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assurément du haut Empire , supportait un ornement pareil ; et comme il ne représente, pas un Dieu et qu'il n’a de ressemblance avec aucun autre Empereur de cette époque qu'avec Qaude , on pourrait presque alBrmer que ce monument représente le successeur de Galigula.
194. La haine publique , excitée par les décrets du sénat , proscrivit les images des méchans princes ; mais l’admiration et l'amour multiphèrent celles ae Trajan , d’Antonin et de MarC'Anrèle. Ces monumens révérés seraient même parvenus jusqu’à nous , sans avoir souffert de notables mutilations , si la barbarie des peuples qui renversèrent l’empire romain ne s’était pas exercée sur eux avec un acharnement inoui. C’est à cette unique cause qu’il faut peut-être attribuer les dégradations qu’a éprouvées le buste placé sous ce numéro , et qui' représente Trajan. La tête a été séparée du monument, le front a été brisé ainsi que l’épaule gauche , et l’on a dû restaurer ces diverses parties.
Trajan f' Marcus Ulpius Crinitus Trajanus J naquit à Italica, en Eispagne , l’an de Rome 800 (53 de J. C. ). Edi 85o , il fut adopté par Nerva et associé à l’empire. L’année suivante , il succéda à Nerva et prit le titre d’Auguste. Son père , issu d’une famille ancienne , originaire de la Péninsule , avait été créé consul , et avait obtenu les honneurs du triomphe sous Yespasien. « Cet Eimpereur fut, dit Montesquieu , le prince le plus accompli dont l’histoire ait jamais parlé. Ce fut un bonheur d’être né sous son règne : il n’y en eut point de ^ heureux , ni de si glorieux pour le peuple romain. Grand homme d’état , grand capitaine , ayant un coeur cpii le portait au bien , un esprit éclairé qui lui montrait le meilleur , une âme noble , grande, belle ; avec toutes les vertus, n’étant extrême sur aucune; enfin , l’homme le plus propre à honorer la nature humaine , et à représenter la divine. »
Nerva ayant succédé à Domitien , le commencement de son règne , selon Pline , fut l’époque du retour de la liberté. Il sut allier, suivant Tacite, deux choses que l’on croyait communément incompatibles, l’autorité suprême d’un seul et la liberté de tous. Une de ses maximes était que la bonne conscience vaut un royaume. Se sentant proche de sa fin , il adopta Trajan , et ce ne fut pas le moindre de ses bienfaits
f-nv^s le peuple romain. L’Empereur désigné était absent lorsque Ner\a mourut. Les armées de la Gei'inanic et de la Moesic le reconnurent, et l'année suivante il fit son entrée à Home. Revêtu de toute la puissance , maître du monde , il ne se regarda que comme le premier magistrat de l’empire. Le guerrier n’était pas moins grand en lui que le prince, et peut-être aucun Empereur romain n’a fait de conquêtes plus difficiles. La mort le frappa à Sclinuntc , nonunée depuis Trajanopolis , vers le commencement du mois d’août de l’an 8 jo de Rome, 117 de notre ère. Il était alors âgé d’environ 65 ans. Sous sa domination , les peines les plus sévères poursuivirent les délateurs , qui s’étaient multipliés à Rome , et il abolit tous les prétendus crimes de lêse-majesté. « O temps beureus , s’écrie le sévère Tacite , en parlant du règne de ce sage empereur ; ô temps heureux , où l’on n’obéit (pj’aux lois, où l’on peut penser librement, et dire librement ce qu’on pense , où fon voit tous les cœurs voler au-devant du prince , et où sa vue seule est un bienfait ! »
195. Ce monument représente aussi Trajan, et provient de Martres comme le précédent. La tête est antique ainsi que les épaules. On remarque sur le côté droit des entailles légères pratiquées dans le marbre, sans doute pour y fixer une cblamyde en bronze ou en marbre de couleur. Le buste est presqu’entièrement moderne.
196. Autre monument qui représente Trajan. La tète a été adaptée sur un buste antique revêtu d’une cuirasse et trouvé aussi à Martres.
