‹ Description du Bocage percheron, des moeurs et coutumes des habitans: et deChapitre 3 sur 4 · AGRICULTURE DE M. DE BEAUJEU · texte numérisé non relu

AGRICULTURE DE M. DE BEAUJEU

A ViaMais , prèr de Rémalard , arrondissement de Morlagne, département de l'Orne.

J'ai esquissé, dans la première partie de ce tableau , l'aapect général de notre Bocage , les usages, les préjugés, lesroutines, le système de culture et de commerce des fermiers percherons.

Je Tais maintenant montrer l'art de Tagri-culture porté à la plus grande perfection qu'il me semble possible d'atteindre , relativement aux moyens dont on a pu disposer. Mais il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur la vie et le caractère de celui qui a créé cet établissement.

M. Du Temple de Beaujeu est né dans le Maine ; à quinze ans il était orphelin de père et de mère. Il s'est élevé lui-même, ou plutôt la nature lui a servi de maître; et l'on ne peut ' s'empêcher de reconnaitre en lui une de ces organisations vigoureuses, de ces volontés fortes , de ces caractères prononcés qu'elle a créés

propres k toucher au bat qui leur est marqué , en dépit de toutes les distractions et de tous les obstacles.

M. de Beaujeu , maître de sa conduite à quinze ans, se trouTait une égale aptitude pour les sciences et tes arts ; il était doué d'un sentiment juste du beau et du vrai dans tous les genres. Il fît , tout seul, son éducation scientifique , en lisant les meilleurs ouvrages sur les sciences physiques . et mathématiques , et en répétant lui-même les calculs, les eipériences et les observations. Il apprit sans maîtres le dessin, la composition mnsicale , devint en peu de temps très-fort sur plusietirsiustrumeus, un bon musicien et un dessina teur cor rect.Toutes les étudesétaient pour lui de simples amusemens, des occupations sans aucun but fixe et déterminé ; il s'ignorait encore , et la nature le forçait, en quelque sorte, à se chercher lui-même. Elle lui avait inspiré un goût marqué pour les voyages. 11 possédait la fortune et l'indépendance nécessaires peur satisfaire cette passion d'une jeune âme avide de sensatbns et de connaissances.

Il visita successivement, de 1806 à 1811, l'Italie, l'Espagne , l'Allemagne , le Dànenjarck, la Flandre, la Hollande, la Suède,, U Pologne et la Russie. Suivant l'inclinatipi) naturelled'un esprit attentif et observateur', il regardait. Bocage percheron. 5

nçtait, vectt«llai| tout ce qui lui semblait s-emarqnable en tout ^QFe , mnis toujoui's aans aucun but fixe et déterminé ; cultivait toujours le$ apt; jet les&çieBces, et piçutrait qiéme un p«^l}aiit.plu6 décidé fffvx -|çs premi^r^ que . pfMir lei 4^'Dières. Jusque'^ niéine il (ivait du tnépris f pr^qu^ unis sorte d'aversioQ , pour r^irkuUui^» qui devait être l'opcup^tion »

l'eniplott le bonheur et la paisible glojr* dii reste d^ sa- vie. L'exposition simple des .liftits prpifvftrti que cette d^raière expression n'est aticunenfent «jfigérée.

..Je dois ajouter que l4 n«turQ avait doué M. d^ B$£kujeu d'une santé robuste, d'une force de corps , d'une adresse remarquable pour t0us l«a exercices , l^s métiets et les travaux ; d'une patience à toute épreuve >, d'une vo- Iqnté forte que les obataclçs anioieBt, et, par uB contraste hepr^uî et asse^rsre, d'une modestie excessive, toujours prête, it solliciter, écouter et recevoir les avis , qwe sa raison a'nr dopte cependant qu'après les avoir mûrement di&cuiffi et envisagés sous plusieurs raffmrta. ■

Description du sol de f^iantais.

' En'1603, M. ^e£eau/eu échangea une terre qu'il avait près de Semar , dans le Maine , . contre la terre de Fîaniais , pi'ès de 'Voré> dans

le Perche: Cette teri-e peut coptenir de Q kyw.s arpeas, 35o h^l^rçs cuv jroa, enterres ^a|H)itr^<, tles, prés, pâtur^? etl>pis, mais ces.derniprs^' en petite quantité^. ^ . ^.

Le aol de c^tte propriété esl^ Ëoinme .celcù. ' du Perche ea gëneral:,iiaoi)tufcBxet très-vartd; ' il renfertne de& terres argileuses^,, des^tables , des terres Itunes on fraucbcs, ordiDaiifeineDt'' froides , ^^St terf«s calcaires! propres am saidO^i foin, Dommëos Lct terrés: de gracbu, ides pr^ ' secs , desi.'ihaEéeàgfs;-, des [^aiéauz s'aboissant eneoteaiiz doubemeot incliDés', et lé plue BcHi-^ vanten pentes iimac|des-et rapides. ' -..i.:--., ■'■ Le chéfe^uiest'^Uaé'à.Ià'Tiài'siahce d'unpètit' vallon, fiar un plan' dfe coteaux assez iéPev'à'i'' voisinB des^'côte^ 'siliceuses --(pii forrir^àrtie pointldtf-pai^tage entre les 'affluèris'de la-Seïnè; et dé la Loî*e > -ou les -«auJc ' ^nt-, par 'l'^i^hie J ' la Sâtthe , la Mayenne, d une part j-dë Vâxiti-é,'-' par l'Eure, l'Orne >fe RiUe <l la Touqneysé Tcrsentau nord et à l'est danâ la Seine et'dans la Manche; et Jin midi et à l'ouest, pat: 'la ' Majrenoei dans la Loire et dans rOc^ao..

Cette arête, sur laquelle est situé Plantais, ■ quieat à 180 toises au-dessus du niveau de la mer , s'abaissa subitement vers R^malard et le bassin de lUisne ( Usna des anciens ). Elle offre en peu d'espace des raines de fer dans le

p-,h»Goo^lf

turain de transport et le sol siliceux , des bancs de craie mêlée de silei qui donnent une pierre de teitle blanche assez bonne, dïs bancs de pîeri'e à cbaux et de marne ou la magqe'sie se trouve souvent déposée presque pure dans le»

interstices en assezigraode quantité. Les grès

' abondent dans le terrain siliceux , et les co^ quilles péb-ifiées , tsiais. couvertes de leur nacre^ et de la plus belle conservation , dans le calcaire et dans le carbonate de chaux.

A uiie lieue de J^iarUais , dans les bois de Boissy ^ se trouve un de ces monts druidiques, nommés pierres-levées, Plantais TesX à trois quarts delieae de Voré, célèbre par le séjotir de Fagon , d'Hetvétius , , par sa belle yegétatitfn et ses aUées séculaires oh l«s tilleuls communs ( îiHa caTOpestris) atteignent lao et i5o pieds

. de hauteur ; à 5 lieues de Nogeut , qui s'hdnore du vieux château de Rotrou ,- assis s^r des constructions romaines , ville auparavant niisérable» oiison dîgne sons-préfet, M. Tochon, a créé des hospices , des rues bien pavées , des fontaines , unh balle , un tribunal , une route importante , et oîi il a presque extirpé la mendicité ; h 5 lieues nord de Mortagoe., chef-lieu de la soQS-préfecture , capitale du Perche ; et à 4 lieues à l'ouest de Bellesme , place de première force depuis le xn*. jusqu'au xiv*. siècle,

et entourée de l'une des plus belles forêts de l'Europe.

, Mauves , l'uu des plus jolis bourgs de France, apanage des Valois ^ et dans la pi^roisse duquel est située ma terre, n'est qu'à 3 lieues de ytaniais. Je puis donc parler avec confiance des objets que j'ai souvent sous les yeux, et que je connais presque aussi bien que le lieu qae j'habite.

ViarUais , lorsque M. de Beaujeu en fit l'acquisition, était assolé en trois ou en quatre, c'est-à-dire avec des jachères triennales et quatriennales. L'usage du trèfle , comme fourrage , n'était pas général ; celui du plâtre , inconnu, de même que la culture en grand des légumes, et l'alternement des pla'ntes pivotantes et des céréales. Telle était la rotation de l'assolement : première année, du blé , avec du fumier consommé en petite quantité; culture en billons , avec trois labours ; seconde an née , Orge, avoine, avec trois ou un labours; troisième année , jachères-; ou dans les terres en quatre , blé : orge , ou avoine : trè^e non plâtré et recueilli pour graine : puis jachère ; et le cercle vicieux recommençait sa révolution.

Commencement de T exploitation.

En 1809 M. deSeat^eti lut par hasard un

journal d'agriculture , et H -vit loùt de suite dans cette science, jusqu'alors si méprisée par lui, UD moyen facile'et beureui d'appliquer les diverses connaissances qtie lui avait fournies Te'tùde d^ sciences physiques et mathémati-' ques. Il y trouva de plus un emploi pour leç lalens cultivés par lui dans la partie dû cercle des beaux-arts qu'il avait parcourue.

