‹ Description du Musée des Antiques de ToulouseChapitre 15 sur 102 · AUTELS VOTIFS · texte numérisé non relu

AUTELS VOTIFS

Le Midi de la France est couvert de monumens élevés pendant la domination des Césars. Néanmoins on a cru, pendant trop long-temps , que les villes d’Arles , de Ntmes et d’Orange possédaient seules des objets dignes d’exciter l’admiration , et de retracer le souvenir du culte et des arts des Romains. Mais cette erreur est dissipée. Les vallées du revers septentrional des monts Pyrénéens et les cités de la Novempopulanie ont conservé des marbres précieux qui , recueillis avec soin , jettent maintenant des clartés inattendues sur l’ancienne histoire de ces contrées. Nous allons examiner ceux qui ont été rasftmblés dans le Musée de Toulouse.

81 . Le culte de la Mhre des Dieux , de la Grande Mère ou de la Terre , adorée aussi sous les noms d'Ops , de Bérécjnthie , de Rhée ou de Cyb'ele , fut établi à Rome l’an 548 de la fondation de cette ville. Depuis long-temps l’image de cette Déesse était portée en triomphe dans les villes de la Phrygie , comme le modèle d’une admirable fécondité \ les peuples la félicitaient d’avoir un grand nombre de Dieux pour enfans , et de pouvoir presser cent petits-fils sur son sein maternel '. La statue de cette Déesse n’était qu’une pierre informe , qui , selon quelques-ims serait tombée du Gel , ce qui pourrait faire croire que ce n’était qu’une de ces pierres bien connues maintenant sous les noms de météorites

• Invehitur Phrygiaa iurrita per urbes

Lata Deum partu centum complexa ntpotra.

ou à'acrolithes d'autres disent que eette pierre avait été extraite du mont Agdus *. Les Romains ayant envoyé une aniiiassade vers le Roi Attale pour lui demander la statue ou la Pierre de la Mère des Dieux , obtinrent ce monmnent sacré qui fut transporté en Italie. Dans la suite , les Gaulois, confondus en quelque sorte avec les Romains , rendirent de grands honneurs à Cybèle. Ils promenaient son image à travers les champs et les vignes, sur un char traîné par des taureaux, espérant obtenir ainsi de cette Déesse la conservation des moissons et des fruits. Le peuple , dit Grégoire de Tours », chantait des hymnes religieux en accompagnant Bérécynihic , et formait des danses sacrées autour de son char. Beaucoup de monumens trouvés dans les Gaules attestent que son culte y fut en grand honneur ; l’autel placé sous ce ninnéro , est ^ un de ces objets. L’inscription gravée sur sa face principale, et que nous avons publiée en i B 1 4 ^ , annonce que ce marbre a été élevé à la mère des Dieux , en accomplissement d’un , vœu fait par Cneius Pompeius Probus , curateur ou intendant du temple de cette Déesse. Ge monument vient d’Alet, petite ville du département de l’Aude. Des vases sont sculptés sur scs faces latérales. ’Séoici l’inscription qui couvre la face principale de cet autel. '

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