197. L’agencement des cheveux et les contours de la figure donnent à la tète antique , en marbre grec , placée sous ce numéro, quelque res!scmblance avec les portraits de Matidie, nièce de Trajan et belle-mère d'Hadrien. La partie antérieure de la coiffure est moderne, mais a été indiquée par l’état du marbre sur lequel on avait adapté autrefois un diadème en cheveux. Cette parure était mobile , ainsi qu’elle le fut sur ce marbre. C’était une portion de faux cheveux et non une perruque, comme le Corimbyon ou touffe de cheveux postiches qui tenaient lieu des cheveux noués sur le front
des viersres et qui portait ce nom On a trouvé 4 Gai douch , lieu situé sur les bords du canal du Midi , une tèl antique de femme qui est encore ornée du diadème qi manqriait à celle du Musée.
Ce monument, découvert à Saint-Jean de Magreperbejre sur la route de Castres à Lautrec , a été donné au Musée ps M. de Foucaut.
198 - Hadrien (^Publias Ælius Hadrianus) naquit à Rom selon les ùns, et suivant d'autres à Italica en Espagne , l'a 829 ( 76 de J. C.) Grand guerrier, honune d’esprit , éloqueni il combattit avec valeur et aima tout ce qui agrandit la pen sée. Tant qu'il résida dans Rome, son palais fut le temple d< sciences et des arts. Les gens de lettres aimaient sa converss tion ; mais il y rappelait sans doute quelquefois qu’il éta empereur. Le philosophe Favonius disputait souvent avec lui et quoiqu’il eût raison , il était assez bon courtisan pou lui céder toujours. Ses amis lui reprochèrent cette bass complaisance } Favonius leur répondit ; Il est dangereux (T c voir raison avec un homme qui a trente légions pour réfute vos argumens,
Hadrien parcourut toutes les provinces de l’Empire , et le médailles frappées sous son règne ont consacré le souveni de ses voyages. On y lit Adventui Aug. Afncæ, Alexan driœ , Arabiæ , Asiæ , Bithyniæ , Britanniæ , Ciliciæ Galliœ, Hispaniœ, Italiœ , Judœœ, Macedoniæ, Maure taniœ , Mœsiæ , Phrygiæ , Siciliœ , Thraciœ. Les arts d dessin jetèrent un grand éclat sous le règne d’Hadrien. C Prince aimait à élever des monumens. La nouvelle Athènc lui dut son établissement, et l’on put inscrire sur l’un de se portiques ces mots si connus : C'est ici la ville d" Hadrien t non pas la ville de Thésée. Le soulèvement des Juifs li fournit l’occasion de detniire «cc que Titus avait laissé deboi dans l’ancienne Jérusalem; il éleva sur les ruines de la cil ele David une autre ville à laejuelle il donna le nom à'Æli Capitolina; il en défendit l’entrée aux Juifs sous peine e 3 mort, et il fit sculpter un pourceau sur la porte qui conduisa à Bethléem.» On connaît les vers légers qu’il fit dans ses dei niers momens. Ils prouvent qu’il vit arriver sans émotion 1 fin de son existence.