Il retira une ferme de 4oarpds(i), prit un régisseur intelligent pour le pays , et la fit cultiver par ce fermier suivant la meilleure méthode usitée dans la cdmmune.

lise mit à lire et à méditer les meilleurs traita d'agriculture. Quand il eut connu et épuisé tout le savoir de son homme, la seconde année , il ût valoir lui-même , et s'occupa de réaliser le plan conçu et médite' pendant cette année de lectures , d'observations , de prépa- trations et d'épreuves. Il fut toujours seul , sans 'autre appui que lui-même , sans autre conseil que ïes livres ou ses expériences , sans autre guide que son' jugement et sa raison éclaire's par la combinaison et la comparaison des rapports. Les obstacles naissaient en foule , les cri-

(i) Par arpent, j'entends loujours l'arpent de loo per— . ches carrées, la perche de 22 pieds linéaires; c'est a peu prèa^edemi-hectarè. en négligeant les fractions, fl équivaut' eioctement ii o, S 1 o. '

tiques oe faisaient fauté, atleâ.eiicodrair^meas

. étaientnHls; mais tcscoDtrariâ^iietoutgeate

sont un aiguillon pour une T^slenté^ forte et un

caractère décidé. ■'- ï

Pès cette aQne'e( idia) il introduisit dans st>n exploitation le labQUt< & piM (i), l'assolemeiit en quatre de Norfolckj lee iiistrtiiÀieds d'agricuKut-e perfectionoés* la culture <tl grand des pomnie9->de-lerre, da maïs i dtl grand «oleil touroescd (helianthasartnuus) pourèntil-er de l'huile , da sarrasin de Tarlariâ Çpafygonum tàtaricum ), sdil en graine, Soit en vert poilr

(i) L'usage général et sans exceplion, dana le pa^s . est Is caltareeD billoni de quatre raies, de chacune^ pouces de largeur. Le terrain , généralement bnmide , et n'ayant souvent que 3 ou 4 pouces de terre végcUle , se trouve ainsi transformé en ados de ioqu 12 ponces d'é" lévatipn , très-perméables aux racines des plantes, et présentant une grande surface ans influences atmosphériques. La pluie glisse aisément sur ces pians inclinés , et la terre se trouve ainsi exempte d'une trop grande humidité. Cette culture dqjtdonc être très -avantageuse pour le blé lorsqu'il y a peu de terre végétale , et que la couche inférieure est peu perméable ù l'e^ru. Décidé à introduire sur son eiploïtalîon une agriculture vigoureuse, rassolementftllemeavecnonrritureàrétable, à employer tons les înstrumens de l'agriculture perfectionnés, à avoir de nmnbreuz troupeaux de mérinos, M. de Beaujeu vit que le mode de labour usité, bon pour le blé seulement, ne convenait pas pour les martj pour les prairies artî^cielles

D,£,,t,7P-hyGoo^lt:

nourrir les bestiaux. Il commença ïi employer les fumiers frais, le pUtre , la ' pomlrette , . à assainir ses cbamps, soit ea arrachant les, haies inutiles , soit par des rigoles , des fasses ou des canaux souterrains.

Il avait d'abord importé les mérinos ; il établit le parcage , et l'éducation des bétes à laine fine le conduisit à former dans les sols qu'il jugea les plus propres h chaque espèce de plante, des prés artificiels de raigrass ( Udùim perame), de fromental {averta elatior^^ de ti'èfle blanc ( Uifolium repens ) , de lupuline

faucliéei , ne pouvait permettre remploi Aci rouleaux , des extirpateurs , les fauchages des grains et (les herbes ; rendait les charrois difficiles , l'ensemeucemeiit long et dispendieux. M, deBeaujeu résolut donc d'abord de cultiver à plat. Divers essais avaient déjà été l«ntés îafructueuiement; mais il crut en rçcounattre la cause. Les charrues sont à avant-train ; le soc présente la forme d'une pyramide triangulaire très-pointue ; l'oreille trèssllongée élève la terre, et forme très-bien l'ar^le du billon- Cette charrue , fort bien adaptée ^ son sujet , ne peut , comme on le voit > faire un bon labour plat ; la terre mal labourée retient l'eau , noie les blés, et il n'en ftut pas davantage pour que le paysan décide qne le labour à plat ne peut convenir à son pays. M. de Seaujeu crut miens réussir en employant l'araire de la Belgique , en défonçant ses terres à loou 1 3 ponces pour donner l'égout nécessaire ans eani , et l'eipérietice a pleinement confirmé ce que la théorie lui avait indiqué.

( medicago lupulina ), de pimpreneUe, de chicorée sauvage, de sainfoin, de luzecne et -.

^e trèfle coniinuD( trifolium pratense ). Tou- . tes ces légumineuses-, et même la pimpreneUe, qui est de la famille des rosacées, ont donné un grand produit, diTsurtoot à l'actioD du plâtre.-

Comptabililé.

Le déreloppement successif de cette exploi- ' tatioD agricole, qui a été portée à 5oo arpens, et à laquelle s'est réunie une sucrerie de bette- .raves, a forcé M. de Seaujeu à perfectionner ses. livres de comptabilité. Il a inventé un livre partagé en cases horizOQtalesètverticalesàcbacune desquelles répond un titre «u sujet qui peut renfermer en peu de mots tous les détails, répondre h toutes les dertandes, et satisfaire enfin à tous les besoins possibles, et qui pourtant n'exige qu'un quart d'heure de travail par jour pour sa ferme , chaque objet se contrôlant l'un par l'autre (i). Au moyen de ce livre , et d'un

(r) La tenue des livres a été perfection née au point J'fntrer dans les détails les plus minutieux , en simplifiant coasidérableaaent les écritures; et ce qu'il y a de plus avantageus , c'est qu'une recherche quelconque peut s'y effectuer avec Une très-grande facilité , au atejen d'une espèce d'indicateur ou table perpétuetle inventée à cet elfet.

arpentage eiact d£ la propriété qui a été fafit avec «OLB et to détail f il peut être absent dutax ■ mois fiaus qu'oD pûtese le tromper d'un cpiatt de joftrnée'd'hooiiiieSf-de boeufs eti d'un boisseau d'engrais et d'une tiottë de ffturrages.

. CetTe Comptabilité > tenite depuis 1 5 ans avbc cette exactitude journatière que j'ai ' iodiquée plus haut , et doat M. de Bmujeu a bien voulu me communiquer les résultats, est la coutre-

. épreuve po&itivâde l'aTantage ou de*l'tac«nTénient des essais tentés et des nouveanx procédés ibtroduits. C'est eu quelque sot'te une aiguille trèfr-senâible qui iudiqbe i ebàque jonr ,

. chaque mois , chaque année ^ Tétat de la balance des frais et dés produits > de l'emploi et de la distribution du traTaîL

^ Décoration de la ferme ornée.

Cependant, tout en devenant agi-iculteur et nutnufacturier en grand, M. de Beaujeu ne cessait point d'ètré homme de goût, sensible aux beautés de la nature; et le peintre de paysages, l'élégant décorateur de jardins, le voyageur éclairé , se montrent -partout à ^laniais à côté du fermier actif et laborieux , du cttltivatetir' savant et du manufacturier habite.

Ce vallon étroit doDt j'ai parlé plus haut, qui

conunence h la grande routé de Réiaalard ,a^ Mans ', placée ïk 3oo toises du château , n'était eD partie qu'un marécage inculte^ rempli de ronces, de broussailles et de flaques, d'e^u dormante entre lesquelles croissaient des joUf^ et des carex. Quelques petites sources d'eàn vive sourdent Aank la portion supérieure de ne vallon. Voici le parti que M. de Beaujeu a sa en tirer , et comment il a su concilier l'agréable et l'utile.

Airaant la vie de la campague , tl'oUvaut dans la culture en grand un vaste laboratoire propre A tous les essais et à toutes les expériences; dans 9s manu£acture) un moyen- direct d'application de ses connaissances en physique^ en chimie et en mécaqiquej il conçut l'heureuse idée de faire agir et réagir l'une sur l'aurtre l'agricultare et l'industrie , et de diriger en raéme temps l'embellissement de la scène pittoresque qu'il traitait vers le bot le f^us utile et le plus profitable. ' ^

Il adoucit les pentes des flancs de son vallon,. conduisit ses sources par des rigoles sur les parties les plus élevées, d'où elles arrosent, sans dormir en ancon lieu , ta vaste prairie qu'il a fait naître du sein de ce pâtnrage marécageux ; il y a jeté des masses élégantes d'arbres étrangers mariés avec de vieux chênes ; de grands arbres qu'il a conservés et disposés avec goût

, 7« en bouqaets, en futaie ou en arbres isolés, s'élèvent par étage jusqu'à la naissance de son vallon, et de là au ^mmet de sa côte. Ces eanx vives , jointes aux eaux pluviales d'écoulement très-abondantes dans ce vallon entouré de côtes fort élevées , se réunissent dans unie jolie rivière qui forme une cascade de i o pieds de haut, et est ensuite traversée par un pont à l'endroit oit elle se change en une belle pièce d'eau de forme élégante de aoo mètres de Jong sur 5o à 60 de large. Ce petit lac, la rivière qui s'y jette , forment le point de vue du château, dont le propriétaire a voulu faire une ferme ornée. La vue y glisse, tantôt par la pente douce d'un gazon toujours bien tondu par les mérinos , tantôt entre de grands arbres verls , houx , lauriers , pins du nord , mariés à de vieux noyers , de grands chênes, de hauts peupliers, jusqu'à la digue de ce bassin que bornent des touffes impénétrables de verdure.

On sent déjà qu'avec la nature de l'esprit et l'ensemble d'idées que j'ai indiquées dans le propriétaire , ces eaux , peuplées de poissons utiles, tï^versées par de beaux cygnes qui s'y promènent avec grâce , sont destinées à former un vaste réservoir d'irrigation ; en été , elles portent la fraîcheur et l'humidïté ; en hiver, chargées du lavage des engrais qu'elles ont en*levés aux terrains supérieurs, elles peuvent

n,o,ti7P-hyGot)^lt:

distribuer, la fi^ndîté à des cultures, à des prairies placées au-dessous de la reteaue sur la . limite de leur cours.

