple le plus frappant est dans le groupe du Mégal.
Autour du centre phonolitique, on trouve des masses trachytiques du côté de l'est, au sud et à l'ouest y aux abords du groupe.
Les trachyteS'porphyroïdes à pâte bleuâtre de la Pradette et d'Araules se montrent à l'est et à l'ouest. Vers le sud se trouvent les trachytes amphiboliques de Montusclat ; mais cette disposition ne peut faire supposer des éruptions phonolitiques édatant au milieu des trachytes et les recouvrant; car ces masses sont détachées et ne présentent aucune ligne de^ stratification. On trouvera même des trachytes indépendans fort près des sommités :
tels sont Roche-Grosse et les dents du Mezenc ou Chasteliards, qui surgissent au milieu des phonolites du centre (pi. Y).
/£nfin ces deux espèces ne se présentent pas constamment isolées.. Entre l'Ambre et. le Sfe^ency dans le vallon de Costebelle , on voit les phonolites^ dpnt se composent ces deux sommités y passeP'|iar des nuances très mena* gées .aux trachytes cellulaires. Les roches de Roffiac présentent les mêmes passages, sans
170 CHAPITRE Vï.
que ces variations «oient motivées par des lignes de réparation. Ces considérations oondnisent k assimiler les trachytes et les phono- Utes de ia chaîne du Yelay, et à les regarder comme contemporains, leur séparation n^étant qu'apparente , puisqn'dle existe de même entre les^diverses variétés des pfaonolitès.
L'iscdement et Tindépendance de chaque massif est donc im fait constant: ceak même qui sont les plos rapprochés n*ont ia plupart du temps aucun rapport de forme ni de oom<positicro yqui puisse donner lieu k c)es rappro* chemenset faire supposer une dislocation dont ils seraient les restes morcelés. On a souvent parlé à propos de cette chaîne si hérissée y si déooopée, d'érosion de grande inondation; mais sans apporter d'autres preuves que quelqued foits exeeptionnels, pris sur les dernières pentes du groupe de Mégal^ou le morceUement des coulées basaltiques qui sont dans la valée.
Que Ton parcoure les sommités de cette chaîne , d'une élévation moyenne de mille mètres y placée^ sur un rdèvement gr^nritiquei qui domine toutes les contrées environnantes, et toat«à-fait hors de la portée des lacs y dont l'écoulement successif dans les bassins de la
GHAIirE DU VELAT. fjï
haute vallée a morcelé qqe partie du terrain basaltique. A l'ouest, les "sommités du Ganftal et des monts Dores ; à Test , la rideau prolongé des Alpes sont les seuls points dornÙKana. Las principes d'érosion se réduisent donc à Ifi condensation des eaux sur les sommités. La position exhaussée de la chaîne , sa fmrme longitudinida , sa composition en roches dures at tenaces, et surtout ses aspérités primitives très prononcées, rejetant les eaux dans des vallées profondes , et concentrant leurs d^;rar dations dans des espaces très circonscrits^ ne sont pas des circonstances favorables à l'éro^ sion , dont on ne retrouve d'ailleurs , dans la vallée, que des restes en cailloux noulés à*pea«près nuls , rdativement à la puissance de la chaîne. -
Quelle que soit donc la puissance d'action que l'on attribue aux agens atmosphériques, on ne peut guère supposer les immenses travaux d'érosion nécessaires pour seulement rattacher ensemble ces montagnes éparses , à pAns forte raison , il serait absurde d'en niveler les dmes jusqu'au Mezenc, et de les supposer sculptées dans une masse continue.
Cette opinion est fortement appuyée par la
J*]'! CHAPITRE Vï.
position du terrain basaltique. On ne le voit pas en effet , comme dans le Cantal , dominer les vallées et contribuer à leur encaissement. Les basaltes lithoïdes et scorifiés forment des plateaux constamment inférieurs aux pics trachy tiques : ils occupent le fond dés vallées. Il en résulte que , lors de leur apparition , ces vallées , qui séparent les masses trachy tiques y étaient encore plus profondes que maintenant. La conservation de leurs roches friables et scorifiées nie d'ailleurs des changemens considérables pour les roches trachytiques plus dures et plus élevées. Enfin y si l'on considère que les phonolites affectent des formes identiques dans les positions toute différentes qu'ils ont aux monts Dores et au Cantal , on sera conduit à admettre que ces formes caractérisa tiques doivent beaucoup se rapprocher de leur forme primitive , et que l'on ne doit leur supposer que les modifications dont on retrouve les traces.
Ces modifications sont les érosions de certaines parties y érosions locales que l'on peut surtout constater dans les parties les plus basses des centres d'émission: tels sont les masses morcelées des environs de Saint-Pierre-
, CHAINE DV VELAT. I73
Eynac, l'exhaussement des pics excentriques qui descendent jusque dans la y allée. Les bancs de cailloux roulés résultent de ces érosions. Les nombreux et vastes entassemens de débris qui environnent les pics aigus , et les grands escarpemens annoncent des altérations plus considérables. Les formes, plus ou moins abruptes , affectées par les laves pâteuses, lors de leur émission, et surtout leur structure, ont singulièrement influé sur ces éboulemens sur place.
En effet, lorsque les divisions verticales forment des prismes ou des poutres trachy* tiques convergeant vei*s le sommet , et que les divisions horizontales plongent vers l'intérieur de la masse , il en résulte une conservation par£siite: ce sont des formes régulières en.
dômes, en cônes, etc. Lorsqu'au contraire, ces divisions sont dans des sens contraires, les masses extérieures ne peuvent être soutenues, tendront continuellement à s'écrouler. De là ces immenses prostrations de blocs qui s'augmentent encore de nos jours.
