‹ Description des terrains volcaniques de la France centraleChapitre 24 sur 32 · FORMATION DC VELA Y ET DU VIYARAIS · texte numérisé non relu

FORMATION DC VELA Y ET DU VIYARAIS

tk)ûs de leurs roches, et la nature même de ces roches, leur assignent ce rang intermédiaire. lia lacune qui sépare les volcans de l'est et de F-ouest, si différemment caractérisés , se trouve ainsi remplie par une portion de cette chaîne, composée d'élémens hétérogènes et d'éruptions de toutes les époques.

Aux éruptions les plus anciennes se rappor- Des dykes er tent ces injections, ces éjaculations de laves compactes , sous forme de filons et de d^kes ,* qui forment sans contredit la partie la plus intéressante de la chaîne. On retrouve ces alignemens de dykés sur une . même fissure , remarqués à Rochemaure ; la direction de leurs fissures ne coïncide pas toujours avec la direction de la chaîne , et par suite la direction générale des efforts volcaniques. Les dykes, alignés de Montchamp, de Servissas, de lourounet, de Suc-du-Garde et Mon tahu, offrent des exemples frappans de ces alignemens.

La direction tles filons basaltiques est très variable ; mais ils présentent souvent des relations évidentes avec les dykes , en ce que l'ensemble de ces directions aboutit à un point central , qui est souvent une masse puissante. Ainsi, près de Servissas, on remarque cette

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disposition^ qui existe de- même à la Bocbe- Bouge. Cette Todie (pL IX) , de forme grossie- ^^MQent cylindrique^ surgit âu-déssus du <jOteMi grauitiqtte, qui encaisse la rive droite de la "Gagnera i,5oo mètres afiviroii de son em« bouchure dans la Lorre. M* Bertrand l'a #>e* gardée comme une ancienne boctclie tolca^^ nique, un fond Ab ctMère qui aurait été dégagé par les eau^de son enveloppe granitique ,' et cette hypothèse s'aecordè eu effet très bien avec la fadle désaggf égation du gt*a^ nite , comparativement à la ténaéitë àé la Toohe basaltique ; àvec la formé eylindroide ée la masse, qui représente bien celle que prendrait, en se mpulatvt, la lave qui ôsisâle au fond d'une boudie volcanique ; enfiliavee sa composition de basalte compact et scoriacé, de brèche à ciment de- lave y empÂtanl des noyauK granitiques^ Cette origine particulière jette un intérêt Spécial sur cette masse: elle n'a^'d'ailleurs rii^n de choquanl; ca^lâ Roche- Rouge est placée ^ûf le penchant de la petite vallée- de- la Gagné, qui , ainsi qile la Loire, prend sa source dans le groupe du Mezènc; et d'ailleurs les perturbations tiombretiëesqui ont modifié U configuration du sol dans cette val-

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lée ont dû influer nécessairement sur ia dis-* tribntion des eaux , et peuvent faire supposer de grandes din^nutions dans le volume d'eau de la Gagne.

On a observé deux filons qui partent de sa base, à Test et à Fouest ^ et se prolongent jus^ <ju'à 5 et 600 mètres» Le point d'émission peut donc être considéré comme le point central d'une longue fissure. 11 en est de mémo relativement à certains dykes basaltiques ^ npn^^seulement dans cette formation , mais dans plusieurs points des groupes trachytique». Tels sont le roc Gourlailde dans les monts Dores, le puy Yiotent , dans le Gantai ; sou vent plusieurs fissures se croisent au point dlé^ mission 4

Ge qui a été dit de la forme généralement conique et isolée d€» dykes basaltiques y de la direction de leurà fissures, et par suite de leui^ structure, peut servir à les distinguer des restes de coulées , qui dans certains cas j ont aussi* la f0rme de montagnes isolées^ Gette distitiction j &cile toutes les fois que la roche est à nu^ Test moins lorsque , toutes les aspérités s'étant écroulées. sur elles-mêmes, la masse ne présente., comîne le gros dyke de PeynÀstre par

