RESTAURATION DE L'ÉDIFICE AU 5^ SIÈCLE
V lENNE , en l'année 69, après avoir couru les plus grands dangers par l'effet de l'inimitié des Lyonnais , après avoir racheté son salut au prix d'énormes contributions , dont une partie fut employée à satisfaire la cupidité de Valens , et l'autre à apaiser la colère de son armée , se vit encore exposée , peu après , aux attentats et à la licence des soldats de Yitellius , et à de ruineuses dépenses pour assouvir la gloutonnerie de celui-ci. Cet empereur , au milieu des
festins , de rinsouciance et de tous les excès , allait en Italie recueillir le sanglant héritage de Galba et d'Othon , qui devait lui être sitdt ravi par Yespasien , lorsque , passant à Vienne , il voulut rendre la justice dans cette ville. Pendant qu'il était assis devant son tribunal , un coq lui sauta, diton , sur les épaules , et ensuite sur la tête. Cet événement fut considéré , plus tard , comme un présage de la défaite que lui fit essuyer, quelque temps après , Antonius Primus ; attendu que celui-ci , Gaulois de naissance , était , dans sa jeunesse, surnommé Becco ^ expression du pays, qui s'est conservée dans la langue française , et répond à bec de coq.
Suétone, à qui nous devons la connaissance de ce fait, ne désigne pas le lieu particulier de Vienne oh il s'est passé. Mais Chorier, et quelques autres écrivains qui l'ont suivi, n'hésitent point à affirmer que, dans cette circonstance, Vitellius siégea dans le monument qu'ils nomment prétoire , et qui est aujourd'hui reconnu pour le temple d'Auguste et de Livie. Cepentlant la particularité du coq sautant sur la tête et les épaules du nouvel empereur indique plutôt que celui-ci siégeait en plein air , et même en rase campagne , près de quelque métairie. Rien, dans les usages romains, n'obligeait en effet un empereur à tenir ses audiences dans un temple où dans un prétoire , comme l'on voudra , plutôt que dans le forum , ou ailleurs.
Quand l'avènement de Vespasien eut mis fin aux désordres qui suivirent la mort de Néron , lorsque le sage gouvernement de cet empereur eut guéri tous les maux causés par l^narchie , Vienne vit croître de nouveau sa prospérité. Heureuse de sa destinée , qui l'avait placée dans un pays fertile ^ au milieu de coteaux favorables à la vigne , dans une position aussi forte qu'agréable , sur le bord d'un grand fleuve , à peu de distance et presque au pied des Alpes , au point de réunion des diverses routes qui venaient d'Italie , cette ville possédait tous les éléments d'une haute fortune.
Aussi resta-t-elle à la tête du mourcment de l'industrie , des sciences et des arts , qui cliangea la face de la Gaule du Nord , et dont les règnes éphémères de €kdba , d'Othon et de VltelUus avaient troublé le cours. Les pertes essuyées par elle dans celle courle et désastreuse période furent bientôt réparées. De grandes richesses , produit d'une agriculture perfectionnée et d'un commerce actif et étendu, lui permirent de couvrir de beaux édifices , soit publics , soit privés , la pente des cinq collines qu'embrassait l'enceinte de ses remparts. Elle vit dans son sein la culture des lettres et des beaux-arts , cette source de jouissances pures et de sentiments élevés , cet instrument de civilisation , annoblir l'opulence en la rendant polie et utile « en la faisant servir à orner son sol de monuments de différents genres , et à lui conserver son influence et son rang. Des Viennois , qui honoraient et protégeaient leur patrie 9 non pas seulement par leurs grands biens , mais encore par leur mérite personnel , continuèrent à être revêtus , à Rome 9 des plus importantes fonctions , et à y jouir d'un grand crédit. C'est ainsi que l'empereur Vespasien confia à L. Vestinus , dont nous avons déjà parié , le soin de présider aux travaux de la reconstruction du Capitole , brûlé par Yitellius (1). Valerlus Asiaticus , que nous croyons le fils de celui qui a été précédemment nommé , et qui périt victime des infâmes intrigues de la cour de Claude 9 avait fait , en sa qualité de consul désigné 9 un rapport au Sénat sur la proposition de cette réédification (S). On avait vu précédemment Othon , dans l'espoir de gagner la partie des Gaules qui s'était déclarée pour Galba 9 désigner consul subrogé Poppœus Vospicus9 de Vienne 9 et son ami. Il expliqua ce choix par la
fl)Tacit.,hîst. IV,53.
(2)Id.,ibid.,iy,4.
hsâÈoù qi^cxfi^sil e^rt eax. Mâès VophùoàféménA^ è Romeif fat qu'il avait voulu &Uer les Viennois (1).
On vit loujoûrs les arlistes distkiguës accourir et se fcnner partout où leurs talents sôurenl emptoyës détinrent l'estime et les récompenses qui leur sont dues. L'ar<Àitecture , la sculp** ture et les autres arts parurent à Vienne , presque dès la fondation de la c6kmie 9 dans tout l'éclat et dans toute la perfection qu'ils atteignirent , à Rome , sous les premiers, empereurs. Mais les monuments y brillèrent d'abord bien plus par le goût que par de riches matériauK. Si la pierre commune entra seule alors dans la composition des édificea^ même publics, tels que le temple d'Auguste et de Livie , tel» que les portiques du Forum ^ le style qui les caractérisées Y montre bien supérieur , par sa pureté et sa noblesse 9 à celui qui domina quand le progrès du luxe , encore plus que celui de Tart , eut conduit à n'eâiployer que des marbres précieux , et à y prodiguer les ornements. Ce n'est pas cependanè quC' les monuments de la seconde période soi^it p^i dignes d'estime ; bien au contraire, on observe, dans les débris qui' nous en restent, les pjys grandes beautés. On y admire une: imagination féconde et ingénieuse , une riche et habile orn n^nentation , une exécuUon savante , et des -phss prôpifes à l'effet. On y trouve enfin la preuve que les arts furent lcmg« temps cultivés à Vienne de la ihianière la plns^hrilante.
Mais aux temps de prospérité qui les virent florir succéda la longue période de malheurs qui se teimina par la ruine de l'empire. Ce fut celle de l'anarchie militaire , celle de la tnltenvec les Barbares qui assaillirent de tous côtés les frontières, ^t finirent par les franchir. Au milieu dii désordre , des ravages , de l'excès des chairs , et de Tappauvr^sement, suite tnéihable de nombreux désastres et de rapides révolutions 9 les règl^ du goût, les principes ûa beau et la pratique des
ri7M.,îbid.,li77.
Il S
«ris ne purent se soutenir , et aiièreni toujours en s'ablblissant jusqu'à la chute de Templre d*Occldent. Il est peu de TiUes antiques qui n*en offrent la preuve dans leurs ëdi* fices. Le temple d'Auguste, de Jupiter et de Livle, en par« licttUer, porte Temprelnte de ce changement. Il nous montre les deux états extrêmes de Tarchiteciure romaine k Vienne. Il la présente telle qu*elie fut dans la première moilié du premier siècle de Tère chrétienne , et telle qu'elle devint dans le cinquième siècle.
Nous ne parlerons pas , dans ce paragraphe , des changements, des additions et des dégra'lations faites au monument pendant le moyen-âge , mais seulement de ceux qui , dans le même édifice , appartiennent à Tépoque romaine. On se rappelle que nous y avons fait remarquer deux parties distin-* guées par des différences très-sensibles. L'une se compose du fi*ontispice , de3 cinq premières colonnes des ailes on faces latérales, et de l'entablement qui les couronne. L'autre comprend tout le reste de l'édifice. Gelle-<;1 présente des chapiteaux d'une belle proportion , et parfaitement exécutés, ^nsi que les modillons et les rosaces qui ornent le plafond du larmier. Tous les membres de l'entablement sont d'un profil et de proportions de bon goût. Toute cette partie est, sans aucun doute , de l'époque florissante de l'art romain. Aussi n'hésitons-hous pas à la considérer comme un reste de la construction primitive , datant de l'an 41 ou 43. Quant à l'autre partie , ses chapiteaux plus courts , d'un galbe ' moins gràQieux, d'une exécution moins parfaite dans tous les détails , ses architraves à bandes fortement inclinées , ses modiUons et ses rosaces, encore dans le bossage, nous y montrent un ouvrage moins ancien, une restauration faite long-temps après la première construction , et dans un^ temps peu prospère. Nous croyons , d'après les caractères de rarchitecturc , ne pas nous tromper en attribuant cette seconde partie aux premières années du 5^ siècle. On verra
«7 d'énieari cetlé, opinion €onfirmée par d'antres indicot;
L*on se rappelle que rinècriplion de notre monument 4 telle que M. Schneyder l'a découverte , fait supposer que le nom de Jnpiler y existait primitivement , et qu'il y a ensuite e'té remplacé par un ornement en bronze , figurant probablement un aigle. La suppression de ce nom d'un dieu du paganisme nous offre une marque frappante d'une révolùfion plus importante encore que celle des arts : nous vouloni parler du changement accompli dans les croyances religieur ses et dans le culte par le christianisme. Lors de la fondation du temple dont il s*agit ici , le polythéisme régnait avec éclat, et sans opposition , sur tout l'empire. Respecté de tous les peuples , à l'exception d'un seul *, soutenu par le ponvoiir politique , aii^quel il prétait lui-même son appui , il était loin de craindre aucun ennemi; et si quelque chose pouvait aug^ menter sa sécurité , c'était certainement la puissance absolue des empereurs , réunissant en elle Tautorité religieuse au pouvoir politique; c'étaient la vénération et les honneurs divins dont il avait entouré ces princes , et qui devaient lut paraître comme un gage de leur zèle à le défendre. Mais , à l'époque 011 ce temple reçut la restauration dont nous venons déparier, le christianisme avait grandi à travers les persécu^ tions et les violences de tous genres. Il s'était assis sur le trône impérial , et commandait en maître. Il avait contraint son mortel ennemi à fermer ses temples , à abandonner ses ati^ tels , à laisser ses idoles dans la solitude, et à s*abstenir de tous sacrifices et de toutes cérémonies publiques.
La conséquence de ce fait est que tout acte qui se ratta* cbait onveriement et uniquement au paganisme dut être alor^ interdit. Ainsi , en restaurant un éd^e public , il fut imposa' sible que l'on y laissât reparaître le nom d'une divintté de^ ce culte proscrit. jC'est ce qui nous es^pUque pourquoi lenodf de Jupiter, qui existait primUivconent dans i'inscri^on 'éêi
1^6 moBomeiit, ainsi que noui l'aTons démontré précédemment , fut supprimé lors de la restauration de ce même édifice. En l'y replaçant, l'on eàt évidemment renouvelé des lionneurs défendus, l'on eàt publiquement violé les lois portées contre l'idolâtrie , et l'autorité chargée de l'exécution de ces lois eût manqué k un devoir qui lui était rigoureuse^ ment imposé.