L'ensemble de ces observations conduit h regarder ces masses indépendantes, composées de roches compactes ; dans cliacune desquelles
174 CHAPITBE VI.
H nVdsté qu'ufie roche constituante ,■ ou variée par des passages minérak>giques j et qui *m prAsentént aucune ligne de stratification , comme résultant d'émissions particulières de hves plus ou moins pâteuses. Ces émissions de hves sur tant de points peuvent être regardées comme à-^u-près contemporaines. Elles sont liées en efFet entre elles par le même mode d'émission , par leur disposition sur une même ligne droite , par leur composition identique dans toutes les parties de la chaîne. En quelques points , l'agglomération des filons, des apparences de coulées, annoncent un mode d'action particulier, qui, dans le groupe du Mezenc , parait tenir à un prolongement de l'action volcanique. Ce fait est évident , si l'on considère la diversité des roches , et leni*s passages aux roches basaltiques , qui , dans ce point , apparaissent très développées , de telle sorte que la lacune géogénique qui existe entre les deux époques est ici remplie , nonseulement par le développement d'une chaîne phonolitique , dernier période de l'époque trachytique, mais par la continuation de ce développement en un point de la chaîne , les passages minéralogiqùes aux basaltes , et l'ap-
CHUNK PU VELIT. I7S
parition des baaftltm avec de grandes analogies daas le mode d'émission.
La foriiie eoaservée par ces masses^ pous* sées de bas en hauc^ sous forme de gros dykes , esl ^pielquefois très régulière, et retrace parfiûtement ce HK>de d'origine. Le doue arrondi et régulier du mont Signon exduC toute idée d'altération; la crête allongée et tranchante de Sarraty ^dans les Boutières^ représente bien la lave pâteuse s'amoncelant au-dessus d'une fiacture longitudinale.
Knfin^par la raison qu'on ne peut supposa, une masse primitivement irrégulière , régularisée par la dislocation , surtout lorsque cette forme se reproduit dans des circonstances très dijfférentos; les montagnes .arrondies de Mounier, Jalore, etc., ont à-peu-près conservé leur configuration , de même que les pics plus aigus de Pierre-de^Bar, Huche-Pointue, etc., qui annoncent une action plus brusque , une lave moins fluide, et qui contrastent avec l'affiiissement des laves qui ont produit les masses aplaties de Montplaux et de Roffîac.
Concluons donc que les masses qui compoposent la chaîne du Yelay résultent de l'action volcanique directe ; que les laves poussées de
Î^S CHAPItRE Vh
bas en haut se firent jour en un grand nombre de points et sur une même fissure ; qu'elles s'ac-^ cumulèrent au-dessus des orifices d'émission , prenant autour d'eux plus ou moins d'extension et des formes escarpées ou aplaties, suivant leur état plus ou moins fluide; qùéces éruptions furent à-peu^près contemporaines ;et qiïe, dans aucun cas, elles ne furent accompagnées de déjections; enfin que l'action volcanique se prolongea dans te groupé du Mezenc jusque vers l'apparition des basaltes. Le développement de cette nouvelle formation, les phénomènes remarquables dont il fut accompagné, nous ramèneront encore dans cette contrée intéressante, si féconde en faits géognostiques, dont nous n'avons ici retracé qu'une partie.
TERRAIIC BASALTIQUE. I77
CBAPITRE SEPTIÈHIE
Dans toutes les parties volcanisées de la snbdiTîsîonen France (ieritrale on rencontre des basaltes ; et *" ^*™'.* tandis que les émissions trachy tiques sont concentrées dans des limites hors desquelles on n'en retrouve aucune trace, les masses basaitiques, au contraire , bien que la grande majorité puisse se rapporter à des systèmes d'éruptions , se montrent continuellement dans des
xa
178 CHàPITRE Vil.
positions excentriques et indépendantes. La disposition des basaltes est essentiellement linéaire, mais au lieu d'être agglomérés, ils sont, au contraire, disséminés sur des surfaces étendues , de manière que le sol inférieur est souvent à découvert, sauf quelques cas où les points d'éruption sont très rapprochés.
Cette répartition générale et disséminée justifie leur position inférieure aux trachytes qui, par suite de leur agglomération, forment les régions les plus élevées.
Le terrain trachytique ne s'est montré que -dans des circonstances particulières, d'âge et d'émission , et comme le complément de l'histoire générale des trachytes; le terrain basaltique est plus important, en ce qu'il existe dans son entier développement , représentant toutes les phases de la période. Les éruptions, prises isolément^ eurent souvent lieu sous des formes analogues à celles de certains trachytes; mais la composition^ la structure, la disposition des masses a'ont plus rien de comnmn avec ce que nous avons mentionné dans les groupes trachytiques : la seule chaîne du Yelay sert d'inti*oduction à une partie de ces nouveaux caractères. Les déjectioas, n'ont paru jusqu'ici
TERKAIN BASALTIQUE. I79
<{ue remaniées, stratifiées, altérées; dans le terrain basaltique , les scories , les cendres , les po2zolanes sont en place, constituant des couches, des amas., des montagnes à cratères; et l'influence des éruptions gazeuses existe non*seulement dans les roches, mais dans la configuration du soi. Sous le rapport de la composition , la succession des roches pyroxéniques au feldspath, contribue encore à changer l'aspect des contrées volcaoisées.
Tous les basaltes qui recouvrent le sol, dans le Velay, le Haut et Bas Vivarais et l'Auvergne , ne sont pas contemporains ; il suffît d'un premier coup-d'œil pour constater qu'il en existe d'âges très difFérens ; que les basaltes de la chaîne orientale du Velay, des Coyrons, sont antérieurs à ceux de la chaîne occidentale et du Bas-Yivarais; que le volcan de Graveneit^e est bien plus récent que le plateau basaltique de Charade sur lequel il a écUté.
Parleur position alignée et par leu rs caractères déforme et de composition^ ces basaltes se rattachent à divers systèmes. Ainsi dans le Velay il existe trois lignes basaltiques parallèles ; la chaîne orientale qui coïncide avec les phonolues, la chaîne occidentale de Pradelles à
la.
l'So iCHAPITRE VII.