exempie , qu'un amas de blocs et de débris ; mais alors cet aspect est encore en quelque sorte un indice ; car les restes isolés de coiilées sont presque toujours des montagnes à chapiteaux , où la stratification est facile à constater. A Brunelet, par exemple, et à Doue, qui ne sont pas loin des dykes de Pëynastre et de Ser vissas, cette- dispositioii est facile à recoiinaître« A là base est de Brunelet, on voit une masse basaltique , en partie décomposée , qui évidemment a percé les marnes ; mais ce basalte ancien n'est plus celui qui les couronne et forme leî chapiteau de Brunelet. Celui-ci est beaucoup plus moderne et le même qui se retrouve à Doue. Ces deux montagnes furent contigué's et appartiennent à une coulée , dont la position basse et la stratification sur Içs marnes justifient la dislocation. La disposition des fissures et la manière dont la basalte se délite en gros blocs , sont d'ailleurs bien différentes de ce qu'on peut observer dans les dykes de Pëynastre , Montchamp, etc. , et suffiraient pour reconnaître ici la forme de coulées. L'alignement des dykes basakiqUes sur des fractures secondaires, indépendantes des grandes fractures , sur lesquelles sont alignés pres-

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me toasles volcans, en ce qu'elles suivent souvent d'autres directions , justifie en quelque sorte les exceptions sur une échelle plus vaste au parallélisme des chaînes volcaniques, par exemple , celle des volcans américains. Ces fractures secondaires sont en effet quelquefois beaucoup plus considérables , qu'elles ne le paraissent d'abord. Celle sur laquelle sont placés les dykes de Pierre-Giraudet , du château Servissas et de Pierre-Grosset(pl. VIII), ^e prolonge vers la plaine de Saint-Germain par trois autres masses coniques de moindre dimension , disposées dans la même direction et sur le prolongement de la ligne. On pourrait même y rattacher d'autres saillies basaltiques, de même qu'à la ligne des dykes . de Montchamp, Suc-du-Garde ; et à celle des dykes de Rochemaure, perpendiculaire k la direction des Coyrons ; surtout en se rappelant que dans le cas des coulées, il faut considérer la position du point d'émission, et non -celle de la coulée. ^

Les filons et même les dykes basaltiques sont quelquefois accompagnés de pépérinos , de brèches à ciment de lave qui se sont formées soit dans le trajet, soit dans un mouvement

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oscillatoire, par le broiement des parois solides dont les fragmens ont été agglutinés on em-* pâtés par la lave. Le dyke de Pierre^airaudei: présente ainsi une brèche de lave basaltique empâtant des fragmens de la marne quïl a percée, devenus lithoïdes et compacts; mais il présente, en outre, un fait bien plus remar-^ quable, dont on doit la découverte à M. De*ribier.

La partie centrale y est occupée par une grosse masse de trachyte; ce trachyie est le seul gisement isolé qu'on ne puisse rattacher à la chaîne orientale ; mais la manière dont il est enveloppé par le basalte, la pénétration des principes constituans des deux roches, laissent peu de doutes, relativement à son origine.

Cette masse a été, selon toute probabilité^ amenée au jour par l'émission du basalte. L'examen de la localité ne permet guère de suppo« ser l'altération d'une roche préexistante, et Thypothèse précitée paraît la seule admissible , car l'on ne peut supposer une émission isolée de trachytcpréexistantsur ce point, ensuite englobée

par un basalte ; et encore moins toute idée de transport qui amènerait cette masse de la chaîne orientale. Cette roche est un trachyte bien

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caractérisé; il y en a même deux variétés qui, Tune et Taulre, se rattachent à la variété homogène. La première est compacte, sonore; elle présente dans sa cassure un peu conchoïde, de petits cristaux plats de feldspath vitreux. La seconde est scorifiée , les cavités sont remplies d'une substance d'un gris jaunâtre, plus claire que la pâte ; elle contient accidentellémeiit de petits fragmens de feldspath boursouflé^ passant à Tobsidienne ponceuse. La masse traébytique est très fissurée; elle se décompose en quelques points. Elle est enveloppée de basalte compact , noir , parfaitement caractérisé , qui, ' au contact, pénètre quelquefois dans le trachy te et prend alors des cristaux de feldspath , et une apparence moins pyroxénique«* -

Ce trachyte a-t-il été arraché dans les profondeurs du globe, par le basalte, bu plutôt avait-il déjà été rapproché de la surface par les émissions de la période précédente? N'est-ce qu'une massé de granité réduite à cet état par une fusion nouvelle, englobée et amenée parle basalte ? La première supposition est , selon toute apparence , la pi us admissible.

