DES
Le centre de la France méridionale est Piateanprimioccupé par un vaste plateau primitif, de ^^^ Jai* ^"""^ forme irrégulière, partout environné par les formations secondaires. C'est dans la partie orientale de ce plateau que les feux volcaniques s'ouvrirent une issue, à une époque pos-
a cHA.prnaB i.
térieure aux derniers dépôts tertiaires; ils en modifièrent la surÊice par l'entassement de masses puissantes, et par les perturbations locales qui accompagnèrent l'émission successive des matières volcaniques des périodes trachytique, basaltique et lavique.
Abstraction faite des masses volcaniques superposées 9 lasurfacç de cette partie du plateau est très inégale; elle est sillonnée par des rugosités dont la direction générale est du nord au sud, et qui encaissent les hautes vallées de la Loire et de l'Allier. Les accidens du sol primitif se présentent sous la forme de crêtes montagneuses , se prolongeant à de grandes distances ; telles sont les chaînes qui encaissent la vallée de la Haute-Loire, et la petite vallée de la Dore. D'autres fois ils sont causés par le relèvement subit du sol, qui, du côté opposé, s'abaisse graduellement; tel est le plateau incliné sur lequel sont superposés les mpp,ts Dômes ) et qui, du côté de Glermpnt , . présente des pentes escarpées. Ces inégalités divisent la contrée en parties plus o#, moins distinctes : ainsi la vallée de la Haute^Loire est un bassin elliptique , dont k> Loire fonxiie le. grand axe sur une longueur
de plus de cinquante kilon^ètres. Elle est encaissée par deux crêtes granitiques , qui furent ensuite exiiaussées par ta superposition des terrains volcaniques. Une petite chaîne transversale subdivise ce bassin* en deux , celui du Puy et celui de rEmblavès» Il est fermé du côté du nord par le relèvement des montagnes de la Chaise-Dieu ; ces montagnes séparent la vallée de l'Allier de celle de la Dore; le sol, bien que sillonné dans tous les sens, s'y maintient à une élévation à*pea-près constante. La vallée de TAllier, plus longue et plus large, côtoie à l'ouest celles de la Haute-Loire et de la Dore.
Le granité est la roche dominante; il passe à des schistes quartzeux assez développée, à quelques bâhcs subordonnés de gneiss; Les porphyres se trouvent en plusieurs points ; ils semblent avoir occasioné le soulèvement de la chaîne d'Ambert : ils forment de gros filons dahis les environs de Pontgibaud. Les filons quartzeux caractérisés par les améthystes, la chaux carbônatéé manganésifère et la galène, abondent dans la chaîne qui part' de la Chaise-Dieu, entre l'Allier et la Dore ; aux ei^ virons dé Pontgibàud , Atigle, etc.
On a remarqué que ces filons se lient par leur position aux grands accidens du sol , en ce qu'ils affectent comme eux une direction générale du nord au sud.
Le soulèvement de ce vaste plateau remonte à une époque géognostique fort ancienne, à en juger par la position des formations houillères et jurassiques- disposées autour de lui, sans que rien n'indique qu'elles aient pris part à cette grande perturbation. On serait donc conduit à le regarder comme antérieur à la formation houillère, c'est-à-dire comme appartenant à la première révolution dans la classification des souièvemens de M. Ëlie de Beaumont. Mais la présence, dans certaines dépressions, de petites formations locales, comme le grès rouge de la vallée de la Haute*Loire , et dans la vallée de l'Allier les bassins houil- 1ers de Langeac, Brioude, Brassac, etc., tendraient à £aiire supposer des souièvemens partiels, postérieurs aux principaux, et qui aur raient eu lieu entre la formation houillère, et la formation jurassique qui n'a pénétré en aucun point du plateau. Ces souièvemens partiels auraient isolé ces petites formations des formations plus considérables auxquelles elles
appartenaient. Ainsi les arkoses du Puy auraient été un lambeau, séparé dés arkoses du Bas-Vivarais par le relèvement subit du terrain primitif qui a placé le Haut-Vivarais à quatre cents mètres plus haut; les bassins^ houil- 1ers de la vallée de l'Allier auraient été en relation avec les formations étendues, accolées à l'extrémité nord du plateau. Cette hypothèse n'est peut-être pas assez appuyée pour qu'on ne jouisse aussi regarder ces petits bassins isolés comme résultant de révolutions locales et particulières.