Brioude , et la chaîne intermédiaire de Bauzon à Allègre. La chaîne des Coyrons, et lés volcans d'Aisa, Jaujac, Montpezat, etc., disséminés dans le Bas-Vivarais, foiment deux autres systèmes. Tons les cinq sont comparables entre eux, c'est-à-dire que les éruptions qui les ont engendrés eurent une influence mutuelle, et appartiennent, selon toute probabilité, à une série continue de paroxismes, de recrudescences de l'action volcanique pendant toute la durée dç la période. Ils constituent la grande formation basaltique , dite du Velay et du Vivarais, la formation classique et complète.
Les basaltes du Cantal et des monts Dores, de la vallée de l'Allier, depuis Brassac jusqu'auprès de Biom ; ceux qui sont alignés à l'ouest des monts Dômes, depuis Rochefort jusqu'à Pranal, forment une seconde formation, celle de l'Auvergne; mais incohérente, moins développée et moins intéressante que la première. Ces deux formations basaltiques résultent d'éruptions indépendantes et parallèles : dans la première, les volcans basaltiques de la chaîne du Velay et des Coyrons, représentent les bassrites anciens, les basaltes modernes sont ceux de la chaîne orientale et
ifERRÀlN BÀSA.LT1QUE. iBl
du Ba$-yivarais. Dans la seconde, les basaltes du Cantal et des monts Dores et la plus grande partie de ceux du bassin de FAllier sont les plus anciens, quelques volcans tels que Gra-* neire, Chaiusset, Pranal, représentent les ba-* saltes modernes qui sont peu développés. It est à remarquer que ce peu de développement de Faction volcanique, pendant la période ba* saltique moderne, fut suivi d'un commencement de développement de la période lavique, ^ qui donna naissance à la chaîne des puysrfait qui confirme le principe de l'influence mutuelle des. grands:paroxismes volcaniques dans une même contrée.
Le mode d'émission des basaltes est beau- Mode d'émî»coup plus tacite à déterminer que celui des trachytes^ d'abord, parce qu'étant d'une époque postérieure , leurs formes primitives ont éprouvé beaucoup moins d'altérations , et que l'isolement fréquent des masses qu'ils constituent permet d'en étudier les contours; ensuite parce que^ outre cette conservation et cette possibilité d'appréciation des formes sous différens aspects, chaque mode d'émission a . donné aux masses produites des caractères particuliers de structure et de composition^
l8a CHiLPlTRE VII.
C'est ainsi que la structure contournée, la dis* position particulière des prismes ou des fissures permet très souvent de distinguer les dykes , nés sur place par Tamoncèlement des matières pâteuses autour d'un orifice d'éruption , des restes isolés de coulées morcelées.
Les éruptions de cette période eurent lieu comme dans la précédente sous forme de filons, injectés dans les fissures du sol et dont les affleuremens se prolongeât à de grandes distances, sous formes de dykes ou de coulées plus ou moins étendues; mais, outre que la CaciUté avec laquelle les laves basaltiques ont pénétré dans les moindres fissures du sol, que rétendue de leurs nappes, quelquefois fort peu épaisses , indiquent une fluidité généralement bien plus complète , l'importance des déjections , les formes sous lesquelles elles se présentent, annoncent des faits, sinon nouveaux, du moins qu'il a été impossible de constater dans les éruptions précédente;^. Il ne faut pas comprendre sous le nom de déjections toutes les matières très scorifiées ; dans le MezenCy on voit des dykes et des coulées, dont la majeure partie est composée de scories et même de pozzolanes plus ou moins aggluti-
TERRAm BASALTIQUE. l83
nées par un ciment de lave. Les déjections sont libres ou du moin^ l'ont été, car elles ont pu être agglutinées par des infiltrations postérieures. Les scories, pozzolanes , cendres, ont été lancées, par l'action des gaz et des vapeurs^ autour des orifices yolcaniqiies y et se retrouvent ; ou bien à-peu-près stratifiées, leurs couches étant plus épaisses près de l'orifice, et allant toujours en dimi** nuant de puissance; ou bien amoncelées sous forme de montagnes coniques , dont la partie supérieure est quelquefois occupée par des cratères. Ordinairement ces deux modes de gisement sont réunis.
Enfin, de ces points d'éruption partirent des laves qui se retrouvent stratifiées autour de l'appareil volcanique, alternant avec des bancs^ de déjections ou en superposition immédiate , de manière que les éruptions basaltiques retracent dans ce cas des phénomènes identiques à ceux des volcans actuels. Il est à rémarquer néanmoins que ces volcans s'obtruaient promptement, car ils sont loin de présenter des traces d'éruptions aussi nombreuses, aussi souvent répétées que dans la plupart des volcans brùlans.
l84 CHAPITRE VU.'
Les volcans du BasrYivarais , une partie de ceux du Yelay se rapportent à ce mode d'émission , et sont des volcans modernes sauf les matières émises; mais dans les volcans anciens les exemples analogues soiit rares, et l'émission des laves a généralement suivi une autre marche^ Des épanchemens latéraux de laves qui ne paraissent se rattacher à aucun appareil volcanique probable , justifient l'opinion qu'il n'exista non plus rien de semblable dans les groupes trachy tiques; l'on trouve des laves compactes , des scories et des pozzolanes alternant, constituant des masses puissantes sans qu'on soit autorisé à les rattacher à nn appareil volcanique qui aurait été détruit, ni à un même point centrai d'émission. Il y a plus , quelques faits où la position pro-^ blématique de ces masses se trouve expli^ quée, tendent à les rattacher à des phénomènes identiques à ceux que nous avons été conduit à supposer pour l'émission des trachy tes ; et même des formes de cratères, tels que ceux de Freycinet dans les Coyrons, de Saint-Front dans le groupe du Mezenc , qui sont les premiers cratères que présente la série des terrains volcaniques, se distinguent des critères plus récens
TERRAIir BASALTIQUE. t85
par des différences essentielles. Ils ne sont pas placés sur des cônes, mais creusés, encavés au niveau même des laves basa! tiques qui les envi* » ronnent. Leurs dimensions sont plus grandes que celles des cratères de déjections proprement dits, et ils se rattachent évidemment à d'autres circonstances d^éruption.