D'un autre cAté , le respect que les Romains gardèrent tonjours pour les institutions et les usages antiques conservait encore trop d'empire pour que , dans le reste du monument , <Ni ne fût pas fidèle aux lois de sa consécration. Aussi les observa-t-on avec le plus grand scrupule dans le plan et dans la forme, que l'on reproduisit tels qu'ils étaient dès l'origine. Et si l'on s'écaria de l'état primitif dans la dédicace rétablie , ce fut en un seul point : celui dont il vient d'être question.
Ce que nous venons de dire exige quelques explications; car il paraîtra peut-être douteux que , au 5<^ siècle , on eût pu rétablir snr un édifice public une inscription qui,' malgré l'omission du nom de Jupiter, restait entachée d'idolâtrie, puisqu'elle formait la dédicace d'un temple à un empereur et à une impératrice déifiés , et que les noms de dieu et de déesse leur y sont donnés. On aura peut-être de la peine à se persuader que , à l'époque dont il s'agit , l'on eût pu même seulement restaurer un temple païen , et^le faire ainsi servir à perpétuer la superstition. Ces difficultés et ces doutes s'évanouiront , nous osons l'espérer, si Ton preml la peine de lire ce qui suit.
Le paganisme ne fut point immédiatement frappé de mort ]^ar la conversion de Constantin ^ comme on le croit communément Il subsista au contrahre long-temps encore , soit QOrojtte culte publie , soit comme dominateur des habitudes^ nomme régulateur des pensées et du langage. Cest ce que pii0iiMDft les.écriéf çt les nionuÉients contemporains, et ce
«9 qn*û savamment démontre M. Bengnoi dana an ouvrage t^mronné par Tlnstitut (1).
A Rome 9 ie polythéisme était etroHement lié ans inalit«« tions , aux lois , à la politique , aux usages , aux moeurs ^ et aux souvenirs historiques. Il avait présidé à la gloire de te patrie , et avait reçu la mteion de soutenir ses hautes destinées. Comme dans la Grèce ^ l'esprit humain s'était développé avec lui , et sous son inspirationr La littérature , lea beaux-arts lui devaient leur existence et leurs beautés. Il s^f était comme incorporé. Il vivait dans la poésie 9 dans la pein^ lure , dans la sculpture , dans TarchitectaiK , et dans la laiK gue même. Partout, les temples , les théâtres , les cirques , les amphithéâtres , les tableaux, les statues en nombre Infini le rappelaient à la pensée , et Tadmiratron qu'excftaient cea œuvres du génie eùC suffi pour le laire aimer et respecter* Quel puissant emphre ne devaient pas exercer sur les anciena les gracieuses fictions de la mythologie , puisque , aujourd'hui même 9 quoique dépouillée» de tout autre prestige que celui de llmaginatiofl ^ elles nous charment et nous séduisent.
Ayant jeté de si vastes et si profondes racines , ee n'était point sans beaucoup d^efforts , et sans une îtitte long^temps prolongée , que le paganisme pouvait être renversé et anéanti. Il trouvait aussi un ferme appui dans l'aristocnitie romaine^ qui 9 par ses grands bien» et son patronage ^ exerçait la plus active influence sur un peuple avide et superstitieux. En possession de tous les sacerdoces, aussi bien qUe ût toutes les magistratures, et jouissant ainsi des titres et des prérogatives qui y étalent attachés , et des biens appartenant anx temples , cette classe avait intérêt à défeoilfc
(1) Toyez VHisioire de ta dBstruct^rv du pagmdnne en Occidenip par tfii auteur.
Voyes aussi la Dissertation m»t le muvsrain fnnHfieat des emperemv romains, fit da la Bastie» dan» les méiar de l'Acad» de^ ius/or'vj^ifm»*
l-âBdea ealte. Les colonies'^ les villes , les provinces d'Qc^ cident, les yeax sans cesse tournés vers Rome^ la ville sacrée , le sàiictiiaire des dienx , le siège du pouvoir ^ le foyer des lumières , étaient depuis long^^temps accoutumées à lui tout emprunter: culte 9 institutions ^ arts^ usages, langue , et }us<{u'à la manière de penser. Elles partageaient sur les éienx lés mêmes Idées que Rome, et leur conservaient le même attachement , ou plutôt un attachement encore pi^s vif et plus duraMe, parce que la superstition, chez elles 9 était d'autant plus forte qu'elle subissait moins Tinflence de l'intérêt, et qu'elle reposait davantage sur la Conviction. ' De là cette conduite prudente et mesurée des premiers empereurs chrétiens vis^à-vis du polythéisme , de Ik cette ^ tolérance à laquelle ils s'attachèrent. Si Constantin, Constance, Yalentinien l^t et Valens se monlrèrent hostiles à cet ancien culte, ce ne fut pas par des défenses et des prohibitionsf lancées contre lui, mais par la protection et par les faveurs qu'ils accordèrent au christianisme. Ils ne rendirent des lois que contre des abus, dans tous les temps repréhen^ibles 5 Contre des excès nuisibles à l'ordre pnblic. Gratien fut le premier qui attaqua de front l'ennemi de la foi chrétienne en refusant la robe de souverain pontife, en faisant enlever de la salle du Sénat la statue et Faute! de la Victoire, qu'Auguste y avait; placés , en confisquant les biens consacrés au culte païen , et en révoquant les privilèges politiques et civils dont jouissaient les pontifes et les vestales» Quant aux loi» par lesquelles Tbéodose défendit 4 sous les plus grandes peines , de sacrifier aux idoles , et d'entrer daiid teurs sanctuaires, elles ne reçurent aucune exécution en Occident. ]?endant qu'en Orient les païens s'y soumettaient, à Rome, en Italie, en Espagne, dans les Gaules, ils continuaient d'aller dans les temples , d'offrir leurs sacrifices , de célébrer leurs fêtes et leurs cérémonies ; les divers collèges de prêtres y vaquaient à leurs fonctions , et le feu sacré brûlait ion-'
jours s«r raatel de Vesta , eotreleni» par té» prtIrèMé». Cesl d'Honorins que le paganisme recul le C0up mortel en Occident. Ce prince % par des lois de Tan 398 et de Tan 599, défendit les sacrifices , les rites publics , et toutes les cérémonies entachées de superstition. Alors les temples se fermèrent réellement , tes^utels cessèrent de fumer et d^tre arrosés-du sang des vicdmes. Bientdt St-Augustin pot dire arec Terllé : c< chaque jour Pon toU tomber, dans presque H toutes les- cités, ces théâtres, carême» de* hont^, et* ces «f profesaîOBS publique» de- crime; chaque four on voit s*^ u crouler ces forum , ou ces enceintes dans les<pielles^ lesi* €c iiémons éialénl* adorés 0)» >»*
On* se tromperait cependant sf Ton croyait que, aussitôt après lapublicalion de ces lois ^ Cbn fît partout lesrchre'tféns alarmer du* marteau , et courir avee fureur à- kr déstniction de tous les temples et d)e toutes lès idoles^, eu'^disperser sur le sol les riches débrISi Quoique tout aete public d'idolâtrfè Mt interdit, le paganisme eilsta et se défendit encore longH temps y réfugié dans le foyer domestique^ dans feceeur et dans Tesprit de» paiensy toujours- nombreux et puissants , et retranché denièpe les mœurs et les usages antiques. Par l'influence d'une longue habHude il exerçait^ même sur une foulede chrétiens , le plus grand empire. Protégés par le r es pect dont 11» étaient entourés depuis des siècles, h. plupart dès temples et des idoles restèrent debout. Oh a la preuve que V après la pt&e de Rome par Alarle^, en 410, il en existarit encore beaucoup dans cette ville, et qu'ils y subsistèrent jusqu^m-4eià du 6* siècle. Ils se conservèrent long-temps aussi dans les provinces. A Vienne particulière-
(f) ..r^.. Quia peromnes pené civitatet cadunt theatra > eaveœ turpi-^ tuâinum , et publicœ profesêione* flagitiorum ; cadunt fora, vel mœnia^ khqfuAbuê domumiO'eQUbQntMr. St-Auf.^ dé coDSk^eyang. , 1. i^-c^Si..
mMt t n^ersnk sffiku iu Ji^Mèç]^ , a& voynil , outre, le memun^nt qv^ frtt le siiîel de œl i^icle , im temple où ce/t/ 4mu^x recwaisfit les (idoralions des païens , aipsi que le dU Adq^ ) évoque de Yiemie ^ dans, sa chronique. 11 fol de trait s à la même époque ^ par Str Sévère ^prêtre Indien , qui , ^lou .le qiartyrologe du même prélat ^ étatit venu à, Vienne^ y eofpuertit^par sa parole et ses miracles^ un grand nombre de paiens,. Lç même saii|t b^tit , sur les foodations de ce pantbépD^ npe église dédiée à St-Élieane, et easaite à SU Sévère lui-même. Peut-être existait-il, dans ce iemps-lày^ d'ai^tres temples à Yienne.
D'un autre côté , il était impossible , même à des .chrétien», de considérer avec froideur des édifices qui formaient Tomement des villes et des campagnes, qui brillaient de tout le luxe et de toutes les merveilles des arts ,, et dont les beauté^ étaient le pr^idait des plus sublimes et des plus délicates comrbinaisons du goût et du génie. Le zèle aveugle ou exalté pouvait seul n'éprouver pour eux que des senUments de mépris ou d'aversion. L'une des plus précieuses richesses de l'état , . 11^ étaient susceptibles de s'appliquer k rulMlté com^ mupe» Cette dernière idée dut naturellement s'ofUr ^ car Vota a^ait toujours vu les temples servir au dép6t des deniers de l'état , à diverses assemblées , et surtout à celles du Sénal 9 à Rome, et des curies , dans les colonies et les mnnicipea. H ne s'agissait que de conserver ces différentes destinations à ceuj^ qui en étalent déjà en possession , et de les donner à ceux qui n'aviûent jusque-là reçu d'aufre affectallon que celle du culte. Pour ne point blesser les yeux du cbrbtlanisme , il suffisait d'enlever de ces édifices^ les objets de l'adoration des païefis.