Tel fut le mode de formation des trois bassins tertiaires qu'on retrouve dans les trois dépressions principales de la partie orientale du plateau , et qui sont évidemment contemporains. Ces trois formations isolées se déposèrent au fond des lacs qui existaient pendant cette période dans la haute vallée de l'Allier, dans celle de la Haute-Loire, et dans une dépression qui occupait la partie nord des monts Cantal, qui la recouvrent aujourd'hui presque entièrement. Au fond de ces lacs eurent lieu les dépôts successifs des terrains de sédiment supérieur, dont les assises se correspondent.
. Le bassin du Puy présente la succession la plus complète, quoique peu développée, des terrains de sédiment supérieur. Celui.de l'AU lier est }>eaucoup plus étendu , mais il est moins souvent en rapport avec les terrains volcaqiques*
Bassin du Puy,
Argiles et marnes sans fossiles.
Marnes siliceuses^ Gypse, Calcaire.
Alluvions tertiaires comprenant les argiles limoneuses et les lignites.
Bassin du. Cantak
Argiles sans fossiles..
Marnes, calcaires^ argileuses et siliceuses.
Calcaire.
Des étages, correspondans se retrouvent dans le vaste bassin de l'Allier 9 dont les alternances argileuses de Moulin et Saint-Pour-^ çain forment la partie inférieure^ et dont la
SYSTÈME VOECAmQUE. 7
partie supérieure^ formée par lés calcaires de lalimagne, est souvent recouverte par les terraitis volcaniques. Les nombreux débris orga^ niques que renferment ces divers bassins , tevtiaires attest ent une origine lacustre; et bien que les argiles et les marnes inférieures n en présenleht pas ) aucun fait n'autorise à supposer que leâ eaux de la mer aient concoiira à leur formation; et l'on ne peut s'appuyer pour cela ni sur l'absence des fossiles , lii sur la puissance dé leurs assises. Dans le bassin de la Haute* Loire, par exemple, celte puissance surpasse de beaucoup celle des autres dépôts , et l'absence de tout corps organisé est complète; mais aucune contrée n'est plus propre à faire reconnaître leur origine. Ces argiles et marnes sont rouges et d'un gris bleuâtre; elles recouvrent immédiatement le granité ^ et en plusieurs points leur formation se continue par la décomposition spontanée de ces granites.
L'exemple le plus frappant de cette forma* tion d'argiies sur place est à Brives, où Ton voit à l'ouest de la route des passages réels entre ces deux roches Si différentes; les résultats de ces décompositions remaniés pan
les eaux allaient se stratifier dans le fond da bassin , ainsi que cela est prouvé par les alternances de bancs rouges et gris, à Doue, Rochelimàgne, Rozières, etc.; dans la vallée d'Allier, on retrouve de ces formations* d'argiles sur place, et la décomposition des roches volcaniques a donné solivent naissance à des roches semblables. Des arkoses tertiaires , des marnes et calcaires isolés annoncent, dans la haute vallée de l'Allier, des bassins indépendans; mais il suffit d'avoir ici mentionné les principaux traits des formations avec lesquelles les terrains volcaniques ont quelque rapport.
Systène vol- Lcs tcrraius volcaniques, irrégulièrement cciniqatf. distrlbués, occupent dans la partie sud-est du
plateau une surface d'environ deux degrés; leurs masses puissantes ont hérissé cette contrée d'aspérités nombreuses ; elles y forment des montagnes élevées. Vers le sud on les re^ trouve encore au-delà du plateau, et 1^ basaltes du Bas-Vivarais et des Coyrons, reposent sur le granité et sur lé calcaire secondaire qui lui succède.
