COULOIR CIRCULAIRE
qu'un palais. Elle est petite, étroite. Une échelle sert à monter au premier étage^ qui n'est qu'un grenier bâti en forme de coupole.
Troisième et quatrième registres. — C'est la continuation des scènes précédentes. D'autres chefs du pays de Pount arrivent^ et, apercevant renvoyé de la reine , se prosternent. Derrière eux s'avance une troupe d'indigènes. Les uns conduisent en laisse des animaux sauvages (cynocéphales, etc.). D'autres portent des arbres, dont peut-être le général égyptien veut acclimater l'espèce en Egypte. Les arbres sont couverts de leurs feuilles. Quelques fruits même sont apparents. Mais leurs racines sont soigneusement laissées dans la terre qn*enferme^ en la contenant, une sorte de panier ou de boîte en feuilles de palmier tressées.
Avec les quatre tableaux de la paroi droite du mur extérieur du sécos, nous assistons donc à l'expédition proprement dite des troupes égyptiennes contre le pays de Pount. Nous allons maintenant passer à la paroi gauche.
Premier registre, — Ici les troupes retournent victorieuses en Egypte. Les mêmes barques sont échouées sur le rivage. Des habitants de Pount^ mêlés aux équipages égyptiens^ embarquent les tributs imposés par l'envoyé de la reine au pays vaincu. Une planche sert de communication entre le pont des navires et la terre. Des outres, des jarres, des dents d'éléphant, des ballots contenant des produits divers^ sont entassés à bord. On aperçoit des singes qui courent sur les vergues. Les arbres détachés du sol natal sont également emmagasinés sur le pont. Les voiles sont abaissées, prêtes à ctre rempntées et à s'offrir au vent quand la razzia conduite par le chef égyptien, sera complète.
Deuxième registre, — ici nous apercevons le Nil, Des canges superbes, les canges royales, flottent sur ses eaux bleues. Elles sont richement décorées. Les troupes victorieuses vont faire leur entrée à Thèbes. Les canges les précèdent en les annonçant.
Troisième et quatrième registres. -^ Effectivement voici les troupes égyptiennes en marche. Deux régiments se suivent. L'un porte le nom de régiment d'Ammm (dieu principal de
Thèbes), Vautse le Dûm de régimmt ée Bhiàh ^iei& pmncipal de MeraphiSi). Les soldat» siNit armésv Les uns ont hf pique^ d'autres la hache; ceux-ci ont Tare et le carquois Sitmot l'usage, ils n^nl Vautre coiffure défensive que Tépaîsse cheveiure qui leur couvre la tête. Des officiers portent des sortes d'étendards surmontés d'emblèmes sacré» , ou. Meik du eartouche dans lequel est inscrit le nom d'Hataaeii. ito tron» pettes^ des tambours règlent le pas cadencé dm troupes. Des palmes, en signe de vietoire, sont éans< toutes les mniiis. On remtr<{«era qu'avec le régiment d^Ammon (tynwrchent des soldats qui conduisent une panthère privée et tenue en laisse. Au son d'un orchestre qui n'a pas d'autre instrument que des morceaux de bois sonore qu'ils frappent l'un contre l'autre (l'orchestre des bachi-bozouks de nos jours n'est pas pltts harmonieux), quelques-uns d'entre eux exécutent des danses destinées à égayer la marche. On tfouve une institution semblable dans quelques-uns des régiments russes.
Telles sont les scènes remarquables qu'on voit reproduites sur lec6tédu couloir circulaire qui fait face à la porte d'entrée.
En s'engageant par la droite dans ce même couloir, on se trouve en présence d'autres scènes» qui^ cette fois» n'ont qu'un caractère religieux. La place nous manque pour les décrire toutes. Nous nous contenterons d'en indiquer sommaireœent le suiet.