Le point de vue qu'on a du milieu de ce pont d'une seule arche (P/. iSgef 140)7 dont j'ai déjà parlé, et qui iinitlesdeux parties du vallon, en passant sur une rivière de 40 pieds de large â l'eiidroit oîi elle sejettedans le lac, est une scène très-pittoresqué.' A. i!ouest, l'œil s'arrête sur" cette rivièr&.qu4 passe entre de grosses roches, de grès ûu deçalcairercoquillier; elle vous surprend vivement p^rcequ'ellesQrtd'un épais massif de troncs d;arbreç,et de verdure qui cachent entièrement lefaiblg,ruissetet dont elletire son origine. Xr'oeil. glisse eqsuite sur le petit gallon parsemé d&.tnfissifs , «ntouré de grands arbres, couvert d'une herbe fine et verte , et orné de plus par une. jolie allée d'un contour élégant qui se dér^tils.-tîttmme un ruban rose au milieu d'un gazon v.ectM:p^rfpi les colonpes grises et polies des troncs des pins du Word, et vient aboutir à la grande route, en laissant à droite , la sucrerie entourée aussi de bouquets de grands arbres, et disposée de manièi'e à servir de fabrique dans cette scène pittoresque.

Je ne puis résister au plaisir d'achever le panorama de cette partie de la ferme ornée. Si vous tournez vos regards vers l'est , étant touj ours placé sur le pont , la rivière se plonge en

tre deux talus de 4o fiéàa de liiràte«f surmontés de chaque côté "^r de grands- at'bres, s'e- ' tend doucement sur le là£' dont les bords, ondatensement-d^Èéupés, sont semés de grands chênes , de larges nOjerji isolas, pa^mi lesqneh se détache uh colombiâ*- entouré de peupliens d'ttaliedont l^aigui^e pyramidale co'ortraste'etsetieà m«rreiiieaTee-4kfo^t]Ms circulaires de la tour'àei figeons. Pour oodSpl^tef Iti charme du' tableau', »oe jolie Ile tf-élèive »« ïnilieu dn lac qui terà le «iid est lAïrdë'dé masstfs -épaiï" d'arbres forestiers, et à l'est'p^pde grtfdeis fel, vigoureux peupliers. Bte 'cfitëduJ'mWK >^ une'' ouverture me'nagéc' açec'-art^rttt^e'Ieagraàds' ai'bres laisse apenCèVoir le'prftlotfgèttleotd'ttBe jolie vallée que décorel*châté«u'iie'Ua Bew- ^' iri^re ,' assis siw ttn coteau ti-ès^levé^'et qui, ■ 5 lieues plus loin,' est tertninée'àrhorizon par; le mont Grafaa'M ,--sur lequel s'étène lecbàteaii ' àt maAamede PixieuXa eppdlé-du-iiiâme nom* que la montagne. ' - . >.

Au nord , ta Vue Femonte eh suivant un ga^ ' zon d'une péntf' agréable jusqil'an château qui termine la décora^'oft de cetléâcèpe,- et qui-se ' présente appuyé sur la droite et en arrière par une forte masâe de grands tilleuls mêlés de peupliers et d'acacias.'

Je ne.doîs pas oublier de dife , pour achever rensettibiedHtal>leea, que ces arbres, plantés \

^■Goo.gle

p^r nn figticuiteur artUtQ qui »wt tonJAurs air lier l'qtUe à l'^réaMe , misçuH HtUe dùkd, pr««entçat la Tégétattoa la plus vigoureiue , et f>Dt Rttetnt Aeç proportions extraordinaires pour leur âga et le soi qui les nourrît.

Cet bttureax résultat est dû à ce quç, dans cç T4âte plan d'exploitatiou rurale , grâce aubon esprit du propriétaire , à L'ensemble et à l'aôcord de ses idé<^, la culture et la décoration des jardins agissent et réagissent l'une sur' l'autre, de mêinfl que par la eultui^ des betteraves et rétablissement de la sucresie, l'industrie et l'agriculture se prêtent et se rendent un mutuel.appui.

L'agrioulture , 1» mécanique, l'industrie, les arts du dessin, ont encore servi k l'embeUisse- . ment de l'édifice principal que je dois décrire tel quHl était avant de le peindre , tel qu'il est au commei) cernent , ou tel qu'il sera à la fin de ' l'année.

Les taleos et le zèle de M* de Beaufeu n'ont pafi été mis tout-i-'fait en oubli « malgré l'obscurité de sa retraite et la persévérance de sa modestie. LeRoî^ ayant formé un conseil d'agriculture près du ministre dç l'intérieur, avait en même temps ordonoé qu'il y aurait un membre correspondant par département, choisi parmi les agriculteurs les plus renommés. Le ministre , sur la présentation du préfet, choisit

8o M. de Beaujeu pour le département de l'Orne.

Depuis lors, le conseil d'agriculture a demandé qu'il y en eût un par chaque arrondissement. Comme correspondant, il fut' consulté par le ministre, d'après l'avis du conseil, sur les moyens à employer pour avoir de bons chemins vicinaux; M. de Beàujeu proposa un plan de confection générale , avec les moyens de fournir les capitaui ne'cessaîres. Son plan fut prisen très-grande considéra tîon'par le conseil, le ministre lui en fit faire des remercimens, et il fut mentionné honorablement dans le rapport fait au Roi par M. le comte Siméon. .

Le château de P^iantais avait été bâti d'abord sous Louis XII , mais la plus grande partie sous le règne de Louis XV , époque de la dégénération en' France des arts du dessin- On y arrivait de la grande route par une allée droite de màrroiiiers qui passait sar -un plateau nu et stérile, et aboutissait à un coin de la maison formant une équerre, entourée partout de larges fossés secs de 4» ^ 5o pi^s d'ouverture , et de^Kt pieds de creux. Des tourillons, des toits aigus s'y mêlaient à cette architecture insignifiante des constructions de celte époque.

Un des côtés de l'équerre a e'té abattu ; le bâtiment informe , qui ressemblait à un mauvais couvent, est devenu un château régulier avec un avant-corps et un fronton , onze croisées de

face, un perron vaste et éle'gaot. Il n'ya point de luxe inutile ; tout est de bon goût, et cepen-, daut tout a e'te' exécuté par les ouvriers dla bourg voisin; les nouvelles constructions ont été faites avec les démolitions de l'ancienne demeure, dont on a conservé ce qui était solide et propre à se lier i là nouvelle décoration. Le, château ancien manquait de gouttières ; l'entablement était maigre et hors de proportion. Le goût et l'industrie ont suggéré un moyen simple et ingénieux de concilier l'utilité, l'agrément et l'économie; des gouttières^nzinc^ laminé, dont l'extérieur, peint de la couleur' de la pierre de la façade, a la forme de la partie supérieure de l'entablement, ont csniplété et régularisé cèfornemeot. (V. PI. ï^x et i^i.) ■ La physique, là' chimie et la mécanique ont amélioré ou amélioreront la construction des poêles, des cheminées , dés fosses inodores,' de l'escalier', des fenêtres, des persiehnés,' des portes et de leurs ferrures , ou l'on reiiiar-' que toujours quelque perfectionnement nouveau (i). Le jardin potager, clos de murs, les'

(i) Je ferai observer qae tous les perfectioaneineni indiqaés daus la constniclioa exlérïtfure «t intérteore du château anraietit moini At mérite l'ikéuient du* à un «rchitecle. ■ i „-, ■

Bocage percheron. 6

8a c<wlLmodU&auboutdujardm, fiui Tant les lu du pays, se trouvaient eu face du TÎeui château « au delà des fossés. Ce potager était divisé ea rdusieurs terrasses. La mécanique a sa|>gére' un moyeu ingénieux de transport pour les terres, et la culture et la décoration du jardin paysage en ont profité.

Plan mclihé ou bwuetie volante. Pl.i4^et i44-

-.Le point avantageux où il fallait déposer ces terccs âoit une partie marécageuse du railon que j'ai décrit, et, pour y arriver , on devait traverser la rivière et les larges fossés dont j'ai parié. M. de Beaujeu conçut l'idée de transporter «es terres en l'air sur un câWe tendu et soutenu comme celui des danseurs de corde.

Celte idée n'était pas neuve, mais la manière doAt il a construit la machine l'est entièrement : un corps abandonné à son propre poids sur un plan incliné doit nécessairement descendre; mais ce qui constitue vraiment fa machine, c'est d'avoir su proSter de l'excès de force de la machine à sa descente, pour enlever-un contre- poid s qui, à l'avantage demods- Ktv la> trop grande vitesse, réunit celui de remonter eu uU'Clitt d'œil la nacelle à son point de départ.' Le poid» de la terre conteunie dans le caisson est d'environ 5 h 600 livres, ec

D,£,,t,7P-hyGoo^lt:

-qui faitque ecAte machine déblaie tôiB-pniaQiittetnent.~No3 pajaaos percàeroDsrtfDlspritibieilement appelée brouette volante (i).- -, r-, ,;i- Les mécaniciens,- lès agriculteurs, lak, .ah^^^ mistea , peuvent ^ eu Tisitamt Vétalilisscimebt de M. de Beaujeu , qut n'est qu'à 58 'lienas.dte poste de Paris , Jugat mieux que moi ccixni'iliy a d'utile et de neuf dans les nambreux-|ï(fffoédés qu'il a appliqués k l'art du d^ov^tewit'dqs jai'dins, de l'inventeur des ponts et chaiisséeij, je l'agriculteiiT en ï^rand^ du distillwteary-'âu fabricant d'baile,-d'eaU'-de-Tiede ronces et^ SBcre de bâttepaves. Ce que je ne mp toasepats d'observer avec étonDeiDcnt^- c'eetVeDseanble, ta justesse et l'étendue, du plan qui se' rattâcb'e