1 Petrvn.
Ce beau buste est en marbre de Luni , et a conservé tout le brillant , tout l’éelat du polissage primitif. Hadrien est nu, à la manière héroïque , comme il est représenté par les deux moniunens conservés à Paris dans les Salles du Héros combattant et de la Pallas. Les cheveux sont un peu usés : le reste est d’une conservation parfaite ; le nez seul a dû être restauré. Hauteur, o,84'
199. Julia Sabina, fille de Matidie, fut mariée à Hadrien , l’an de Rome 853 (loo de J. C.). Elle mourut vers l’an 890. Son mari cessa de vivre l’année suivante. Sur le revers de ses médailles on voit, Junon reine , Vesta, Gérés et Vénus Victorieuse. Le monument que possède le Musée est bien assurément le
Î ortrait de cette princesse; mais le marbre qui le forme a eaucoup souffert. Hauteur, o,58'
200. On avait cru reconnaître dans ce buste Ælius César , fils adoptif d'Hadrieri. Le nez et une partie de la boucl»e étaient entièrement détruits. Ce personnage porte la tunique, et pardessus une chlamide ornée de franges. « Æliusestoitdoué, dit le bon Tristan de Saint-Amant *, d'une grâce naturelle, pleine de majesté et gravité royales, jointe à une grande douceur et maintien fort agréable. De plus, il estoit fort éloquent, et son
discours estoit sublime et relevé, et il faisoit bien des vers
du reste non incapable de gouverner un grand empire. Toutesfois sa forme de vivre le faisoit estimer homme mol et trop sujet à ses plaisirs. Sa femme mesme se plaignant de scs infidélités, il lui respartit qu’elle devait souffrir qu’il prist ses divertissemens plus libres avec celles qui ne luy estoient de rien; parce, disoit-il, qjie le titre de femme estoit un nom de dignité seulement et non de volupté : Patere me per alias exercere cupiditates meas , uxor enim dignitatis nomen est , non voluptatis. » Ce prince mounrt avant d’étre parvenu à l’empire. Hadrien , pour honorer la mémoire de celui qu’il avait choisi
F our successeur , lui fit élever des statues colossales dans tout Empire, et consacrer plusieui^ temples. Hauteur, 0,7 1'
201 . Après la mort d’Ælius César, Antonin (^Titus Ælius Iladrianus jitUoninus Plus') fut adopté par Hadrien, et il lui
1 Comméntaire» kiitoriqucM,
succéda dans la suite. Antonin naquit à Lanuvium , en Italie, l’an 83 g de Rome (86 de J. C. ), et mourut à Lorium, en Etrurie, l’an gi 4 (i6i), âgé de 7 5 ans. Sa famille était originaire de Nîmes. « Quon se représente Socrate sur le trône, dit Lacombe et on se formera une idée du règne d’Anlonin. Ses sujets admiraient sur-tout en lui une justice inflexible et toujours attentive à rendre à cbacun ce qui lui était dû , son habileté à discerner les cas qui admettent l’indulgence de ceux qui exigent la sévérité, sa disposition à écouter quiconque pouvait lui donner un avis utile , son amour pour le travail , sa bonté et .sa douceur envers tous ceux qui l'approchaient. Assez grand par lui-même pour mépriser tout hommage servile , il ne souffrait point les flatteries indécentes, qui déshonorent autant ceux qui les reçoivent que les esclaves qui les donnent. Nul faste ne l’environnait, et son exemple est une preuve qu’un prince vertueux n’a besoin, pour se faire respecter, ni de gardes, ni d’iiabits magnifiques, ni de tout le luxe extérieur. Sans caprice , sans passion , retenu en tout et agissant toujours avec réflexion , il était, ainsi que Socrate , capable de jouir et de s’abstenir des choses dont le vulgaire ,dcs hommes n’a ni la force de se priver, ni la sagesse de bien user. Sa taille était grande, majestueuse, son air de tète annonçait toute la beauté de son âme, et scs sujets, en le voyant, éprouvaient cette satisfaction qu’inspire la présence d’un père tendre et chéri. »
Le surnom de Plus , qui fut donné à Antonin par le sénat, ne peut être facilement traduit dans notre langue : il désigne l’assemblage de toutes les vertus. Pausanias a Jit que cet Èmpereur ne méritait pas seulement cet honorable titre de Pius, mais encore celui qu’on avait donné à Cyriis, de Père des hommes. Lorsqu’il mourut, en 161 , il fut pleuré par scs sujets comme le meilleur des princes. On a remarqué que scs successeurs prirent son nom pour sc rendre agréables au peuple, et que ce nom, après avoir été déshonoré par Caracalla, était néanmoins en si graçde vénération, que l’empereur Macrin le fit prendre à Diaduménicn son fils, de peur que ceux qui le portaient ne s’en prévaUissent pom- se révolter contre lui.
