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74. Sur l’autel ^i porte ce numéro , on lit deo cabvnio ; peut-être faut-il ne voir que le même Dieu sous les deux noms presqu’identiques que présentent ces autels, et j reconnaître le Pic de Gar ou de Car, déifié comme les Montagnes indiquées sur l’autel n.° 68 et le Pic de Nethon du même monument.
Plein d’érudition , animé du zèle le plus pur pour les progrès de l’archéologie et des arts dépendans du dessin , M. MilTm a mérité l’iionorahle réputation dont il a joui pendant sa vie, et qui est attachée à son souvenir ', mais , il faut l’avouer , quelques-uns des ouvrages de ce lahorieux écrivain se ressentent trop de la précipitation avec laquelle ils furent composés, et, dans le nombre, on doit remarquer sur-tout le Voyage dans les départemens du midi de la France. On peut remarquer des omissions essentielles, des erreurs graves dans chaque volume. Ce qu’il a dit sur une de nos Déités locales , nommée Ldhe , a dû sur-tout exciter l’étonnement. M. MiUin avait vu à Toulouse , chez le sculpteur F. Lucas , un autel dont l’inscription commençait par ces mots :
LAHE
PRO SALVTB OOMINORVM
et il avait vu aussi, dans le Musée, l’autel placé sous le n.° ^5, et sur lequel on lit ; lahe deæ. Cependant il n’était pas éloigné de croire que c’était le même personnage mythologique que le Dieu Leherennus , nommé ici Laherennus : <( Ce qui fortifierait, disait-il, l’opinion de Keisler, qui croyait que ce Dieu était le même que le Dieu Lahran de la Thnringe. » Mais le
mot Deæ devait empêcher M. Millin de présenter des conjectures si peu probables. Ce mot prouve que le monument est consacré à une Déesse. Nous avons retrouvé quelques autres monumens qui lui furent élevés, et ce n’est point à Saint- Bertrand , au pied des Pyrénées, comme le croyait Millin, que ces marbres antiques ont été découverts , mais à Castelnau de Picampeau et à Francon , à près de dix lieues de Saint-Bertrand de Comminffes.
L’autel dédié à la Déesse Lahe , et placé sous le n.° ,
est d’ime très-belle conservation ; une patère et un præféricule sont sculptés sur les faces latérales. Une couronne parait sur le côté opposé à celui où l’on a gravé l’inscription ‘. Un tronc a été creusé très-anciennement dans la masse de cet autel.
76. Le Dieu Leherennus est depuis long-temps connu par deux inscriptions recueilUes par Sirmond , et publiées par Gruter On asssure que ces monumens , trouvés dans le village d’Ardiége , arrondissement communal de la Haute-Garonpe , ayant été enlevés par un curieux , furent placés sur un radeau qui se brisa contre un écueil. J’en ai recueilli quatre autres. Le premier , placé sous le n.“ y6 , est orné de vases de sacrifices sculptés sur les faces latérales. On lit sur le grand côté de ce monument une inscription qui nous apprend que Mandatas , fils de Masuetus , éleva ce monument an Dieu Lehcren , pour acquitter le vœu qu’il avait fait. Cette inscription , et celles qui ont été données par Gruter , ne nous font point connaître spécialement la place que ce Dieu occtipait dans la hiérarchie mythologique. La suivante nous offre, à ce sujet , une indication certaine.
77. Cet autel , dont les petits côtés ont aussi un præféricule et une patère , a été élevé po»ir accomplir le vœu fait par Ingénus , fils de Siriccon. Mais ici le mot Lchcrcnni est précédé de Marti. Ainsi Leherennus était une épithète ou un nom topique de Mars , chez les Converue.
On a présenté beaucoup de conjectures sur le Dieu Lcheren. Keisler ® prétend que Leherennus est le même que Lahran,
I Du Hège. Monument religieux : 333, 354 , 335 , 356 , 357 1 358 ét 35o. * Pag. MLXXIV, 6, 7 .
