EXPLICATION DES PLANCHES
1 . Le camée qui sert de fleuron au frontispice appartient au cal)inet des antiques de la Bibliothèque du Roi; il a rapport à la doctrine mystérieuse du culte de Gérés et de Prosei’pine. Cette déesse, que Jupiter, sous la figure d’un serpent, a rendue mère, vient de donner le jour a Zagréus, que, dans les traditions dionysiaques, on regardoit aussi comme Bacchus. La jeune déesse est assise sur un trône qui indique l’élévation de son rang. Je regarde la femme qui tient l'enfant comme une nymj^lie , à cause de sa demi-nudité , et non comme Ililhyie, qui est toujours représentée vêtue. Près de Proserpine est sa mère Gérés , que sou voile de matrone et les épis qu’elle lient font aisément reconnoître. Ce camée paroit avoir été gravé vers le temps de la décadence de l’art, et peut-être fait-il allégoriquement allusion à la naissance du fils de quelque impératrice.
2, J’ai fait dessiner le casque qui sert de vignette au texte dans le IMusée Royal de Naples. Il a été trouvé dans la plaine de Locres; et ralléi’atioii que le bronze a subie dans la terre, quoique presque toutes les parties en soieut conservées, annonce sa haute antiquité. 11 est malheureux que le seul endroit où il ait été endommagé soit précisément celui où la principale inscription est placée. Les caractères de cette inscription indiquent aussi un temps très reculé; les lettres sont semJflablcs à celles qu’on remarque sur les plus anciennes pierres gravées, les plus anciens vases peints, et les tessères de bronze.
Ce casque porte deux inscriptions; une au milieu, l’autre vers le sommet. La première est composée de caractères dont l’explication me paroit difficile. Les lettres qu’on y remarque peuvent indiquer ces mots , K.EMEHF.NA KAA, pour KAAE, dont la dernière lettre est détruite, beau Kémexène. Ou sait que celte acclamation, KAAOS , KAAE, se trouve souvent sur les vases; ainsi il n’est pas étonnant quelle se lise sur le casque
d un jeune guerrier qui étoit xaXôç xi^yaôdç : ces mots, qui désignent à-la-fois la valeur et la beauté, étoient la plus noble qualification que l’on pût donner à un héros.
Dans le mot ERI0ONAI, qui est à la cime du casque, l’R est figurée comme sur les plus anciens monuments de la grande Grèce. Ce mot offre encore plus de difficulté que l’autre. Peut-être est-ce le nom du fabricant, qu’on appeloit Perilhonaïos , ou même Erithonaïos , dont la finale auroit été supprimée. J’ai fait graver ce casque pour le comparer avec ceux qui ont été trouvés à Canosa , et qui sont figurés sur la planche I.
3. Page 44 • -A-ii bas am casque de bronze trouvé dans le même lieu. Les figurent des têtes de bé-
lier, ornement qui convient très bien aux armures à cause des combats que les beliers se livrent entre eux, et de la forme de tête de belier qu’on donnoit à la machine qui servoit à renverser les murailles. Ce monument précieux et d’un grand caractère est aussi dans le Musée Royal de Naples.
4- La vignette de l’explication des planches est copiée d’après un bas-relief qui étoit autrefois dans le Musée Borghese, et qui a passé dans le Musée Royal de France. 11 a été pubhé dans les Admiranda Romœ, pl. LV; mais avec une grande inexactitude. La composition est la même que celle qu’on reconnoit sur d’autres monuments ; ce qui prouve que tous ont été copiés d’après quelque original célèbre.
Médée est assise sur un trône garni d'un coussin; ses pieds posent sur une espèce de tabouret appelé hj'popodion; son attitude pensive annonce qu’elle songe à l’infidélité de son époux, et à la vengeance quelle en va tirer. Sa vieille nourrice, debout près d’elle, semble la consoler. Ses enfants ont reçu la robe et la couronne qu’ils s’apprêtent à porter à Glaucé. Le génie de la mort, ceint d’une bandelette avec laquelle on le voit souvent figuré, tient dans une main des pavots, symboles du