‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 4 sur 77 · SA1NT-A^DI:É · texte numérisé non relu

SA1NT-A^DI:É

clairement le renouvellement de sa vie au jour de sa résurrection. Â costé de ces figures sont six niches, trois de chaque costé, curieusement travaillées, avec leurs soubassements. Le tout d'ouvrage iionien très exquis, et de belles pierres blanches, qui viennent depuis ces deux figures jusqu'aux deux entrées des allées du chœur, i»

L'abbé Xaupi, dans ses Dissertations sur l'édifice de l'église primatiale Saint-André de Bordeaux, i751, fait suivre ses observations sur le pilier de la renaissance touchant la porte Royale, des réflexions suivantes : « Cet arc-boutant n'est pas ]» le seul fruit de la piété et de la magnificence de Charles de » Grammont. Le superbe jubé qui ferme le chœur de Saint- » André, et que les connaisseurs admirent avec tant de

> justice, est encore un de ses ouvrages. Ses armes, les » mêmes qui sont sur le pilier dont nous avons tant parlé, » occupent tout l'espace, qui est au-dessus de la porte. ) La Résurrection du Sauveur et la Descente aux limbes, » sculptées aux deux câtés,*sur une pierre blanche, qui sont )de bonne main, et que Lopès, sur le témoignage d'autrui, ]»dit être de la façon de Michel-Ânge, font voir que cet :» archevêque employa les plus habiles maîtres, et n'épargna

> rien de tout ce qui pouvait contribuer à la somptuosité de ï l'édifice. Et comme il se trouve une conformité de goût » entre, ce jubé et notre pilier, ne pourrait-on pas dire que i^ces deux morceaux ont été dressés sur le dessin et à la

> direction du même architecte? »

L'abbé Xaupi ajoute aux réflexions précédentes cette note : € Jodocus Sincerus, que Lopès cite pour son garant, est un 1^ auteur peu connu et moins estimé. Michel-Ange n'est jamais D sorti de l'Italie. On connaît toutes les pièces de sa façon qui »ont été portées en France; cette Résurrection et celte 1» Descente aux limbes ne sont pas du nombre. Ainsi, on doit ï> se borner à dire que ces deux beaux morceaux ont été

9 seulement exécutés sur les dessins de Michel -Ange. »

La rectification de Tabbé Xaupi n'est pas encore assez complète; rien ne prouve que ces sculptures aient été com* posées par Michel-Ange, ni exécutées d'après ses dessins. Seulement, ces bas-reliefs rappellent les licences artistiques du XVI* siècle; des personnages mythologiques apparaissaient au milieu de scènes inspirées de Tancien ou du nouveau Testament.

Raphaël, Michel- Ange ont ainsi composé plusieurs de leurs chefs-d'œuvre. En voici quelques exemples : dans la décoration de la chapelle Sixtine, sont représentés les prophètes et les sybilles; et dans la grande scène du jugement dernier, Caron conduit une barque chargée de réprouvés.

Les bas- reliefs de l'ancien jubé, exécutés dans le cours du XVI* siècle, devaient tout naturellement rappeler, par la forme comme dans l'esprit de leurs compositions, les grands maîtres de la renaissance.

Du reste, l'abbé Xaupi, dans une seconde note qui se trouve à la fin de ses Dissertations, ne donne l'importante attribution des bas-reliefs qu'à titre de tradition populaire : € Jodocus Sincerus, cité par Lopès, dit l'abbé Xaupi, est un voyageur allemand dont l'itinéraire en latin est imprimé à Genève, chez P. Chouet, en 1627, in-12 (*). Il ne fait, en parlant de Bordeaux, que copier Elie Vinet et la Chronique bordelaise. A l'occasion du jubé de l'église Saint-André, il

(1) Voici, diaprés une édition antérieure i celle indiquée par l'abbé Xaupi, le passage de Vltinerarium galliœ :

m Templa elegântiora sunt divi Andréas et S. Michaëlis : illud trib turribus, « hoc unâ sed eminentiore insigne. Illud laquœaribus lapideis ob ductum nullis- » que columnis Fultum. Exeunti ex choro ad dextram picturam videbis re-

> surrectionis Dominics, ubi Christus aquils insidens coelo vebitur. Âiunt

> fuisse antea Ganymedis, sed mutatam. Mihi id non sit verisimile propter » alteram picturam Purgalorij huic simillimam. »

Jodoci Sinceri, Itinerarium Galliœ; appendix, p. 82.

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