LISE
ln>k'l do r Académie, ait motive cet échange. Celte substitution a privé la galerie municipale d'un chef-tfœuvre, pour divorer la cathédrale d'un tableau d'une orthodoxie très-contt^table.
l^e Christ en croix, bien qu'il ait été peint pour une ^lîse, est une crucifixion Janséniste exécutée par un artiste protest<mt. M. Michiels place Tabjuration du peintre Jordaëns de U'^i9 à 16S0. Le tableau dont il est ici question appartient d«M}c à la plus belle manière de la vie du peintre, alors qu'il f'tait dans loute la fou^ie et l'énergie de son talent. Cest pro- KiMcment en raison de ce talent si remarquable que le clergé, UKiIgré ses opinions nouvelles, ne crut pas devoir repousser 5«^ œuvivs pi^ur ronienientatirin des églises d'Anvers; mais, à |v.irt cette tolérance intoUiirente. et à l'exception des artistes et di^ vrais connaiss*Hirs en peinture, il est fiennis de douter d;i >r.Oi\-s du Christ en on»i\ de Té-iiist Saint-André, aux veux ut<^ t^îries. C^île piintui>\ comme ce!i<"S des sujets religieux è.'.i nit ine ix.ntre e\iv«s<Vs au Mi:s<v d'Anvers, n»^ jiorte pîis .-•■î ivvv.e.ren.rnt.
♦ S. ie d.;V»mate, !'::•♦:. *::.e î .: ii> nk, jieuveiit toujours r vie rist^r Kiirs Si-ntlnienls. d:î M. M.oî.ioîs, les poi*l*^, K-s
♦ arr.sîi^ r.'.-nî i\^ le nv hO pr.\^/.'%:f. Ct/sl avec leur pensée,
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SA1^T-A^DRÉ. 103
ce tableau Tadinirable figure de Jésus-Christ, la Vierge, les saintes Femmes, le disciple bien-aimé, au milieu de tous ces modèles pris dans les tavernes des faubourgs d'Anvers?
Jordaëns était bien mieux dans la nature de son génie lorsqu'il peignait de sa brosse fougueuse des bacchantes ou le Rai de la Fève, cette scène de grosse joie flamande admirée au Musée du Louvre ; mais si la Crucifixion de Jordaëns est dépourvue de sentiments religieux, ce tableau n'en est pas moins un chef-d'œuvre de couleur et d'exécutipn ; sa véritable place est dans une galerie pour Tétude de la peinture et comme Tune des pages les plus brillantes de Técole anversoise.
Espérons qu'un second échange remettra la municipalité en possession de celte belle toile; elle serait incontestablement Tune des plus remarquables et des plus précieuses du Musée de la ville de Qordeaiix.
Le Christ devant Pilate.
Le Christ debout, les mains liées, vêtu d'une tunique blanche, paraît devant Pilnte. Le gouverneur assis, le coude appuyé sur une table, interroge le Christ : « Êtes-vous, dit-il, 1» le roi des Juifs? — Vous le dites, répondit Jésus, d (Évangile selon S. Mathieu, chap. 26). Sur la table est un livre ouvert et un flambeau dont la lumière projette sur les per<sonnages une lueur chaude et douteuse, et donne à la composition un aspect mystérieux et large d'etfet. Derrière Pilate, deux personnages debout écoutent l'interrogatoire, et du côté du Christ, dans le fond du tableau, apparaissent quelques soldats. (H' 2-60, L' 1»82, T.)
Ce tableau est attribué à Gérard Hontorst, né à Utrecht en 1592, mort à La Haye vers 1662. C'est à Rome que Gérard Hontorst s'appliqua particulièrement aux effets de lumière.
loi ÉGLISE
à des scènes de nuit, ce qui lui fit donner le surnom de Gherardo délie Notti (*).
Le tableau du Christ devant Pilate, que quelques personnes regardent comme un original, faisait partie de la galerie de Tancien archevêché. Gérard Hontorst, dit Descamps, dans sa Vie des Peintres travailla longtemps à Rome pour plusieurs cardinaux. Le cardinal de Sourdis, visitant cette ville à Tépoque des succès du Peintre des Nuits, n'y a-t-il pas lieu de penser que Monseigneur de Bordeaux, ayant vu le tableau original du Christ devant Pilate, peint pour le prince Giustiniani, exprima le désir d'en avoir une reproduction? Reste à savoir la part plus ou moins active que Gérard Hontorst a prise à cette copie.
Il existe plusieurs répétitions du chef-d'œuvre d'Hontorst, le Christ devant Pilate, aujourd'hui à Londres dana la galerie Sutherland. M. G. Blanc cite le Musée de Rouen, celui de Vienne (Autriche), comme possédant des copies du tableau original. Cette composition de Gérard Hontorst a été reproduite par la gravure.
l^a \'ierg^j et l'enfant Jrsus».
Copie d'un tableau du Guideoude Jiovanni-BattistaSalvi, né à Sassoferratoen 1605, mort à Rome en 1685 (École romaine).
