PONTIF-STIPE
(1) Hist. cons.y p. 159.
(2) /6id., disserl. prélim., p. 33, col. 2.
{3) Hist. des grands chemins, p. 697.
Suivant Golnitz (1), cette inscription était placée sur un monument à la droite du pont, dont quelques piles ont subsisté jusqu*à nos jours (2).
Le passage de celte route à Saint-Romain-en-Galle et à Sainle- Colombe est constaté par un grand nombre de monuments funéraires, dont Cochard nous a donné tes inscriptions dans les wticles qu'il a consacrés à ces deux iQ^calités. Comme ces monuments se rapportent plutôt à rhistoire de Vienne qu'à celle du Lyonnais (quoique Saint- Romain et Sainte-Colombe fassent aujourd'hui partie du département du Rhône), et comme d'ailleurs ceux qui n'ont pas été décrits par Spon, Chorier,.etc., l'ont été par M. deBoissieu (3), nous n'en parlerons pas ici, n'ayant aucun fait nouveau à en tirer. Nous dirons seulement que cette portion de la voie antique est encore signalée par un document ancien qui lui donne le titre à!agger pubîicus. Nous voulons parler de la légende de saint Ferréol, martyrisé au quatrième siècle, sous Chrispinus, préfet de Vienne : elle nous apprend que ce saint, s'étant évadé de la prison où il était enfermé, traversa le Rhône à la nage , ne voulant pas sans doute passer sur le pont de peur d'être arrêté par les gardes, et se sauva jusqu'au Gier, où il .fut repris par les soldats lancés à sa poursuite, lesquels îe massacrèrent sur la route, en le ramenant les mains attachées derrière le dos. Voici le texte de la légende : « Armatus igitur jQde, amnem ingreditur, et in ulteriorem ripam securus exjit. Dehinc concito gradu ingressus aggerem publicum, usque ad Jarem fluvium cucurrit (4).» Chorier (5) prétend que Jarem désigne la Gère, rivière qui se jette dans le Rhône à Vienne même. Suivant lui, la prison était à Sainte- Colombe, et Ferréol traversa le Rhône, non de gauche à droite, mais de droite à gauche. Cette hypothèse est insoutenable : i lest impossible d'admettre que le saint, au sortir de sa prison, ait pris la peine de traverser le Rhône pour rentrer dans la ville, au lieu de gagner immédiatement les champs. D'après nous, la prison de Vienne était
(i) Ulisses seu Itinerarium belgico-gallicum^ p. 450.
(2) Nous les avons vues eu iê35; depuis on les a fait sauter pour faciliter la navigation.
(3) L'administration ayant fait apporter an musée de Lyon beaucoup de CCS monuments, M. de Boissieu en a donné des fac-similé dans son livre intitulé .: Inscript, ant. de Lyon.
(4) Breviarium sanctœ ecclesiœ LugdunensiSy pars aulumnalis, p^ 437 '(édit. de 1844).
(5) Antiquités de Vienne, p. 147.
dans cette ville, et non à Sainte-Colombe, coname le veut Ciiorier, ou à Saint-Romain-en-GalIe, comme le prétend Cochard. Une fois évadé, le prisonnier n'eut rien déplus pressé que de traverser le ' Rhône pour sortir du territoire devienne, et de gagner la campagne. Voilà pourquoi il courut du côté du Gier {ad Jaremfluvium cucurrit). Nous ajouterons que le nom latin de la^Gore est Gei^a ou Gbria, tandis que celui du Gier est bien Jai*us ou Jaris, d'où vient le nom de Jarez (Jarensis) donné au pays qu'il traverse ; on 'dit encore aujourd'hui : Saint-Paul-en-Jarez , Saint -Julien -en -Jarez , Saint - Christo-en- Jarez, etc.
S 11. Boute de Vienna à Narbo.
Une autre route, allant de Vienne à Narbonne, en suivant la rive droite du Rhône, empruntait à son début un territoire qui a fait partie du Lyonnais, et qui est encore compris dans les départements de Rhône et Loire , mais qui, pourtant, n'appartenait pas alors aux Ségusiaves.
Cette route, après avoir traversé le pont dont nous avons parlé au paragraphe précédent, passait d'abord à Saint-Cyr, où on a trouvé, en 1800, une table de marbre blanc sur laquelle on lisait cette inscription : •
^MSEXTIO
PRIiMI