L'homogénéité est un des caractères les plus La^es basaïu-
" * ques lithoidet.^
saillans des laves basaltiques lithoïdes ; les substances disséminées sont pourtant nombreuses, mais peu abondantes. La pâte est compacte , homogène , tenace , d'une texture fine et serrée, de couleur foncée, variant du noir au gris; le feldspath, le pyroxène, le péridot et le fer titane en sont les principes constituans , et s'y trouvent cristallisés. Mais les cristaux apparens sont généralement petits, mal formés , ^ l'exception de ceux du pyroxène : quoique 'réquens, ces derniers n'apparaissent , en quel- «jue sorte, qu'accidentellement dans la plupart des basaltes , et ne peuvent guère par leur présence constituer des variétés distinctes.
Ainsi , que Ton mentionne comme variétés ,
es basaltes porphyroïdes , à gros cristaux de
pyroxène qui forment quelquefois jusqu'à un
quart de la masse totale^ très compacts, te-
l86 CHAPITRE Vif.
nacesyde couleur foncée, généralement peu péridotiqiies. Ils se trouvent à Mezères dans le groupe du Mezenc^ à Laussone, dans le Cantal , dans les Coyrons , et Ton doit y rattacher évidemment les basaltes porphyroïdes de la banne d'Ordenche'à pâte rouge et noire.
Quelques gisemens très circonscrits de dolé»
rites, quelques masses caractérisées par une grande abondancedepéridotdisséminé, comme le plateau de Cliarade ; quelques basaltes auxquels la mésotype ou la chaux carbonatée en petits noyaux amygdaloîdes donne une physionomie particulière , variolitique , comme à Rochemaure , aux Rochettes Saint-Germain , à Gergovia, etc.. Ces diverses variétés ne constituent pas la dixième partie des basaltes.
La pâte forme toute la roche dans la majeure partie de ces laves; elle est plus ou moins grenue ou cristalline, et prend quelquefois un aspect semi-vitreux , qui indique un refroidissement prompt ; dans plusieurs cas elle passe tout-à-*fait aux rétinites. Sa cassure est Bssez unie, dans quelques variétés elle est inégale, et présente des aspérités qui résistent de la saillie de petits globules accolés et adhérens les uns aux autres qui constituent la roche.
TERRAJN BASALTIQUE. 187
liorsque la roche est vitrolithoïde la cassure devient conchoîde. Les caractères de ces basaltes varient dans les limites tellement restreintes qu'on ne peut baser sur eux de distinctions précises. Il est cependant possible d'en établir entre les basaltes d'une même contrée, lorsqu'ils représentent une série d'efforts volcaniques en même temps continue et très prolongée. Ainsi la grande formation du Velay et du Vivarais représente la série des émissions basaltiques depuis les plus anciennes jusqu'aux plus modernes; aussi les basaltes des deux époques extrêmes sont distincts nonseulement par leur position séparée , la conservation plus ou moins grande de leurs formes, par leur mode d'émission, etc., mais encore par des différences très appréciables dan» la nature des laves. Ces différences qui tiennent à la prédominance du feldspath dans les basaltes anciens, jointes aux indices qui résultent de la présence plus ou moins prononcée du péridot, établissent une distinction minéralogiquc précise entre les laves anciennes et modernes de cette grande formation.
Le péridot est, en effet, la seule substance ^^ péridtA qui, dans les basaltes, ait une importance
l88 CHAPITRE VII.
réelle. Il est extrêmement rare dans les trachytes; en effet, les trachytes de la France sont peut-être les seuls dans lesquels sa présence soit bien positive : il existe en deux points dans le Cantal, dont l'un paraît dans des circonstances tout-à-fait particulières , puisqu'il semblerait que le péridot n'y existe que par suite d'une cémentation du trachyte dans le basalte; dans les monts Dores il se trouve dans quelques coulées trachytiques modernes à l'ouest de la haute vallée des Bains. Sauf ces exceptions, le péridot n'apparaît qu'avec les lavespyroxéniques; il devient partie essentielle de ces laves , il y abonde disséminé en petits fragmens vitreux et cristallins d'un vert plus ou .moins foncé, et même à la base du dyke de Montchamp près I^aussone , il existe en cristaux nets et bien formés, qui ont jusqu'à o,o3 de diamètre. Il se trouve en outre ennoyaux, et, sous cette forme, il est encore plus abondant. Ces noyaux de péridot olivine sont arrondis et d'un diamètre variable^ depuis quelques millimètres jusqu'à o,i et même 0,2 de diamètre. Le péridot y est ordinairement d'un vert clair, granulaire, parsemé de grains plus foncés. Par la décomposition ,
TERRAm BASALTIQUE. 189
il s'irrise et devient rouge : accidentelleraent il prend des aspects très variés. Par exemple, il devient dur, à cassure nacrée et conchoïde ; d'autres fois il est d'un vert bronzé homogène. Au volcan de Bar, près Allègre, qui a rejeté une prodigieuse quantité de ces noyaux, on trouve de petits noyaux de péridot vert foncé, vitreux , susceptible d'être taillé. Ces noyaux de péridot olivine ont souvent été rejetés isolés avec les scories , ils forment volontiers le centre des larmes volcaniques, et il peut arriver qu^ils soient très abondans parmi les scories , et rares dans la lave. Ordinairement ils existent à-la-fois dans la lave et parmi les déjections, comme dans le volcan de Bar.