Les centres d'éruption de l'époque trachytique sont disposés sur deux lignes distantes
STSTèHE VOLCANIQUE. 9
de près de loo kilom. Sur la première du côté de Touest, le vaste groupe du Cantal , celui des monts Dores, et les montagnes Domitiques se succèdent dans la direction du sudouest-sud au nord-est-nord , et sur une longueur de 1 10 kilom. La seconde ligne est formée par la chaîne trachytique du Velay , longue de 5o kilom. depuis les montagnes de la vallée de Sainte-Eulalie , au-delà des sources de la Loire, jusqu'au défilé de Chamalières par lequel elle sort de la haute vallée. Cette ligne incline du sud-est-sud au nord-ouest-nord.
Hors de ces lignes d'émission , on ne trouve aucune trace d'autres éruptions trachytiques. Autour des groupes trachytfques, et dans des positions souvent très rapprochées du centre, on trouve les basaltes anciens qui forment une zone inégalement répartie autour des monts Dores, très puissante et très développée autour du Cantal. Ce développement n'est pas moindre dans la chaîne du Velay, où les éruptions basaltiques eurent lieu sur deux points; enfin, ces basaltes constituent seuls la chaîne des Coyrons, depuis les sommités de l'Ëscrinet jusqu'à Bochemaure.
Des éruptions postérieures donnèrent lien à
lO CHAPITRE I.
un dévelappeaient complet de la formation basaltique dans le Veiay et le Vivarais. Ces éruptions eurent lieu sur deux lignes parallèles à la chaîne de Yelay; la cbaine la plus occidentale sépare les hautes vallées de la Loire et de FAllier; elle est composée de plus de quatre- vingt cônes de scories, dont un grand nombre déversèrent des laves dans ces vallées. Ces éruptions basaltiques paraissent s'être terminées par les volcans du Bas-Viva* rais, placés au pied dén escarperaens sud du plateau primitif, c'est-à-dire sur la ligne de fracture du soulèvement. La période basaltique se développa aussi dans la Basse- Auvergne quoique sur une échelle beaucoup moindre ; il en résulta une formation incohérente , mais variée dans ses formes et ses produits , qui est disséminée dans le département du Puy-de-Dôme. Il est à remarquer que toutes, les éruptions de la période basaltique, eurent lieu dans l'espace compris entre les deux lignes, trachy tiques , sauf d'exception des Coyrons.
Enfin, l'apparition d'environ soixante cônes volcaniques, dont la composition let les pro*« duits sont identiques à ceux des volcans modernes, et dont la parfaite conservation indi-
que une époque très rapprochée , termina l'action des feu;c souterrains dans la France centrale. Ces volcans modernes forment une chaîne qui prolonge vers le nord Taxe d'éruptions du Cantal et des monts Dores.
Telles sont le$ relations d'âge et de position Rapport» de
^ * position des ter-
que présentent 9. au premier cou p-d'œil , ces "•«•»» ▼oicani-
oues.
terrains volcaniques ; un examen plus approfondi permet d'en constater de plus importantes. On remarque que la direction générâ- ^ment suivie par les éruptions des diverses époques, coïncide avec celle de tous les grands accidens du sol primitif ; outre cette concordance générale dans leur direction , les lignes volcaniques présentent entre elles des exemples frappans de parallélisme.
Ainsi, une première émission de basaltes coïncide avec la direction de la chaîne tràchytique du Velay, et deux autres séries d'éruptions ont lieu sur deux lignes parfaitement parallèles sur une longueur de 5o et 60 kilom. Il y a donc là quatre lignes d'éruptions toutà-fait parallèles.
L^ éruptions trachy tiques du Cantal y dea nionts Dores et des monts Domi tiques , ont eu lieu sur une même ligne à l'est ; les ba-
•altes de la Basse- Auvergne, suivent la même direction; à l'ouest, ils forment une chaîne tout-à-£ut parallèle depuis Bochefort jusqu'à IVanal : enfin j la chaîne des volcans modernes coïncide avec cette ligne.