Les éruptions plus récenteis eurent lieu; comme dans la chaîne occidentale, sous forme

%6o CHAPITRE VIII.

de coulées ) acooiapagiiéeâ de dëjecrions ahowh dfltites, diratifiées ou accumulées «n monta^ tagnes arrondiea^ doiitiesplm modernes ùffrmit des restes de cratères. Ces volcans appartiens Bént k des âges très dtfférens, et on peut les comparer d'après les principes développés dans le chapitre vu sur Fâge relatif des basaltes^ de maftière à suivre leur émission Mccessive^ Ainsi, les coulées disloquées auxquelles ne se mppor* tebt que des amas informes , des lambeaur de déjectic^s terreuses, et quelquefois aucunes; oes coulées que Ton peut dter entre autres points mi sud et au nord de Denise ^ sont les [4us anciennes , «t se rapportent « aii moins, à * rémission des dykes. Les roches constituantes présentent de même ces caractères de tenture compacte et lamelleûse , de rareté àeà substances disséminées, surtout du péridot, de fréquente décomposition : ce sont aussi des ba« sahes anciens.

Viennent ensuite les vc^cans dont on petft reconnaître les formés plus ou moins disloquées Croustet , montagne conique composée de basalte et de laves scorifiées dans lesquels on trouve des saphirs bleus , quelquefois verts, et des rircoBs* Ces substances se trouvent parti*

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cuHèreroeut dans une lave poreuse, d'xuï gm dlûr, tendre et un peu terreuse; le baaalte contient du fer litané asses abomlammenl , et de Tamphibole. Quelques lavei environi^iites contiennent aussi des ^ircons', et se rattachent ,. par conséquent^ au volcan de €roustet. £n général , tous (es basaltes qui se rattachent aux centres d'érupticms de Saint-Genelx^ » Stûnt* Paulien , d'Ours , des sucs de Breysse f d'autreis isolés» tels que Doue, Brunelet, Saint -Mau* rice , Chaudefay , etc. , doivent être , selon toute aqpparence, placés entre rémission des baaaites de l'est et de l'ouest, et former une époque inr termédiaire. Les volcans de Breysse constituent le centre le plus considérable; la puissance et l'étendue des basaltes qui s'y rattachent sont proportionnées à la grande agglomératioii de déjections qui forment les montagnes centndes» Les coulées se sont principalement étendues vers le nord ; en effet , il est à remarquer que dans cette cbaine, en vertu de la forme eUip*^ solde du bassin de la Haute-Loire , les volcans dn sud ont ordinairement déversé leurs laves^ vers le nord , tandis que les volcans du nord les ont déversées vers le sud* Les laves basaltiques, tant qu'elles reposent

sur le granité, présentent assez de continuité^ surtout vers les centres auxquels elles se Rattachent ; mais lorsqu'elles reposent sur les marnes tertiaires, leur dislocation est souvent complète. Les eaux ont agi, en efFet, d'une manière très énergique sur ces marnes , et les lignes de stratification des basaltes disloqués de Saint- Maurice, Doue, etc., indiquent le niveau qu'elles avaient lors de ces éruptions. Certains basaltes de Doue ne sont pas en effet très anciens; ils reposent en partie comme le volcan moderne de Denise, sur les brèches; ils sont très péridotiques, sains, accompagnés de matières scorifiées et de cendres. La coupe de cette montagne n'est pas sans intérêt; ua basalte moderne , accompagné de laves scorifiées , est appliqué contre un basalte plus ancien, queU quefois avec chaux carbonatée amygdaloïde; ce basalte repose, soit sur une brèche, soit du côté de la route sur des cendres grises très fines, légèrement agglutinées et dont la structure en prismes hexagones de 0,01 de diamètre est. remarquable. Un banc de sable et cailloux roulés, en partie volcaniques, sensiblement horizontal , et dont la position indique ^ par conséquent , que la dislocation est bien dtie à l'é-*

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rosion et non à des soulèvemens , sépare cette petite couche de cendres d'une autre couche de cendres plus grossières, plus agglutinées dont l'épaisseur va jusqu'à plus d'un mètre, et qui est divisée en prismes de toutes les cristallisations, qui ont cette fois o,o5 et 0,07 de diamètre. Ce second banc de cendres est remarquable en ce que la division prismatique n'y est vraisemblablement due qu'au dessèchement. Tout cet ensemble repose sur des brèches et sur les marnes sans fossiles. Le volcan de Montserre est séparé de sa lave qui forme le vaste plateau de Chaud de Fay, par le lit profond de la Sumène; ces dislocations n'ont rien d'étonnant si l'oa considère la position des basaltes sur le passage des eaux qui d'ailleurs n'ont pas toujours été . concentrées dans les vallées actuelles, comme on peut s'en convaincre par la position de cailloux roulés phonolitiques en des points actuel* lement éloignés des lits de la Sumène et de la Loipe, les seuls cours d'eau un peu considérables qui eu charrient maintenant.