Ce sont ces considérations qui portèrent Honorlus à rendre la loi du 17 des calendes de décembre 408 (1). Parmi
(l,Cod*Tb-,l. 16, t.X,l.i».
phiiieiirs aolrés diiposittonf , celte lo{ efdmma que les tem^ pies qui se irotfvaieni dans les villes^ ou hors des villes^ seraient appliquas aux usages publics (1); et^ comme les autels et les statues des dieux n'étaient propres alors à rece*^ voir aucun emploi utile , et qu'ils ne serraient qu'à entretenir l'idolâtrie , la même loi prescrivit de iUtruire les autels dans tous les lieux ^ù il en existait y et d^enlever les idoles dé tous les temples (2). Elle chargea enfin les évéques de yeillef à l'exécution de ces dispositions.
Il paraîtra peut-être fort yrai8emblal)le que ce fut seule-^ ment après la publication de cette loi, et pour s'y conformer, que l'on convertit notre temple d'Auguste, de Jupiter et de Livie, en un auditoire de justice, ou en une salle d'assemblée pour la curie. On n'a en effet aucune preuve péremptoire du contraire. Quoiqu'il en soit, si la tradiiion qui lui attribue le nom dé prétoire n'est point menteuse, il ne rà reçu qu'au 5^ siècle ; il lui a été donné , sinon dans le langage vulgaire, du moins dans les actes publics, seule** ment lorsque le culte des idoles n'a plus été permis, l<Mrsque les temples, désormais soustrdits à leur ancîeime destina* tion , ont dû perdre jusqu'à leur nom.
Nous ferons ici une observation ayant , selon nous , une grande apparence de véritë. L'affectation dé nt>lre monument à un usage public, soit après la publication des lois qui nd^ fièrent le paganisme, soit avant, doit avoir puissamment contribue à sa conservation, si elle n'en est pas la seule cause* S'il fût resté sans un tel emploi , l'on n'eût peut-être jamais eotrepris de le restaurer^ Ton n'y eût pas même songé.
fl) Œdificia ipsa tw^omm qua in civitaiibui , vel^oppidls > vel extra Ql^ffuta 9unt , ad usum publicum vendicentur»
(2) Arœ locis omnibus destruantur,,,,, Simulacra si qua etiamnuncln templis fanisque consistunt, et quœ aXieubi ritu vel accipeiint vel acvi^ pivi^ paganorum, smià eéibnê evOianfr.
Ferme , et àtmDâétmê à Taction du temps, Il sendt de jàv en jour tombé en ruines ^ ses matériaux , épars sui^ le sol , àmraient été employés dans d'autres édifices plus récents , et Ton Ignorerait aujourd'hui son existence.
Comme nous l'ayons déjà remarqué , le respect généralement subsistant pour les temples et pour les usages antiques fit rétablir l'ancienne inscription du monument lors de sa restauration. Yoki ce que dit M. Beugnot à l'occasion de la yénéralion dont les temples étaient l'objet, et de l'effet qu'elle produisiait sur les Romains long-temps même après l'époque à laquelle nous fixons cette restauration , c'est*ii-dire au 6* siècle, ce Le choix de l'emplacement d'un temple , la conséa cration de cet emplacement , l'éléralion et la disposition c< de l'édifice, étaient autant d'actes religieux d^une haute f< importance, dans lesquels iatervenaient le souverain pon« ce tife et le collège des Augures. Un temple était«-il détruit , f< on devait le reconstruire sur un plan exactement semblable <c à celui dont on avait primitivement fait usage ; tout chance gement, toute amélioration étaient prohtt>és. De là provint « l'impossibilité oh l'on fut de soumettre à un alignement les ce édifices sacrés du Forum. Chacun des temples de Rome rc rattachait son origine à quelques faits relatifs à l'histoire <c nationale. Ces idées de consécration religieuse , ces souve^ « nirs de l'ancienne gloire parlaient encore à rimagination <c des Romains du 6^ siècle. Sans doute les églises recevaient f< seules leurs prières , et ils ne regardaient les temples que « comme des tombeaux; mais ces toml>eaax, ils les vénéce raient, ils ne souffraient pas qu'on les profanât , et ils ne il reconnaissaient qu'au temps seul le droit de les détruire i< (t). » Ces observations, aussi savantes qu'élégamment exprimées , et qui , de plus , ont le mérite de la plus exacte vérité , ue laissent point lieu d'être surpris qu'au 5^ siècle
(i) VoT. TouTrage du m^nié auteur çit^ plus baat ^Ulîfp, S9IK
€n'«it rétebU \û dédicace de noire montimeiit. Quant à la fxmne de celui-ci , on peut juger que llnfluence des mêmes sentiments et d'une longue habitude eût également engagé h la reproduire fidèlement ^ dans le cas même oh, ce que nous ne croyons nullement , la partie conservée de Tédiftce primitif eût permis de s'en écarter.
' Un autre sentiment non moins profond et peut-être plus puissant que celui qui protégeait les temples , et les défendait contre tout changement ou mnovation , concourut avec lui à faire replacer la dédicace ancienne au frontispice du même monument. Ce fut la vénération que les Romains avaient vouée aux empereurs et aux membres de leur famille ^ soit pendant leur vie y soit après leur mort, et qu*ils conservèrent toujours. Elle se manifesta , comme l'on sait , pendant le triomphe du paganisme , par divers signes extérieiurs, tels que les autels , les temples ^ la consécration, les sacerdoces établis en leur honneur , le tilre de dieu qui leur était donné , et l'usage de jurer par le génie du prince régnant. Cette espèce d'adoration sut résister à la victoire du christianisme» Ainsi plusieurs empereiurs chrétiens furent encore consacrés après leur mort^ tels sont Constantin, Constant, Constance , Jovien , Yalentinien !•'. Les mêmes empereurs , ainsi que Valens, Gratien , Yalentinien jeune , Théodose I«'', Arcadius, Honorius , ont le titre de dieux , divi , dans le code Théodo- •îen , publié vers l'an 438 (1). II est donné à Théodose II , et à Yalentinien III, mort en. 455, dans le code Justinicn, publié en 533. Tous les empereivs chrétiens souffraient que , de leur vivant, en leur parlant ou en leur écrivant, on les qualifiât de DIVINITÉ (numen) , comme aujourd'hui nous qualifions les souverains de MAJESTÉ. Bien plus , ils se donnaient eux-mêmes ce titre dans les actes qui émanaient de leur autorité , comme on le voit par l'exemple de Justinleiié
(1) Onoph. Pavrin» , civitas Roni. , pp« 83^ et seq«.
7fi
Ces ûcien^ p«r une conséquence logique, étaient nommés CÉLESTES ou DIVINS OI\ACf^ES (cahstia ou divina oracula) (1). En effet, c'était ordinairement par des oracles que, dans rantiqoité, les dieux étaient censés communiquer leurs rolontés aux hommes.
On ne doit donc pas être surpris de voir reparaître sur noire monument , au 5* siècle , les titres de dieu et de ûéetse , donnés à Auguste et à Lirie. Ils n'offusquèrept personne alors parce que l'on y était habitué. Bien loin de là , l'on aurait cru manquer à un devoir essentiel en ne les rétablissant pas. On considéra l'obligation de leur restitution comme une loi sainte et sacrée; et, pour entrer autant que possible dans l'esprit du temps , l'on eût pensé faire une offense à la divinité de l'empereur régnant en montrant du mépris pour ceUe d'Auguste , fondateur de l'empire , et pour celle de Livie , son épouse. Mais les lois étaient conlraires au rétablissement du nom de Jupiter dans la même inscription; et si l'on eût tealé de l'y placer de nouveau , les évéques ayant mission de snrvdller l'exécution des lois rendues contre le paganisme , celui de Vienne n'eût point manqué de s'y opposer.
Si nous ne nous abusons point, les observations déve-* loppées ci-dessus répondent victorieusement aux objections qui pourraient être faites^ 1^ contre Tàge attribué par nous à la restauration romaine de notre monument; 2® contre le
(t) Symmach. , lib. 10, epist. 3i , 47, 58 , 21 , 35 , L 10 et il. C a«
tacroê êccles. , h H; e. de emancip. liber,.
Cette espèce de consécration et d'adoration, rua des usages tranliaii par les païens au cturistianisme , se montrait de direrses manières dans le langage. Ainsi Eutrope , adressant son abrégé de l'histoire romaine à Yalens, empereur chrétien , lui dit : u^ tranquillitatis tuœ mens divina lœtari, etc.. Symmaque , écrirant à Théodose , se sert des expressions suivantes : cœlesH mansuetiidini veftrœ,.,, divinifiensibus vestrisiepisU
47) divinœ clementiœ vestrœ œtemitas vestra..,, (episl. iOJ, d»-
isims foncHonibus veêtris comilio aelctti.,.* (epist. 21}.
rétdbKssemenf y k la même époque, de Itnscriptfon telle qu'elle a éié retrouvée 8ur la frise et rarchilraTe du frontispice. Elles nous paraissent de nature à dissiper tous les doutes. Nous ajouterons cependant que la suppression du nom de Jupiter, dans l'inscription, est contemporaine du rétablissement de celle-ci. On ne peut la supposer postérieure. On ne peut prétendre que le nom dont il s*agit ait d'abord été rétabli avec le reste ,. et ensuite enlevé. L*élat de la pierre , à la place qu'aurait dû occuper le même nom , indique en effet qu'aucune lettre n'en a jamais été arrachée , qu'il n'y en a jamais existé , ainsi que nous l'avons remarqué précédemment. Dans le cas contraire , les lettres composant le nom de Jupiter (lOVI) eussent laissé des traces : on verrait les trous ayant servi à les fixer 3 tandis que ceux que Ton observe au même endroit sont sans rapport à ceux .d'aucune lettre , et ne peuvent avoir servi qu'à fixer un ornement figurant probablement un algie.
Depuis la fondation de notre temple d'Auguste et de Livie jusqu'à la restauration qui en fut faite au 5® siècle , c'est-à-dire dans l'intervalle de plus de trois siècles et demi , ce monument reçut, sans doute, différentes réparations plus ou moins considérables 3 mais il est à croire que la restauration dont il s'agit ici , la seule qui ait laissé des traces, et que nous connaissions , fut la plus importante, et aussi , sous le rapport historique , la plus remarquable. Voici les conjectures auxquelles nous conduit la discussion précédente. Dans les premières années du 5« siècle , la partie de notre édifice qui était la plus légère , et la moins susceptible de résister aux efforts du temps , celle oh des colonnes isolées portaient tout le fardeau de l'entablement, se trouva dans un état de grande dégradation. Soit que ce fàl Teffet de la vétusté , soit celui d'ime cause extraordinaire 4 lelle qu*uir tremblement de terre , ell^ avait peut-être même
Ài( renversée, ou fortement ébranlée. Quoi qull en soit, cet édifice ne pouvait longtemps étaler d'affligeantes raines dans le lieu le plus appai'ent et le plus fréquenté de la ville. La gloire de la cilé , l'ulilité publique , les souvenirs intéressants qui s*y rattachaient , la vénération dont , depuis des siècles, il élait Tobjet , romement qu*ii ajoutait au forum , parlaient trop vivement en sa faveur au coeur de tous les Viennois.