Ijk position relative des diverses forma lions volcaniques présente une exception aux lois de répubion observées entre les formations trachytique et basaltique ; elles sont en plusieurs points dans une véritable associalion. Dans le Cantal , le basalte constitue des dykes et des filons très rapprochés du centre trachytique , environné de tous côtés de puissantes coulées basaltiques. La chaîne du Velay présente deux cas de cette association; à la hauteur de Mezères, et surtout dans les montagnes du Mezenc et du Béage, où les basaltes occupent une plus grande surface que les tra* chytes et lesphonolites. Le developpement.de ces basaltes est , eu outre , évidemment lié à la chaîne trachytique par des rapports de composition.
Limton iotimo Ccs alicnemcns des masses volcaniques de
de cei terrains. ^ '-
diverses époques, leur parallélisme, leur association inusitée, sont naturels dans ces terrains ^ dont le trait caractéristique est la liai-
son qui existe non-seulement entre chaque formation , mais entre les subdivisions de ces formations. Ur, cette liaison n'existe pas seulement dans les formes affectées par les masses, mais aussi dans les roches variées dont elles se composent; de sorte que Texamen en est plus instructif, que dans toute autre contrée, pour constater l'origine et les détails du mode d'émission de chacune, ainsi que les rapports qui existent entre elles.
Cette liaison est telle , que l'on ne peut douter qu'il n'y ait eu en certains points des basaltes contemporains des trachytes, et que d'après leur position relative , on est plus d'une fois conduit à confondre dans une même série d'efforts volcaniques , des masses qui , minéralogiquement , appartiennent à des époques différentes. Sous le rapport des roches , les trachytes et les phonolites sont liés intimement dans la chaîne du Velay; le groupe du Mezenc présente une liaison non moins intime des phonolites et des basaltes. Enfin, Içs basaltes si modernes du Bas-Vivarais établissent entre cette formation et la formation lavique un passage remarquable. De sorte que depuis les trachytes du Cantal et des monts
l4 CHAPITRE I.
Dores jusqu'aux volcans de la chaîne des Puys, les masses volcaniques de la France centrale ^ ne forment véritablement qu'un ensemble continu.
Le terrain basaltique est le plus développé, et son ensemble constitue une des plus belles pages de la géognosie. L'histoire de ces roches est écrite dans les détails les plus minutieux; et' les cours d'eau , en mettant à pu les circonstances diverses qui en ont accompagné rémission, ont souvent découvert des faits
qu'où ne peut même saisir dans les volcans brûlans. On y rencontre toutes les variétés de roches affectant des formes différentes ; et ce terrain se présente dans sa période complète ; lié d'une manière intime avec le terrain de trachy te , tandis que sa limite inférieure se lie jusqu'à l'identité au terrain lavique, c'est-àdire aux phénomènes actuels. Enfin , cette pé^ rtfode^est encore d'un haut intérêt par la série de^ perturbations qui ont accompagbé les éruptions , et qui ont modifié les terrains préexistans.
Ije terrain trachylique est loin d'oflrir un ensemble aussi complet; ses caractères sont exceptionnels comme son âge récent, et les
STSTÈME VOLCANIQUE. l5
roches trachytîques se présentent sous des formes qui se rapportent à leur époque d*apparition , c'est-à-dire que lès trachy tes , se trouvant dans des circonstances qu'on peut appeler basaltiques , en usurpèrent souvent les caractères de forme et la structure.
Les caractères de liaison et de conservation de ces terrains peuvent être attribués à l'âge récent et au peu de durée de la période pen* dant laquelle ils durent se développer; de sorte qu'à partir des premières émissions trachy* tiques jusqu'à l'extinction des feux volcaniques en France, il est à présumer qu'il y eut tou-^ jours 4^s bouches volcaniques en activité.
L-époque d'apparition moderne des trachytes, recula naturellement aussi celle des basaltes, et de là cette coiiservation des formes , plus importante que tout autre caractère pour constater le mod^ d'émission. Néanmoins cette action volcanique, que Ton peut regarder comme contimue , se porta succ^sivement sur divers points en redoublant d'intensité, et ac^ cimiiilant sur ces^ points dea produits diverse^ meiil oarackérisés. Le développement phis ou j/tkoius^ gramd de ces divers- produits volcani*^ quesy> les relations qui ei^istent entre eux,
l6 CHAPITBE I.
conduisent à établir cinq grandes subdivisions : Tune trachytique , la seconde phonolitique; 3"" celle des basaltes anciens; 4** œlle des basaltes modernes; 5** enfin celle du terrain lavique représentée par la chaîne des Puys.
