‹ Description du Musée des Antiques de ToulouseChapitre 51 sur 102 · PORTAIL DU CHAPITRE DE LA DAURADE · texte numérisé non relu

PORTAIL DU CHAPITRE DE LA DAURADE

On a vu * que, selon toute apparence, il faut faire remonter l’origine de l’église Sainte-Mîirie Fabricata ou de la Daurade , au règne de Théodoric II à Toulouse , c’est-à-dire de 4544 466- Un monastère était joint à cette église. Ce fut dans celle-ci que, vers la fin du mois d’octobre de l’an 584, R'gontlie, fille de Frédegonde, se réfugia comme dans un asile inviolable. Une charte de Charlcs-te-Chauve de l’an 843, con-

X Suprà*

Il (Irma le monaslèrc de Sainte-Marie, .connu deptiis sous le

I nom de la Daurade , dans la possession de ses biens

1 Au sud de l’Eglise de Notre-Dame de la Daurade , s’étendaient

I les bàtimcns du monastère. Le cloître touchait aux murs de

J l’Eglise. Lors de la reconstruction de,Æclle-ci , il y a environ

soixante ans, on détruisit une des galeries. Les trois autres ont subsisté jusque vers la fin de l’année 1 8 1 a. A cette époque , le gouvernement plaça dans ce monastère la Manufacture de tabac, et le Fisc , que l’on n’a jamais soupçonné d'un bien grand amour pour les arts, fit abattre les colonnades élégantes qui environnaient encore trois côtés de ce cloître pittoresque et la chapelle du chapitre qui existait du côte de l’est. Déjà plusieurs arcades étaient renversées , lorsque je pus pénétrer dans cette enceinte désolée. Je dessin.ii les monumens ,- je pris une coupc du portail du Chapitre et j’en levai le plan. C’est, à quclrpcs ornemens près et qui sont d’ailleurs dans le style de l’époque , le portail .que l’on a élevé au fond de l’une de nos vastes galeries. Seulement l’espace n’a pas permis d’employer toutes les scidptures. Huit statues soutenaient les arcs ; on n’a pu en retrouver que six. Quatre figures en bas-relief, deux de chaque côté , ornaient l’avant corps, on n’a pu en employer que deux , et les images de David accordant sa harpe, et de la Sainte Vierge tenant le Sauveur sur ses genoux , n’ont pu être placées.

La première statue à droite est en marbre et représente un roi. Il tient de la main droite , un petit vase couvert et rond ; on a cru y voir la sainte Ampoule , et dans le monastère de la Daurade, cette statue ét^t toujours désignée par le nom de Clovis.

La figure suivante est aussi celle d’un roi ; on a retrouvé les indications de sa couronne. Qtite statue est en marbre.

Les quatre autres représentent dés Prophètes ou des Saints. Leurs tètes ont dû être restaureési Ellés avaient été brisées depuis très-long-temps.

Au milieu de l’avant-corps sont deux bas-reliefs représentant, l’un im roi qui tient un rouleau déployé , l’autre une reine qui tient de même un long rouleau , et qui , de l’index de la main droite , montre le Ciel.

Ces rouleaux déployés , tenus par un roi et une reine ,

I Uistoire ginirak du iangutdoc. 1 .

indiquent, ainsi que (les symboles pareils le faisaient sur d'autres nionumens, les Ibiidatcurs ou les bienfaiteurs des églises. Le costume et le travail annoncent un temps assez reculé , et comme Toulouse a été entièrement soumise à ses comtes particuliers durant la seconde moitié du neuvième siècle , il faut recbercher avant cette époque pour trouver les noms du roi et de la princesse que nos bas-reliefs représentent. Ce portail ressemble beaucoup à celui de Saint- Germain- des- Prés. Les cbeveux de -la reine sont tressés ici comme ceux de la reine Clotilde , et je crois que si ces sculptures ne sont point des imitations faites vers le onzième siècle, il faut les attribuer au règne des Mérovingiens qui n’a fini que vers l’an ^49- Si l’on voulait y retrouver les images des souverains particuliers de Toulouse et ayant vécu à l’époque où les Mérovingiens possédaient la France, on pourrait »y reconnaître Cbaribcrt , roi de cette villqou de l’Aquitaine. Ce prince était fils de Clotaire 11 et de Beretrude sa seconde femme. 11 était frère de Dagobert , et celui-ci , par un traité fait vers la fin d’avril de Van 6io , céda à Cbaribert , avec le titre de royaume , une grande portion des contrées qui s’étendent de la Loire jusqu’aux frontières d’Espagne. Ce traité fut à peine conclu , que Cbaribert se rendit à Toulouse , où il fixa son siège , et rétablit en sa personne l’ancien litre de roi de Toulouse , que les rois Visigots avaient pris autrefois et qui ne subsistait plus depuis cent vingt ans. Il avait épousé Gisèle , fille unique d'Amant , duc de Gascogne , et petite-fille de Serenus , duc d'Aquitaine. Cbaribert mourut vers la fin de l'an 6ii. « Il laissa un fils , Chilpéric , qui lui succéda dans un âge encore fort tendre et qui fut reconnu dans le royaume de Toulouse; mais il mourut peu de temps après. Les anciens historiens avouent que , suivant le bruit public , Dagobert le fit empoisonner pour envahir ses états et régner seul surla F rance.» Ce n’est pas ce prince, mort encore enfant, (jue l’on a représenté sur le portail de la Daurade , et si on adoptait l’opinion très-hasardée , je l’avoue , (jui donne pour date à ce monument le 7 .“' siècle , il faudrait peut-être y retrouver et Cbaribcrt et la reine Gisèle sa femme. La statue à laquelle on donnait le nom de Clovis n’aurait pas été déplacée dans ce portail , puis(jue ce prince était le vrai fondateur du royaume ' des Francs et raïenl de Cbaribcrt.

450. Ainsi que je 1 ai déjà dit , il n’a pas été possil)le de roj)lacer

toutes les portions du portail du Chapitre de la Daurade , et les deux montans ou jambages qui soutenaient l'arc intérieur sont détachés encore. Le premier , ou celui qu’on voyait à droite, représente David assis. Le monarque inspiré, le poète sublime , accorde sa harpe ; il va faire entendre ses chants. Cette curieuse figure et la niche qui la contient sont en marbre blanc. *

451. Par une sorte de bizarrerie , la niche qui servait de pendant à celle oii l'on voit David , affecte des formes diO’érenlcs. Elle est plus profonde, et l’arc (jui en forme la partie supérieure est soutenu par deux petites colonnes ; l’une est ronde, l’autre octogone. La sainte Vierge, le front orné d’une couronne , tient sur ses genoux son Fils divin , encore enfant. Ce monument est en marbre et a été peint autrefois.

452. Ce Prophète est placé , ainsi qu’il l’était , dans le côté gauche de l’avant-corps du portail. 11 tient nn rouleau déployé, et est, comme les autres, dans une niche taillée dans la masse.

453. On n’a pu placer cet autre bas-relief qui fait suite aux précédons. Il représente aussi un saint personnage.

454. Cette autre niebe , qui provient du même portail, renferme un saint qui tient de la main gauche un livre qu’il indique de la droite. Tous ces bas-reliefs ont i,58' de hauteur," y compris la base et le chapiteau.

Les chapiteaux de ce portail sont riches , et , malgré l’état de mutilation de plusieurs d’entr’eux , dignes d’étre étudiés avec soin. J’en ferai mention dans le paragraphe destiné à ces sortes d’objets.

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