‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 11 sur 77 · m^lrt^ r rie siunl Picri o. ai'<»ue · texte numérisé non relu

m^lrt^ r rie siunl Picri o. ai'<»ue

Ancienne copie du tableau original de Guido Reni, qui se tri^uve au musée du Vatican.

Tnùs bourivaux sappnMent à clouer saint Pierre sur une cn>ix rt^nvei*sôe; l'un des bourreaux s'elTon^e de le hisser à l'aide (Vune coixie; un stvond soulève le corps, et le troisième en-

'» L'.u*thio lie M. IVpin d'KMUirac l'ut n^proiUni p;ir les journaux de Paris t*l lit' l\'lranj;'M\

SAINT-ANDKÉ. \)\}

fonce un clou dans les pieds du saint AixHie. La tèUî et le corps du martyr sont vivement éclairés, (ir 3 m., L' l'"70, T.) Une autre copie de ce tableau, par le toron Favre, de Montpellier, copiée à Rome pour le roi Louis XVI, se voit au musée de Lyon.

Guido Reni, dit le Guide , naquit à Bologne en 1575, et mourut dans la même ville en 1642. l\ eut d'abord une manière forte, un coloris fier, et éclairait ses tableaux à la niMinière de Michel-Ange de Garavage. Le Martyre de saint Pierre appartient à cette première époque. « Le Guide tit ce » tableau pour le cardinal Borghèse. 11 obtint ce travail par

> l'influence de Joseph Pin, qui avait assuré le cardinal que

> son protégé ferait cette composition dans le style du Cara- » vage. Ce dernier peintre jouissait alors à Rome d'une grande !> vogue (*). >

Mais bientôt Guido Reni abandonna ce genre pour prendre une manière plus claire, plus gracieuse, avec laquelle il exécuta ses plus beaux ouvrages. Tous les artistes et amateurs connaissent, au moins par la gravure de Raphaël Morgheii, son œuvre capitale, le plafond du palais Rospigliosi, à Rome, représentant TAurore.

Ce tableau est d'Alexandre Véronèse (AUessandro Turchi), né à Vérone en 1582, mort en 1Gi8 (^).

Sur un fond de rochers, où se voit Ventrée du sépulcre, le Christ, se dépouillant de son linceul, s'élève dans les cieux. Un ange, assis sur la pierre sépulcrale, attend Tarrivée dos saintes ft^niines, qui apparaissiMit au loin; au premier plan du

(M Fêlibien, Vasari, C. Blanr.

.*. lï-lilMCM, Villot. Mu^rr (lu imirrr. ilotes d UnHe. is'io, p. -iW.

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tableau, deux gardes effrayés s'enfuient et les deux autres s<jiit étendus sur le sol. (ff 3'"15, L' l-^Oo, T.)

Ce tableau, bien conservé, est incontestablement fun des plus remarquables des églises de Bordeaux; il réunit les qualités qu il serait désirable de retrouver dans toutes les peintures de sujets religieux. Le caractère des personnages est bien exprimé, les figures habilement peintes ; les gardes, surtout celui qui est renversé, sont dessinés avec une grande correction , une habileté des raccourcis bien entendue ; fange est d'un sentiment raphaëlesque, et le Christ plein de noblesse et de mouvement.

A droite, dans fangle inférieur du tableau, se trouvent, peintes en grisaille, les armes du cardinal de Sourdis; puis vers le centre de la toile est f inscription suivante : alexandfr. D. TVRcis, — vERONENsis MDcxv? — La date est peut-être en partie cacl)ée par le cadre.

1^13' Christ en croJx.

Tableau de Jacques Jordaëns, né à Anvers le 20 mai ISO.î, mort dans la même ville le 18 octobre 1678 (*).

Au centre de la composition, le Christ en croix, les bras levés suivant fidée janséniste; à ses côtés, sur deux croix moins élevées, les deux larrons. Un bourreau attache violemment les jambes du larron placé à la gauche du Christ. Aux pieds du Sauveur, la Magdeleine à genoux enveloppée d'un riche nianteau; elle étreint fortement la croix et verse d'abondantes larmes. Derrière la Magdeleine, plus au premior

(M Snndrarl, Ooscamps, Vie des peintres Flamands, 1754; Gcnard, Nofirr sur Jordaëns, Gaïui, I85i; Catalogue du Musée d'Anvers, i* cdit., 1857 ; S'otes sur Jordaëns dans la vie de Hubens, par M. Van-Crinibcr{;on, édit. flaiiiamlr ; Michicis, Hubens et l'École d Anvers, Paris, lS5i.

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plan, un bourreau, vu de profil, présente à boire à Jésus à Taide d'une éponge fixée à Textrémité d'une perche. A l'opposé du tableau, la Vierge debout, les bras tombants, les mains croisées, lève vers le ciel ses yeux en pleurs. Saint Jean, vêtu d'un manteau rouge, arrête douloureusement sa vue sur le Christ expirant. Au second plan, un cavalier, monté sur un cheval blanc, préside au supplice. (H' 4'"34, L' 3"33, T.)

Ce tableau, donné par le Gouvernement au Musée de Bordeaux, vers 1803, avait été pris par les armées françaises lors de la conquête des Pays-Bas, en 1794, à Lierre, province d'Anvers,dans l'église Saint-Gomer, dont il ornait le maitre-autel(^).

Dans le Catalogue du Musée de la ville, par MM. Lacour et J, Delpit, à propos des envois du Gouvernement pour la création des musées départementaux, se trouvent les lignes suivantes : <i Le Christ en croix par Jordaëns avait été retiré » par ordre. Pourquoi ce tableau avait- il été retiré? Nous » n'en avons trouvé aucune trace; nous savons seulement » que de nouvelles et actives démarches du préfet parvinrent » à faire restituer ce chef-d'œuvre à la ville et qu'il était 9 compris dans le second envoi qui arriva à Bordeaux, en 1» l'an un (^). D Ce tableau, très-beau, mais dont la grandeur ne convenait point au Musée, fut échangé, dans le mois de novembre 1819, pour une toile d'André del Sarto (la Vierge et l' Enfant^Jésus écoutant saint Jean qui leur est présenté par sainte Elisabeth), tableau donné par le Gouvernement, en 1819, à la primatiale de Bordeaux (^).

Les amis des arts et le clergé doivent vivement regretter que l'exiguïté des salles du Musée, alors rue Saint-Dominique,

(*) Descamps cito ce tableau dans la liste des principaux ouvrages de Jordaëns.

(*) Cotai, du Musée de Bordeaux, 1855, Introd., p. 16.

(') Les auteurs du Catalogue du Musée de Bordeaux citent ce dernier tableau comme un original ; mais quelques critiques ne partagent pas cette opinion»

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