Quoiqu*il eût été consacré par un culle proscrit, la souHlure de TidolâUrie s*effaçait aux ycui de tous , même à ceux des plus zélés chrétiens , devant le respect commandé par la mémoire d*Augns(e et de Livie. Aucun n*eùt voulu vouer à Toubli les honneurs rendus autrefois à Tun et k l'autre. Tous se rappelaient avec reconnaissance les bienfaits dont Vienne était redevable aux empereurs. Le palais élevé à ces princes dans cette cité ne permettait pas d'ignorer le séjour que plusieurs y avaient fait. Le plus grand nombre des habitants avait vu Valenlinicn II, qui y périt en 392, et quelques-uns, le célèbre JuUien, que sa faiblesse à retourner aux idoles fit surnommer TApostat, et qui y passa, n*ctant que César , Tbiver de 355 à 356. Ces circonstances particulières fortifiaient chez les Viennois rattachement et le respect généralement portés à la majesté impériale. Le christianisme dominait, il est vrai, extérieurement, et son ennemi était contraint de cacher ses superstitieuses prati* ques ; mais Tesprit païen exerçait toujours secrètement son empire, surtout dans la curie. Les chrétiens , qui formaient le petit nombre , en subissaient le joug dans beaucoup de choses. La consécration païenne du monument ne fut donc point un obstacle opposé à Tutillté , à la gloire de la cité , au respect des empereurs qui réclamaient sa restauration. Celle-ci fut dpnc mise en délibération. Les magistrats impé^ riaux, le Sénat, car Vienne alors en possédait un comme beaucoup d'autres villes des Gaules , enfin Tévéque , en dis* entèrent, les conditions. L'on mit d'accord ce que commandait
hittaçhiment aux réglés et aux nsage» antfqnes dërlfant^ paganisme, avec ce qae prescrivaient les leb dictées par lé enlte domlnaleur.
Les Viennois virent avec joie une nouvelle consfmcfioil remplacer les mines qui avaient attristé iears regards , se lier parfaitement aax parties conservées de Tantique édifice^ et reproduire avec la plus grande exactitude l'ordonnance et le plan primitifs. Leur profond respect pour les usages observés jusque-là n*en fut pas moins satisfait en voyant reparaître l'inscription sur le frontispice. Us s^applaudlrent d« rétablissement de celle-oî en songeant qu*ii attestait leuc vénération pour la majesté impériale , et montrait qu^ils étaient fidèles à l'adoration consacrée par les siècles, autant que par les décrets du Sénat , envers Auguste et sa maison divine. Malgré les changements introduits dans les idées par le christianisme, le pouvoir d'une longae habitude ne permit pas d'apercev(Mr rien -d'impie dans la restitution d'une dé Jicace en rhonneur du fondateur de l'empire , et de son épouse, dans laquelle leurs noms sacrés étaient accompagnés des titres ordinaires de dieu et de déesse. Un nom seul , un nom long-temps redoutable , en avait disparu : celui de Jupiter. Ce fut , pour les uns , une douloureuse concession faite à la refigion nouvelle , par obéissance au prince et aux lois ; pour les autres , le «igné du triomphe de leur culte qui , après avoir conquis la Hbedé au prix de beaucoup de sang et de tourments, déclarait que cette liberté n^appartenait qu'à lui seul. A la satisfaction des païens, un aigle , les ailes déployées, remplaçait Je nom de Jupiter. Le noble oiseau y parut comme remblême de l'empire , et comme celui de la consécration de laquelle Auguste et Livie tenaient leur dl-* vinité^ mais, formant aussi Tattribut du Roi de l'Olympe , il le représentait à leur pensée, et les consc^ait de l'absence de son nom. Celui-ci leur était d'ailleurs assez clairement rappelé par les titres de très-^fon et de très-grand ^ OPTIMO,
IIAXIMO , les ^us vénérés de ceux qaï n^apparlenttleiit ftt*à Jupiter, et qui avaient été aussi rétablis par coudescendance pour le désir de remettre l'édifice dans son état primitif, par respect pour Tattacliement aux usages et aux lois de la consécration des monuments. Ces attriliuls dans rioscription , succédant au nom d'Auguste , pouvaient , par une interprétation purement littérale, s'appliquer à cet empereur. Les chrétiens se contentèrent de cette disposilton qui sauvait les apparences , tandis que les païens , n'ayant point encore oublié le rituel de leur culte , les donnaient à Jupiter. Mais rien ne put adoucir le chagrin de ces derniers de voir la. statue du père des dieux arrachée de son temple, et peuU être dès-lors brisée^ de voir détruire les trois autels placés devant le frontispice , et avec eux tout espoir d'y faire jamais fumer l'encens, et briller la flamme des sacrifices. 11 leur fallut bien se soumeltre à cette conséquence inévitable des lois rendues contre leur culte décrépit et tombant en ruine. Quant aux statues d'Auguste et de Livie , nous croyons qu'elles continuèrent à orner la cella ou salle intérieure jus-* qu'à l'époque oii les mêmes causes firent enlever aussi les lettres de bronze formant l'inscription.
Quelque peu considérable que fût Tentreprise qui rendait au forum de Vienne son plus bel ornement, le temps n'était plus o£i cette ville exécutait avec facilité, et comme en se louant, les plus grands travaux, les plus colossales construc* tions , oii elle ne redoutait aucune dépense pour les achever et pour les porter à leur perfection. £lle se ressentait alors de l'état d'épuisement dans lequel se trouvait Tempire romain. Celui-ci, dans ce temps , par les vices inhérents à sa constitution politique et à son admiubiratioto , par la faiblesse 4es princes, et par le malheur des circonstances, éèaR entraîné dans une inévitable ruine.
Les Gaules^ à leur détriment , avaient vu la révèlte d^
SI
Maxime , née dans la Gfaade-Baetacfne » reèettdre dan» (Mtea leurs proiinces , renyeatser Xkalien , et établir le règne d'un usurpateur. La mort de Yalentinien 9 étran^' à Vienne par ordre d'Arbogaste, et TusurpaUQn d'Ei^ène, ne leur furent pas plus favorables. Ces révolutions successives 9 en appe* santissant sur elles le fardeau des charges, déjà si lourd , laissèrent les viUes sans force et sans énergie , et les rendi-« rent incapables d'exécuter de grands projets.
Après avoir respiré pendant les premières années du gouvernement faible et mal assuré d'Honorius, après avoir joui au moins de la paix pendant leur durée , les Gaules , d'abord effrayées de Tinvasion des Gotbs en Italie , eurent biailôt a souffrir elles-mêmes d^in pareil maliieur. Les Vandales , les Suèves et les Alains traversèrent le Rhin le 31 décembre de l'année 406 , et parcoururent sans obstacle tout le pays entre ce fleuve et les Pyrénées , le couvrant d'incendies 9 de ruines et de sang. »
Nous n'examinerons point ki une question que les do-*^ euments écrits laissent indécise 9 savoir : si Vieime subît en cette circonstance le sort affreux de tant d'autres viUea,> Mais 9 soit qu'elle n'ait pu y échapper 9 soit que, les habi^ tants 9 en sûreté derrière leurs remparts 9 n'aient vu ipie de loin les flammes allumées par la fureur 4es BarlMures 9 elle dut participer h la profonde misère qui suivit tant de dévastations.
Les événements post^eurs ne purent rendre sa position meilleure. Bientôt une nouvelle révolte des troupes romaines dans la Grande^retagoe envoya dans les Gaules un nouvel usurpateur. Constantin, après s'être rendu maître d'aune partie de ce dernier pays, fut obUgé de se défendre contre les généraux dHonorius 9 qui l'assi^èrent dans Valence. Délivré par les si^is 9 il vit 9 peu après 9 Géronce 9 l'un d'eux 9 se révolter contre lui en Espagne 9 lui nommer un successeur , et venir l'attaquer. Pendant qu'il se tenait enfermé dans Arles, Géronce j
marcHa contre aon Bis tScnilnit^ «qui était à Vienne ^ a*enipara de lui, et le fit mourir. La pënurfe des documents bis*toriques sur cette époque ne permet guère de décider si Vienne soutint alors un siège , -ou bien ouvrit ses portes sans avoir fait aucune résistance.
Soit que l'en fixe ses regards sur les événements que nous Tenons de rappeler ^ soit qu'on les promène sur ceux dont les Gaules furent postérieurement le théâtre ^ tels que llisurpation de Jovin, l'invasion des Visigotlis, la révolte des peuples et des cilés , la guerre d'Attila , l'envahissement successif du pays par les Burgondes et les Francs , jasqu*à sa séparation défkiitive de l'empire , l'on y verra des causer nombreuses d'appauvrissement potfir les Tilles.
C'est à celte diminution progressive de ieurs ressources que nous attribuons l'inachèvement de la partie reconstruite du temple d'Auguste et de Livie. Nous avons fait remarquer plus haut que les modillons et les rosaces de la corniche ne sont point sculptés^ comme ils devraient l'être. Le manque de fonds, résultat de la situation du pays, nous en paraîi la véritable causer car il serait invraisemblable que, après avoir terminé les chapiteaux et les cannelures des colonnes , les Viennois eussent jugé peu important de terminer aussi les rosaces et les modillons de la corniche.
Mais à quelle époque du 5« siècle fixera-t-on la restauration dont il s'agit ici? Elle ne peut, selon nous , se placer qu'avant l'invasion de 406 , ou dans le petit nombre d'années pendant lesquelles , depuis la mort de Jovin , en 413, jusqu'à l'occupation complète du pays par les Burgondes, Vienne jouit de quelque repos , taudis que ragitalion et l'anxicté régnaient autour d'elle. Dans la première hypothèse , v<rs laquelle nous inclinons , le terrible événement dont nous stvons parié vint suspendre tous les travaux, et entr'autres ceux de notre monument. Les modllloBS et les rosaces restéi!!rnt4fijacbevés. Dans Vautre hypothèse , quelque événement
désastre^, facile à concevoir, vint Clément mettre oLttade & leur sculpture.