Cette substance , apparue avec les laves pyroxéniques , disparait lorsqu'elles sont remplacées par des laves d'ime autre espèce. Les laves feldspathiques des volcans modernes de la chaîne des puys ne contiennent pas de péridot. On m'en a cité en un point de la lave ^ de Côme; mais il y est peu abondant, et c'est un cas tout-à-fait exceptionnel , comme ceux des trachytes. Ces observations , qui s'appliquent à bien d'autres contrées, dans
190 GflAPJTEB VU.
lesquelles il n'existe même pas autant d'exceptions qu'en France , tendent à prouver l'opinion généralement reçue qu^il y a répulsion , antipathie entre le fedspath et le péridot. Sous ce rapport, la conduite de cette substance , lorsque les basaltes se sont trouvés en contact avec des roches feldspathiques, présente beaucoup d'intérêt.
En effet, il est souvent arrivé que les laves basaltiques , poussées de bas en haut , aient été en contact avec les trachy tes , qu'elles en aient empâté, fondu des fragmens. La réaction mutuelle dé ces laves de comppsition difiGé-* rente est alors très sensible , et selon la quan<* tité plus ou moins grande de roche feldspathique incorporée au basalte, ce dernier k pris en ces points une apparence plus ou moins trachytique. Ainsi, au roc Courlande, à l'ouest des monts Dores , on trouve des fragmens de trachy tes dans le basalte, et autour de ces fragmens , dans une zone plus ou moins épaisse,le basalte a changé dénature. Il présente une pâteieldspathique grise, compacte , homogène, sans aucune trace de péridot, renfermant des cristaux de feldspath vitreux. En ces points , le basalte est devenu trachyte , et les
TERAÂIN BASALTIQUE. IQl
cristaux de feldspath.qui préexistaient dans le trachyte enspâté sont restés seuls , recouverts d'une couche verdâtre , et comme boursouflés; tandis qu'en d'autres points le basalte est sain et péridotique. Le basalte très péridotique près de l'église de Fayt-le*Froid contient des noyaux de trachyte et de pbonolite, et pré* sente des phénomènes analogues.
Le dyke de Pierre Giraudet, à Test de Servissàs , offre encore un exemple de cette pénétration des principes feldspathiques dans la pâte pyroxénique du basalte ^ pénétration toujoui^s accompagnée de l'expulsion du péri^ dot. Une roche trachytique y est en contact avec un basalte iK>tr compact , contenant des points de péridot« En plusieurs points ^ le basalte pénètre dans la masse trachytique; mais il change alors de nature. Le péridot n'est plus apparent , et la roche est criblée de petits cristaux lamelleux de feldspath vitreux.
Enfin celte réaction sur les pâtes basaltiques n'a[^artient pas exclusivement aux roches trachy tiques , et le granité a produit les mêmes effets en plusieurs circonstances. Il n'en est pas d'exemple plus frappant que dans le volcan du Pal ) à la limite du Haut-Yivarais. Un
igi CHAPITRE VII.
basalte exirémemeiit péridotique a causé de grandes perturbations dans la configuration du sol granitique. De plus, la scorification d'une grande partie de cette lave, réduite à l'état de scories et pozzolanes noires agglutinées , annonce une action souterraine prolongée.
On y trouve en effet des fragmens de granité très modifiés, et certaines parties de la lave sont à l'état de trachyte, contenant beaucoup (te cristaux de feldspath vitreux. L'on remarque encore dans ces parties l'absence presque totale du péridot disséminé et des noyaux d'olivine que cette lave contient ei abondance.
Ces observations justifient les différences qui existent entre les basaltes anciens et modernes de la grande formation. Dans les premiers, la quantité relative du feldspath est généralement beaucoup plus sensible: il en résulte une texture un peu écailleiise, un aspect terne et la présence du péridot disséminé beaucoup moins sensible. Les exceptions relatives à la présence du péridot proviennent en effet bien plus souvent de noyaux d'olivine, plutôt que de péçtdot disséminé. Quelques basaltes des Coyrons et du Mezenc contiennent beau-
TEARA.m BASALTIQUE. igS
coup de ces noyaux ; mais le £siit général d'une différence et de la distinction possible entre les laves de ces deux époques , n'en est pas moins constant.
Là texture des basaltes n'est pas toujours scorificatk compacte : on en trouve de bulleux , de cellulaires à fissures longues et déchiquetées , de scorifiés. Le plus souvent une partie seulement de la masse basaltique présente ces variations: par exemple , la partie supérieure des coulées puissantes* Il est cependant quelques cas où elles sont générales. Ainsi, dans le Mezenc, il existe de nombreux épanchemens de basaltes scorifiés , de brèches composées de scories liées par un ciment de lave, et dans lesquelles se trouvent même des bancs de pozzolanes.
Dans la chaîne occidentale, on trouve des coulées de basalte très bulleux à la hauteur de Cayres. L'action des gaz et les scorifications peuvent avoir eu lieu souterrainement , et le volcan du Pal doit être cité comme exemple sous ce rapport. La coulée est de basalte compact , lithoïde. Sa partie supérieure se compose de scories et pozzolanes noires, libres et agglutinées, qui contiennent même des larmes volcaniques. Cette coulée se rat-
ig^ CHAPITRE VU.
basalte extrêmement péridotique a causé de grandes perturbations dans la configuration du sol granitique. De plus, la scorification d'une grande partie de cette lave , réduite à l'état de scories et pozzolanes noires agglutinées, annonce une action souterraine prolongée.
On y trouve en effet des fragmens de granité très modifiés, et certaines parties de la lave sont à l'état de trachyte, contenant beaucoup de cristaux de feldspath vitreux. L'on remarque encore dans ces parties l'absence presque totale du péridot disséminé et des noyaux d'olivine que cette lave contient en abondance.
