P0RT.\IL DE LA CHAPELLE DU CHAPITRE DE SAIM-ETIENNE
Au sud de l’église cathédrale de 'J’oulouse, existait un. cloître sombre et pittoresque ; les piliers qui occupaient les angles et le milieu de chaque galerie étaient en marbre blanc ainsi que le soubassement et les ares. Des chapiteaux sur lesquels on avait représenté des histoires saintes et de dévotes allégories y couronnaient de légères colonnes byzantines dont le marbre avait été enlevé aux riches carrières des Pyrénées... Des bas-reliefs décoraient les piliers sur toutes leurs faces, et chacun de ces bas-reliefs avait été composé sous l’inspiration d’une pieuse pensée. Les murs étaient couverts d’inscriptions funéraires, ainsi que les larges dalles du pavé et l’espace quadrilatère du vaste préau qu’entourait la colonnade. I-à, de grands chevaliers de pierre étaient couchés sur des tombeaux; l’écu des Puibusque et la vieille lance de l’un d’entr’eux, le blas<jn guerrier des Villeneuve, et celui des Varaignes, les épitaphes plus modernes des Dnfaur, de Catel, du commentateur de Vitruve ' etd’ungrand nombre d’autres décoraient cette rclipicuse enceinte. Aujourd’hui il ne reste de tout ce luxe architectural, de toute cette pompe des tombeaux que de légers souvenirs, quelques fragmens arrachés aux sé-
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pulcrrs, fl cc porlail qui nous a rc^itiié une gloire arlislt- «jue du moyeu âge, cl qui est pour nous un précieux modèle de CCS décorations, si bien entendues, que prodiguaient nos aïeux dans les nionnmens élevés par leurs mains.
460. Ce portail formait l'entrée d’une chapelle où jadis le cha-
{ (ilre de la métropole se réunissait. Dans le plan , dans la argeur du portail, dans la hauteur de l'arc, la place et la disposition des figures, on a suivi en entier ce qui existait : c’est une reconstruction de ce monument. Mais , comme le portail de la Daurade , eelui-ci formait une saillie , un avantcorps sur le plein du mur, et celte saillie était, de part et d’autre de l'entrée , ornée de deux groupes de figures; il a été impossible d’observer ici en entier cette disposition.
Les figures qui décorent ce portail ne sont point détachées de la masse des blocs qui les forment ; ce sont des bas-reliefs qui représentent les Apôtres, soit groupés deux à deux , soit isolés. Comme monument de l'art, ces sculptures doivent être étudiées. La midtiplicilé des jdis, les broderies, les détails des vclemens, tout annonce dans l'auteur le désir de faire un ouvrage remarquable , et cet auteur , sans doute architecte et statuaire, qualités que l’on rfuuissait presque toujours durant le moyen âge, a eu le soin de nous apprendre qu’il était satisfait de son travail , qu’il a signé , et qui , échappant à tant de dévastations, est parvenu jusqu’à nous. Cet artiste se nommait Gilabcrt. Sur la plinthe de la figure de saint Thomas , placée à gauche , on voit ces mots :
GILABERTVS ME FECIT.
Et sur celle de la figure de saint André , on lit encore ^
VIR SON INCERTVS ME CELATIT GILABERTVS.
461. Ces deux groupes d’ Apôtres, placés sous le même numéro, ornaient l’avant-corps du portail que je viens de décrire.