Quoi qu'il en soit , cette restauration ne saurait être attri^ buée à un autre ^ècle que le cinquième. Indépendamment dé la preuve qui ressort du caractère de l'architecture , l'abisence du nom de Jupiter dans rinscriptlon offre 9 il nous semble , un indice certain de sa postériorité aux lois d'HoniM'ius , rendues contre l'exercice public du paganisme , e'est-^ à-dire aux années 398 et 399. D'un autre côté, l'occupation de Vienne par les Bui^ondes , qui eut lieu vers l'an 475 , ne permet guère de supposer la même restauration faite après cette dernière date. L'inscription n'eût probablement point alors été rétablie. Le christianisme , par sa propre énergie , et favorisé par les circonstances , avait fait de rapides pro^ grès, et le temple d'Auguste et de Livie avait dès-lors cliang^ de destinaUon , comme nous allons J'expliquer>
fflSTOIRE DU MONUMENT DEPUIS LE 5*^ SIÎiGLE JUSQU'EN 1793.
Jlrivé jusqu*icide documents écrits pour composer l'histoire du temple d'Auguste et de Livie y nous n'avons eu d'autre secours que l'étude du monument: lui seul nous a révélé tout ce que nous en avons (Ht. C'est , comme on l'a vu , en Conférant les données qu'il fournit avec celles qui se recueil* knt dans les écrivains anciens et moderaes <pi*il nous a été possible de retrouver un petit nombre de faits qui s'y rapportent. Quant à <:e qui nous reste à faire connaître , les documents peu nombreux et peu développés dont 11 nous est permis de disposer ajouteront peu de choses aux témoi-» gnagies du même édifice. Si, comme nous en sommes nous-
même conTaincu , qette disette de mâte'riftax laisse beauooiq^ à désirer dans nos recherches , nous ne croyons cependant point ^ne nous eussions dû nous en abstenir.
Lorsque les siècles et les révoiulions ont accumulé leurs empreintes sur les monuments , faut-il fermer les yeux pour ne les point voir , doitH>n éviter de remarquer les faits qui en découlent comme des conséquences de leurs principes? Nous ne le pensons pas. Uotk ne saurait, il nous semble , condamner les efforts qui tendent à soulever le voile épais dont s'enveloppe le passé , et à réparer autant que possible le silence de Thistoire. Tout ce que l'on a droit d'exiger dans les tentatives de ce genre , c'est qu'elles ne dégénèrent point en vains caprices d'imagination, que l'on n'élève point au hasard un édifice fantastique sur les nuages^ mais que^ fidèles aux règles de la critique et de la raison, et bâtissant sur une base solide , sur des faits positifs et incontestables^ on reste toujours dans le vraisemblable , et l'on ne donne point comme prouvé et certain ce qui n'est que conjec-^ turaU
Nous né préfendons point, au reste, imposer notre conviction , ni revendiquer le privilège de rinfailiibllité. Nous avons rejeté la méthode de l'affirmation sans discussion et sans autorité, si commode pour l'écrivain léger, ou dépourvu de bonne foi. Chacun peut suivre le fil qui nous a guidé* Notti sommes-nous égaré ? Nos observations manquent-elles d'exactitude, nos inductions de justesse , nos conjectures de fondement ? Nous est-il échappé quelques-uns des éléments qui devaient concourir à la solution des diverses questi<ms que nous nous sommes proposées ? N'ayant rien dissimulé, il sera facile de reconnaître les fautes oh nous serons tombé. Nous le disons sincèrement : nous verrons avec plaisir relever nos erreurs , et nous accueillerons avec empressement toutes les rectifications qu'apporteront à ces essais les ob-* •ervations , les recherches et les découvertes nouvelles ^ car
te prmcipal objet des tfavauz archéologiques nous paraît devoir être la vërité.
L'un des plas grands obstacles aux progrès du cbrisfiaaisme et à la destracUon de lldolâtrie fut , dans l'Occident , l'attachement à la solennité et à la pompe des cérémonies du paganisme. On le comprit «nfia ^ et au S* siècle Ton fit entrer dans le nouveau cuUe plusieurs usages de Tancien. De même 9 en con^dérant la Tenérallon du peuple pour les temples, on se décida à les convertir en églises. On parvint aii^ à détacher du culte si attrayant des idoles une foule d'hommes pour qui la religion est toute dans la forme titëfieure , et Ton transporta aux églisess^le respect dont les temples étaient l'objet. On jugea avec raison que , pour aaéaathr l'ancienne superstition , l'essentiel était moins de convaincre d'aboid les esprits que de frapper les imagina-- ^Mis , moins de faire du premier coup de vrafe^chrétiens que d'amener graduellement , et par une transition qui ne f&t point trop brusque, le plus grand nombre possible de néo* pbytes dian»le girovde l'i^lise. Leur foi , d'abord grossière, ne pouv^ manquer de s'épurer avec le temps, et par les travaux persévéranta du sacerdoce. Cest une chose gênétalement connue qu'il existe encore ii Rompe plusieurs tea»pies paîen&eenvertlS' en églises ^ et que beaucoup d'église» ont été élevées sur les fondements^ d'autre» temptes. <c H M n'est aucun pays , dit M. Beugnot daos l'ouvrage pséoé^ M depiment cité,, oh l'on ne tiroHve de pareMs^ exemptes. 11 M faut remarquer , ajonte-t-H , que presque tous ces chan- M gements ont eu lieu à laiia du 5^ siècle. »
C'est aussi vers cette époque y sefon nous , que les ehréttens établirent les cérémonies de leur culte dans îe temi^é d'Auguste fct de Livie , de Vienne. Nous n'émettons pas une opinion nouvelle ; car Ghorier , en pariant du mê^te mona-* Hkent f a déjà dit :: <♦ Ce qui avait été le temple de la Justice ^
ce 80US les Ronudâs^ détint tin temple pin» iàcté tout te# c< Bourguignons. Le prétoire fut la chapelle de leurs rma ce (1). » Cet auteur a négligé de ciler les autorités sur les^ quelles s'appuie son allégation* On n'a cependant aucun motif de la supposer sans fondeisent ^ et un fragment de» écrits de St^Avite , évêque de Vienne 9 que nous dteron» plus bas , semble la conirmer.
Nous l'avons déjà dit^ les Burgondes ou Bourguignons^ peuple venu d'au-4elà du Rhin, occupèrent notre TiHe vert Tan 475. A cette époque oh l'autorité romaine expirail dan» les Gaules, et oh l'empire d'Occident allait s'éteindre, ils s'einparèr^rt de tout le pays compris entre celui qu'ils pos« sédaient déjà vers les Alpes, et le Rhône. Vienne resta en leur pouvoir jusqu'en 534*, alors le dernier de leurs rois fut défait dans une bataillé , et dépouillé de ses états par les enfants de Clovis. Ce ne fut point sans faire éprouver une douleur bien vive aux cmci^is habitants que les Burgondes, H leur arrivée , se réps^irent dans les .campagnes et da)is les villes , et qu'ils s'emparèrent du tiers des t^yes , ainsi qu'il av^it été convenu. Les Viennois , élevés et nourris dans la- politesse romaine , eurent d'abord de la peine à supporter l'aspect de ces hommes grossiers , à haute sta^ tmre , à longs cheveux , grands mangeurs , et auxquels l'habitude de se nourrir d'ails et d'oignons , et celle de se grabser la tête de beurre rance, donnaient une odeur repoussante*. Chaque jour se renouvelait le chagrin de les avoir pour
(1) Chorier , Antiq. de Vienne, liy« t, ch. 13, page 99 de l'édition de 1828.
Lé céleâlin Dubois, celui qiii à fe préthier |iubllé tes ÀntiqîtiUis de ^{«Hne , parait àrOir éil la ménlé Opinion; car il dit, en parlâoft dii môme édifice*, hm^^ {Mgânitaté sen«se«nte> i% honorem koaia J^^m^ Ir jHjinW0tâé ioh, à Bosoo , Yien* totiq« 1 p. 9i . i
^^Ath^ en k« voyftftl ^r* oo groupésNtvr le fànuB> asaiél en coacbés sous le» portiques ^uicles.âegrés des ieaipleê^ Jaisant retentir un lanf^g^)4«D, queTcni ne pouarait.com* prendi?e, et «les chanls.aigua.et sai&Tt^es qui ne powriAfat ehasmer des oreilles»r&mainea« L!empker d!0«cide»t était ar* tmé aux fmbles et derniers efforts de Tago^e. Il n'y avait ]^us de secours ^espérer». IL fidlat se soiimâtire à.la uocessité de recevoir, de teis liâtes ,. qui ne pienaient ensHnesies que le litre de patrons 9 et trouver quelque oonaolation dans la peai^ aéequlls étaient les plusidoux4e*toasiesbail)ai!es «épandu^ dans les> Gaules*
laeurs cols y conmie souvenons y échangèrent leurs tentes ou Jeuracabanes contre les somptueux palais des RomainS'. Quand Ha rendaient à» Vienne ils habitaient , selon Chorièr) ^ancien palais prétcmal^ auparavanit laidaneure des pré*- «idents-de la pi9ovînce Viennoise', et situé^u» l'un des eAtés du. forum 9 non loin du tcn^he d'Au^te et de Liyie. Son. emplacoBient est. occupé aujpurd^hui par le Palais-de jqs^ lice*.
Les^Eurgondes embrassèrenti la loi catholique vars Tan 41 7 , pendant qu'ils étaient èncuse sÉr les hovds du Rhin. Us la quittèrent pour l'asiaBisme Ters Fan^440^ 'Bant qu'ils furent orihodoxes^ H» assistèrent aux cérémouÉeS' du culte dans les mêmes églises quelles- ancien;^ hai>itantsf ma^ quand l'ariantsiiœ ,- peut-être plus en rapport »\'ec leur première idolâtrie, les eut séduHs ,.iMeur ûillut (fes égiises patticu^ Hères. Fidèles à leurs pnneipes.de modération', ils 6n<bàti^ reni,. et ne s'empsurèrent que d'un petit nombre de celles qni: appartenaient aux cai^ieliqnes^
Ce lut sous la! dominaticm diës^ Baigon^^-, de Pan 490 à l'an 5^^ ,. que St^Avite occupa le si^e épiscopal de Vienne-. Homme éloquent et saivant pourfle temps où il reçut , il joua un lAle iaiportant par ses veilu»y: perses talents , et par aoaaèlea»Lle«^ pourla f oioxthf dose^iUne pariKe de svaécvit».
heareiMcineiit écb«i^e k l'aeHoii cki temps 9 * été iuiprii<< p«r les sofais du P. Sirmoad. £Ue oontiste en lettres, «a fragmenls de disconrs , et en poéiies. Ce qac4'on j cherche le pins aTidement , ce scmt les faits historiques , et l'esprit d«. siècle oà iis ont été composés.
