FORMATION BU VELAT ET DU VIVARAIS. ^3'J
identiques à ceux qu'il affecte dans cette partie centrale. Ainsi les basaltes compacts, py« roxéniques porpbyroïdes , ou homogènes snccèdent à ces épanchemens de laves scorifiées. Ils conservent toujours leur position inférieure relativement aux phonolites, mais sans alterner avec eux. Le point principal de leur développement est compris entre Montusclat et le Lignon ; et tous les plateaux basait!qttes entre le Mégal et le Mezenc présentent cet aspect disloqué , cette position problématique qu'on peut observer à Fay t , et par suite desquels on ne peut guère déterminer le point d'éruption auquel ils se rapportent. On trouvera, cependant, dans cette partie un centre d'éruptions auquel doit appartenir la majorité des coulées basaltiques qui l'environnent, surtout vers le nord: c'est le lac Saint-Front. La dépression dont ce lac occupe }e fond a toutà-fait la forme d'un cratère : c'est un entonnoir très évasé qui peut avoir i5oo mètres de diamètre ; le lac a 800 mètres , sur 10 de profondeur, il est alimenté par des sources qui jaillissent au fond, et le trop-plein s'écoule par une échancrure du côté de l'ouest. Les parois de cette excavation, en forme de
a3B CHAPITRX VIIL
cratère, sont composées de basaltes scorifiés et d'argile pozzcJane rouge.
Cette forme ^ cette composition désignent bien un cratère, mais sa position au niveau des plateaux basaltiques qui paraissent s'y rat* tacher , annoncent des phénomènes différeiis de ceux qui ont donné naissance aux cratères modernes placés au haut d'une montagne conique. Enfin y l'on retrouve encore en ce point l'influence des masses phonolitiques préexistantes. £n effet , ce cratère est placé à l'ouest du plateau de RofEac, énorme masse phonolitique aplatie, dont les i>ord$. escarpés le dominent. Cette situation empêche de supposer un écroulement , un affaissement du cône qui aurait pu exister ; car si les déjections avaient pu ainsi s'accumuler et former une montagne, elles auraient infailliblement recouvert en grande partie le plateau de S.offîac , ce dont on ne retrouve aucun indice. Il faut donc attribuer la formation de ce vaste cratère à d'autres oirconsts^ces que celles qui produisent actuellement les volcans à cratère ; ainsi l'on peut très bien se rendre compte de sa production i en supposant le sol crevassé en ce point, et les laves basaltiques s'épanchant au-
FOKMATIOir DU VKLAY ET DU VIVÂRAIS. a 89
tour de cette fracture, et suivant'les pentes du sol. Lorsque cette puissante colonne de laves s'abaissa 9 elle prit un niveau inf&*ieur à celui des laves qu'elle avait déversé, et les déjections qui suivirent cet abaissement foroièrent naturellement le cratère. Cette hypothèse donne l'explication de tous les faits observés, et satisfait à toutes les conditions, même à celle de sa position relativement aux roches de RofBac. Ce n'est pas, en effet, la seule fois que les laves basaltiques ont suivi la même route que les masses phonolitiques pour venir en* suite s'épancher à leur pied ; ce phénomène peut s'observer en plusieurs points du groupe; mais nulle part il n'est aussi frappant que parmi les phonolites de l'Emblavés.
Les basaltes atteignent, en effet, un assez BauJtes de
. rBmbUfèt.
grand développement dans cette partie de la chaîne , et comme les masses phonolitiques y sont disséminées et presque toujours isolées, il est plus facile de saisir les relations qui existent entre elles et les émissions basaltiques. Les déjections sont en ce point comme dans le Mesenc peu abondantes , et les laves compactes constituent des plateaux inférieurs aux pics phonolitiques; leurs surfaces planes con"
a40 CHAPITRE viir.
trasteîit avec les formes aiguës et montagneuses de ces pics; comme^ par exemple j le plateau de Huche-Plate, relativement au pic de Huche-Pointue. On ne peut généralement avoir que des présomptions sur les points d'émissions d'où partirent les coulées qui forment dans la vallée la plupart des plateaux superposés aux marnés tertiaires , et au sol primitif dans les positions plus élevées. Mais lorsque les basaltes moins fluides , ont pris des formes plus massives, et des positions moins éloignées, il est souvent possible de reconnaître les circonstances de leur émission.
Ainsi, au-dessus de Rozières, au sud^ouest de la montagne phonolitique de Jalore , une masse de basalte homogène compact, prismatique , se dégage aux deux tiers de cette montagne de dessous les phonolites, et se dirige vers le sud-ouest ; du côté opposé vers Mezères , les phonolites descendent jusqu'au fond de la vallée. Cet exemple est un des plus frappans , car le basalte sort pour ainsi dire des flancs de la masse phonolitique. Il s'en trouve d'autres aux environs de Saint-Julien et d'Issingeaux ; et même des relations analogues semblent exister entre les dykes de Mezères ,
FORMATIOir DU VELAY ET DU VIVARAIS. a4l
grosses masses de balalte pyroxënique porphyroïde, situées au pied des montagnes phonolitiques d'Ey merau et de Planèse , qui se recourbent autour d'elles. En ce point de la chaîne, plus que partout ailleurs , on apprécie ce caractère des basaltes anciens qui ont été vomià immédiatement de même que les roches trachytiques , et se présentent sous la forme de dykes montagneux , de grosses masses aplaties 9 de coulées émises sans même qu'on trouve , comme à Saint-Front , l'emplacement du sol crevassé. Ces caractères se retrouvent dans les basaltes de Peyienc , de Suc-du-Garde, de Montchamp , et d'autres qui existent dans la chaîne intermédiaire, et qui se rapportent à ceux de cette première époque par leur nàture minéralogique , aufant que par leurs formés identiques.