3 xtnliij. Sepleni,
qui fui adore dans la Thuringe. Selon M. Monge* ' , Leheren estpeul-èlrela même diviniléqueiVc/r«/Jc//a ; mais je dois faire remarquer en passant que Lchcrcn esl un Dieu el Nchanclia une Déesse. M. Baudouin de Maison-Blanclic dit ’ en parlant <les inscriptions de Lchercn , rapportées dans YEni^clopcdic « Elles sont évidemment romaines; mais eetle divinité fut certainement empruntée des Gaulois, car Lcchcrrcn n’est que le lieu de la conduite , la pierre conductrice. C’est le Dieu que César a pris pour Mercure , protecteur des voyageurs cl du commerce. Hujus sunt plurinia simulaclwa hune viariirn alque itinerum ducent arlitrantur..,. L’erreur sur Mercure me paraît d’autant mieux déniontréc, que depuis l’adoption des Dieux Celtiques par les Romains, je ne connais aucune inscription à l’honneur de Mercure , protecteur des routes. Elles s’adressent uniquement à Z«/icrcn ou à Ijæva, qui u’en diflerc point. » L’opinion de M. Baudouin a été réfutée par M. Eloi Jolianncau , qui a dit que u Leheren ne peut pas être comjMsé de Lee h cr rc«, lieu ou pierre de conduite., parce que ce nom ne convient pas à un Dieu. » Un savant Basque a cru reconnaître dans Lchercn , en supprimant, il est vrai, deux lettres <lans le nom de ce Dieu , « l'ancien , l’aîné , le premier, celui qui était avant tout : Lchena , Lehenagocoa, Lehcn.n Mais, retrancher arbitrairement une partie des mots, est trop contraire aux règles admises dans la science des étymologies , pour que l’on puisse s’arrêter à eetle opinion.
Le monument jdacé sous le n.” ^8, montre d’ailleurs, comme le précédent, tpie le Lchcrennus des Convciuc cl le Mars des Romains étaient une même (hvinité. Ce petit autel votif, acquis jwr la Société Archéologique , présente celte inscription :
DEO
LEHEREN MARTI BAMBIX ' PVBL. L'“
79 Millin a donné ^ d’une manière tres-inex.aete le dessin d'iui autel votif qui était placé ilans la collection de F. Lucas ,
1 Dict. d’Anlifj.
1 Jflèmoifvs de l'Acad. vehiqut:.
5 Voyaf;e dan& tes Dèparumcns du Midi-
sculpteur Toulousain. La première ligne de l’inscription doit être lue ainsi: Caius fabius, Caii FiUus. Mais le savant archéologue n’ayant pas examiné avec assez de soin le monument , voyait , au lieu des sigles C r , l’abréviation G i , et il écrivait : (c Cette sigle peut se rendre par Cilo , nom qui a été porté par quelques branches de la famille Fabia. Ce Cilo était probablement client d’un de ces Fabius , et il avait pris , selon l’usage , en devenant citoyen Romain , le surnom de son patron Montanus. »
Les sigles étant telles que je lésai rapportées, il est évident que l’expbeatiou proposée dans le passage que je viens de citer ne peut être adoptée , et que l’on doit lire : Ccùi Filius.
<( Au lieu de hdossi , qu’on lit à la troisième bgne , dit ensuite Millin , il faut peut-être bre f. dossi, fils de Dossius-, mais il est plus probable que ce mot est la terminaison du nom d’une divinité topique , et qu’il faut lire : N... nossi, Numini nossi , à la divinité de nossus. » Mais , d’après ce qui précède , on peut remarquer qu’il est impossible de lire P. DOSSI , fils de Dossius , puisque nous avons déjà eu les mots Caii Filius, On ne trouve pas d’ailleurs ici la lettre f, initiale de Filius , mais jiien la lettre n parfaitement conservée. On ne peut pas lire non plus Numini nossi , car la lettre initiale du mot Numini n’existe pas sur le marbre.
En donnant, en i8i4 *, le dessin de ce- momunent , je disais qu’il fallait , ainsi que M. Millin , reconnaître dans les lettres bdossi , la fin du nom d’une divinité topique , que l’on ne connaîtrait peut-être jamais en entier. Mes craintes à ce sujet ont été vaines. En i83u , on a retrouvé un autel votif, placé dans la galerie sous le n." 79 , cl ipii porte l’inscription suivante :
, ALAItnOSSI