(r) Description de la brouetle volante , pur V auteur: ' Une forte corde est fixée solidement à un point piqs éloigné que celui oii l'on veut conduire la terre. Après l'avoir passée sur des pièces fijees perpendiculairement en croix , à l'instar des danseurs de corde , elle est forlement tendue par un cabestan horizontal fortement amarré-à.. des pieux fixés su delà du sol it déblayer. Une poulie est posée sur la corde, et à son axe est suspendu, par une corde, une espèce de caisson étroit du fond'et très-évasé, tournant sur son centre au moyen de deux axes, et retenu en postlion par un crocbet en bois à manche saillant. Lé caisson , qui contient 5 pieds, cubes de terre, abandoané il ion propre poids , ^Ç5ceiid,i^idemest.si|r la corde iàdiaée. ÀrrÎTé au poîiftle plus^^â»^ u>t çuTrier

■ .«ma idét foiutameatale, la réactioa - cbntinneine de. ragrîcaltnre , de Tindustrie, de la mécanique, en un mot, des sciences et des «rtB dn! dessin , appliqués, soit à l'exploitation :de&.t»res, des manufiictures, soit à l'embel^ fisseméAt» au. perfectionnement des jardins et 'Jc£!.cdi£Qe&. C'est, en outre , la faiblesse des -mojWDS;. car la fortune du propriétïiire ne dé- ?p!asaait:pa5 àQiOOo livreà de rente; et, malgré .leS; (mU- ne'cessaires pour monter un pareil r AaVUssemêbt , il lui reste la même valeur en •Jt»nâa de.terre , et un revenu plus considérable, isans cokupter l'énorme accroissement du capi- .tal eu immeubles et^u-capitalcirculant.

saisit le manche du crochet , le soulève ; a l'iastant , le -«aÎB»»» ( dont le centre de gravité k tronve au-dessus , et en ayaat del'axe, serelouroe sens dessus dessous. Étant vide, le centré de gravité se trouve sur cet axe ; il se relève doDC'de lui'iuéine ; 'l'ouvrier lâche le crochet qui se retourne et accroche 'le 'caisson. Une petite corde, attachée derrière celui-ci-, s'enroule sur un lamlioxir léger dont t'axe, d'un petit diamètre , est entoure d'une autre corde passant sur iine petite poulie attachée à 1 5 pieds de hauteur au montant du trait, et à laquelle est suspendu un contre-poids. Le caisson , plein de terre , en descendant, enlève aisément ce contre-poids, qui mo- ~dêre sa course; aussilât vidé, le. contre-poids ramène à 'son toui- le caisson, c^ui remonte avec rapidité au point oîi «ont les ouvriers." La machine chargée parcourt un espace ie aoD pieds , est vidée,' remonte et arHve prête à être rechargée, dans le tiers d'une minute, on ao secondes.

Je suis forcé de négliger beaucoup de détails; car tout ce qu'une telle activité et une telle, constance, aidées par uo esprit si inventif etune volonté aussi forte, ont introduit de procédés nouveaux dans le pays , et reconnus utiles soit par lui, soit par des savans éclairés, fournirait la matière d'un gros volume.

Je dois pourtant dir« quelques mots de son agriculture, oti- il a fait prendre à ses paysans une nouvelle rautine, mais eiacte et bonne ; de sa fabrication de sucre , de ses chemins oîi l'art de l'ingénieur des ponts et chaussées a été perfectionné et dirigé vers l'amélioration et l'économie de sa culture et de sa fabrication.

Agriculture. — Mérinos.

M. de Beaujeu reconnut bientôt que les trois produits principaux les plus avantageux à obtenir dans son sol et dans sa posilion , étaient du sucre, du blé, de la laine fine ; car il est ^ la foi& agriculteuret manufacturier en grand. Il a donc introduit à /^lantoi^ l'assolement biennal; sur i5o hectares qu'il cultive, sS sont semés en betteraves et en blé froment ; les 1 25 autres sont distribués en 4 1 avec l'assolement de Norfolk, et couchés en prairies artificielles rauables ou pérennes.

Le troupeau de mérinos est porté à 700 bétes

de race pure, toutes cboisies avec soin. Un berger, son aide, sa femme et quatre chiens, quelques parcs, deux cabanes rpulantes, forment toute la dépense de cette partie de l'exploitation. En été , le troupeau vit sur les prairies; l'hiver,. du foin qu'a fourni leur première coupe, d'un mélange d'herbes et d'épis tirés de la tète et du pted des gerbes de blé Jbattues, et eoSn du marc de betterayes que M. .de Beaujeu a trouvé moyen de conseryer pur et sain jusqu'au mois de juin. Il a obseryé de plus que les mérinos étaient moins délicats sur la pourriture que les moutons de Berri, de Poitou, de Sologne, même que ceux du pays(i). Le produit moyen , malgré le peu d'encouragement que nos lois et notre commerce accor* dent au débit de nos laines fines depuis iSaos, est encore de lo francs par tête de mérinos. Je ne compte pas les accroits. Les frais de transport des engrais sont par-là très-diminués ; car 700 moutons, par le parquage que comporte

(i) Une ferme en lerres médiocres et usées, -composée de 60 arpens , louée 900 francs , entrelient sSo moutons. Les Frais ssat , lin berger et ses chiens , 400 fn; impdt , 200 fr. ; tonte , 72 fr, ; entretien , 60 fr. — 33a. Le produit , à [o fr. par tête, donne a,5oo fr. — ^32 = 1 ,768 fr. Il faut ajouler le produit de dedx petîtï-bois , des baies et des arbres à fruits. Le revetju est plus que doublé; le sol s'améliore ijbaque anuée.

notre climat htiniide, Dofre position au miliea de trois grandes forêts , notre ëlâTation ( i8a à 300 toises ) au-dessus du niveau de la mer , fument 56 arpens ( aS hectares et demi environ ) chaque année/Tout le fumier fait à l'étable se reparte donc sur les 13a hectares, a44 arpeiis, (je ne'glige les fractions) cultiva en bettentTe& ou en blé.

Les terres, eii général médiocres, dettiaées à cette culture , ont été d'abord assainies , [Atrgées d'herbes , avec les iastramens , les machines dont j'ai parlé, et qui formeot à Fiantais un cheptel mort ou vivant de plus de 5o,ooo fr. de valeur réelle. L'invèataîre en est dressé chaque année.

Charrues,

Ces terres ont été approfondies, ameublies dyec noe charrue peu usitée ^eo France, l'araire du Brabant et la charrue en fer de Stnall. M. de Seaujeu, après l'avoir comparée soigneusement dans les divers sols , et identité parfaite de circonstances , avec les charrues les plus vantées , qu'il a toutes chez lui , et toutes essayées nombre de fois, donné la préférence à l'araire belge. Cette charrue est trop connue pour exiger une description. Elle a , comme on sait,unelar|je oreille, un seul mancheron. Un

traîneau rcmï^ce l'avant-tram ; elle n'exige presque que la moitié de forces nécessaires à la charru« de Brie , 5a5 au lieu de 600. Avec deux bœufs et un homme, dans tous les terrains , et celui de flantais esl coupé, montuenx> argileux ou pierreux , planté de pommiers , et divise' par des haies , avec deux bœufs , et un homme qui tient le manche d'une main , et tient fort bien de l'autre les rênes ou le fouet, -cet araire laboure en planches à 6 pouces de profondeur , avec autant de vitesse et plus d'égalité que les autres charrues, qui ne meuvent .que 3 pouces en billon et 4 ou 5 en planches. Avec quatre bœufs et un homme, cet araire défonce le soH i5 pouces de profondeur; et comme, d'après des observations souvent répétées, et très-faciles à faire , la racine du blé atteint plus d'un pied de long, il est évident que l'ameublissement et l'approfondissement du sol par un procédé prompt et économique offrent de grands avantages , soit pour la per* méabilité, soit pour la distribution des sucs nourriciet^, soit pour faciliter les attractions, les décompositions, les formations utiles ù la production des végétaux. De plus , les animaux sont toujours conduits par un homme fait, intelligent , et qui les dirige vers le but qu'il se propose, et que sa charme doit atteindre. Il y a unité de volonté, de direction , d'action et

d'executioD , ce qai n'est pas un médiocre avantage. Four faire sentir cet avantage ^ il est bon d'expliquer que (lans le pays on ne met jamais moins de quatre bêtes h quatre , et deux à deux pieds pour conduire une charrue.

jissolement. — Culture des betteraves.

L'assolement est biennal , ou de deux aas^ comme je l'ai dit , pour une grande partie des terres. Première ann^e : trois labours, çn planches ; le premier, de 6 pouces, avec deux bœufs et un homme , aVant l'hiver; le second, an printemps , profond , avec quatre bœufs et un homme, de loà i5 pouces, selon les terrains.

Le sol a été pttrgé d'herbes avec .le grand râteau à dents courbes, avec les herses, la houe à cheval, l'exlirpateur, menés tous par deux bœufs ou un cheval. Tout a été fumé avec du fumier frais ( 4S milliers par arpent, 96,000 par heclare ). J'entends toujours l'arpent de roi , de 100 perches, la perche de 22 pieds , de 48,Qoo pouces carrés. Le fumier frais, comme on sait , convient mieux aux légumes , et le fumier décomposé au froment.