Le portrait d’ Antonin, placé sous ce numéro, est sans
I Dictionnaire det Ponraitt hitloriquet, I, 83.
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doute l’un des plus beaux de ceux qui sont encore conservés. Le travail des cheveux et de la figure, la facilité du ciseau et la correction du dessin , tout se réunit pour faire admirer ce morceau de sculpture. La tète a été ajustée sur un buste, antique aussi, et qui porte ime cuirasse à écailles : on sait que les cuirasses de ce genre se nommaient Loricœ Pinnatce. Le piédouche, en marbre, est moderne ainsi que ceux de la plupart des autres bustes conservés dans la galerie. Haut.', i,oa*
202. Ce beau buste de femme est bien assurément du temps d’Ântonin Pie ou de ses premiers successeurs. La tête est couverte d’une perruque, par dessous laquelle s’échappent quelques mèches de cheveux naturels. Hauteur, 0 , 7 1 °
203. On peut placer parmi les monumens de la même époque , cette tête de femme chargée d’une coiffure posticlie, formée de tresses qui s’enroulent autour. Le buste qui la supporte est moderne. Hauteur, 0 , 62 '
La mode de porter des chevelures fausses était à Rome bien antérieure au siècle des Antonins. Ovide * les mentionne
. plusieurs fois, et il dit que les perruques blondes, si recherchées de son temps , venaient de la Germanie :
Nunc iihi captivas mütet GermanUi crines :
Culta triumphatac manere prntis cris,
O quam spem saepi , comas aliquo mirante , rubebis :
Lt dices : empta nunc ego merce probor !
On en portait encore du temps de Tertullicn , qui parle avec force contre les énormes perruques dont les femmes d.e son siècle couvraient leurs têtes ’.
204. Cet autre buste de femme inconnu est très-beau , il représente une Dame romaine dont les cheveux s'enroulent autour de la tête en tresses plates et élégantes. L’extrémité du nez a été refaite. Ce monument provient aussi des fouilles de Martres. Hauteur, 0 , 6 a'
I Pemina procedil densisêima crinibus emplis
Proque suis alios efficil atre suos.
Art. amand. iii. t.
3 Affigitis nescio quas eno^iiaies suiilium capillamsniorum t nunc in galeri modum , quasi in vaginam capitis, et operculum periieis, nunt in iierricsm rétro suggestum.
De Cultu Femin. c. vu.
( ii6 )
205 . Marc-Âurèle ( Mareus Ata-elius Antoninus Auguslus est représenté tr^-jeune sur plusieurs médailles , où il n
g )rte encore que le nom à'Aurelius et le titre de Céscu n le voit sur ces monumens , ayant , comme le dit Trista de Saint-Amant dans son vieux langage , u le menton cou ronné d'un léger poil follet , qui le rend fort agréable comm entrant dans la première saison de la jeunesse au sortir d l’adolescence, n 11 a été représenté ici de cette manière pa le buste placé sous ce numéro. L’extrémité du menton < celle du nez ont seules été restaurées. Le reste du bust est antique , ainsi que le piédouche. Hauteur, 0,76'
206 . Cet autre buste représente Marc-Aurèle beaucoup plu âgé. La conservation de ce beau monument est parfait* L’Empereur porte une cuirasse , sur le devant de laquelle 01 voit la tête de Méduse. La foudre est représentée sur l’un des bretelles qui supportent la cuirasse. Le piédouche es moderne. On trouverait difficilement dans les collection qui ont la plus grande célébrité im plus beau portrait d cet Empereur. Hauteur, 0,90'
