COLONNADE
bleau. Le roi est casqué. Il tient dans sa main gauche le sistre^ emblème dUathor. Sa main droite est levée en signe d'adoration. Le troisième personnage de la triade^ le dieu enfant que l'inscription nomme Haroëris^ est présent à la scène. Gomme le roi, il présente le sistre à Isis et à Horus ; son autre main est armée du menât, autre emblème se rapportant au culte d'Hallior> Les hiéroglyphes ne sont que la répétition des noms et titres des divers personnages figurés sur le tableau.
Deuxième tableau à droite de la porte d'entrée, — D'un côté, le roi debout, les bras pendants. Il récite une prière à Isis, la gronde mire divine. Derrière celle-ci, sous un édicule, est une image d'Hathor. Le dieu a ici la forme d'un oiseau à tête humaine. L'instrument figuré au dernier plan, à gauche, est encore un autre des nombreux symboles qui, à Dendérah, se rapportent au culte d'Hathor. Les hiéroglyphes sont, comme à l'ordinaire, des noms et des titres.
Premier tableau à gauche de la porte d'entrée. — Ptolémée, dans une des postures de la prière, les bras tombants. Un dieu Horus est devant lui. A droite, Haroèris, troisième personnage de la triade, présente le sistre et le menât à Hathor, la grande dame de On (Dendérah).
Deuxième tableau à gauche de la porte d'entrée. — Le roi est coiffé de la couronne rouge, symbole dé la royauté sur la Basse-Egypte. Haroëris est près de lui, tenant le sistre. Hathor est cette fois figurée sous la forme complète du menât, emblème dont la signification précise n'a pas encore été bien établie. Le menât, couché sur un socle à jour, est à tête d'Hathor.Un riche pectoral orne le devant de la représentation symbolique. Une sorte de collier est suspendu par une chaîne à son cou. Sur les bras étendus de la déesse est une image du dieu Harpocrate, sous la forme ordinaire d'un enfant qui porte le doigt à la bouche.
Selon Tusage du temps, les hiéroglyphes et les figures sont en relief dans les grands tableaux qui décorent les massifs d'entre-colonnemenls. Ils sont en relief dans le creux, sur les montants inclinés qui soutiennent l'entablement.
Les bas reliefs placés dans les entre-colonnements, à Tintérieur de la colonnade, proviennent, comme ceux que nous
venons de décrâre, du ten^de Dendérah. Ils ont été moules dans des estampages pris directement sur les ori^^naux. On a donc là un ex&mple (aussi sineère que peut fêlnre un moulage fait sur un papier qui se déforme toujours plus oa moins) de la scu^ure- égyptienne au temps des Ptolémées.
§ V. — Couloir circcuire.
Le couloir circulaire est borné d'un côté par la colonnade (nous venons de la décrire), de Tautre par le mur extérieur de la salle principale.
La colonnade représente dans notre Temple la période artistique qui marque la décadence de Tart égyptien et, chronologiquement, correspond à peu près à l'avènement du Christianisme. Avec le mur extérieur de la salle principale, nous remontons plus haut. Cette fois, nous sommes en présence de figures contemporaines de Moïse et de Joseph.
La décoration du plafond est formée de cartouches et d'étoiles sur fond bleu. Ce cartouche est celui de la reine Aahhotepf mère d*Amosis, premier roi de la XVIII* Dynastie. C'est à to momie de cette même Aah-hotep que nous devons les admirables bijoux exposés dans la salle principale du Temple.
La porte d^entrée placée au milieu de la façade principale du couloir est du temps de Séti (XtX* dyn.). La légende en beaux hiéroglyphes qu'on y lit est tirée du temple d'Abydos : UHoruSy le taureau puissant , couronné dans la Thébaîde, celui qui fait vivre la Haute et la Basse-Egypte, le fUs du Soleil, le Soleit stabiliteur de justice, le roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Séti Vaimé de Phtàh, l'aimé d'Ammon-Ba qui réside dans le Ba-men-îna (nom du grand temple d'A~ bydos).
Deux grands tableaux historiques décorent les deux parois de chaque côté de cette porte d'entrée.
Il s'agît d^une campagne entreprise, vers le quinzième siècle avant notre ère, par la reine Hatasou, sœur de Tliout-
COULOIR CiRCULAIRË 23
mâs lil^ et régente pendant la minarité de ce prince» contre les kabitautRiki pays de Poant.