SouicTemens L'actiou volcaniquc n'eut pas seulement Toicaniqne. pour résultat Teutassement successif des produits ignés de ces diverses époques; leur émission fut souvent accompagnée de modifications importantes dans la configuration du sol. Ces modifications portèrent principalement sur les masses surajoutées; parce que Igrs de la recrudescence de l'action expansive sur ces points, cet obstacle accumulé et l'obstruction des premiers canaux obligèrent cette action à chercher d'autres points de déchargement. Elle ne put se frayer une issue que par des firactures nouvcdles iet après des bouleversemens considérables.
I^ France centrale, livrée pendant si long* temps à l'action continue des feux souterrains, présente beaucoup de points non-seulement dans les terrains surajoutés, mais aussi dans le terrain primitif où l'on reconnaît ces perturbations. Sous ce point de vue, les effets ne
sont pas moindres que ceux des masses épanchées , et ces résultats de Faction yolcanique ^ont comme les autres soumis à des lois incontestables. Comme ce sont ici des formes que Ton a à étudier, et qu'elles ont été quelquefois profondément altérées par les agens atmosphériques , on a besoin de s'appuyer sur les faits les plus récens , ou qui , par leur position , ont échappé à ces altérations pour reconnaître ceux qui seraient méconnaissables sans ces rapprochemens. 11 n'est pas nécessaire de sortir de la France^ volcanisée pour remonter, des phénomènes de soulèvement conservés, à ceux qui sont plus ou moins effacés; de ceux qui sont complets dans leur développement à ceux qui ne sont qu'ébauchés. La France a servi plus qu'aucune autre contrée à l'avancement de l'étude des volcans éteints, elle a renversé les systèmes de l'école allemande , et c'est encore là qu'il faut étudier les phénomènes de soulèvement, et qu'on peut reconnaître les lois auxquels ils sont assujétis. Comme, d^ailleurs, ces phénomènes ne se présenteraient pas à l'étude dans l'ordre nécessaire pour les bien embrasser, c'est-à-dire du simple au composé , il sera bon de jeter
f8 CHAPITRE 1.^
sur leur ensemble un premier coup-d'œil.
Un soulèvement dû à Taction volcanique, dans un terrain primitif, est toujours très difficile à constater ; car lors même que la configuration du sol serait incompatible avec toute autre hypothèse que celle des soulèvemens, il faut que la présence de la lave et sa position particulière relativement à cette configuration du sol attestent que c'est bien à l'action volcanique qu'elle est due; ou bien encore que des strates peu antérieurs aient été mis dans des positions incompatibles avec leur nature. Dans un terrain volcanique, il suffira de prouver -que les roches ne sont pas dans la position où elles ont été émises; eu un mot , que les formes ne sont pas conciliables avec la nature de ces roches, non plus qu*avec les altérations qu'elles ont pu subir de la part des agens atmosphériques.
Les perturbations les plus fréquentes qui résultent de l'émission des matières volcaniques , ou de leur action expansive sans qu'il y ' ait eu émission , sont les bouleversemens des strates, des massifs préexistans; ils ont été relevés ou changés de niveau , d'où résultent des ruptures, des failles, etc., modifications
trircpn^rîtes et d'un inlérét purement local Mais celles qui ont agi , sur de grands espaces , méritent une étude spéciale non-seulement en raison de leur étendue, mais à cause des lois auxquelles elles sont assujéties.
Ces soulèvemens se présentent sous deux formes : ce so^t des gibbosités arrondies f fCé^ levant au-dessus du niveau ordinaire du sol , dont un pic volcanique forme le point culminant et central ; ce pic , dans le cas où la masse soulevée est aussi volcanique » est de nature plus récente. Dans Tautre cas, ce sont dies cra* tares de soulèvement plqs ou moins complets.