Né à Rome , en 874 , le 26 avril de l’an 121 de J. C. Marc-Aurèle fut les délices du peuple. La peine la plu forte qu’il imposait à ses ennemis déclarés était le bannis Bernent. Son humanité, sa douceur , éclataient même dan les choses qui auraient été indifférentes à beaucoup d’autres Dion Cassius nous apprend en effet qu’il voulut que le gladiateurs ne combattissent qu’avec des épées sans point et des dards sans fer. u Rien n’est capable de faire oublie le premier Antonin , dit Montesquieu , que Marc-Aurèl qu’il adopta. On sent en soi-même un plaisir secret lors qu’on parle de cet Empereur ; on ne peut lire sa vie san une espèce d’attendrissement ; tel est l’effet qu’elle produit qu’on a meilleure opinion de soi-mème , parce qu’on a meil leure opinion des hommes. »
207 . Lucius Verus fut adopté , étant très-jeune , par Marc Aurèle. « On remarquait en son visage , dit Tristan d Saint- Amant, un air jovial, et d’un homme qui aimoit so plaisir. Il avoit les yeux médiocres et bleus , non à lieu comme Marc-Aurèle , mais un pfeu plus cachés , le ne grand , toutefois bien fait , et le visage assez long. Du reste il est remarquable qu’il portoit la barbe fort longue , et qu’
poudroit sa perruque , qu’il avoit blondorée Dalurellemcnt , de limailles d’or , pour la faire parottre rayonnante au soleil ce qui lui duunoit sans doute beaucoup de grâce dans le rencontre , car ayant les cheveux frises , comme on le voit dans ses monnoies , cet artifice le faisoit paroistre plein de majesté singulière. » 11 épousa Lucille , fille do RIarc-Auréle , et ne partagea la puissance souveraine avec ce grand homme que pour mieux goûter tous les plaisirs. Né à Rome , l’an 88'3 ( 1 3o de J. C. il prit les noms de L. Céjoitius Ælius Aurelius Commoau^ , après l’adoption de son père Ælius par Hadrien. En 891 ( i38 de J. C. ) , il fut adopté par Antonin en même temps que Marc-Aurèle. Il fut associé à l’empire par celui-ci , immédiatement après la mort d’ Antonin ; et dès-lors, désigné par les noms de Lucius Ælius Aurelius Veriis. Il mourut , selon quelques-uns , d’apoplexie, et, suivant d’autres, empoisonné par sa femme, à Altinum , en l’année 92a de Rome ou 169 de J. C. Il nous reste beaucoup d’images de Lucius Verus. Dans le monument placé sous ce numéro , la tête seule est antique. Elle ressemble parfaitement aux plus beaux portraits de cet empereur. Hauteur, 0,88'
208. On doit vivement regretter que ce rare portrait âi'Annius Verus ait été si cruellement mutilé. Il a été trouvé sous nos yeux près du beau buste de Marc-Aurèle , à Martres. La tète a été ajustée sur un buste antique qui provient du même lieu.
Fils de Marc-Aurèle et d’Annia Faustine , Annius Verus cessa de vivre à l’âge de sept ans. Capitolinus dit à ce sujet : Filium .nomine Verum Ciesarem execto sub aure tubere ^ septennem amisit , quem non plus quinque diebus luxit , consolatusquc etiam nicdicos , actibus publicis se reddidit. Marc-Aurèle fit élever des statues à ce fils chéri , sitôt ravi à l’amour paternel , et il voulut que son image en or fût portée aux pompes du Cirque.
On a quelques médailles , soit grecques , soit latines , où l’on voit la tète •ü' Annius V erus. Sur l’une d’entr’elles , rapportée par Vaillant * , on voit d’un côté la tête de cet enfant, et on lit autour cette légende : anmvs. vebvs caesar.
ANTONmi. AVG. FIL.
I Numismata. i. 87,
Sur le revers est la tète de Commode son frère , avec celle autre légende : commodvs. caes. astonini. avo. fil. H/, o,58.
209. Cet autre buste représente Commode C Marcus Ælius Aurelius Commodus ; il naquit à Lanuvium , l’an gi4 de Rome ( i6i de J. C. ). 11 fut déclaré César en même temps cj^a'Annius V crus son frère. Son association au pouvoir suprême , mais avec le seul litre d'Impcrator et la
£ uissance Iribunitienne , eut lieu en 92g ( 176 de J. C. ).
e titre d’Auguste lui fut donné l’année suivante , et en g3iJ il succéda à son père. Une de ses concubines l’empoisonne et l’étrangla en g45 ( iga de J. C. ) , après avoir régné environ 1 2 ans et g mois.