Ces observations justifient les différences qui existent entre les basaltes anciens et modernes de la grande formation. Dans les premiers, la quantité relative du feldspath est généralement beaucoup plus sensible: il en résulte une texture un peu écailleuse, un aspect terne et la présence du péridot disséminé beaucoup moins sensible. Les exceptions relatives à la présence du péridot proviennent en efifet bien plus souvent de noyaux d'olivine, plutôt que de pécidot disséminé. Quelques basaltes des Coyrons et du Mezenc contiennent beau-
TERRAIir BASALTIQUE. IQS
coup de ces noyaux; mais le fait général d'une différence et de la distinction possible entre les laves de ces deux époques , n'en est pas moins constant.
La texture des basaltes n'est pas toujours scorificatiom. compacte: on en trouve de bulleux , de cellulaires à fissures longues et déchiquetées, de scorifiés. Le plus souvent une partie seulement de la masse basaltique présente ces variations: par exemple , la partie supérieure des coulées puissantes^ Il est cependant quelques cas où elles sont générales. Ainsi, dans le Mezenc, il existe de nombreux épanchemens de basaltes scorifiés, de brèches composées de scories liées par un ciment de lave, et dans lesquelles se trouvent même des bancs de pozzolanes.
Dans la chaîne occidentale , on trouve des coulées de basalte très bulleux à la hauteur de Cayres. L'action des gaz et les scorifications peuvent avoir eu lieu souterrainement , et le volcan du Pal doit être cité comme exemple sous ce rapport. La coulée est de basalte compact, lithoïde. Sa partie supérieure se compose dé scories et pozzolanes noires, libres et agglutinées , qui contiennent même des larmes volcaniques. Cette coulée se ratais
194 CHAPITRE Vir.
tache à trois cônes de déjections, composés de scories et pozzolanes ro^uges.
Déjections. ^* Hiajeure partie des déjections se com* pose de scories libres, rouges, ou noires, de toutes dimensions ; depuis ces grosses masses , connues sous le nom de bonibes volcaniques, et dont la présence et la conservation indi«» quent toujours le voisinage des bouches volcaniques, puisqu'elles n'ont pu être lancées à de très grandes distances; depuis ces bombes composées en grande partie de basalte compact, jusqu'aux scories incohérentes , légères , enfragmens arrondis et contournés. Les pozzolanes sont des amas de petites scories finement poreuses, rouges , jaunes ou noires : elles ont pu être transportées à de grandes distances. Il en est de même des cendres, qui sont ordinai- ^ rement grises: elles forment de petites couches pulvérulentes , intercalées dans les alternances des diverses pozzolanes , et au-dessous des coulées basaltiques; elles sont plus ou moins fines , peu fréquentes , peut-être à cause de la facilité de leur dispersion par les vents 9 et de leur destruction par les pluies. Dans les amas de déjçctions, on trouve fréquemment des noyaux isolés de péridot, de
tlODt.
T£llRA.m BASALTIQ13E. . IqS
pyroxène, d'amphibole, des fragmens de roches primitives altérées. Ces noyaux existent aussi au centre des larmes volcaniques , dont ils ont déterminé la formation et la chute.
Les basaltes lithoîdes compacts n'ont pas Décompotitou jours résisté à la décomposition: elle se manifeste de plusieurs manières. La texture granulaire la favorise singulièrement. Cette texture , qui donne à la roche la propriété de se déliter en petits globules arrondis , est assez commune dans certains basaltes : elle est peu sensible, lorsque la roche est saine, parce N que les globules , enchevêtrés les uns dans les autres , sont fortement adhérens ; alors elle se révèle seulement par les aspérités de la cassure : mais , lorsqu'un commencement de décomposition désaggrège la roche, tous ces globules se séparent avec la plus grande facilité , comme on le voit , au plateau de Laudines , près Pontgibaud , à Charade , et surtout dans les Coyrons, où le sol est en quelques points recouvert de ces globules incohérens sur une épaisseur déplus de o™-,o5. Le plus souvent les basaltes prennent , en se décomposant , un aspect argileux, jaunâtre ;1a roche devient facile à entamer i le fer expulsé se trouve à l'état
ig6 <:hapitre Yir. .