- Yoîd la traductloa litt^ale du fragment de ses écrits dont nous ayons parié $ et qui parait évidemment arolr fait partie d*ane homélie prononcée k l'occasion de la consécration au cnlle orthodoxe d'un ancien temple païen qtU a? ait servi d^é* gUse aux Ariens ; a Pourquoi Fantiquilé me yanterait^Ue « son Moïse pour avoir autrefois , par la vertu d'un cerlaiii is bois y adouci des eaux amères? Ou bien son Elisée, non « moins grand par ses mérites , pour avoir corrigé l'am^** i€ iume d'un mets rustique en y répandant de la farine ? Qui « ne }uge ces laits merveilleux? Et cependant pareil pouvoir K a été doané aujourd'hui à votre prêtre*......., Ù j a certes
^< presque moins de mérite à changer les créatures par la « prière qu'à engager le créateur à entrer dans un temple ce après en avoir chassé son ennemi. La hideuse erreur, des f( Ariens , nos voisins ^ occupe ici la place de celle des Gen^ « tils ^ et si , par cas fortuit , il ne s'y rencontre plus de K païen qxsL veuille que l'on adore plusieurs dieux , l'hère*
ic 4iqHe se plaint de ce qu'on n'y prie qu'un seul.....
« Pourquoi celui qui invoque en vain le nom du Christ se H plaint-ii qu'un lieu qui a été fermé aux idoles se soit once vert aux vertus? Personne n^est repoussé de la commu» « nauté du salut. Qu'avec ceitz qui scmt dans la voie du c< bonheur étemel ciiacun jouisse de ce que nous n'avons ce pas voulu partager avec des hommes perdus. Nous interu (c didoas les portes des temples aux cultes inaptes. Noua les ce ouvrons à leurs sectateurs qui veulent se convertir. Qu'il fc. vienne donc chercher ici l'unité quiconque a été aupara^ ic vaut paiiisan de la pluralité ; qu'à reconnaisse maintenant (i le Christ 9 qui est notft piecrey qnico1191wa.adoce.ld
* lm>K-tienips dé* jrtcnes. On « brisé Ifauiel Mrtaat aux M sacrilèges, on a élevé on autel pour les saints sacrifice»
Dans ce qui a été imprimé des œttTres tle St-Avite oa re« marque les titres de plusieurs discours ou homéliea que \% l^réiat proBonça dans <MTerscs drconstuees, jet 9 inkmédiate* neût après , quelques fragments des mêmes diseonrs f rangés 0DU8 des ctiiflres qui parlassent correspondre à ceux des tRres. Le fragment que nous venons de rapporter est placé •DUS le cliiffre % Celui des titres , qui porte aussi le chiSire S , est ainsi conçu : Dicta in basiiicâ sanctœ Mariœ 9 f< pro*^ (c nonce dans FégUse de Ste-Marie. » Or 9 on n'a jamais connu à Vienne que deux églises dédiées à la Vierge. L'une était située sur la rive droite de la Gère , et rien ne témoigne qu'elle fût précédemment un temple. L'autre, plus ancienne, était justement le temple d'Auguste et de Livie. Ces deux circonstances 9 celle de la dédicace à la Vierge , et celle de la destination primitive au culte des idoles, qui se rencontrent et dans ce dernier temple et dans celui dont il s'agit dans le
(1) QvM tnihi kmdet atUiquw Moy$em iuum aquai oè $vo a$p9Paê Hgno eaêtigante duUs^st ? Qu^A EHtwwn , virhUè wm imparèm , agnê^ Hi eibi amaritudine plénum Mfetum medici farrU infmione eondidi$s»f Bœe quidem geêta exempU admire^iUs fuisse quis nesciai ? Sed non mi^
ivàs hodiè vestro datum est sacerdoii €ûm mmerisposnè virtutis
sU creaturas orando convertere quàm , hoste deptUso, ereatorem <ÈdUmi invitasse, Implet Mcporrà gentiHum vices vieinantiufn Ârianortim tut-^ bidus Kvor* Bt si paganus Mû férté jàm dee^ quiplureê deott vsHtes^ tolf, gémit hœreticus, qui wmm etmspieit ex&raiH^.*^ fftâdinffBmiSêcat Chris9ivaouus nominator loeum nunUniJbus iriterelustmi'patuism virtu^ tfhusf Nullus à sàhttis eensoriio prohibetur» Sit eis paHter eommun9 ^m suivis quod haetenùs nostrum noluimus esse cumperditis» Profanis eult\bus elaustta damnamus , conversuris cultoribus templa pcUefiicimus. Expetat ergà hio ioKdum quisquisr amaverca anté ^iiisum ; recognoscat «NMi« Chriêhm petrûvn quisquis h\e dadim êautet im^èrèHn ut, Sacri-- ^«gOs ara pmt > ven^ ara saerifkUsi
fragment 4*h6iil^U<i eitë p\m haut, •mablenH laisaer ]^«tt 4l« doute sur Tickatité de ces deux ^ltse^<1).
Nous croyons donc , jusqu'à preuve contraire, queVters ia fm du 5^ ftôcle 9 peut-être même dès le moment de l'occupation de Vienne par les Burgimdes, les chrétiens ortho^ doxes sulrlrent ^exemple donné k Rome et dans- beaucoup d'autres villes; qu'ils établirent leurs cérémonies religieuse»^ dans le temple d'Auguste et de LIvie, Les rois burgoodea n'y mirent aucune opposition. Mais, selon une conjecture qui nous parait vraisemblable , l'un d'eux , pendant son sej<Mir à Vienne , voulut assister au service divin dans cet oratoire» situé auprès de son palais , et le faire célébrer par des prêtres de la secte arienne , à laquelle il était attaché. Dès4ors les cactholiques s'en éloignerait avec horreur.
L'époque qui vit convertir ce temple en église vit aussi ,
(1) Nous devons , par respect poar la yérité , donner les explications suivantes. Le P. Sirmond , dans une note sur les fragments d'homélies dont II s'agit y déclare quMl y a tant de confusion dans le manuscrit d'où il les a extraits , qu'il est difficile de rapporter chacun au titre qui lui appartient. Il n'en excepte qu'un , qui n'est pas le T, mais le 6*. Il fuit de là que nous ne pouvons nousHUôme rapporter arec certitude ee fragment 2* au titre 2**. — D'un autre c6té> si ce titre indique qua l'homélie a été prononcée dans la basilique de Ste-Marie , il ne désigna point , comme quelques autres , le lieu ojk était sftuée cette église, tt en résulte que Ton ne peut non plus affirmer avec assurance qu'il s'agisse d'une église de Vienne^ — L'on ne saurait cependant ne point remarquer le rapport frappant qui existe enUe l'élise dont parle Str« ▲vite d^ns le fragment n** 2 , et le moaunient qui fait le sujet de cetta dissertation. L'un et l'autre ont été successivement temple paSea et église chrétienne ; le temple d'Auguste et de Livie a été dédié à la Vierge Marie cpmme celui dont il est question dans le titre 2". Si la caractère de la certitude manque aux efforts du P. Sirmond pour référer chaque fragment à son titre • rpn.doit convenir que , à en juger par le singulier rapport dont nous venons de parler, le fragment 2^. appartient très-probablement au titre 2*; , ^ . *
\ doute 5 arracher U» lettres de brdiize q^i fonouient l*iiir Bcriptieiiy akiti que Taigle qui y eveit pris la plaee du nom de JapHer. Le paganisme j alors sans influence , et ayant perda presqne tous ses sedaleurs j n'imposait plus aucune déférence. Le dëdin de ses farces avait suivi cdui de Fem«pire, tandis que ieclunstianisme 9 en se soumettant les Bar* bares ^ avait acqub plus d'ascendant , et était devenu Ta^e de tous ceux qui cherchaient appui et protection contre la violence. Rien ne devait dès-lors empêcher de foire dls-^ paraître jusqu'aux dernières traces d'un culte impie 9 ni les ^rds qu'imposait autrefois un parti puissant 9 ni le respect dû à une autorité qui n'existait plus. Les voeux de la politique durent être alors d'accord avec ceux de la religion. Les nouveaux dcnninateurs ne pouvaient avee plairir voir subsister les nuirques d'un pouvoir dont ils occupaient la place. Aussi enleva-t-on non-seulement rinscripUon du frontispice , mais encore les statues d'Auguste et de Livie , qui, vraisemblablement 9. s'étaient jusque-là conservées dans la cella.
Pendant que les Ariens possédaient cet édifice 9 il fut peut-r être le théâtre d'une scène sanglante , dont l'histoire nous a conservé l'odieux souvenir. Gotidd)aud , l'un des roi» burgondes , épn>uta 9 par la trafaisoii de son frère Godégisile 9 une déroute complète dans une bataille que Clovis lui livra près de Dijon. Obligé de fuhr 9 il traversa rapidement ses états 9 et aUa s'enfermer dans Avignon. Après un long slége^ il fit sa paix avee le roi des Francs , et 9 animé par le désir de la vengeance 9 autant que par cetui de s'emparer des états dç son frère 9 il vint attaquer celui-ci dans Vienne. On sait qu'il prit cette viUe lorsqu'on s'y attendait le moins 9 en introduisant secrètement des troupes dans l'intérieur par les aqueducs antiques. Sans doute 9 en ce moment 9 Godégisile se confiait en la force descss remparts et dans.hi vigilance
ée tes toMatt. Il itkïi loin de soupôonn^ 1a possifailUé dUuu tnrpriêe , et se troimiit relire cla&s Kin paki»^ dont i|oiu aroDS fait connatlre la altuatlon. loopinânemt allaqii^^ sa voyant dans ilmpaissance de se défendre , il se réfàgla, arec nn evéque de sa secte , dans une église fui, selon l'histoiref appartenait au culte arien ^ et où il se croyait en si^té «ons l'aile protectrice de la religion, U ne nous pamit point la- ▼raiseniblable qne ce fat dans le temple d'Angoste et de Lirle , qui devait être Téglise la plus voisine dn palab , si celui--ci était en effet situé sur l'emplacement désigné, et qui était peut-être , dans Vienne , la seule oh les Ariens célébrassent leurs cérémonies. U espérait y trouver un asile respecté; mais Gondebaud avait déjà donné, dans la même ville V des preuves d'une omaulé pour laquelle rien n'est in^ Violable et sacré, ^rès un premier siège de cette ville, U avait fait périr deux de ses frères , l'épouse de l'un d'eux , et deux de ses neveux. Godégisile et Tévêque arien fiwent mas* sacrés au pied de l'autel (1). Cet événement se passa l'an 500«
Ce Gondebaud, tout souillé du sang des siens, fut arien zélé, bâtit des ég^ses *wx gens de sa seote^ et s'occupa beaucoup de controverse religieusev II entretenait une cor-* redpondance suivie avec St-Avite , dans laquelle cdui-ci s'efforça de le convaincre de la supériorité de la foi orthodoxe sur la sienne. Il consentit même à ouvrir entre les évoques ariens et ceux des catholiques une conférence qui fut sans résultat. Gombatta par des motifs politiques qui l'enga-* gealent à se faire aimer des derniers , et par ceux qui lui faisaient craindre de déplaire aux siens , il demanda au saint évêque de Vienne de lui administrer en secret le baptême des convertis. Mais le prélat refusa , et ce roi mourut arien.