Hataseii lut nne reine illustre entre tous les rok d'Egypte. C'est à elle qu'on doit^ entre autres monuments^ le t«nple de Beir^el-bahâri (quartier de Thèbes)^ eii se trouvent représentées les scènes cuôrieuses que nons allons analyser. On doit aussi à Hatason le gigantesque obélisque de Karoak. Depuis le jour où commencèrent les travaux d'extraction dans la montagne d'Asouan jusqu'au jour où l'c^lisqne mis en place et orné de tes inscriptions put être officiellement consacré par la reine au grand dieu de Thèbes, « il ne s'écoula que sept mois D^ dit l'inscription gravée sur la base du monolithe.
Quant au pays de Pount (i), on le place avec la plus grande vraisemblance au sud de la péninsule arabique*
L'ordre des seprésentations nous force à commencer par celles de droite (en entrant).
Fretnier registre (en commençant par le bas). — Les baiques égyptiennes naviguent sur une mer aux flots verts. Des poissons curieusement étudiés la sillonnent de toutes ports. Les barques sent à la voile. Des rameurs , penchés su? les avirons^ aident à la marche. Dans des cabines ménagées aux extrémités du pont^ des officiers sont debout et veillent. On remarquera le curieux détail des barques. L'avant est coupé en tailloir vertical^ comme les gondoles de Venise. Sur le monument original, il est peint en bleu, ce qui laisserait croire qu'il est en fer. A rariière, la poupe se replie gracieusement en fleur de lotus épanouie. Les mâts sont formés de deux pièces de bois juxtaposées et réunies par des câbles. Il semble bien qu*à leur extrémité des poulies facilitent la mancBUvre. Quinze rameurs sont à l'œuvre d un côté, ce qui suppose quinze rameurs de Tautre. Les barques seraient donc à trente rames^ sans parler des grandes voiles carrées. S'il est permis de compter sur un rapport exact des proportions^' les barques auraient en longueur treize fois la longueur
(1) Ou Pount si la coosonne finale est eiplétife. Ce mot rappelle immédiatement les Pcsni, les Phéniciens des traditicms classiqoes, dont effectiveMent on place le berceau dans TArabie méridionale.
d*ua des hommes de leurs équipages, c'est-à-dire qu'elles mesureraient environ vingt-deux mètres (2). Telles auraient été les fameuses barques de guerre égyptiennes au quinzième siècle avant notre ère.
Deuxième registre, — A Deir-el-bahari, la scène est plus complète que nous n'avons pu la reproduire ici. Les barques que nous venons de décrire sont échouées sur le rivage, qui est bordé d'arbres , au tronc desquels on les amarre par de gros câbles. Des chaloupes transportent à terre des outres et des jarres, peut-être pleines d'eau. L'eau manquait-elle au pays où Ton allait faire campagne? c'est ce que ne laisse pas supposer la présence des arbres, dont on voit un grand nombre. A tout Imsard, l'armée égyptienne, au moment de mettre le pied sur une terre qui peut lui devenir inhospitalière, s'est-slle munie de ses approvisionnements de bouchet on serait tenté de le croire.
Hais il ne parait pas que l'armée égyptienne ait rencontré de résistance. Nous voyons en effet à notre second registre quelques soldats de la reine rangés en bataille sur le bord même de la mer. Ils portent la pique et le bouclier. Un général est à leur tète. Devant eux se présentent en suppliants les habitants de Pount.
Ceux-ci sont remarquables par la couleur foncée de leur peau. En tête marche le chef. Il a les cheveux longs, terminés en tresses serrées. Un poignard est à sa ceinture. Sa femme et des serviteurs l'accompagnent.
Qu*en peignant cette femme, l'artiste égyptien ait voulu faire un portrait, c'est ce qui est indiscutable. Les traits sont durs et masculins. Les cheveux sont gris, renoués en queue sur le dos. Une sorte de chemise jaune cache mal des difformités impossibles à décrire. Il semble que quelque maladie affreuse ait, en les surchargeant de graisse, déformé les membres de la compagne du chef de Pount.
A gauche du paysage, au milieu des arbres, on remarquera une maison, peut-être celle du chef. C'est une hutte plutôt
(1) La dahabieh égyptienne amarrée au pont dléaa a environ 27 m-ètres.