d'o&ide noir ou hydraté , tapissant les fissures. Cette décon^position n'est , dans les cas ordinaires, que superficielle, et l'extérieur des prismes en est souvent affecté. Mais c'est surtout sur les roches. poreuses que se manifeste la décomposition ; les laves scorifiées , les pozzolanes du Mezenc et des Coyrons en offrent des exeiDples nombreux ; elles se décomposent en argile rouge et jaune, et de friables, incohérentics , sonores et dures qu'elles étaient , elles deviennent ter reuses^ et passent à l'état de tuf argileux. Le basalte est lui-même susceptible de se décomposer en une matière rouge, terreuse, un peu argileuse, analogue à ces tufs, stractnre des La structurc cristalliséc des basaltes est ***'**' encore un signe caractéristique de cette pé-
riode. Les l'oches trachy tiques des monts Dores présentent bien quelques exemples de structure prismatique, et de même les laves modernes affectent quelquefois cette forme; mais, dans le terrain basaltique, elle est presque générale. De plus, les fissures nettes et droites qui sont propres aux roches compactes et homogènes, donnent aux prismes des formes ^, très régulières. La disposition de ces prismes vjerticaux, inclinés , convergens ou divergens,
TERRAIir BASALTIQUE. * ig'J
quelquefois horizontaux et même courbes , a donné lieu à beaucoup de recherches, sur les circonstances de refroidissement qui ont pu influer sur cette disposition, et l'on al)eaucoup écrit sur cette matière.sans résultatsbien positifs. Les colonnades basaltiques sont plus fréquentes dans la France centrale que partout ailleurs; celles, des coulées du Bas-Yivârais sont les plus belles. De même, dans le Velay, celles de la Croix de Paille , celles que la Loire et l'Allier ont mises à découvert , appartieanent généralemeut aux coulées modernes. Ce fait pourrait donc porter, à conclure que la structure prismatique caractérise préférable? ment les basaltes de cette époque ; ce qui est vrai, car les. basaltes anciens ne présentent jamais la perfection , la généralité de cette structure , qui sont propres aux basaltes modernes de la grande formation. Les exceptions que l'on peut citer sont pourtant assez nombreuses ; entre autres on remarque Chenavari et Bochemaure , dans les Coyrons , et quelques basaltes de la chaîne orientale. Cette distinction peut encore s'appliquer à la seconde formation; car la structure prismatique y est peu développée, ainsi que les basaltes modernes^
Tous les autres iDodes de structure se re« trouvent dans l^s masses basaltiques , la structure massive , fragmentaire , tabulaire ^ et la structure en boules. La superficie des ôoulées est ordinairement massive et tabulaire. La structure fragmentaire est la plus commtme après la structure prismatique. On en peut distinguer deux variétés. Dans la première , le basalte est divisé en polyèdres irréguliers, k surfaces planes. Les dimensions de ces po* lyèdres sont très variables , mais rarement dans une même masse. Dans la seconde variété , les fragmens présentent des surfaces courbes; ils sont très irréguliers et s'enchevêtrent de telle manière les uns dans les autres, qu'on ne peut le plus souvent en arracher un, sans le dégager d'abord d'une partie de ceux qui l'environnent. Cette structure toute particulière existe k Pranal, à Montpezat , près de Saint-Maurice en Velay, etc. , et , dans toutes ces localités , il en résulte des grottes creusées par les cours d'eau , qui ont pénétré dans la masse en détruisant des points où les fragmens étaient peu enchevêtrés.
La structure en boules n'est qu'accidentelle. Ces boules sont ellipsoïdes ^ d'un diamètre
TERRiàlN BASALTIQUE. 199-
rariable depuis 0,1 jusqu'à plusieurs mètres. Elles sont ordinairement à couches concentriques, encastrées dans une autre structure dont les fissures se courbent un peu autour d'elles. Les basaltes de Pradelles y d'autres entre Laussone et TAubepin, présentent des exemples de cette structure , que l'on retrouve dans les basaltes des environs de Clermont, de Gergovia, etc.
Dans les masses basaltiques, quelle que soit d'ailleurs leur forme de coulée dyke ou filon, les fissures verticales sont généralement bien, plus nombreuses^ et plus prononcées que les fissures horizontales. Les exceptions à cette loi sont peu fréquentes ; ainsi , par exemple , il arrive, en quelques circonstances, dans les basaltes anciens, que les prismes se divisent en feuillets comme les phonolités ^ à Prudelles près dermont , aux environs de Chaudey* rolles , etc. ; mais il faut considérer que , dans ces cas, les fissures verticales ont jusqu'à plusieurs centimètres^ tandis que les autres sont à peine visibles. La structure tabulaire est du reste peu répandue. Dans la coulée de la Beaume, on observe jusqu'à trois systèmes de fissures : les premières sont des fentes verti^
aOO CHAPITRE VU,
cales larges et profondes qui sillonnent la eon* lée dans toute sa puissance. Les intervalles de ces fentes présentent des prismes ébauchés très inclinés, quelquefois horizontaux; enfin un troisième système de fissures à peine visibles , mais très sensibles sous. le marteau , partage ces prismes informes en fragmens irréguliers. Il y a là structure massive , prismatique et fragmentaire. La structure influe sur Taspect des masses basaltiques. Ainsi, les prismes tendent généralement à causer des escarpemens abruptes. Lorsqu'ils sont verticaux ou convei^ens vers le sommet , ils sont peu sujets à s'ébouler ; mais , dans le cas de la structure fragmentaire à surfaces planes, toutes les aspérités se sont écroulées sur elles-mêmes, et il arrive que des masses considérables, comme Peynastre , Pierre-Grosset , près du Puy, ne présentent que des amas de blocs disloqués, qui laissent à peine en quelques points la roche en place à découvert.
Le système des fissures d'une masse basaltique peut donner d'excellentes indications sur son origine , et servir, par exemple , à distinguer les dykes des lambeaux de coulée. En effet , le refrpidissement dans ime masse iso-
TEHRAIN BÀSA.LT1QUE. 20I
lée, de la forme d'un dôme ou d'un cône, s'est efiectué beaucoup plus régulièrement et d'une toute autre manière que dans une coulée, dont les diverses parties ont été dans des circonstances différentes. Dans les dykes,1es fissures principales convergent presque toujours vers le sommet, ce qui est surtout visible , lorsque la structure est prismatique, comme dans les dykes de Bonnevie, de Servissas. Il semble d'abord qu'on puisse citer de nombreuses exceptions ; mais il est à remarquer que tous les changemens de direction . résultent de ce qu'une grande fissure, très prononcée et dirigée suivant cette direction inclinée et convergente, a isolé la masse exceptionnelle de la masse principale. Ainsi , dans le dyke du Château, au-dessus de Servissas, les divisions prismatiques convergent vers le sommet. Vers le sud-ouest , elles ont une autre direction; mais une grande fente isole ce massif, qui n'est plus qu'une grosse plaque inclinée et appliquée contre la masse conique.
Les trois dykes de Rochemaure (pi. VIII) présentent une structure irrégulièré , massive et fragmentaire; mais des fissures larges et profondes les divisent en plaques appliquées
aoa
CâAPITBIS* ¥ir.