La Vierge, les mains jointes, r^arde l'enfant Jésus profondément endormi. Les ombres du visage de la Vierge sont in« diquées sèchement; l'enfant est bien modelé; malheureusement les demi-teintes ont poussé au vert et donnent un aspect cadavérique au corps du petit Jésus. (W 0"60, L' 0*80, forme ovale. T.)
(') Saïulrarl» Ticoiii, Kôlibicn, Descamps, de Piles, G. Blanc.
SAINTANPBÉ. 105
Il existe à FAcadémie de Vienne (Autriche) un tableau du Guide dont Fanalogie est frappante avec celui de Saint-André; malgré quelques changements, notamment dans la pose de Tenfant Jésus. Il est évident qu'il y a reproduction, plagiat de Tœuvre du Guide (^); quelques amateurs regardent le tableau de la cathédrale comme copie d'une œuvre de Sasso-Ferrato. 11 est certain que Salvi da Sasso-Ferrato forma sa manière : c En copiant un grand nombre d'ouvrages de l'Albane, du 1^ Guide j du Barroche et surtout de Raphaël (^). }»
Saint Pierre délivré de prison. |
Saint Pierre, conduit par un ange, descend les marches de sa prison; à la porte, se trouvent des gardes, plongés dans un sommeil profond. Pierre, les yeux tournés vers une lumière divine, remercie le Seigneur. (H'2'"â0, L' 2*", T.)
F. Beaucourt, peintre bordelais du xviu' sièclp copia ce tableau d'après Simon Youet, né à Paris en 1582, mort dans la même ville en 1641 (^). Le tableau original a été gravé par Dorigny en 1638.
Reniement de saint Pierre.
Pierre, debout devant une cheminée et se chauffant, est entouré des serviteurs du grand prêtre et des gens qui avaient pris Jésus. Une servante, s'adressant à Pierre, lui dit : « N'ê-
tes-vous pas aussi des disciples de Jésus? — Je n'en suis point,
(*) Voir le IV* ▼ol. de la Galerie des Arts et de VUistmre, par Réveil. Pari», Hivert, 1836. I
(*) Catalogue du Musée du Louvre, Ecoles df Italie, par Villiot, 1855, p. 211 . j
(') Félibien, les Hommes illustres du XVW siècle, par Perrault; d'Argen- '
ville. Vie des Peintres, 1762.
popondit Pierre. » (Évangile selon S. Jean, cfiap, 18.) Ce tableau (même dimension que le précédent), signé F. Beaucourt, 1780, ornait, ainsi que celui de saint Pierre, avant 1793, l'ancienne église des bénédictins, de La Réole. Ces deux tableaux se trouvent aujourd'hui dans la salle du eathéchisme, sous les cloîtres. Beaucourt habitait Bordeaux. Ce peintre atteste par son faire un pinceau plus habitué à la décoration qu'aux œuvres de chevalet; en reproduisant les ouvrages peu serrés de Simon Vouet, il ne s'écartait pas de son sentiment personnel. En 1779, Beaucourt termina les peintures murales de l'église Saint-Pierre à La Réole (^).
I^a Ci-ne.
e Or, pendant qu ils soupaient, Jésus prit du pain, ot * Payant béni, il le rompit et le donna à ses disciples, en di- » sant : Prenez et mangez, ceci est mon corps. i> (Évangile selon Saint Mathieu, rhap. *26.) Figures plus grandes que nature).
Ce tableau, don du roi Louis XVIII (attribué àClaude-Guy llallé, né à Paris en 1051 , mort dans la même ville en 1 736), est magistralement traité; Thabileté dans les dispositions des nuisses d'ombre et de lumière fait de cette toile une œuvre d art Irès-reiHMnmandable. (If 3"30, L' 3"30.)
Ki^ S.\crv*-CoMïr <1e Jffsas.
1,0 Christ dolKHit, ou nnliou dune j:loin\ montre son cceur entouri* de rayons lumineux. Aux piitls du Christ, deux
SMM-ANDBÉ. 107
anges, Tun dans une attitude d'adoration, Taulre élevant un ostensoir. (IP 2", L' l'»40 [forme trilobée], T.)
Ce tableau, composé par feu Jean Sarrail, élève de M. Lacour fils, et placé dans la chapelle du Sacré-Cœur, fut commandé par le chapitre de Téglise primatiale. Le jeune Sarrail mourut avant de l'avoir terminé. M. Durand, ancien élève de récole, acheva ce tableau dans quelques parties seulement et d'après l'esquisse originale.
Jean Sarrail naquit à Bordeaux au mois de juillet 4795; il fit ses études artistiques sous la direction de M. Lacour fils. Après avoir obtenu le premier prix de peinture historique en 1816, il obtint l'année suivante le premier prix de paysage.
Ces succès le mettant hors de tout concours, il voulut marquer ses progrès par un tableau dont il prit le sujet dans le poëmedes martyrs de Châteaubriant : « Démodocus ensei- > gnant à jouer de la lyre à sa fille Cymodocée, d La ville de Bordeaux donna pour ce dernier tableau une médaille d'or à Jean Sarrail (*).
Ce jeune peintre, qui promettait d'être compté au nombre des élèves distingués formés à l'école de M. Lacour fils, mourut prématurément à Bordeaux, en avril 1819.