‹ Description du Berry et diocèse de Bourges au XVIe siècle. Publiée pour la première fois d'après le manuscrit autographe de la Bibliothèque impériale de Paris avec une notice sur l'auteurChapitre 36 sur 58 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

RAISONS ALLÉGVÉES PAR F. MICHEL (1) DE CHEVRIER , CHAMBRIER AV MONASTÈRE DE VIERZON , POVR PROVVER QYE VIERZON EST AVARICVM ET NON BOVRGES.

Si, aulcun, diligent et curieux des antiquités, confère nostre description de Vierzon rapporté au plus près de l'ancienne situation, ainsy que l'on peut voir par les vestiges que nous auons cogneues, il cognoistra Auaricum auoir esté située au lieu ou est encores à présent partie de la ville de Vierzon, d'autant que la description de Cœsar y convient grandement ; et ce voyent encores vne grosse tour, le promontoire ou montaigne et vallon, lequel, du costé septentrional, est profond de leuées et rempars qui servoyent de défence à Vercingetorix , duc des Françoys, auquel lieu, ayant du costé de ladicte tour et montaigne , après auoir faict retirer son bagaige de guerre en la forest (laquelle est en son entier), rompu le pont qui est au bas de la montaigne ou promontoire, s'asseurant de la forteresse du lieu, tenoislau dedans du vallon (environné du fossé et de la rivière d'Eure) sa canallerie. — Et quand à l'eslendue de la ceincture de la ville, murailles, fossez et maraiz, selon que nousl'auons escript, il y a

(1) L'exemplaire de dédicace porte François. — Sur l'exemplaire autographe ce mot s'y trouvait primitivement, mais il a été surchargé et remplacé par celui de Michel,

grande apparence,estre Tassiette à'Auaricum, comme le demonstreni les vestiges tesmoingsde la vérité. Ace fault adioucterque Vierzon est assis aux fins des limitas de la dition et province du Berry, non plus distant de la jurisdiction de Bloys qu'une lieue et demye, tant seullemenl Vierzon est près d'Orléans (par Cœsar Genabum) seize lieues. Au contraire, Bourges tient presque le milieu de sa province, et jette ses bornes et estendues de touts costez à plus de vingt lieues : aussy, est distant d'Orléans ou Genabum, de vingt et deux lieues. Aullre raison est que Bourges n'aonques estre assiégée par Cœsar, et n'en faict aulcune mention; ains a mis par escript, que si tost que les habitants de Bourges, aultrement de la cité des Berruyers, eurent nouuelles que Vercingetorix, duc des Françoys, amenoyt son armée au pays de Berry , et auant que Auaricum fut assiégée , ceux de Bourges enuoyèrent Ambassadeurs à ceux d'Aulun qui cestoyent soubmis à Cœsar, pour leur demander (dict Cœsar) secours contre les ennemys; à la requête desquels, du conseil et advis des lieutenants de Cœsar enuoyèrent aux citoyens de Bourges, gens de cheual et de pied , pour y estre en garnison et défénce de la ville. Et jacoit que les citoyens de Bourges prinsent à mespris, et eusseut refusé le secours envoyé d'Autun, et se fussent alliez et vnis auec les Auuergnats; toutes fois (dict Cœsar) Vercingetorix ne tint onques pour asseuré leur fidélité. — - Qui démonstre que Vercingetorix qui doublait de la fidélité des habitans de Bourges, n'a onques prins leur défence, ausquels il ne se fioist , dict Cœsar, de son salut. Dauantage, Cœsar après auoir réduict en sa puissance la ville de Nevers, délibéra d'assiéger et prendre Auaricum^ s'asseurant comme jl dict, que après avoir prins Auaricum plus facilement, il prendrait la cité des Berruyers qui est Bourges, qV anUsini qne A^iaricum importait grandement à Bourges, et en estoit la défence ; auquel lieu Cœsar appelle la cité de Bourges et la province des Berruyers d'un mesme nom. Et n'est vraysemblable qu'il eust teu le nom de la cité de Bourges, si vn aultre y en eust eue. Par ce que Tite- Live, au 5« liure de ses Décades, dict la ville et cité de Bourges auoir tenu sus les Gaulois la souveraineté de l'Empire et gouvernement. Aussy n'eust passé soubs silence le nom d'une telle ville. Voilà les raisons qu'allègue ledictF. Michel de Cheurier, pour prouver que Vierzon est Auaricum et non Bourges,

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