Au mois de mai , les betteraves à sucre , jaunes ou blanches , qui sont les variétés les ■plus riches en principe sucré , ont été semées en pépinière avec le drille dans une partie

9° fraîche et fertile de U .culture, dont la terre a été préparée el fume'e arvee soin. L'introduction du drille y ou semoir double, a produit une grande économie. Le semis d'un arpent de betteraves exigeait quinze journëesde femmes, et dix journées d'hommes. Le même travail , pour un arpent , se fait par le drille en deux heui'es , et le semis est plus égal et mieux aligna. Elles sont arrachées en juin et juillet , el plantées à la cbarrue, k t8 pouces de distance. Les lignes spot à i8 pouces et les raies à 13 pouces dans la ligne. Deux femmes fournissent une charrue ; le labour se fait h deux boeufs , les raies de 6 ponces de largeur sur 10 de jîrofondeur; on plante une raie sur trois ; les betteraves se placent avec te pied , de la manière dont on plante un taillis en jeunes bouleaux. La plantation , ou plutôt le placement des jeunes betteraves dans la raie se fait par des femmes , ainsi que tous les ouTrages auxquels elles sont propres; il y a économie, emploi de bras abondans , et qui ont peu de valeur dans le pays, L'intérèt'privé, la bienfaisance , le bien du canton , et l'avantage du proprie'taire, sont ainsi conciliés. L'ensemble et l'accord des idées, des vues sages, justes et utiles, se montrent encore dans ce petit détail ; c'est, à ce qui me .semble, la qualité dbtiacttve- de l'esprit de

Dio^jP-hyGOOl^le

9> , M. de Beaujeui et cette qualité y existe i ati

degré éminent.

Les betteraves ainsi plantées sont ensnite , si elles «n ont besoin , ctilfivées > rebinées , soit avec la houe à cheval, soit à la tnain , en octobre et novembre* Elles sont recueillies d'une manière simple et éconoinique ; lorsqoe la terre est légère et humide elles s'enlèvent uniquement à ta main, sans fonrche; quand la terre est «èche , nn homme, avec un trident, déracine et renverse la racine ; il est »iivi par une oo deux femmes qui retranchent la tige , les radicules, et laissent les feuilles sur la terre, où elles sont destinées à servir d'engrais au blé qui va succéder bientôt.

Le produit moyen est, vu la qualité des terres , médiocres en général, le climat , les circonstances, etc., par arpent, de i5 ^ 16 milliers, i5à 16,000 kilogrammes par hectare. Les bons champs donnent 20,000 l'arpent.

Ce terme moyen est. pris sur les six dernières années, et le produit va toujours croissant, avec l'accroissement successif des engrais , de l'assainissement, de l'ameublissement et de l'amélioration du sol. Tous frais compris , les betteraves sont revenues à 5 fr. le mille.

La récolte de 1833 a été au moins de 700 milliers pour environ 4^ arpens. Le produit de 56o kilogrammes, ou 1,000 livres de bette-

9= raves fraîches, est, en sucre, de 5o à 4.0 Uvres en brtit , et autant en mélasse ; en marc de 5oo livres-

f Sucre, ■ aifOOO'liv. (brut); Total, . < Me'lasse, ai, 000; (^ Marc , . aio,ooo.

.Une livre de marc équivaut, pour la quantité, à une livre de fourrage sec , mais est bien supérieure en qualité.

.310 Quintaux de suCre brut à yS francs,

'donnent . . 1 5,760 fr.

310 Quintaux de mélasse, à iSfr., 3,i5o fr.

Total, 18,900 fr.

En ce moment, le sucre brut est à i franc la livre.

Les chariots t qui sont ix quatre roues, à jaûtes très-larges, et dont plusieurs parties ont été perfectionnées par le mécanicien habile, suivent les femmes (jui ramassent et chargent les racines; et ces chars conduisentles betteraves à la sucrerie , où elles sont rangées , partie sous des bâtimens disposes pour cela, partie enterrées sous de vastes tombes dont l'ingénieur , le physicien et l'agriculteur habile ont amélioré la construction.

Culture du blé.

Tout de suite après le transport des bettera-

95 , Vesdans leur demeure d'iiivâ-, Taraire^ «v«o ua homme, et deii£ bœu&, passe éurce soL ameubli par la plantatioa,: la culture. et la ré* cblte deslëgumes-'; engraissé d'un fumier ^ui n'eàt resté en terre que quatre, cinq, six uu liuit mois, et qui se trouve dans rélat de dér coolpositioD Je plus -favorable îk la i^odacttoh du blé. M. ^e.£eâli/euyajouteqael<^efoisuD« petite quaotite de fumier frais , qui est répandu l'hiver sur le blé , et se joint aux faoeâ des betteraves. Un seuHabonrde^pouces&oflit à son blé, qui est semé ii la voEëe par un homme , h raison de 5 hectares par jour , avant le labour qui ^l'enterre. Un tour de hei-se unit ensuite le itcrrain.

11 n'y a donc que qàitre labours , an lieu de six qu'on' donne dans le pays pour la culture du bié et de l'orge , moitié moins d'hommes , moitié moins. d*animàax, économie déculture en tout genre. Il y a aussi une grande écono'^iic dans la récolte du blé surfout. Lé sacre ayant plus de valeur exigeet peut supporter plus de frais. ■ ' : .

Le sol étant bien iirti , bien épierré ( et ces pierres nuisibles ont fait de bonscheniiosde communication , par conséquent abrégé oa diminué l'emploi du temps et des forces), alors le blé peut. se recueillir à la faux , et. ne coûte pour couper , javeler, retourner les javelles;

n,o,t,7P-hyGot)'^lc

e«gerlier, ' l^^c Sfcanca par arpent , tattctu qu'une récolte pareille^ faîte à la faucille, coùtaànosfânoiersdria à lâfrancs. La perte en grains par Tëgreitage n'est pas plus grande d'une Dianîère que de: l'autre, et la recohe , altve'gée par ce mayen , permet de proiker mieux des ciéconsta-nces lavoraliIe& , et donne en outre uaâ plus grande quantité de paille.

I.'is9oteniei>t Inennai reprend ensuite sa rotation, en y joif^nant Us leiTcs touchées en

. prairiË& artificielles qui ont parcouru leui-s diverses pâ'iedes, et qui rentrent dans la cilltnre du sucre et do blé, amétioréee par le pacqoage et le détritus, des racines. Des portions égales de la terre cultivée prennent leur place ,i et la balance entre les prés, les champs à Ugumes et les champs à blé, reste aiost la même. Dans les parties bien amelionées / grâce à [abondance d'engrais qu'il a su créer , et à l'usage de la' transplantatiim des betteraves en juÎD dl juillet , M. de Beaujeu peut dérober

' en quatre ans deux récoltes de fourrage , on obtenir en quatre ans deux fois du sucrerdeuï fois da blé, et deux fois des fourrages verts. En jâ2a,le seigle même aurait mûri ayant qii'oa eût planté lee betteraves. De plus, il aème.f n mars dass son blé du trèâe i la volée, saus-heracT» yalim-e» par arpent; et i5o livres de pIMrecaitMnt vtrse's immédiatement sur

D,g,t,7P:hyGOO^If

cette graine. Le blé se nëcolte eu soùt>; la paills est plus riche en herbe, et en octobre on do* -veml^e , ce chaume ou reste de trètle lot doDue une' ample moissoa de fourrage vert' 11 sait aussi corriger la snperfoetation des s(^ trop ameublis , en les e'pnisant au degré eonTeoiible par la culture des plantes oléagtni^ises, procède' qu'ignorent tes cultivateurs (W Perche et de la Beauce.

Je dois insister sur Tereiploi da plâtre avec ta graine , et son acUon sur la germinatiou y fait nft^Teaa en agriculture., Ge£. essai à été tenté ■j4>' M. de Beaujeu ; avec ce moyen , il a obtenu dé bous fourrages sur des sablea nus et stériles, où la plante dont l»-germÎDation et la première végétation n'eussent imséteslimiilées par le plâtre aurait péri de sécheresse arâiit de pouvoir convrir la terre, et j conserver l'huniidité néoessaire k son développenent..

Une dernière pcéparation r^ate à donner au blé powr le mettre en. état de «ente , Ët'O'estan pelrà &ttr lequel le mésanicieD et le cultivateur ont porté leur attention. , etoii ils ont obtenu le plus beau résultât.

Moichme à battre le grain. .

L'Angleterre possédait dans ses grandes ex-' ptoitations a^rScolès ^ne machine précieuse pour battrele blé; oelle de itfiE/^e5 /- avec qna-

n,o,t,7P-hyGo0^lf

tre chevfaux, allant àix trot, elle peut , cdmme on sait., baltre i,30û gerbes en un jour. Mais cette machiné est toute ea fer, et revient i StttoO francs, prix an-dessue des moyens de presque tous nos cnkivateitfs.

M.' de Beatifèita tâche de la rendre plussîmplé>- i^us économique, et tràosportablé à volonté danâ ses.cbamps. Pour 606 francs il peut faire, dans le pays, unema^hine en bois et en fer, qui se: charité .'dans une charrette, se porte auprès.des meules de blé , tit, avec une force de deux ohevaax , obtient, le même résuhat qu'avec Uiimachine anglaise. '

Le cent,de:.gerbes :coûte à:. battre, dans le Perche, , de 5à Gfrancs; de plus,!» variation du prix':d^s'ijrains est souvent, dans le cours d'une année,: de sS., de .5o, de 75 pour cent pir hectolitre. 11 y a donc pour un fermier qui re'colte ia,ooo gerbes -de grain ; et une grande écononniA'da telapfi et d'argent, et le moyen de saisir-t'oute^^les-xhances. de veJite favorable , puisqu'avfio deux chevaas, et quelques journées d'homme et de .'femme.,, toute sa "récolte peut être battue en quinze jours, et à i'epDqne où il a le moins de travaux à tirer de ses hommes et de ses animaux, comme les 'temps de gelée, par exemple. ^ , ;.., .^.,

Ajoute? que .la même force pept faire mouvojr.un ygn à, ailes qiii, sépare Ije, grain de la

balle, le crible, Vépure ; que le grain est mieux

battu , la paille moins hache'e que par le Qéan , et que les seuls bras nécessaires sont une femme ' pour mettre une partie de la gerbe dans latramée, un conducteur pour les chevaux du manège, deux hommes et une femme pour lier la paille en bottes , empocher la balle et le grain , et les porter sur les chariots qui les conduisent au grenier.