De son vivant , et , sans doirte , avec son consenlemMit 5
<i) Greg. tuffoa. , hisU Fr«n. ,lU,c.^ etM.
Sigismond^ son fils et son snec^sevr , s'étoit déjà conrerli à la foi orthodoie. A l'avènement de celui-ci , Tan 516 , les catholiqaes se montrèrent disposés à llntolérance envers les ArieDs, et voulurent leur ôter lenrs églises. Viclorius , que Ton croit avoir été évéque de Grenoble , écrivit à St-Avite pour lui demander si Ton pouvait jiffecter au culte orthodoxe les églises de ces sectateurs. Le vénérable prélat de Vienne ^ dttis sa rép<mse ^ après s'être attaché à démontrer que la souillure arienne ne pouvait s'effacer 9 observe à son suflra^ gant que, si les hérétiques venaient à être privés de leurs églises , ils ne manqueraient pas de crier à la persécution , et qu*ils en feraiait un juste grief conire leurs adversaires»
« Il convient mieux à la douceur de la foi catholique j H ajoute-t-il , de souffrir les injures des hérétiques et des n Gentils que de leur en faire. Qu'y aurait-il d'aussi affligeant ff si ceux-là même que l'évidence de leur erreur fait périr ff allaient se flatter de ce qui a fait les mérites ^es confes- « seurs et des martjrrs (1)? » Il eût été sans doute bien k désirer, pour l'houneur de l'humanité et pour celui de la religion , que de si sages maximes eussent toujours prévalu.
Quelque temps après cette lettre , sur l'invitation du pape Horsmidas, fut convoqué le concile d'Épaonne (Sî). Il se composa des évéques qui avaient leurs sièges dans les états burgondes ; 41 se tint du 6 au 15 septembre 517. Parmi les
(1) Cùm eeahoKeam mansuHt»dinèm eàluMnku torentoomm aiquê GenHUttm phu dec$ai iuttinêre quàm faeere. Quiâ enim tàm durwn , piàmH illi, qui apertà perver$itate pereunt, de confessione âibi oui fnartyrio blandianturf — Aie. ÀTÎti epist. 6.
(2) Chanret, dans son Hist. de Végîise de Vienne, p. 118» proure, d'après un mémoire de M. Didier, doyen de cette église , que le lieu nommé Ëpaonne est celui qui est connu depuis long-temps sous le nom d'Àlbon. D'autres, avec plus ou moins de fondement , indiquent d'autres lieux.
diverse! décisions qui j (uïtvi portées ^ on en remarque tine qui est confoime aux mes de St-Avite relatiTement aîu églises des Ariens. Elle est renfermée dans le 33* canon. Celui-ci défend expressément d^sppliquer au culte catliolique les églises des hérétiques. Il établit cependant une exception, savoir: à l'égard de celles que les Ariens avaient enlevées aux catholiques (1). Nous la remarquons comme pouvant confirmer notre opinion : que le temple d'Auguste et de Livie avait été converti en église par les orthodoxes avant d'avoir appartenu aux Ariens.
Après la décision du concile , St-Avite ne craignit pas de céder au vœu de ses ouailles qui redemandaient ce temple» Avec le consentement du roi Siglsmond , il le consac^ira de nouveau , et le dédia à la Vierge Marie, si déjà il ne lui était pas dédié avant que les Ariens s'en emparassent. C'est dans cette circonstance qu'il prononça l'homélie dont nous avcms cité un fragment*
Nos lecteurs nous sauront gré , nous le croyons , d'emprunter encore à l'excellent ouvrage de M. Béugnot, auquel nous devons tant, un passage qui se rattache à l'histoire ^e notre monument , et qui fera connaître souâ l'influence de quelles idées a été faite la dédicace dontnous venons de parler.
ce SU entrait, dit^l, dans les desseins de la Providence w de tempérer les dogmes sévères du christianisme par la ce consécration de quelques idées douces , tendres , consoce lantes , appropriées par cela même à la nature fragile de ce l'homme , il est évident que ces idées , quelle que î(d leur ce forme , devaient contribuer à détacher les derniers païens ce de leurs erreurs. Le culte de Marie , mère de Dieu, semcc ble avoir été le moyen dont la Providence s'est servie pour ce compléter le christianisme. Après le concile d'Éphèse,les
fl) Voy , Charret , dans Fourrage cité ciNdessns , p. 650.
« ëgTiset d^Orient et d'Oeddenl offrirent à Tadonifion deè ce fidèles la Vierge Marie , sortie Tictoriease d'ane attaque c( violente. Les peuples forent comme éblouis par limage c( de cette mère divine réunissant dans sa personne les deux « sentiments les pltis doux de là nature: la pudeur de la a vierge, et Tamour de la mère, emblème de douceur, de et résignation , et tout ce que la vertu présente de subliôEie ; a qui pleure avec les malheureux , intercède pour les couce pables , et ne se montre jamais que cmnme la messagère ce du pardon ou du bon secours. Ils accueillirent ce culte ce nouveau avec un enthoushisme quelquefois trop grand, c< puisque pour beaucoup de chrétiens ce culte devint le a christianisme tout entier. Les païens n'essayèrent pas (c même de défendre leurs autels contre les progrès du culte ^M de la mère de Dieu. Ils ouvrirent à Marie des temples M qu'ils avaient tenus fermés à Jésus^-Christ ^ et s'avouèrent f( Tatocus. A la vérité ils mêlaient souvent à l'adoration de «t Marie ces idées païennes, ces vaines pratiques, ces suce pcrstitions ridicules dont ils ne semblaient pas vouloir se ce séparer:; mais l'Église s'applaudissait cependant de les voir 4c entrer dans son sein , parce qu'elle savait bien qu'il lui «r serait facile , avec l'aide du temps , de piu^er de son al-^ ^e liage un culte dont l'essence était la pureté même, m
Le même auteur , dans une note , choisissant , entre une muHitnde de faits que fournissent les annales de tous les pays , une seule preuve de ce qu'il vient de dire , cite huit temples de la Sicile , les plus beaux du paganisme, qui fu-> vent placés , après le concile d'Éphèse , sous l'invocation de la Vierge (1).
Si l'on admettait l'opinion rapportée par Charvet , l'hislojnen de l'élise de Vienne , l'on devrait attribuer la conversion
ti) Histoire ^e la ^estmetion du puganlsme ,i, II, pp. tîO et 2f7t.
4a temple «L'AngusIe et de LMe en église à Burcsrd, arche- Téqoe devienne , qui si^a de Fan fOOO à l'an 1029. Cependant le même auteur , ne considérant apparemment pas ce fait comme bien établi j se contente de dire 9 sans indiquer aucune source : <c On croit que le saint prélat érigea en chatt pelle un ancien temple , d'antres disent l'ancien prétoire ce oà les Romains rendaient la justice (1). » Cette opinion ne doit pas , selon nous 9 être rejetée d'une manière absolue. Elle nous semble indiquer de grands travaux exécutés par le prélat nommé ci-dessus. En effet , en examinant le mo« nument, on y observe des constructions qtie l'on peut rapporter au XI^ siècle, et au temps o& l'archevêque Burcard occupait le siège de Vienne. Ainsi, les caractères de l'architecture de cette époque se montrent dans la porte à plein cintre et à linteau qui existe à la face du nord , au couchant de la 6« colonne , et qui est murée aujourd'hui. On peut encore attribuer au même temps une fenêtre à plein cintre , et murée , que l'on remarque également au nord, entre la 4* et la 5* colonne. Cette fenêtre étroite et peu élevée est évidemment antérieure à celles qui offrent l'ogive dans le même mur , et dont nous assignerons bientôt la date. L'on peut supposer qu'il y en avait plusieurs autres du même genre sur les trois faces libres de l'édifice.
(1) Cbairet , Bistoire de la sainie église de fierme , pp. 881 et 635.
Le même auteur, dans le même onyrag^e, page 625, dit: « Rodol- « phe III ^ craignant de troabler la régularité des Béoédietins de « St-Àndré (Uê'agit de» moineê de St^Àndré-le^Ba» , dmU l'église, sehn Charvet, était la chapelle royale), choisit an ancien temple» d'autres « disent l'ancien prétoire des Romains, qui était près de son palais. « Le B. Burcard, archeyèque de Vienne, le consacra, et Férigea « en titre de chapelle. C'est aujourd'hui l'église paroissiale de Notre- <c Dame-de4a-yie. » Dans son ouvrage inédit, intitulé: Fastes de la wlle de Vienne, page 82, Charret Impute, peut-être à tort, I Rodolphe m les dégradations qu'a snbiet le momomeiil.
Noos croyons donc qu'au tatips de l'arcbêvé^oe Burcar d^i ëpoqae où se réveillait le goùl poiir les conslnictions religieuses , Tenceinte "fermée du temple d'Auguste et de Livie parut trop étroite pour les besoins du culte chrétien. Le prélat voulut remédier à cet inconvénient ^ qui devait être ççlui du plus grand nombre des temples païens ^ il fit raser les murs de la cella , et élever entre les colonnes ceux qii^ nous voyons encore aujourd*liui. La porte d'entrée lut placée à la face du nord , à cause du palais qui était de ce côlé^ et parce que la face occidentale présentait un mur massif eç pierre de taille , que Ton n'osa pas alors percer. On l'ouvrit vers l'extrémité occidentale parce que l'autel fut établi, selon l'usage , au cdté oriental de l'édifice. Ce sont ces travaux I qui , selon nous , ont fait croire que l'archevêque Burcard avait, le premier, consacré au culte chrétien notre antiquç monument. On pourrait , d'ailleurs , présumer que , lorsqu'il les entreprit, le mauvais état de celui-ci y avait faitcesseir depuis long-temps la célébration des cérémonies religieuses^ En effet, depuis l'époque oii il fut restauré et , en partie , rebâti^ dans le 5? siècle, il devait avoir grand besoin de réparations.
