A LA RESTAURATION DE CETTE CHAPELLE
II est encore un des généreux bienfaiteurs de Féglise Saint-Midiel dont lé souvenir est conservé par plusieurs in^ criptions placées sur les arêtes des voûtes des bas-côtés.
Yoici ces inscriptions, relevées par MM. Groussel et Pabbé Larrieu ; elles diffèrent un peu, ({uant à Torthographe, de la reproduction de ces mêmes inscriptions publiées par M. de Lamothcy en 1846 :
!• BasK5Ôté droit :
Aqueste boute en far par les exécutors de Joan de Bdem, que D.M.S. P.D.O. (que le Seigneur pardonne) après lo décès de lot Efeins (Enfants) l'an m. IIIlc LXIIII lo mes de novembre.
S"" Baa-côté gauche, vis-à-vis la chapelle Saint-Joseph :
Aqueste boute en fey fer los exécutors de Johan de Belle... après lo décè» de los efeins, que D.M.S. P.D.O. L'an m
3"* Même bas-côté, vis-à-vis la chapelle du Sacré-Coeur :
Aqueste boute en fey far los exécutors Benoictim Belle, après lo décès de los efeins, qe D.M.S. P.D.O. L'an m
k"" Dans la grande nef :
Aqueste boute en far fa los exécutors de Johan de Belem, après lo décès de sons efeins. L'an m. II11I« et....
Le nom de Bellem est écrit sur les voûtes^ tantôt Belle ou Belem; puis tes inscriptions présentent des lacunes tout à fait illisibles. U paraîtrait qu'en 1822 on badigeonna com* platement relise, et qu'à la suite de cette propreté déplorable im peiiAre fut chargé de faire revivre les anciennes inecrip- UQn$ : de là, sans doute, les oaractères incorrects qui s'y trouvent aujourd'hui.
€ C'est une tradition dans la paroisse Saint-Michel, dit Baurein , qu'un négociant appelé Jean de Bellem , dont les exécuteurs testamentaires ont fait construire une partie des voûtes des bas-côtés de cette église, comme il parait par les iascriplions qui y sont gravées, fut déterminé à laisser les fonds nécessaires pour les édifier, par le retour d'un vaisseau qu'on croyait perdu, et qui lui apporta des richesses immenses et inespérées. ]»
Après les inscriptions de fondations et les blasons des donateurs, des enfeux, des pierres tumulaires des xv*, xvi' et xvu* siècles, apparaissent dans les murs des chapelles latérales; mais quelques-unes de ces pierres sont à moitié cachées par des objets mobiliers Espérons qu'après l'achèvement des grands travaux de l'église, les chapelles Sainte-AppoUne et Sainte-Su^nne riacevront une plus heureuse disposition dans leur an^eukblement, et dès-lors apparaâront toutes ces vieilles épitapbjesso^vent intéressantes parles renseignem^ts qu'elles fburaiss^t, et toMJQurs respect^les par cette poésie mélancolique et chrétienne qu'elles impriment aux murailles du lieu saint.
L'église conserve encore une grande partie de son ancien dallage, c'est-à-dire de larges pierres tombales des xvii^ et xviii* siècles, qui portentdes nomsd'anciensmarc/uindse/ frotirgeois de Bordeaux, ou simplement des numéros d'ordre (*).
(*) u existe dans les Archives de la fabrique un plan de l'église avec Tindication des dalles tumulaires, portant des numéros correspondant à ceux qui
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Dans les chapelles se voyaient autrefois des carreaux émaillés qui recouvraient le sol d'une splendide ornementation. A notre époque de renaissance moyen âge, que n'emploie-t-on cet ancien mode de pavage, dont on retrouve quelques spécimens dans Tancien oratoire des Montuzets, au lieu et place de ces carreaux vulgaires qui se trouvent dans les vestibules de toutes les maisons modernes?
La tribune de Torgue empiète de quelques mètres dans la nef, et son style ne se raccorde point avec le reste de rédifice; c'est une anomalie fâcheuse. Eh bien! malgré cela, nous ne demanderons pas la démolition de la tribune; car cet entraînement vers Tunité de forme, et non de fait, peut conduire fort loin. Â ce sujet, faisons ici quelques réflexions, et d'une application tout à fait générale.
Si tout ce qui n'est pas régulier par rapport à Tensemble d'un édiQce à son caractère dominant doit être supprimé, il en est peu qu'il ne faille rebâtir à moitié et remeubler entièrement. Si tout ce qui n'est pas dans l'église Saint- Michel du XV* siècle doit disparaître, il faut enlever le rétable de Tautel Saint-Joseph et ceux des autels secondaires; les grilles monumentales qui cldturent les chapelles ; les vitraux de M. Maréchal, de Metz, et quelques-uns de M. Villiet, qui ne sont point inspirés des verrières du xv* siècle; enfin, que fera-t-on de la chaire? Cette chaire n'est rien moins que gothique, et cependant sa supériorité artistique est incontes-
se trouvent dans Téglise. Ce plan 'serval t][à l'Administration de la paroisse pour le service des inhumations.