La tête seule de ce buste est antique. Hauteur , 0,88'
« Jamais , dit l’antiquaire Saint- Amant *, l’impureté , la volupté , la brutalité , la cruauté et l’injustice ne furent mieux logées qu’elles se rencontrèrent estre dans Commode, qui véritablement estoit doué d’une parfaite beauté ( ainsi qu’Hérodien le fait voir ), et comme l’aspect de sa monnoie
nous le confirme Mais cette exquise beauté se trouva par
succession de temps étouffée soubs la boulEssure enflammée
d’un sang aduste et bilieux , nageant en crapule » Le
même ajoute : 0 A la vérité , il n’y eut jamais homme plus perdu de desbauebes que luy , estant.... , en toutes choses , semblable au détestable Néron , sinon qu’il ne se trouva avoir pu se rendre coupable de l’action la plus noire et plus impie que Néron commit , car il ne put tuer sa mère , qui estoit décédée avant qu’il fust Auguste. »
210. Elevé sur le trône du monde par le sénat et par les soldats
Ë rétoriens, l’an g4S de Rome ( iga de J. C. ) , Publius lelvius Pertinax ne régna que 87 jours. Les mêmes soldats
3 ui l’avaient élu l’asSassinèrent , et, ehcore couverts du sang e ce grand homme , ib mirent la dignité impériale à l’encan. Didius Julianus , qui avait gouverné l’Afrique sous Commode , obtint alors le titre d’Auguste en offrant une plus forte somme que les autres aspirans au suprême pouvoir; mais soixante-six jours après , il fut mis à mort par ordre du Sénat. Ses images en marbre sont très^ares, et la tête, placée sur le buste moderne que l’on voit sous ce numéro , n’est pas
1 Commenlaim historique! , 553 .
une des moindres curiosités de nos collections. E!Ue fut trouvée àTVIartresen 1760, et achetée d'abord par M. de Saint* Elix ; du cabinet de celui-ci , elle a été successivement dans ceux de MM. Lucas , Dastarat et de Cologne ; ce dernier l’s ‘ cédée au Musée de Toulouse. Hauteur , 0,76'
211 . On avait cru retrouver quelques traits de ressemblance entre ce buste et les portraits d’ Albin ( Décimas Cio» dius Septimius Albinus Augustus Né à Adruinette, en Afrique , il se distingua par sa bravoure sous le règne de Marc-Aurèle. L’Empereur Commode lui donna le gouvernement de la Grande-Bretagne. Dans la suite , pen content de n’étre qu’associé à l’empire avec Septime- Sévère qui lui avait donné le titre de César pour se l’attacher, et qui, plus tard, ne lui accordait plus même ce titre et paraissait en vouloir à sa vie , il prit la pourpre , passa avec son armée dans les Gaules, l’an g'Jq de Rome ( iq6 de J. C. ) , et fut vaincu et tué le. 19 février 197 , par son rival , qui n’épargna pas même les restes inanimés de ce redoutable adversaire. Hauteur, 0,77'
212 . Septimius Severus , avec les portraits duquel ce buste a une entière ressemblance , se fit proclamer Empereur par les légions d'Illyrie et de Pannonie , en avril ou au commencement de mai de l’an ig 3 de J. C. (9 de Rome). Il marcha de suite vers la capitale, et le sénat le reconnut. Vainqueur d’Albin près des murs de Lyon , il souilla son triomphe par la proscription de tous ceux qui avaient été amis de son rival. Il mourut de maladie en 009 , âgé de 65 ans 9 mois. Ayant fait , peu de temps avant d’expirer , apporter devant lui l’urne qui devait recevoir ses cendres, il lui adressa ces paroles : « Tu fenfermeras celui que n’a pu contenir l’univers. »
Ce beau buste cuirassé est surmonté d’une tête qui y a été adaptée dans les temps anciens. Sur le cartouche qui est antique, on voit les traces d’une inscription tracée avec uno
S ointe extrêmement fine, mais on ne peut plus lire que la fin
’un nom, iunus; sans doute ce buste représentait d’abord
l’un des Autonins.