Sur tout le pourtour du couloir on voit figurer, au registre supérieur, de grandes barques surchargées d'attributs et d'ornements. Ces barques sont les mod^s de celles qui étaient déposées, en nature, dans les salles du temple d'Abydos où les dessins que nous reproduisons ici ont été co{»és. D'après les inscriptions, ces barques étaient tantôt en or, tantôt en argent, tantôt en bois précieux rehaussé d'i'voire, de lapis, de cornaline ou d'autres pierres dures^ Au centre de la barque, dans un édicule que recouvre en le cachant Un grand voile blanc, derrière une porte à jamais fermée, est le
(1) Et en queue. La musique est ici chargée de distraire le soldai, non de Tentrataer.
SALLE INTÉBIEURE 27
mystérieux «mblèine, tout à la îok lisible >et iiiTÎsfbie^ de la divinité principale à laquelle la barque est consacrée. Des images de rois adorant, de divinités, d'ustensiles sacrés, en ornent les diverses parties. Des brancards servent à Boutemx Vwcdbè sacrée qu'A certains jours de fête les prêtres sortaisent du sanctuaire et portaient processbnnellement dans le temple.
Âu-deesoas de <ces iwripies, c^'^est-à-dire au registre inférieur, seot des tableaux empruntés, comme les précédemfts, à la décaratiea du temple priacipal d'Âbydos. Le sujet en est à peu près partout le mime. Séti ofre aux dieux ses prières et ses adorations. Les dieux en édian^e lui accordent la victoire, la fo^ùt, la grandeur, et la ^ie éternelle pour des millions d'années.
Au temple principal d'Abydos, appartiennent également les ^ndes stèles qui occupefH le milieu de chacune des trms parois du couloir circulaire.
% VL — Salle iKTÉaiEURE,
Nous savons déjà que la cotonnade du temple est un échantillon de l'art égyptien à une époque à peu près contemporaine de notfe ère, et que le couloir circulaire nous montre ce même art, quinze ou seize cents ans auparavant, sous les rois de la XVOI* et de la XIX« dynastie. Avec la salle intértenre du Temple, nous remontons plus haut encore. La plus ancienne période de l'art égyptien va être ici représentée par des monuments àutlientiques, aussi remarquables par leur antiquité que par leur perfection. Quand les Égyptiens sculptaient les deuxGhéphren, la statue de bois que nous allons décrire, etc., le reste du monde n'avait pas encore d'histoire.
L'agencement général des motifs qui concourent à la décoration de la salle intérieure du temple est emprunté au tombeau d'un nommé Kaa^ prêtre qui Técut à Memphis sous ia V« dynastie. C'est lé même systkne de panneaux séparés par des pilaslresy et dans chaque panneau le même arrangement de stèles. Les grandes lignes prismaiiqiies qui donnent à no^re
salle un cachet si marqué d'originalité, s'y retrouvent aussi fidèlement.
Quelques détails ont dû pourtant être négligés ou transformés.
Il s'agit en premier lieu du mode d'éclairage. Pour être tout à fait conformes au monument qui nous a servi de type^ nous aurions dû, à la rencontre des parois verticales et du plafond^ ménager ça et là quelques ouvertures très-étroites^ comme des soupiraux de cave à peine viiiibles. Quand elles ne sont pas intentionnelleknent plongées dans une obscurité profonde^ les salles intérieures des tombeaux égyptiens ne reçoivent pas autrement le peu de joUr qui les éclaire. Mais on voit ce que cet éclairage imparfait aurait amené d'inconvénients avec lui.
Autre détail transformé. Nous voulons parler des colonnes. Les tombes de Béni -Hassan nous offrent des exemples nombreux et complets de colonnes disposées comme les nôtres et soutenant comme elles les architraves des tombeaux. Mais le tombeau de Kaa n'en a point. Si nous les avons ajoutées m, c'est moins pour consolider ou embellir notre salle intérieure^ que pour avoif une occasion (k montrer au visiteur la colonne la plus ancienne, celle qu'en^loyèrent successivement^ sans y rien changer, l'Ancien^ le Moyen et le Nouvel-Empire. Les colonnes (ptolémaîques) de la façade du Temple nous représentent un calice ouvert et en plein épanouissement; ici c'est le bouton fermé qui donne au chapiteau sa forme générale.
Pour plus de clarté, nous partagerons la description de la salle intérieure du Temple en deux sections^ qui sont :