^ les Unes sur les autres, et suivant les contours de leurs masses. Cela est surtout sensible dans les deux plus petits. On conçoit dès-lors que , si Ton pouvait obtenir une section horizontale de ces dykes , les principales divisions auraient à-peu*près la forme de cercles concentriques. Or, cette section existe dans un dyke des Bochettes-Saint-Germain. Le plus saillant des deux dykes présente deux systèmes de fissures ; les plus prononcées ont la forme de cercles concentriques, tandis que, du point central, partent d'autres divisions, qui vont^ sous forme de rayons, aboutir à la circon£é-
rei;ice. Ce gisement intéressant existe dans la plaine de Saint-Germain, à l'ouest de la route. Enfin, il est à remarquer que les prismes de très petite dimension se trouvent généralement dans les dykes ; ce qui peut être attribué à ce que la roche en est plus fissurée, ou bien à ce que la lave a subi des contournemens pendant son émission. On trouve en effet de ces petits prismes à trois ou quatre pans, de quelques ^centimètres de diamètre dans les dykes de Bonnevie, Rochemaure, Servissas, Montro-»
gnon , etc.
Vacket. Comme les basaltes et leurs déjections ^ les
TERAAIN BASALTIQUE. âo3
vackes appartieaneni aux roches directement âiuses pendant cette période; mais comme elles diffèrent essentiellement des laves ordinaires 9 et qu'elles se rapprochent , au contraire^ par des passages fréquens des roches d'aggrégation, on a cru reconnaître dans leur composition les résultats d'éruptions boueuses. Cette opinion peut s'appuyer sur l'identité presque complète de certaines vackes de Gergovia et de P(»it-du-Château, avec quelques variétés de brèches du bassin du Puy et de la Limagne ; d'un autre coté il semblerait résulter de la cristallisation de fragmens calcaires empâtés, et surtout d'un passage très ménagé d'une pozzolane rouge englobée dans une masse de lave du Mezenc j à une vacke jaunâtre analogue à celle de Gergovia ; que si les eanx ont pris part à leur formation , la chaleur accrue par une grande pression y a aussi contribué. Les vackes n'existent que dans la formation basaltique de l'Auvergne; dans celle du Velay on n'en peut citer que l'exemple précédent , formant une couche dequelques décimètres dans une lave scorifiée^ Leur structure^ les formes sous lesquelles elles se présentent , et l'examen de leurs ro-
204 CHAPITRE Vil.
ches, étudiées en leurs points de gisemeirt auX' environs de Clermont, établiront que si elles se rapprochent par leur aspect des roches d'aggrégation , elles se rapportent beaucoup plus par Tenserable de ces autres caractères anx laves basaltiques elles-mêmes.
Roches d'ag. Lcs rochcs d'aggrégation n'ont pas dans le ^^ * **"* terrain basaltique la même importance que dans le terrain trachy tique } leur formation est tout-à-fait locale et accidentelle, et se rattache à l'existence de lacs et de dépressions dans lesquelles les fragmens de roches volcaniques étaient charriés par les cours d'eau, ou lancés immédiatement par des volcans contemporains. Le seul point où elles paraissent avoir occupé une grande étendue est le bassin dit le creux du Puy , partout ailleurs on ne retrouve, des brèches qui peuvent avoir existé, que des lambeaux, des buttes isolées. La destruction de ces roches est d'autant plus facile à concevoir , qu'elles sont naturellement toujours placées sur le passage des grands cours d'eau.
Les restes dès roches, d'aggrégation ont
l'avantage de marquer l'élévation que le sol
.avait à l'époque de leur formation, ce qui n'a
TERRAIN BASALTIQUE. 2o5
pas lieu pour les basaltes, dont les coulées y • en vertu de Jeur liquidité souvent pâteuse, ne doivent pas être regardées comme étant toujours descendues dans les vallées. Ces restes se lient aussi aux barrages volcaniques qui ont arrêté les eaux, et aux diverses directions qu'elles peuvent avoir suivies. Il est essentiel de distinguer les roches d'aggrégation homogènes, formés de fragmens analogues et de même nature, telles que les brèches basaltiques du Puy dans la formation desquelles l'action volcanique a une part directe; des roches exclusivement de transport , lesquelles comprennent aussi les sables et cailloux roulés en partie volcaniques. Ces deux espèces de roches se rattachent comme on voit à deux ordres de phénomènes, dont la différence est plus tranchée que dans le terrain trachy tique.
Le péridot est relativement aux basaltes, ce SobstancM que le feldspath est aux trachy tes; les autres substances disséminées, même le pyroxène et le feldspath , sont loin d'avoir la même importance. Le pyroarène se trouve en cristaux et en noyaux plus ou moins cristallins, quelquefois scorifiés, dont le diamètre ne dépasse pas o, i ; il abonde à Rochemaure, à Mezères, à Cha-
206 CHAPITRE Vil.
rade, etc.... he/eldspaih est rarement en cristaux visibles à l'œil nu, mais sa quantité plus ou moins grande modifie beaucoup l'aspect de la roche. On a vu qu'il n'existe en cristaux abondans et visibles dans les basaltes du Pal , de Courlande,de la banne d'Ordenche, qu'en vertu de circonstances particulières. Le basalte de Pranal , les scories de Chalusset contiennent des cristaux attribués à l'albite. hejer titane abonde en points et en cristaux d'un éclat vitreux et gras , bleus et rougâtres ; notamment dans le basalte du plateau de Laudine près Pontgibaud et de Croustet près du Puy.
L* amphibole n'est pas aussi rare qu'on l'avait cru primitivement, ni à beaucoup près aussi fréquent que le pyroxène. Il se trouve en petits nodules cristallins dans le basalte compact de Croustet, du plomb du Cantal, du puy Corent, et quelques autres basaltes du Velay; il est moins rare parmi les déjections. Ainsi à Croustet on le rencontre en fort beaux cristaux, et dans les scories de Bar, de la Durande, de Charade, de Corent, en noyaux abondans et assez gros.
he/er oxidé mamelonné , souvent magnétique y le fer hydroxidé , le fer carbonate*