Burcard fut le premier archevêque qui jouit de la dons^^ .lion du comté de Vienne , faite k l'église de cette ville par Rodolphe III , dernier successeur de Boson, et confirmée pu renouvelée par l'empereur Conrad III, en l'an 1146, sou^ le titre de garde du même comté. Cette donation, marque de la grande révolution sociale qui s'était opérée depuis la chute de l'empire d'Occident, et de la constitution féodale qui s'organisait , fut la source de cette puissance et de cette richesse oh les archevêques de Vienne puisèrent les moyens d'exécuter de grands travaux.
Parmi les prélats auxquels notre ville doit les plus importantes constructions , se distingue principalement Jean de D 7
Boamin^ q«i «^égea de l'an 1221 k Pan 1266; Il fit bfttir le chœur actuel de Téglise cathédrale de St-Maôrice, les cloîtres et les chapelles qui étaient situés au nord de la même église « et que Ton a vu impitoyablement démolir en 1805 ; l'hApital du pont du RhAne , connu sous le nom de Temple , dont Jes murs existent encore en grande partie; le château de la Bâtie j dont les ruines , placées au sommet des rochers escarpés de Salomont, appellent de loin les regards du voyageur; enfin, beaucoup d'autres édifices. Il s'occupa aussi du «oin de restaurer l'église de Notre-Dame, l'ancien temple d'Aftgùste et de Livle. // 1 embellit , dit son épilaphe , par de màgnifiqites ccnstntctiorH (1). L'architecture ogivale , née dans le XH« siècle , avait pris alors son principal développement , et avait revêtu son caractère disiinctif. Limitée Ici dans son essor par les constructions antiques, elle dut se bomcT à quelques dispositions et à quelques travaux oh elle n'eut point lli liberté de montrer toute la grandeur et la noblesse qui lui sont propres. Mais ce qui reste de ces travaux est aisé à reconnaître*
TeUe est la porte à ogive , aujourd'hui murée , qui se voit sur la face du midi, vers la partie occidentale. Telles sont les fenêtres , aussi à ogive , dont on aperçoit les contours dans les murs des faces du nord, du midi et de l'est. Le» dispositions et la décoration alors ajoutées dans l'intérieur nous ^ont aïijourd'hui complètement inconnues.
Nous présumons qu'un édifice richement décoré fut alors adossé à la face occidentale de notre monument. On en voit encore les traces à la partie supérieure de celle-ci, dans les trous pï'atiqués pour recevoir la charpente , et dans les rester
(1) Basilietu eiheatœ Màfiœ veleris Viennensis sumptuosis
decoravii œdificiis, L'épitapbe de Jean de Bournin se trooTe dans Touvrage du célestin Dubois » p. 97; dans celui de Lelièvre , p. 371> Charret en a donné la traduction , p. ^36.
«le peintnres qui existent en-dessous, et qui présentent des ornements dans le goût byzantin. L'on a démoli en 1838 une maison, située au midi du temple d'Auguste, dont une parlie du premier étage et du rez-de-cliaussée datait de la même époque , et pouvait être un ouvrage du même archevêque. Les fenêtres , décorées de colonnettes gotiiiques , avec chapi* teau imitant le corinthien, étaient surmontées d'arcs en ogive. Tout le reste de Tédifice , qui était une addition , de beaucoup postérieure , présentait les caractères de l'architecture du commencement du XVI® siècle.
D'autres travaux et d'autres dispositions paraissent avoir été exécutés au même édifice , et toujours au détriment de la partie antique , par un autre archevêque , dont on remarque les armoiries fort dégradées au-dessus de la porte d'entrée d'aujourd'hui , au sommet de l'ogive d'une fenêtre murée. Ce sont celles de Pierre Palmier , qui occupa le siège de Vienne de l'an 1528 à l'an 1554. Elles étaient d'azur, à trois palmes d'argent. En observant de près l'écu , nous y avons aperçu dans le champ quelques traces de couleur bleue , et une partie des palmes. C'était l^lsage , ainsi qu'on le remarque surtout dans l'église de St-Maurice de Vienne , de placer sur les édifices , ou sur les parties d'édifices, les armoiries des personnages qui les avaient fait construire. C'est pourquoi l'existence des armoiries de Pierre Palmier dans cette position nous semble indiquer que ce prélat fit faire une nouvelle restauration de la même église, et qu'il fit établir sur la face orientale la porte qui existe aujourd'hui, et qui avait d'abord été ouverte sur la face regardant le nord , ensuite sur celle du midi. Cette porte , en effet , appartient k ce style bâtard du XVI« siècle , qui succéda à l'architecture gothique. Ce fut sans doute aussi à cette époaue que l'on plaça au côté occidental l'autel qui avait existé jusque-là à l'orient.
On ne doit pas être surpris qu*an st yenérable monument ait été Tobjet des soins de Tarchevéque Palmier ; c*est à la sollicitude et, en grande partie 9 aux libéralités de ce prélat qu^est dû Tachèvement de la belle cathédrale devienne, ainsi qu'une nouvelle fondation de l'hôpital St-Paul , celui qui ejListe aujourd'hui.
On sait que son goût pour les lettres et les arts lui avait fait attirer à Vienne l'imprimeur Trechsel, et plusieurs savants, du nombre desquels était le célèbre sectahre Michel Servet.
Il avait un frère nommé Jean , qui fut vibailli du Viennois, et parait avoir habité la maison dont nous avons déjà parle , située au midi du temple d'Auguste et de Livie , et ré* cemment démolie ; car l'on voyait les armoiries des Palmier sculptées dans l'escalier; et de plus nous avons recueilli dans la même maison , et déposé au musée de noirè ville , une pierre présentant sur une face les mêmes armoiries , et, sur La face opposée, l'écu de France avec les trois fleurs-de-lis. Nous igncH'ons quelle place occupait cette pierre. Mais la réunion des deux écus qu'elle nous offre nous parait se rapporter à 9a charge de vibailli , possédée par Jean Palmier.
Un Pierre Palmier , dernier rejeton , dans Vienne , de la famille de ce nom , avait sa sépulture dans notre temple (1). Son épitaphe s'est perdue.
Ainsi tout prouve que cette église était l'objet de Taffec-. lion de cette famille , et que l'un ou plusieurs de ses mem-r bres , si ce n'est l'archevêque , y avait fait exécuter des travaux importants.
On voyait autrefois dans la même église, et devant l'autel, le tombeau de Jean Faber , archevêque de Tarse in pariihu$
(1) Chorier : Kech. sur îa$ ÀnHq. de Vienne , L I , ch. 13.
lOi infidelium , et suffragànt de Varchevêqae de Vienne , Jérômede VHlars. Son épitaphe ^ qui n'eiiste plus > était ainsi conçue (1) :
R . DD . JOHANNES . FABER . ARCHIEPISCOPVS ^ TARSENSIS . SVFFRAG . VIENN . OBIIT . ANN. . D. . MILL . VCXV . XVII . AVGVST . CORPVS . SVCCEDIT .. TERRiS^ . MANEAT . ANIMA . COËLO . AlffiN.
Fac mihi sit fetix in tepost faki sepuiehrum^
Une maison distinguée de Vienne , celle de» Cousfaînfprqul contrâbua puissamment aussi à l'achèvement de l'église de St-Maarice , avait fondé une* cfaapelle dans celte dootiKr fr'agit icL Voici Tinisciûption qu'on j lisait avant 1793 u
Dne fac ut araore* araonsT tiu mofiàr qui* amore amoris mei dignatus es^^ mori.
ce Noble Pierre de Coustaîng founda ceste chapelle d'unemesse journallière et perpélueile ^ tant pour l'âme de feu rof Charles IIII, son mestre , et se» successeurs àr la couronne, que potff celles de noble François de'Coustaing>et damoiselle Juliane de Brion, sa mère , décédés en 1396 ;^ de nobles^ Guigo, Mathieu, Jacques et Guichard de Coustaîng> sesfrères; de damoiselle Arthaucle Duchesnet, sa femme-, que sienne en 1442. Noble François de Coustaing^,- sieur du Palais, fbunda une messe en Eselite chapelle pour Tâme de noble Guigo de Coustaing et dame Magdelaine de Chevrières, ses père et mère ; de noble Jacques de Coustaing , pour le*
(1) Vojv Charvel : Bist» de Vég}. de Vienne , pp. 582 et 641.-
remède de leurs àmed, conseiller du Roi en ses con^ihf son, oncle 9 et pour celle de dame Louise de Gênas, sa femme , et de nobles Hector , Jacques , Aimard et Claude de Coustaing, ses enfants, en 1597. Noble Jacques de Coustalng , informe' , en Tan 1622 , des susdites fondations , a désiré de restaurer et remettre ladite chapelle en quelque état , tant pour les pies intentions desdHs $<^ fondateurs , ses devantiers , que encore pour les âmes de haut et puissant seigneur messire François de Coustaing , seigneur de Palais et de Pusignan , chevalier de Tordre du Roi, son père , et de haute et puissante dame Catherine de Kostaing , sa mère} de noble Jacques Coustaing , son oncle , mort à la bataille de Dreus; de nobie Albert de Coustaing, son frère, mort au siège de Lan ^ de haute et puissante dame Anne de Cous^ taing , dame de Belvie , que sienne et de ses successeivs , lesquels il charge du service d'une messe joumallière et perpétuelle en ladite chapelle , comme il est contenu en sa dernière disposition.
Priés pour eulx (1). »
Telles sont les seules choses remarquables, renfermée» dans notre temple , dont le souvenir se soit conservé. Cette église, sous l'invocation de Notre-Dame-de-Ja-rVie avant 1793 , était celle d'une paroisse de Vienne , qui n'était pas la plus étendue, mais bien la plus riche*
fi) Chorîet: Reeh, iur Ut Àntiq, de Vienne, édition de 1828, pp. tt4
l'ai
DIVEKS NOMS DONNÉS AU MONUMEN!B'