Il est de^ volcans bien plus récens que ceux>* ci,car malgré le désavantage de positions analogues, ils sont dans un état de conservation beaucoup plus satisfaisant. Le volcan deDenisev

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par exemple^ qui a percé les brèches djUQs l» dépression du Puy , présente uo cratère oblitéré dont la destruction doit être probablement attribuée en grande partie, à l'émission de sa lave dite la croix de paille (PL IX). Le point de sortie de la lave est à découvert , elle est des-» cendue de ce point jusque dans le lit de la Borne où elle présente une des plus belles colonnades du Velay, connue sous le nom des Orgues d'Espaly. La forme montagneuse qu'elle a prise^ indique une fluidité très pâteuse, que»* qu'on puisse ^ d'après la texture serrée , com^ pacte, peu cristalline du basalte » lui en sup* poser une toute autre.

Ce volcan , qui a percé des assises puissantes de terrain tertiaire et de brèches, est reroar* quable par la quantité de fragmens primiti£i contenus dans la lave et dans les déjections : ces fragmens de granité et de gneiss présentent une série fort complète de toutes les altérations qiiMls peuvent subir par le contact des laves; on les trouve fondus et passant plus ou moins au basalte , ou à la pâte rouge des matières scorifiées et des larmes dont ilsforment souvent les noyaux. Quelquefois ils sonteuxrmémesacot rifiés, et sans changer de composition^passent

FORMA.TIO» DU VELAY ET DU VIVARAIS. 1à&5

à la ponc6 boursouflée. La conservation du Volcan de Denise, l'état sain de ses déjections doivent le ranger parmi les plus modernes du Yelay < il- en sera de même du volcan de Bac près Allègre. Le cône de ce volcan , placé à l'extrémité nord de la chaîne dans une plaine qu'il domine, présente les restes d'un beau cratère de 4o mètres de profondeur et 5oo de diamètre; il y exista un lac dont on a fait écoula le^ eaux , et qui fut long-temps cité comme . un gouffre sans fond. Toute la masse du cône est composée de scories et de pozzolanes, parmi lesquelles pn trouve j en abondance , des noyaux de péridot vert et rouge , des noyaux d'amphibole , et quelquefois un péridot compact vitreux , vert bouteiUe translucide , susceptible d'un beau poli : c'est, jusqu'ici, le seul gisement de ce péridot que la France possède. Ija dernière coulée de ce volcan est dirigée vers le sud, c'est la plus péridotique qu'on puisse citer; à Ceaux d'Allègre, dans certains blocs les noyaux d'olivine forment près du quart de la masse.

Le volcan de Bauzon k l'antre extrémité de la chaîne, dans le Haut-Vivarais, ne présente pas une forme^ aussi bien caractérisée, il a re*

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jeté une grande quantité de pozzolanes , le plus souvent noires, que l'on retrouve jusque sur les bords de la Loire au Rioutord. Elles sont peu élevées au-dessus du niveau actuel des eaux. Au nord, et près de lui, est le petit ' lac Férand dont les eaux saumâtres n'ont pas d'alimentation visible ; autour de ce lac quel^ ques matières volcaniques sont peut-être dues au voisinage de Bauzon , ou du volcan dfa Pal, car la végétation ne permet guère de bien explorer la nature du sol.

cratàre de sou- ^Au sommet de la côte de Montpezat, après

lèrement daPaL î i i

avoir passé le petit hameau du Pal , le chemi» qui mène au Rioutord traverse un cirque de montagnes assez, élevées. On y entre par un défilé très étroit entre deux montagnes abrup-' tes , occupé par un petit ruisseau qui se précipite en cascades, et par un ravin très incliné dans le Bas-Vivarais. Ce défilé franchi, Ton se trouve tout-à-coup dans un cirque complet et très régulier (PI. VII), dont le fond plat et horizontal est partout encaissé par des montagnes arrondies, dont les pentes intérieures sont escarpées. Vers le centre de la plaine circulaire qui forme le fond , on voit surgir trois cônes isolés et inégaux. Le chemin sort de

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