Les altérations auxquelles furent exposées les formes de ces cratères , rioeertitude qui résulte de leur théorie peu avancée, et surtout leur développement souvent incomplet, en ont fait l'objet de discussions; parce que leurs forâmes modelées par les eaux ont pu paraître, au premier abord, provenir de leur. érosion aussi bien que de soulèvemens. Tel est le cas du Cantal et de la grande vaUée des monts Dores, ou la lave soulevante n'apparaît pas^ et dans lesquels l'action volcanique ne s'est pas développée -au centre du cratère. Ce n'^^t donc que par les caractères extérieurs que^
dans ces deux cas, la question d'origine peut être décidée.
Il n'en est pas de même dans le Mezenc, le cirque de la Croix-des-Boutières présente tous les caractères d'un cratère de soulèvement; et la position des roches basaltiques relativement aux phonolites et. aux trachytcs qui forment la masse principale, prouve évidemment que cette configuration du sol est due à leur émission ; on trouve en outre, vers le centre , des restes de l'action volcanique.
DansleHaut-Vivarais,un cirque granitique a été soulevé par le basalte, on y entre par un défilé très resserré , et trois petits volcans basaltiques qui surgissent au milieu de la plaine circulaire qui en forme le fond-, complètent un cratère de soulèvement parfaitement caractérisé.
Après avoir étudié ces exemples de cratères de soulèvement, dont l'origine volcanique est incontestable, on trouvera beaucoup plus rationnel de supposer que la reproduction des mêmes formes, des mêmes caractères extérieurs dans les groupes du Cantal et des monts Dores , i:é$ulte de phénomènes identiques , plutôt que de l'attribuer à l'érosion des eaux
SYSTEJtfE VOLCANIQUE. ' 2t
qui ne s'accorde pas avec la configuration du sol. Ces considérations, jointes à celles que fourniront les localités, laisseront peii de doutes à cet égard. Les soulèveniens , en forme de cratères, se lient, d'ailleurs, avec ceux des gibbosités arrondies , en ce qu'il semble , comme l'a fait pressentir M. Elie de Bea,umont , que la lave, poussée de bas en haut , souleva le terrain superposé comme dans le dernier cas ; mais que la partie centrale, n'étant plus soutenue par la lave qui s'abaissa subitement après ce grand mouvement d'expansion , s'affaissa en laissant soulevées les parois soutenues et moins disloquées.
Cette hypothèse , qui a d'ailleurs l'avantage d'expliquer naturellement le développement postérieur de l'action volcanique vers le centre du cratère , a besoin d'être confirmée par de nouvelles ' observations ; mais il est à remarquer qu'elle s'accorde très bien avec l'état fissuré du granité dans le cratère du soulèvement du Pal dans le Haut-Vivarais; et sa cohérence , sa ténacité dans la gibbosité primitive du suc d'Ésteil, qui s'élève au - dessus du niveau ordinaire des montagnes de même nature qui l'environnent, et dont le point
aa CHAFITRf I.
central et ctibninant est on pcc bosahiqne.
La posîtioD des terraiiis tertiaîres aiiiiolice aussi qudqaefois des soalèTenieiis; tel est le bombement constaté dans les dépôts tertiaires du Cantal , ao-dessoos des masses Tolcaniqoes qni les recoorrent. Dans la Tallée de la Hante- Loire, il semble aossi, d^agrès les positions élerées où Ton troinre les marnes inférieures, qu'elles aient été placées si haut par le sonlèyement du terrain primitiC. Ce Eût est surtout remarquable auiL abords du groupe du
Actioadcseaax L'érosion dcs eaux a été, comme les
sur les terraîiis , « j ^^^ ^
Tolcaniqoes. Temens, la source de grandes modmcattons dans la forme des terrains Tolcaniques. Ces modifications sont plus générales , et comme elles portent sur les formes primitiTes de diaque masse , elles sont de la plus grande importance pour se rendre compte de leur mode d'émission ; ces caractères extérieurs étant les guides les plus certains dans les recherches d'origine. En effet, la stratification des trachytes des monts Dores, leur disposition en coulées, retracent leur mode d'émission, et l'état de plus du moins grande fluidité des roches, mieux que les recherches les plus minutieuses sur les caractères minéralogiques
STSTÈAIE VOLCANIQUE Y a 3
de ces roches. Dans l'étude d'une masse volcanique, il est donc essentiel de rechercher les altérations qu'elle a pu subir.