Un fermier ordinaire peut donc en deux ans gagner le prix du déboursé de sa machine ; et , pour les petits propriétaires , cette mécanique , dont ils paieraient l'usage, aurait l'avantage des moulins à eaû ou à vent, des pressoirs , des moulages ^t plâtre ou à ciment, que leur fortune ne leur permet pas d'établir chez eux.

Introduction de T araire du Bradant.

Ainsi , la première et la dernière machine qui servent à donner la préparation aux grains, la charrue et le fléau mécanique, ont été perfectionnées h F'ianiais. Il ne faut pas négliger de faire connaître- que M. de Beaujeu , après s'être bien assuré de la supériorité de l'araire du Brabant sur toutes les charrues connues , s'est transporté en Belgique, y a fait construire et construit lui-même quatre charrues , chez Pierre Bogaerth, maréchal , à Westmall, dans la Campine. Cest le constructeur de charrues Bocage percheron. 7

le f^iurutOBUDë. Il est pourtant bon d'avertir que, pour l'importation de ces instmntens si favorables à l'iodiastrie et à l'agriculture * nos douanes ont exigé un droit trèsH:onsidérable. Enfin, M. de Beaujeu les a iotrodaites chez lui, dans le Perche.

Mais tous lès obstacles étaient lois d'ê tre aplanis : aucun laboureur du pays ne pouvait s'en servir; les ipare'chaux, tes' charrons étaient incapables de réparer les avaries oyilta accidens> même de construire des socs et des oreilles semblables , avec le modèle sons les yeux.

Heureusement le mécanicien et l'agricnlteur était doué d'une force et d'ane «dresse peu communes pour les travaux et les exercices du corps ou de la main. Le gentilhomme-proprié^ taire est devenu laboureur, et il a montré, en faisant lui-même (car il avait appris dans le pays même à manier cette charrue ) , et nu» pas en expliquant , en démontrant , moyen qui eût été inutile. U a tracé, taillé, forgé dans l'artelier du charron, du tqarécbal; il a modifié quelques parties de l'araire belge, pour les proportionner à la capacité des ouvriers de Bellon, le bourg le plus rapproché de fiantais. La charrue est moins élégante, moins bien polie , mais d'un usage plus facile, et donne les mêmes résultats. Depuis six ans ses labouretivs

s'en servent ; elle obtient le plus grand succès , et déjà quelques fermiers voisins , malgré l'empire de la routine et de l'habitude, commencent à l'adopter. Je l'ai adoptée chez moi, et plusieurs de mes fermiers en sentent fortement les avantages. Mais qu'il est difficile d'enseigner une cbôse nouvelle à une vieille ignorance ! ! ! L'exploitation est divisée en cinq fermes.

Fermes. — Bâtimens d exploitation.

La fermeornée se compose i<>. du ctiâteau, des dépendances, vaste bergefie pour les mérinos destinés \ tondre les gazons du jardin-paysage , à se promener sur les cultures en temps con- * venable, et suivant l'exigeance des cas; écurie pour les chevaux de luxe, qui sont en même temps toujours des chevaux de travail ; remises,' hangars, soit pOur les voitures de luxé , soit -pour les traîneaux, rouleaux, sarcloirs, instrumens destinés à l'entretien des allées , des gazons de la |>artte ornée.

a°. Sucrerie, située près du château, et sur le bord de la grande route; arrivages faciles de tous côtés Peu versé dans la mécanique , que j'ai apprise, mais oubliée complètement, je laisserai M. de Beatijeu décrire lui-même les machines et les procédés de sa manufacture.

3*. Ferme des bœufs. Elle est placée au milien des cultures de betteraves et de blé , sur

D,g,t,7P:hyGoogle '

UD beau chemiii fait à neuf par lepropriétftîre, qui aboutit à la route de Chartres au Mans.

4°' Ferme du blé et des Taches laitièves. Eile se joint à l'autre et à la route par de bons clieinîns ferres suivant le procédé ingénieux du savant professeur M. M'Adani.

5*. Ferme des moutons. Elle est située au milieu de loo arpeas de prés artificiels, exposés au midi. Les chemins ferrés pour la joindre aux autres fermes , au manoir et à la grande route, sont faits en partie, toujours d'après le procédé ingéuîeuxdeM. M'Adani; les matériaux sont tous préparés pour le reste. Il y, a déjà en bâtimens nécessaires à l'exploitation une grande économie, si on les compare avec ceux qu'exige .dans le pays la culture d'une étendue déterres semblable.

Un arpentage exact , où tous les changemeos ' sont indiqués au'fur et à mesure, correspond par des numéros avec le journal de comptabilité , et offre d'un coup d'œit l'ensemble ou les détails de l'exploitation.

Résumé des frais et produits.

Je ne finirais pas si je voulais entrer dans tous les détails des inventions , des, perfectionnemens , des introductions de machines , d'instrumens, de procédés utiles, soit à l'agriculture , soit à l'industrie , que renferme l'établis-

loi

sèment de f^iantais. Qu'il me suffise de dire que l'e'conomie du travail , du temps , de la dépense, y est arrive'e à un degré supérieur à celui fies autres eiploitalions semblables que j'ai étudiées en France, en Angleter;re, en Italie ; et que, parla sage distribution, l'emploi bien calculé du travail, les produits nets surpassent de beaucoup ce qu'on semblerait devoir attendre des capitaux employés et de la nature du sol (i).

(i) Dépense totale , 33,4oo francs; c'est te mouv»menl total du capital circulant. La rente brute des lerrei arables eiccde des deuK tiers les frais , la sucrerie à part. Le produit net est bien près du douljle des prix de fermage des terres pa^es par les fermiers. Un arpent de blé ne rend pas communément plus que ceux des voisins , mais le grain est plus propre ; on en fait deux récoltes en quatre ans, et dans ce période on a sis récoltes, quand un fermier n'en a que trois; et la, récolle des betteraves est d'un grand produit. Le produit net du blé est plus grand , parce qu'il y a moins de frais à défalfjuer , la culture de la betterave étant déjà chargée d'une partie. Yoîlà en général, avec le produit des mérinos, ta cause de l'augraenlalion.

Il y a eu 3,6o5 et un quart de journées de bceu& employées utilement. Pendant six mois, il n'y en avait il l'écurie que dîi , et ensuite douze ; ce n'est que de septembre' qu'il y en a eu seize. Outre ta culture , il a fallu déblayer tout le cliâleau abattu, faire les approches de sable , eau , etc. , pour les constructions. On a de plus

Espèces bovines.

M, de Beaujeu ne se sert pour te travail qne de bœufs nantais ou poitevins, race de taille moyenne, mais plus robuste, plus agite et plus adroite que tes autres races bovines de France. Denx^de ces boeufs taboureot, ternie moyen, avec l'araire, à 6 pouces jd^ profondeur, en faisant le blé dans Tequinoxe d'automne , 5o à 60 ares par jour, 100, 120 perches de 33 pieds; ce qui donne de iGà 30 miltet., 33 à 40 mille mètres poui' la' distance parcourue. Toutefois ceta dépend de ta largeur des raies. Ordinairement , lorsqu'on laboure profondément , on ne prend des raies que de 6 pouces de large, comme toi*squ'on plante tes betteraves; dans tes labours légers on prend jusqu'à

abattu et ealevé 80 pieds de bâtimeDS de la bas^e-cour , les mnra des terrasses de 5 pieds d'épaisseur sur 10 de hauteur, et plus de 300 de longueur; les charrois des bois pour la sucrerie. Ou voit que cela complique les comptes, et qne l'on ne peut dire exactement ; avec seize bœufs on a fait les travaux de culture cle tant de terres i il y a déjà plus de 600 iournées de bœufs à déduire pour la sucrerie et le bois.

Les journées d'hommes, compris les domestiques, sont de 4i379;celles<'ss femmes, de 6,ot6 et un quart. II j CD a en 3,1^4 't ttn quart pour les champs , et i,o5o pour la sucrerie. Le reste est pour les travaux étrangers à l'exploitation.

io3 un pied de largeur avec la charrue belge > dont laile du^oc a la pouces de longueur.

Ces bœufa fei'rés , pris depuis cinq ans jusqu'à seize, avec une nourriture de 3o livres en fourrage sec , ou l'équÎTalent en vert> peuvent soutenir toute l'année ce travail, ou un autre analogue, sans de'périr.

Les marchands de boeufs de mon pays m'ont assuré que ces animaux, étant gras, s'ils sont bien conduits, font quelquefois aisément loo lieues de poste ( 400,000 mètres) en cinq jotu's, et quelquefois plus encore lorsqu'on les amène de La Rochelle , de Niort ou de Nantes , au marché de Poissy.

Je ne sais si la grosse race normande est douée en général d'une grande force musculaire ; mais il existe chez un de mes fermiers un boeufde6 aus , de cette espèce ; il a 6 pieds de haut, 10 pieds de long, peut peser vivant de :i,5ook 3,000 litres , et je l'ai vu vingt fois , sans être excité , sauter des barrières de 5 pieds de hauteur ; encore il passait toujours la tête pardessus là barrière, et, malgré son énorme pesanteur , sans prendre d'élan, par la seule force de ses jarrets, il franchissait l'obstacle sans y toucher.- Cet animal, dressé par Franconi , eût fait l'étonnement de tout Paris , et la fortune du man^e. J'ai engagé vainement mon fermier à le mener à Paris, où j'aurais fait rc-

D,£,,t,7P-VGoogle

cevoir son Apis dans la troupe du Cirque :

mon éloquence a échoué. Comment persuader à un paysan percheron qu'un bœuf peut servir comme acteur de théâtre , lorsqu'il n'y voit que du cuir , du suif, des biftecks et des aloyaux? Il en eût cependant tiré quatre fois la valeur de l'animal mis au marché, et Franconi eût décuplé sa mise.