 ce sujet, rappelons que dans la crypte, placée autrefois sous le grand autel, et qui est maintenant une dépendance des sacristies, existait un tombeau de forme parallélipipédique, portant une inscription du xv« siècle, gravée sur une lame de cui>re, et conçue en ces termes : Iqy est rebindu Gaillart Micholt esqiiier. Dieux de sa arme eit mercie. Amen. Amen; aux quatre angles du tombeau, se trouvaient des écussons de cuivre portant un lion lampassé et armé, posé en pal et chargé d'une bande. La lame de cuivre a disparu, mais la fabrique conserve encore un des écussons.
table sur tous les travaux d'ameublement religieux exécutés de DOS jours en style pseudo-moyen-âge.
Les restaurations peuvent être parfois légitimement motivées; mais il faudrait se prémunir contre cette tendance, si générale de nos jours , à tout réédiiier et à tout rebâtir, et qui fait souvent litière de choses très estimables et table rase de tout ce qui nous a précédé.
Et d'ailleurs, sommes-nous assurés que notre goût sera celui de nos successeurs? Nos restaurations seront-elles acceptées, admirées par eux? Si la mobilité des appréciations est une des faiblesses de Tesprit humain, est-ce un motif pour que nos contemporains anéantissent Fœuvre des générations passées? Donc, si quelques parties de Tédifice paraissent nuire à Tarrangement général , conservons-les pour qu'elles nous obligent à mieux faire, en donnant l'exemple du respect pour les travaux de nos ancêtres ; car il ne faut pas oublier que ces travaux, tout hétérogènes qu'ils puissent être, rappellent d'anciens et vénérés administrateurs : effacer le témoignage de leur gestion, c'est déchirer une page de rhistoire du monument.
Ah! de grâce, calmons notre ardeur de tout renouveler et de tout reconstruire; et si le culte des souvenirs est banni du monde affairé, qu'il se retrouve au moins dans nos temples et dans nos églises.
SCULPTURE
Les sculptures qui décorent l'intérieur de l'église peuvent se diviser en deux classes : celles inhérentes au monument; celles des autels, des rétables et statues isolées, — classification qui pourrait également s'exprimer par sculptures
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meubles et immeubles. Cette dernière partie comprend les chapiteaux, les rosaces et les écoinçoos, ouvrages qui se lieot intimement à Tensemble de rédiQce, et datent, comme lui, de la lin du xiv* au commencement du xvi' siècle.
Ces sculptures émanent d'ornemanistes médiocres ; elles ne se recommandent ni par leur importance, ni par leur exécution. Les chapiteaux, surtout ceux de la nef, sont plutôt de simples anneaux décorés de feuillages maigres et frisés, arrêtant à peine les profils prismatiques qui, du soi, rampent aux piliers et se perdent à la rosace des voûtes. Dans le chœur, quelques chapiteaux, ornés d'arabesques et de petites figures, appartiennent à la Renaissance; mais tous ces travaux manquent également de fmesse et d'esprit.
Les coionnettes des arcatur^ qui décorent les soubass^uenls des trois chapelles du sanctuaire se terminent par un double rang de bouquets ; elles supportent de petits arcs trilobés dont les écoinçons contiennent des ornements, des figures fantastiques et les animaux symboliques des évangélistes. Dans la chapelle de la Vierge, quelques bas-reliefs rappellent évidemment plusieurs invocations des litanies : Porte du ciel. Tour de David, Étoile du matin. Rose mystique, etc
Dans ces mêmes chapelles, les rosaces placées au-dessous des clefs de voûte offrent de petits sujets sculptés; ainsi saint Michel triomphant, armé d'une lance et d'un bouclier; les statuettes de saint Jean , de saint Joseph et de sainte Marguerite. Mais généralement les voûtes de l'église sont ornées d'écussons qui étaient peints ou destinés à l'être, usage fort répandu au xv siècle ('), et qui a été judicieu-
(') It livre doE (lËpenses rie Pey Du Crnva contient celle noie, l'Sl.r* : , plu» paguej 1o xiv jara de man (1*91), à meit Bans, per pinUr las is Afu Papa el de Uosh' lo Cardenau (le cardinal André d'Eipinay, arrhre de Bordeaux de U?9 à ISOO) et las armai deu Rey et la TciiiUI ri ra-Dona et S'-Myqueu, et... deu Ironc den pardon... monie, I S. L ardits.
sèment suivi de nos jours dans la restauration des chapelles du Saint-Esprit et de Bonne-Nouvelle.
Sainte Catherine, les funérailles de la Vierge; bas-reliefe.
Dans la première chapelle du collatéral , au midi, est encastré, sous la fenêtre, un petit bas-relief représentant une Sainte-Catherine. Cette sculpture, autrefois placée à Textérieur de Tabside, a été découverte lors des derniers travaux pour risolement de Téglise, puis exposée où nous la voyons aujourd'hui, et la fabrique a fait ^ver au-dessous les lignes suivantes :