L'action évidente des eaux sur les basaltes profondément sillonnés du Bas-Yivarais , le morcellement de certaines coulées dans la vallée de U Haute-Loire, ont porté à beaucoup exagérer les effets de leur force érosîve. On s'est appuyé sur ces grandes érosions pour leur attribuer aussi les grands accidens du sol dans les centres trachytiques; et dans le terrein basaltique, on a regardé des dykes comme des restes de coulées. De là on est arrivé à faire exécuter aux eaux des travaux immenses , le tout gratuitement, présenté comme solution ingénieuse de problèmes qu'on devait préférablement réserver k l'avenir progressif de la science.
En fait d'érosions , la position des masses doit être consultée en première ligne ; car ces deux preuves de la puissante action des eaux , sont deux cas très particuliers. Il suffit, pour s'en convaincre, de considérer les anomalies qui résultent de la conservation des coulées basaltiques anciennes du Velay, composées de roches très scorifiées; à côté de là dispari-
%l\ CHAPITRE I.
tion d'une grande partie des coulées plus modernes, composées de basalte compact et te* nace. Dans le Bas-Vivaraisy la lave du volcan d'Aisa a disparu aux trois quarts ; et le cône volcanique de pozzolanes et de scories , d'où elle est partie, est intact , et présenté un des plus beaux cratères basaltiques que Ton puisse citer. Ces faits prouvent combien la position doit être considérée pour apprécier, l'action des eaux, et l'état de conservation des masses volcaniques. En effet , de l'examen de ces localités il résulte ^ que dans le Yelay les basaltes morcelés sont dominés par deux chaînes de montagnes, et placés sur le passage de toutes les eaux de la vallée qui coulent avec une pente de 895 mètres, sur une longueur de 5o kilom. Les basaltes anciens, au contraire, placés sur les pentes douces du Mezenc, ne sont dominés que par des pics phonolitiques aigus. Les premiers reposent sur des marnes friables, et qui, de nos jours, subissent de grandes altérations ; les autres reposent sur des phonolites durs et tenaces. Le volcan d'Aisa occupe une position élevée, dans un cul-de- I sac de montagnes granitiques, où il est à l'abri
t des eaux: sa lave, comme toutes celles du Ba&-
SYSTÈME VOLCANIQUE. a 5
Vivarais, est descendue dans le lit même d'un de ces torreus qui en sillonnent les gorges profondes.
Ces anomalies ne sont pas les seules , et nous citerons encore ces quatre dômes de trachyte domite, dont les formes nettes et saines contrastent avec les altérations des ba* saltes placés à Test au-dessous d'eux, à Prudélies, Chanturgue et les côtes , à Gergovia, etc. On peut en conclure ce principe : que l'action des eaux fut proportionnelle à son volume et sa pente, et que si elles ont agi avec plus d'énergie qu'actuellement, ce fut cependant par le même mode et par les mêmes moyens.
L'écoulement de lacs par la- rupture de leurs digues, parait aussi avoir occasioné des altérations profondes ; c'est à un phénomène de cette nature qu'il faut attribuer très probablement la disparition presque totale de cette grande formation de brèches basaltiques, qui a occupé le creux du Puy, et dont il ne reste que quelques rochers bizarrement dessinés.
Malgré tant de causes de perturbations , les terrains volcaniques sont arrivés , jusqu'à nos
jours y dans un état de conservation assez complet pour qu'on puisse, en ne perdant pas de vue les lois jiuxquelles ces perturbations sont assujéties , se rendre compte de leur mode d'émission , et distinguer les phénomènes qui Tout accompagné de ceux qui , depuis y ont modifié les masses produites.
TERRAIN TRACHYtlQUE. 27
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CflAPlTAB SECOND