Je reviens de cette digression , que je me suis ■permise pour consigner un fait curieux et bien constaté d'élasticité et de force musculaire dans unÈ espèce dont les proverbes ont consacré la lourdeur, à l'emploi du travail des boeufs chez M. de Beaujeu.

Distribution du ttavail.

Pour profiter de tout le temps possible, il fait .alterner, dans ses charrois, selon les saisons et l'état des chemins, les chariots à jantes larges et les traioeaijz dont il a reconnu l'utilité dans le Nord , pour la neige et pom- la boue ; sur les .routes pierrées et dans les temps secs , il se sert des voitures à roues. Mais, règle générale, chez lui, les animaux, hormis quelques exceptions fort rares, travaillent toujours, et gagnent plus que leur nourriture par l'emploi , réglé de leurs forces. Les hommes et femmes nesopt jamais jnactifs; le maître, à la vérité.

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donne leienaple; ilaccord^ au sommeil 6 heure^, une heure aux repas, et 17 heures de la journée sont cmploye'es à méditer, agir, eïé^cuter , inspecter et diriger le travail.

C'est d'après ces principes sages et arrêtés de ' l'utilité du travai! pour toutes les classes de la société, que M. de Beaujeu a réglé sa bienfai>sance. Il assiste |es pauvres invalides de sa commune , ç'iropose lui-même le plus haut pour les chargés extraordinaires dont l'utilité est recounue; mais il ne donne l'aumône à > aucun mendiant' valide ; il leur offre à tous du travail; car, dans une contrée trèp-peuplée et peu manufacturière, il manque souvent de hras pour ses travaux.

Dans les dernières années de cherté du grain, 1 8 16 à [818, il a itnaginé, pour concilieT l'utilité et la bienfaisance , de payer 5 tîàrds la livi'e les mûres de ronces très-abondantes dans nos haies et dans nos bois. Il en a fait i5o poinçons de vin, qui ont rendu 14 ^ iS pipes d'eau» de-vle à 2a degrés ( ia,ooo litres ), plus agréable au goût que l'eau-de-vie de vin, et qu'il vendra avantageusement la première année ou les vignes manqueront. Les pepiiis de ronces n'ont pas été perdus, et servent à faire de l'huile (i). Les noisettes etles.faiaes,, très-^com-

(1] II était curieux de voir, à trois et quatre lieuesà U

io6 munes daps le pftys, oit elles pouriesent , ea graade partie sur la terre , pourraient , daps'un cas semblable , donner le même résultat, et coDcilier l'intérêt public et privé / le profit et la bienfaisance.

ronde , la classe pauvre et sans ouvrage occupée le long des chemins «t des haies à recueillir les fruits des ronces: des femniAs , avec l'enlant à la œamclie', trouvaient ainsi le mojren d'employer titiiement. leur tenip&; «t do les voyait ainsi un enfant sur un bras et un panier sur l'autre. On en apportait dans des paniers , dans des hottes , sur des ânes , et jusque dans des voitures ; il en venait jusqu'À dis milliers pesant par jour. On distribuait dés bons qui étaient ensuite payés le samedi. Ce jonr^là , k presque totalité des vendangeurs te trouvait réunie, et c'était un spectacle carteux de voir la cour et les avenues de la sucrerie couvertes de monde , et res5em|}Uat à un ^tit loarctié, cbacnn assis auprès de son panier , attendant sou tour pour sa marchandise, |a faire peser, 'recevoir un bon; et de suite on les voyait courir dans l'avenue jusqu'au château, oU était le bureau dé paie- -uent. Des gardes étaient nécessaires pour maiotenir J'ordre , et empêcher les portes et fenêtres d'être forcées. Lorsque M. de Ëeâujen venait à pa^ser^dans l'avenue dans ce moment , il entendait souvent les bénédictions que lui adressaient plusieurs individus, et qui étaient une sorte de 'dédommagement des peines et des dépenses qu'il suppor- ■tVît'pour faire gagner quelque chose à ces malheureux , ce qu'il trouvait lûea préférable à leur donner quelque légère auin6ne.

P-hyGÔtï^lc

MAHUPACTURES.

SDCREBIE BE BETTERAVE3.

Cet article ^t écrit tout entier par M. de Beaujeu ,• il répondit à ma requête :

■ M Vous me demandez des détails sur ma fabrique, et ma fabrication de sucre de betteraves; je Tais tous en faire l'exposé, et je TOUS le livre dans toute sa simplicité.

» Depuis long-temps je reconnaissais l'avantage de joindre à une exploitation agricole une ma:nufacture de ses ^Jroduits, et je donnais toujours la préférence à une sucrerie de betteraves, par plusieurs motifs qui me semblaient dévoir la recommander plus particnUèremèat.

La culture de la betteraTe s'intercale très-bien avec celle des céréales; la préparation de la terre est très-convenable au blé , à l'orge ; les feuilles sont un bon engrais; cette racine 'é^f, après la carotte» la meilleure , la plus engraissante , la pins laclifère , que l'on puisse donner soit aux boeufs , Vacbes laitières , brebis nouErices , soit aux élèves, génisses on agneaux. Le résultat de la fabrication est de fournir une nourriture encore supérieure à Ip racine ellemême , et h toute autre. Comme la betterave , une fois plantée , ne craint , pour ainsi dire ,

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aucune avarie, aucune intempérie, xes dernières ne peuvent influer que sut: un peu plus ou un peu moins d'abondance , mais d'une ma* nière bien inoins martjue'e que sur toute autre racine; enfin son produit est un des plus considérables. La réunion de toutes ces qualités milite déjà bien fortement en faveur de la culture de cette précieuse racine ; mais lorsqu'on la considère comme plante saccharine ( on saccharifère), comme étant à peu près l'unique plante qui puisse nous donner un pi'oduitde première nécessité, d'un débit sût et facile, comme pouvant remplacer entièrement cette utile production d'une cultjire jusqu'alors exotique , et cela avec tous les avantages accessoires, elle devient alors de première importance, et soa rang lui est assigné.

» J'étais ,convaincu de tous les avantages d'une sucrerie jointe à une exploitation agricole; . le sucrç était à un prix exorbitant, et pourtantje ne jugeai pas convenable d'en monter une : tes procédés étaient encore dans l'enfance; les frais de construction^ d'emplacement, d'ustensiles , de fabrication , étaient, immenses , les produits de peu de qualité. Les prix élevés ne pouvaient se soutenir qu'artificiellement , et en * cas dç baisse il y avait à craindre de ne pouvoir supporter la concurrence avec les suci;es: exotiques. Les événeraens de 1814 confir-

raèreot mes calculs; la presque totalité des fabriques ne purent leur survivre, et sur deux cents, à peine une douzaine échappèrent au uaufrage. Dans cette position ,■" on m'offrit tous les ustensiles d'une fabrique établie dans une TÏlle. Je fis l'acquisitioa de tout ce qui s'y trouva; j'achetai en outre , à Paris, beaucoup d'autres choses isolées dont on cherchait à se défaire à tout prix : je montai ainsi le coramen-

' cernent de mon établissement à bien peu de frais. Les procèdes étaient alors fort améliorés ;

. la découverte de l'emploi du charbon animal avait rendu les procédés sûrs, et les produits avaient égalé la qualité du sucre de cannes.

Mon exploitation est éloignée de toute ville qui pouvait m'offrir le secours d'ouvriers inteltigens et adroits ; point d'ouvriers mécaniciens pour monter les machines, point desmaçons pour, construire des fourneaux , placer des chaudières. Je ne voulus pas faire N'enir de loin aucun artiste, et je résolus de suppléer à. tout, en employant le charpentier, le menuisier et le maçon de mon village. Je réussis à leur faire faire et placer un manège ou j'attèle quatre bœufs , les engrenages nécessaires pour transmettre le mouvement , au premier étage , à une râpe en fonte de M. Odobel , râpe reconnue, aujourd hui la meilleure , et que j'ai le premier employée et fait connaître , ainsi qu'à

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deux presses à cylindre. La râpe reçoit l'action du moteur par le moyen d'une sangle de 8 pouces de largeur , et le tambour est muni d'un encliquetage destine' à prévenir .les accidens. J'ai fait construire ces presses d'après ua principe différent de celui adopté jusqu'alors. Au lieu de toiles sans Bn , j'établis fixement ma toile par les deux bouts sur deux cylindres sur lesquels elle s'enroule alternativement; mes deux cylindres ont i8 pouces de diamètre, et lorsqu'ils ont fait une révolution , ce qui développe CHTiron 4 pieds et demi de toile , celle-ci est ramenée promptenient sur le cylindre en avant par un contre-poids , el cet effet a lieu ' parce que les deux cylindres de pression ont chacun sur leur circonférence une partie plane qui, venant à se rencontrer, laissent un Tide . d'un pouce entre eux deux, et par conséquent la toile cède à l'attraction de la corde du contre-poids. Be cette manière j'ai paré à tous les i-nconvéniens de la toile sans fin , qu'il est presqu'impossible d'empêcher de se déranger continuellement. Deux presses à vis en fer, à double pression horizontale, dite d'Isnard, terminent les machines nécessaires à i'exti-action du jus de la belterave.