Hauteur, 0,8 5 '
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2 1 3 . Od a cm ponYoir placer encore sous le nom de Seplime Sévère, ce beau buste découvert aussi à CalagornA La tête est couverte de la couronne civique. Les traits ont plus de maigreur que dans le buste précédent, et le nez est moins grand. INcanmoins il y a dans l'ensemble général beaucoup de ressemblance avec le monument précédent.
Hauteur, 0,96*'
214 . Fils de Septime Sévère et de Julia Domna, Bassianus na-
quit à Lyon l’an q 4 i de Rome , ou 188 de J. C. Déclaré César par son père, en 9^9, il prit alors les noms de Marcus- Aurelius Antoninus. Il fut associé à l’Empire et décoré du titre A' Auguste en 951 ( 198 ). Après avoir succédé à son père, conjointement avec Géta son frère, il égorgea celui-ci dans les bras de Domna leur mère. Lui-même fut assassiné en 970 , au moment où il se préparait à faire la guerre aux Partbcs. ^
La tète seule du buste placé sous ce numéro est antique, le nez est moderne. Ce portrait incontestable de Caracalla est remarquable en ce que la position de la tête n’est pas la même que dans la plupart des autres images de cet Empereur. Ce monument, trouvé à Martres en 1760 avec mie tête à peu
Î rès de môme proportion qui représente Julien I. ( Didius ulianus * ), fut aussi donné àM. Fr. Lucas, sculpteur toulousain', par M. de Saint-Elix. Vendue à M. Dastarat, mise ensuite dans le cabinet de M. Berot de Cologne , à Auch , elle a ensuite été rachetée à ce dernier, pour le Musée de Toulouse. Hauteur, o, 85 '
215 . Ce buste, d’une très-forte dimension , et remarquable par la bonté du travail, l’est encore plus par une circonstance particulière que l’on observe rarement dans les monumens de cette espèce j car il avait les bras et les mains. Ce monument, en marbre de Paros, ressemble beaucoup aux portraits authentiques de Plautilla ( Jus ta Flavia PlatUilla Augusta ), fille de Fiauticn et femme de Caracalla. Elle porta une dot consisidérablc à son époux ; mais son caractère impérieux irrita celui-ci , qui la menaça de lui faire subir le sort le plus triste lorsqu’il serait maître de la souveraine puissance. Plautien, instruit des projets de Caracalla , conspira contre ce prince
I Supràf II B,
Digili^cu LyXHH^Ic
et contre l’Elmpercur même; mais son complot fut découvert , et sa mort assura le 4 rûne du monde à son f^endre. Plautille et Plautius , son frère, furent relégués dans Vile de Lipari , et après sept années d'abandon et de malheur, ils furent immolés par ordre de Caracalla. Ce ne fut pas même assez pour co monstre, il fit périr aussi une fille qu’il avait eue de Plautille, et qui avait suivi sa mère dans l’exil.
Ce monument a 87 centimètres de hauteur.
21 6 / Macrin , Préfet du Prétoire , fit assassiner Caracalla en 970 , à l’instant où celui-ci allait faire la guerre aux Partlies. Ce meurtre valut à Macrin l’empire du monde. Il était né dans la Mauritanie , de parens très-obscurs. L’année suivante , il fut vaincu par EUagabale , et tué après avoir seulement régné i 4 mois. Son fils, Marcus Opelius Diadumenianus , né en 961 ( ao8 de J. C. ), avait reçu le titre de César et le nom a' Anlonin. Peu après il fut déclaré Auguste. Mais son père mourut, vaincu par les soldats d’Elagabale, et le jeune Empereur ne devait guère survivre & l’auteur de ses jours. Il fut tué aussi l’an 971 ( 2 1 8 de J. C. ) , n’étant encore âgé que d’environ i o ans.