Le contrefort des Coyrons qui se détache du chatte jes Haut-Vivarais, et s'abaisse graduellement jus- ^^^y^***"qu'à Rochemaure, vis-à-vis Montelimart, est composé d'un ensemble de plateaux basaltiques d'un niveau assez constant , qui se tiennent , de manière que Ton peut parcourir la chaîne dans toute sa longvieur / depuis Chenavari jusqu'à FEscrinet, en se maintenant toute
%^% GHAPITRS Vlir.
jours st|r la crête culminante. lies roches bft-saitiqbes contituent le sol sur toute cette éten-* due; elles reposait sur le terrain primitif dai&s la partie la plus, életée , et sur le calcaii^e secondaire dana toute Ib {mrtie inférieure. La> lai^« geur de cc^tte.chàine atteint Jusqu'à iS kilom. dans son renflement à la hauteur de Saint<^ Jean et de Mirabel. Vue des contrées iniîlrieuresy ses abords présentent dahs toute son étendue 9 des escarpemens abruptes qiïi se correspondent, et terdiinent l'horizon par le rideau prolongé de leurs pentes couronnées par d!!épaisse6 nappes basaltiques ; de temps en temps on voit s'en détacher des promontoires qui: semblent s'en isoler^ comme celui de Maillas au-'dessus de SaintJean^Lendir, mais qui se rattachent à la chaîne qui les domine..
Cette forme d'un vaste plateau allongé^ aux abords escarpés^ est en effetjcelle desCoyrotis; mfiais sa. régutorité apparente diminue bsaU'» coup lorsqu'on pénètre dans l'intérietir. Les ^versatis du sud et du nord sont profondé-* ment entamés par des torrens nombreux qui 'yont se jeter dans l'Ardèche et dans le Rhône^ ^i la partie ii^férieure dû côté de Rochemaure ^fit.tellement siUonnée qu'elle ne semlde com-
FORMATION DU ^ELAT KT DU YIVARAIS. a43
|K>sée que de massifs inclépendans Une grande partie de ces accidens du soi doit être attribuée  l'action des eaux; mais on ne doit pas non plus se représenter les Gcnfrons comme d'une iorme primitivement très régulière , car ils ne «résultent pas seulement de vastes coulées des* xîeiidues.des parties les plus élevées, et recoU«' vrant de leurs puissantes assises le plateau primitif et secondaire alors existant.
Ce &t sans doute par suite de ce mode d'émission des basaltes^ sous formes de coulées puissantes et étendues^ que ce vaste plateau fut exhaussé, ses aspérités comblées et régularisées; mais dans toute sa longueur oii trouve des points d^éruptions) des traces de l'aëtion volcanique immédiate qui autorisent à conclure que cette forme est encore due^ en grande partie, à la configuration première du sol. Le recouvrement basaltique contribua à TexhaUST sèment des Coyrons , non*seiitement en vertu de son épaisseur ^ mais parce qu'il protégea aussi leâ tei^ains inférieurs contre l'action des eaux> qui s'exerça, au contraire, avec intensité sur le sol inférieur non recouvert, surtout dans la partie csilcaire. Les effets réunis de l'action des eaux et de* volcans se réunirent
a44 CHAPITRS VIII.
donc pour élever les Goyrens, mais il est hors de doute qu'ils formaient déjà avant les éruptions la ligne culminante de la contrée ; car la partie la plus saillante, la partie granitique, est la moins recouverte. Le recouvrement basaltique des Coyrons se compose d'assises puissantes souvent superposées, soit immédiatement , soit séj^nrées par des couches alluviales ou des bancs de pozzolane. La nature des roches est en tout identique à <;éUe des basaltes anciens du Velay , mais en vertu de leur plus grande épaisseur, peut-être même de leur plus grande fluidité ; elles sont généralement plus saines. Les basaltes porpbyroïdes pyroxéniqiies , homogènes , compacts et granulaires sont identiques à ceux du Velay; on retrouve les mêmes pozzolanes, à l'état >de tufs argileux , les scories pyroxéniques décomposées. Au sud-ouest de Chenavari, sur l'autre pjiateau, on rencontre une roche analogue aux brèches scoriacées , à ciment jaunâtre , des Boutières. Enfin, on remarque généralement la ménoe abondance du pyroxène , la même rareté du péridot, bien qu'on puisse en citer quelques exceptions, notamment à MontbruU, où les noyaux d'olivine Sont fort abondans