» Deux chaudières rondes , dft la contenance de 1,000 à 1,200 litres chaque, montées sur leur fourneau , dans une pièce voisine au rez-

de-chaussée , reçoiveat altèrnatiTement le jus exprimé qui coule contlDuellement des presses

supérieures , et servent à en opérer la dessiccation. Cette première opération de'colore entièrement le jus, qui alors se rend dans les chaudières -inférieures. Elles sont au nombre de quatre, les deux premières ayant leur fourneau , les deux autres n'étant chauffées que par le calorique échappe des deux autres fourneaux, et circulant îk Tolonté sous leurs fonds.

» Ici j'ai fait une amélioration de construction importante. Cette pièce, qu'on nomme la luille aux chaudières, était constamment remplie d'une épaisse vapeur due ^ l'ébullitton de toutes les chaudières. Cette vapeur était suffisante pour produire' souvent une sorte d'obscurité qui nuisait singulièrement au travail; en outre,l'humiditËConsidérable qui s'attachait aux poulies , à la charpente occasionaît une espèce de pluie continuelle désagréable et malpropre. J'imaginai de me débarrasser entièrement de cette vapeur rncommode, et j'y réussis complëtemeot en ouvrant toutes mes chaudières, et donnant une libre issue aux produits de l'évaporation ; j'y trouvai même l'avantage d'accélérer beaucoup cette dernière.

» Maintenant on peut entrer dans l'atelier au moment oîi toutes les chaudières sont ea ébullition, sans apercevoir un atome de va-

penr, et sans se douter que tous les fourneaux sont ep activité. Le sirop passe des chaudières ëvaporatoires dansla chaudière à cuire; j'ai supprimé la clarificalion pour plus de célérité dans les opérations; je me cootenle de fîUrer. Ainsi, saus refroidir, et presque sans cesser de bouillir, le jus de betteraves arrive dans les formes, ou le sucre se granific. De cette manière OD peut fabriquer très-prompteraent une grande quantité de betteraves , ce qui est bien important, puisque malheureusement les betteraves jie peuvent séjourner en magasin sans perdre tous les jours de leur qualité. On retire ordinairement de 70 à yS pour 100 de jus, et de 5 à 4 pour 100 de sucre brut fournissant autant de mélasse.

M Ces divers produits' varient suivant l'état de lapulpe et de la perfection du pressurage. Le résidu est le marc qui sert à la nourriture des bestiaux.

» Par la raison quej'ai donnée plus haut, il est important de commencer la fabrication le plus tôt possible, et déjà ^ors du commencement de la récolte. On [jeut donc commencer vers la fin de septembre ou commencement d'octobre ; alors les bestiaux ne manquent pas encore de nourriture fraîche, et le pâturage se prolonge souvent encore deux mois et plus. Il " serait donc moins avantageux de faire consom-

ii5 -mer alors les 'marcs de better&veE, taudis que jjlus tard; en janvier , février , mars et avril , les bestiaux , surtoat les brebis , les agneaux , n'ayant plus que des fourrages secs , se trouveraient parfaitement de cette nourriture succulente. Prolonger la fabrication , serait une grande perte sous te rapport manufacturier.

Ainsi donc l'intérêt du manufacturier et celui de l'agriculteur se trouvait en contradiction. Pour parer î) ces inconvéniens, j'ai fait des essais qui m'ont réussi; et maintenant je conserve très-bi^n l^ marc de betteraves, dans des bâtimétis appropriés; et jusqu'en juin, dans un bâtimueni de i3 pieds de laçge. sur is pieds de long, u'^y^nt pucuue ouverture inférieure ni latérale ;j'y fais jet^^ et tasser, le marc à mesure dfi sa fal^fication ; je continue ainsi la hauteur de deux étages , et je trouve le fond du tas aussi boa que le dessus.,' Içrsque je le fais tirer du magasin au fur et à mesure du besoin-

M Pour la fabrication du sucre , étant Iqin des villes qui auraient pu me procurer les ouvriers ou. contre-maîtres» je résolus de chercher à m^en passer. Je commençai, par choisir -les plus inlelligens de mes paysans joni'naliers , hommes et femmes, et je leur assignai à chacun

Bocage percheron. • 8

un emploi, en leur montrant comment ils de- Taient s'y prendre.

» Je réservai pour mot les opérations les plus délicates ; la dessiccation et la cuite Furent ihon ouvrage ; j'eus beaucoup de mal la première année, car il me fallait être partout en même temps avec tous les ouvriers , et je devais faire leur apprentissage et le mien. A force de peines et de soins je parvins à styler chacun à son genre d'ouvrage, et j'eus un peu plus de liberté. La seconde année je choisis une femme que j'avais reconnue plus intellit^ente et active,, et plus dans le cas de me comprendre , et j'entrepris de lui apprendre les opérations les plus difficiles. J'en fis mon contre-maîtl'e , et depuis ce temps elle dirige toutes les opérations des T:haudières , fait le sucre , le raffine , et s'en tire fort bien. Cette femme n'avait jamais fait autre, choSe que de travailler à la journée dans les champs. Ma fabrique marche avec tous ouvriers de la campagne; elle rentre donc ainsi en quelque sorte dans le domaine de l'agricul-, ture. Les mêmes individus qui ont semé, planté , soigné^ récolté les betteraves dans les champs , viennent ensuite en fabriquer le sucre; ils calculent ^vec plaisir qu'ils se préparent pendant les beaux joursMes moyens de

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travailler à l'abri des intempéries de ta raau* vaise saison.

>> La fabrication du sucre de betteraves donue une grande quantité de mélasse; j'ai donc dû chercher le meilleur moyen de les utiliser. Dans ma position la vente n'en, serait pas avantageuse , et je me suis déterminé à établir une distillerie ; j'ai adopté les nouveaux procédés , et je fais avec ma chaudière et son appareil les divers degrés d'eau-de-vie et de trois-six ou esprit-de-vin , d'une seule chautfe, et parfaitement purs de goût. Mon exploitation agricole étant assez bien pourvue d'arbres à fruits, j'ai ta ressource, dans les années d'abondance, de pouvoir faire de l'eau-de-vié avec mes QÏdres; mais alors je suis un autre procédé. 11 y a deux ans , l'abondance des pommes fut telle, qu'il m'eût été impossible ni de trouver à vendre de suite , ni de me procurer sufiisamment de vaisseaux pour contenir tous mes cidres; et je me serais vu contraint de laisser perdre une grande quantité de pommes. Je 6s extrah-e le jus des pommes ) et de suite te convertis en sirop, avec mes chaudières et ustensit les de la sucrerie : ce sirop concentré à Sa decrés, bouillant, se trouva réduit au dixième du volume , et je pus aisément trouver à le mellre dans des tonneaux. Plus tard, elà vo-»

ii6 lonté , en faisant fei'menter mes sirops , j'obtins une eau-de-Tiede qualité supériem-e et de trèsbon goût.

» J'ai dit plus haut que les machines de la sucrerie étaient mues par un manège auquel j'attelais quatre bœufs ; je pourrais faire le même ouvrage avec deux bœufs attelés , en les relayant toutes les deui heures; j'ai préféré en atteler quatre pour marcher plus rondement, et, après 4 heures detrayail^on les laisse prendre leur repas, pour recommencer un nouveau travail de 3 à 4 heures. Si la fabrication avait lieu uniquement pendant l'hiver , les attelages, manquant alors d'emploi, nul doute qu'il n'yeût de l'avantagea employer des bœufs au manège; mais , -comme je le disais, il est tt'ès-avantageux de commencer le plus tôt possible , et dès la fie de septembre. Or , à cette époque , les travaux sont coilsidérabtes; 00 a besoin de tous ses attelages pour charrier les betteraves que l'on récolte, et faire de suite les blés. J'ai donc eu l'idée de me procurer un moteur indépendant de l'exploitation: le meilleur me parut la machine à vapeur.

Mais , fidèle à mes principes de ne vouloir me servir que des ressources , malheureusement excessivement bornées, que peut offrir le pays, j'ai cherché une machine qui put facilement

D,g,t,7P:hyGooQ[e

H7 t'tre entretenue et même construite par des ouvriers de village; maïs toutes celles ([ui ont été imaginées jusqu'à présent demandent à être exécutées par les mécanictens les plus habiles , conséquemraetit sont fort chères et d'un difficile entretien. Ne trouvant rien de convenable à ma situation , à force de comparer les inconvénieDs dus à chaqae système en particulier , je finis par trouver le moyen d'employer la vapeur d'une manière nouvelle , dont l'application ne dennaDdait qu'une machine extrêment simple , facile à construire par toute espèce d'ouvriers , d'un entretien presque nul. Je fis de suite une machine très en petit, qui réussit fort bien. J'en ai maintenant une grande en construction ; elle est montée , et dans peu , lorsque j'aurai la liberté d'y mettre la dernière main , je pouiTai juger si toutes les espérances que m'a fait concevoir la théorie seront réalisées dans son application ; alors cette machine serait d'un avantage immense, et je m'empresserais d'en faire jouir le public. La machine est à haute pression , à rotation directe ; j'ai supprimé la condensation , le corps de pompe et les soupapes , remplacé la pompe alimentaire par un appareil plus simple,, exempt de frottemens, et j'ai inventé une soupape de sûreté qui ne peut jamais manquer son effet au degré de pression déterminé. J'ai de plus adapté une chaudière,

D,£,,t,7P-hyGoo^lt; ■

ii8 aussi de mon iavention , qui, pouvant suflîre ù une, force de quatre chevaux ( vapeur ) , entre en ébullitiou en un quart d'heure. Mon fourneau est construit pour le bois qui est peu cher dans le canton , ou d'ailleurs il n'y a point de mines de houille ouvertes. »

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