Ce buste authentique est précieux, et comme objet d’art et comme monument historique. Enfant , qui ne fut revêtu pendant quelque temps de la pourpre impériale que pour tomber égorgé, Diadumenien ne vit point multiplier à l’envi ses images ; et si les médailles qui le représentent en costume guerrier, et sur lesquelles il prend le litre de Prince de la jeunesse , et celles où il est désigné comme l’espoir de l’Empire, se retrouvent dans les cabinets, le plus grand nombre d’entr’elles sont aussi classées parmi les rares monumens de la numismatique romaine. Hauteur, 0,76”
217 . La ressemblance de cette tète avec plusieurs portraits authentiques d’Alexandre Sévère, peut justifier la dénomination sous laquelle on l’a placée.
Alexien, cousin de Marcus Antoninus Augustus, plus connu sous le nom d’Elagabale , était fils de Gessius Marcianus et de Mamea. 11 naquit dans la ville d’Arca en Phénicie, en g 58 (2o5 de J. C. ), et aima les lettres et les armes. Elagabale , qui n’avait que 1 3 ans , adopta son cousin qui avait le même âge, et il lui fit prendre le nom d’Alexandre. Vicieux, il voulut pervertir ensuite l’innocence de cet enfant. Scs desseins n’ayant
( laa )
pas réussi , il lui voua la haine la plus forte , et chercha à s’en défaire en secret : il annonça ensuite<»uvêrtement le projet de le faire périr, et s’il se réçoncilfa en apparence avec lui, ce ne fut que pour mieuxMé frapper. Mais les 'Prétoriens le' massacrèrent . et proclamèrent Alexandre, alors àafé de f] ans. Il fut aussitôt reconnu par le sénat. Il mérita le titre de mattre du monde par sa lionlé, par sa justice, par son humanité. Ilérodicn dit que jamais if ne fit répandre le sang innocent , chose bien rare à Rome, où des tyrans livraient aux bourreaux tous ceux qui n'étaient coupables que d’avoir déplu au souverain ou d'avoir des vertus. Le sénateur Ovinius Camillus avait conspiré contre lui J il le fait venir : Je vous remercie, lui dit-il, de la bonne volonté avec laquelle vous vous offrez pour vous charger d’un fardeau bien pesant pour moi Il le con-
duit au sénat, l’associe à l’empire, et lui fait partager les fatigues attachées à la souveraine puissance. Ce fut la- seule vengeance qu'il tira d'un attentat qui , sous tout autre prince , aurait coûté la vie à Ovinius. Sévère Alexandre fut libéral et bienfaisant : il lionorait la mémoire des grands hommes, et vénérait la vertu partout où il croyait la trouver. Il méritait les respects et l’amour de la terre , mais l’ambition lui suscita des ennemis. Selon Victor et (pielques autres, Uranus, Antoni'nus , Taurinus prirent la pourpre, mais ilsfurent vaincus; et le triomphe d’Alexandre sur Artaxcrcès semblait lui annoncer une suite non interrompue de victoires. Plein de confiance, il marcha contre les Germains, qui menaçaient les Gaules, et c’est pendant cette expédition qu’il fut assassiné à l’instigation de Maximin , l’un de ses généraux , l’an 988 ( 2'J5' de J. C. ).
Hauteur, 0,87.
21 8 . Cette tète en marbre noir a beaucoup de rc.ssemhlance \vec les portraits connus de Julia Mamea , mère d’Alexandre Sévère. Si on ne la reconnaissait point dans cette image, on ne pourrait cependant, d’après la manière dont les cheveux sont disposés, ne pas retrouver dans ce monument une femme qui vivait à peu près à la même époque, et ce motif seul nous engagerait à placer ici l’indication de cet objet , afin d’observer autant que possible l’ordre chronologique dans la série des monumens romains que nous possédons. Hauteur, o, 5 j'